‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 3)Chapitre 65 sur 211 · Le bolétate de barite est un sel acidulé sous la forme · texte numérisé non relu

Le bolétate de barite est un sel acidulé sous la forme

DE LACIDE SUBÉRIQUE. l6j

de plaques blanches, peu soluble dans l'eau et dans l'acide nitrique. Ce sel, projeté sur un fer rougi au feu, brûle rapidement avec uue flamme rouge accompagnée de scintillations remarquables, en laissant pour résidu du carbonate debarite.

g. L'acide bolétique , chauffé sur de la limaille de fer avec de l'eau, donne lieu à une émission de gaz hydrogène et produit une liqueur jaune ayant la saveur de l'encre.

Telles sont les propriétés de l'acide bolétique , autant qu'elles ont été reconnues par M. Braconnot ; aucun autre chimiste n'a encore, jusqu'à présent, répété ses expériences.

SECTION VIL

De l'A c ide sub ériq u e.

Le liège est une substance trop bien connue pour qu'il Histoire. soit nécessaire d'en donner ici la description : on sait que c'est lecorce de l'arbre qui porte ce nom. Brugnatelli parvint à le convertir , par le moyen de l'acide nitrique , en un acide ■ , qu'il appela acide subérique , de suber , dénomination latine du liège.

Plusieurs chimistes ayant reconnu dans cet acide beaucoup des propriétés de l'acide oxalique , ils annoncèrent qu'il n'était autre chose que ce dernier acide lui-même. Ce fut en conséquence de ces assertions , et pour vérifier jusqu'à quel point elles pouvaient être fondées , que Bouillon-Lagran^e entreprit un travail particulier sur l'acide subérique. Ces expériences, publiées dans le o.3.kme volume des Annales de Chimie , en établissent complètement la nature distincte, et démontrent qu'il a des propriétés différentes de celles de tout autçe acide quelconque. Plus récemment , Chevreul a publié sur cet acide une nouvelle suite d'expériences, qui ont servi à établir d'une manière encore plus certaine sa nature particulière , et à nous faire mieux connaître ses propriétés 2.

Chevreul obtenait cet acide en faisant digérer une partie de liège dans six parties d'acide nitrique. Lorsque toute ac-

1 Crell's Annals. 1787.

» ISicholson's Journal. XXIII, i49-

tion de cet acide avait cessé , il évaporait le tout josqu a consistance d'extrait. Il versait de l'eau chaude sur cet extrait, et il laissait pendant quelque temps le mélange en digestion! au bain de sable. Lorsqu'on l'en avait retiré , il se formait à sa .surface une matière semblable à de la cire, et il se précipitait des flocons blancs sans saveur. Après avoir séparé ces substances et concentréle liquide par évaporation , l'acide subenque se précipitait sous la forme pulvérulente , et vers la fin de l'opération, il se formait des cristaux d'acide oxalique. J observai, il y a quelques années , la formation d'acide oxalique en traitant le liège par l'acide nitrique. Propriété. L'acide subérique ainsi préparé , peut être mis à l'état de pureté en le lavant dans de l'eau froide. 11 est alors blanc comme de 1 amidon , et sa saveur est acide sans aucune amertume ; la lumière n'altère pas la blancheur de cet acide. A la température de 600 centigrades , l'eau en dissout les 0,026 de son poids, et les 0,012 seulement, à la température de io° centigrades. Cet acide étant chauffé, entre en fusion, et en se refroidissant il cristallise en longues aiguilles. Soumis à l'action delà chaleur dans une cornue, il est volatilisé , et se condeuse à la partie supérieure du vaisseau en aiguilles allongées. Il ne précipite point l'eau de chaux , de barite ou de strontiane,ni aucun des sels contenant ces terres alcalines. Les alcalis dissolvent très-bien l'acide subérique avec lequel ils forment des sels neutres. Il précipite le nitrate d'argent l'hydrochlorate d'étain , le sulfate de fer, le nitrate et l'acétate de plomb , et le nitrate de mercure ; mais il ne précipite pas le sulfate de cuivre ou le sulfate de zinc.

L'acide nitrique n'a point d'action sur l'acide subérique. Il se dissout dans l'alcool , et n'altère point la couleur du sulfate d'indigo , s'il est dépouillé de matière amère jaune *. Ces propriétés de l'acide subérique lui donnent beaucoup de ressemblance avec l'acide benzoïque , quoiqu'il en diffère sous plusieurs rapports.

"Vie holson's Journal. XXIII, 149.

de l'acide pyr otarta rique. 169

SECTION VIII

De f Acide pyro ta rta ri que.

Le sel appelé tartre se sépare du vin dans le tonneau ; KiStoire. on le purifie ensuite en le dissolvant dans l'eau et en évaporant la dissolution. Ce sel a fortement occupé l'attention des chimistes, depuis le temps de Paracelse , qui le premier le mit en vogue. On le considérait comme un sel acide d'une nature particulière. Ou reconnaissait aisément la potasse qui constitue sa base , en opérant la combustion du sel ; mais les efforts des chimistes pour en séparer l'acide qu il contenait manifestement, furent pendant long-temps sans succès. En distillant le tartre dans une cornue , on obtenait bien un liquide acidulé ; mais il différait évidemment de l'acide dans le tartre , puisqu'on ne pouvait parvenir a former ce sel en unissant ce liquide acidulé avec la potasse. Enfin , Schéele trouva le premier , en 1770, un procédé au moyen duquel on pouvait obtenir du tartre l'acide tartarique pur. Ses propriétés différant évidemment de celles de l'acide retiré de la distillation du tartre , autant que ces propriétés avaient pu être reconnues par les expériences des académiciens de Dijon ■ , les Chimistes français qui fondèrent la nouvelle nomenclature chimique, distinguèrent ces acides par les dénominations d'acides tartareux et pyro tartareux ,el à ces dénominations furent substituées depuis celles d'acide tartarique et pj-ro tartarique 2. Fourcroy et Vauquelin publièrent , en 1799, une suite d'expériences sur les acides pyromuqueux, pyrotartareux , pyroligiieux : elles avaient pour objet de prouver que ces acides ne sont autre chose que l'acide acétique, dont la nature est déguisée par un peu d'huile empyreumatique avec lequel cet acide est combiné 3. Cette opinion

• Elémens de Chimie de l'Académie de Dijon. III , 55.

2 Ce fut Morveau qui, dans le premier volume delà partie chimique de l'Encyclopédie méthodique, publié en 178G, attira le premier l'attention des chimistes sur l'aride pvrotartarique , en essay; ot de le caractériser comme un acide particulier. Ses caractères lurent établis d'une manière inexacte, parce qu'il n'avait jamais obtenu cet acide à l'état de pureté.

3 Ann. de Chim. XXXV, iGr.

paraît avoir été alors adoptée par les chimistes sans examen* quoique les preuves en ce qui concernait l'acide pvrotartarique soient loin d'être satisfaisantes , jusqu'à l'époque où Gehlen remit cet objet en question, en 1806, en assurant que l'acide pyrotartarique diffère essentiellement de l'acide acétique, et en lui assignant quelques caractères propres à le faire aisément distinguer \ D'après ce que Gehlen avait ainsi annoncé en 1806, Fourcroy et Vauquelin répétèrent l'année suivante, 1807, leurs expériences3, et les résultats qu'ils en obtinrent confirmèrent pleinement l'opinion de Gehlen.

Préparation. Qn 0bt jent l'acide pvrotartarique en distillant une certaine quantité detartre(tartrate acide de potasse), dans une cornue, et en saturant avec de la potasse la liqueur acide dans le récipient ; on sépare alors le sel par cristallisation , et on le purifie par des dissolutions et cristallisations répétées. Ce sel pur est mêlé ensuite avec de l'acide sulfurique étendu, et le mélange est soumis à la distillation dans une cornue. H passe un liquide acide , et vers la fin de l'opération , il s'élève un sublimé blanc qui s'attache en écailles au haut de la cornue. Cette substance est l'acide pyrotartarique. Eu abandonnant la liqueur acide dans le récipient à une évaporation spontanée , elle dépose des cristaux d'acide pyrotartarique.

ropnetes. j^a savenr <je l;acj<ie pyrotartarique est extrêmement acide. Chauffé , il fond et se sublime en une fumée blanche , sans laisser aucun résidu. Il se dissout facilement dans l'eau , et cristallise de nouveau par évaporation spontanée. Il ne précipite point l'acétate de plomb, ni le nitrate d'argent; mais il précipite le nitrate de mercure. Quelque temps après qu'il a été mêlé avec de l'acétate de plomb , il se mauiieste des cristaux en aiguilles.

Sa combinaison avec la potasse en excès ne produit point de sel semblable au tartrate acide de potasse. Dans cet état, il précipite instantanément 1 acétate de plomb. Le pyrotartrate de potasse est soluble dans l'alcool-, il ne précipite point les sels de barite et de chaux , ainsi que cet effet a lieu avec le tartrate acide de potasse 3.

» Ann. de Chim. LX , 79. ' lbid. LX1V, 42. " Ibid.

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