‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 3)Chapitre 69 sur 211 · Atomes oxigène · texte numérisé non relu

Atomes oxigène

D'après cette supposition, 100 parties d'acide meliitique consisteraient en

Hv drogène 2,o4

Carbone 48,98

Oxigène 48,98

Or, en négligeant les #5 d'eau acidulé, l'analyse de Kiaproth donne, pour les parties constituantes,

Hydrogène o,35

Carbone 47 1 1

Oxigène 52,54

En considérant combien les faks ont été impîrfaitement établis, il faudra convenir que l'analyse ci-dessus se rapproche des nombres précédens, tout aussi près qu'il aurait été possible de s'y attendre.

ïBo ACIDES.

SECTION XI

De F Acide farta ri que.

Unioke. La substance appelle ordinairement tartre, ou crème r>E tartre, tartrate acide potasse, lorsqu'elle est pure, a occupé pendant plusieurs siècles l'attention des chimistes. Duhamel et Grosse, et après eux Margraff et Rouelle le jeune, prouvèrent que c'était un composé d "un acide uni à de la potasse; mais Schéele parvint le premier à obtenir séparément cet acide. Il communiqua le procédé qu'il avait employé pour l'avoir ainsi, àRetzius, qui le publia dans les Transactions de Stockholm, pour 1770. Ce procédé consistait à faire bouillir du tartre avec de la craie, et à décomposer ensuite par l'acide sulfurique le tartrate de chaux formé.

Préparation, i. On se sert encore actuellement de cette méthode de Schéele pour préparer l'acide tartarique. On dissout le tartrate acide de potasse dans l'eau bouillante", et on ajoute à la dissolution de la craie en poudre jusqu'à ce que toute effervescence ait cessé et que la liqueur ne rougjsse'plus les couleurs bleues végétales. Onlaisse refroidir le liquide; et en le filtrant aîors,on en sépare le tartrate de chaux qui, étant insoluble , reste en une poudre blanche sur le filtre. On met ce tartrate , après l'avoir bien lavé, dans une cucurbite de verre , et on y verse de l'acide sulfurique étendu d'eau , en quantité égale au poids de la craie employée. On laisse digérer pendant douze heures ce mélange en le remuant au besoin. L'acide sulfurique prend la place de l'acide tartarique qu'il sépare de sa base ; le sulfate de chaux formé reste au fond du vaisseau, tandis que l'acide tartarique est tenu en dissolution dans la partie liquide. On la décante alors, et pour s'assurer si elle contient encore de l'acide sulfurique , on y ajoute de l'acétate de plomb. Il s'y forme un précipité insoluble dans l'acide acétique , s'il y a présence d'acide sulfurique, tandis que s'il n'y eu reste pas , le précipité se dissout dans l'acide acétique. Dans le premier cas, on fait digérer de nouveau le liquide avec une quantité additionnelle de tartrate de chaux ; dans le second , on l'évapore lentement et on en obtient en acide tartarique cristallisé , environ o,33 du poids du tartrate acide de potasse employé.

de l'acide tartarique. 181

On peut, dans ce procédé, substituer la chaux à la craie. La décomposition dutartrate acide de potasse s'opère alors complètement , tandis que dans la méthode deSchéele, il n'y a que l'excès d'acide qui se combine avec la craie. Mais en taisant usage de chaux, on ne peut parvenir à séparer la totalité du tartrate de chaux. parce que la potasse, au moment où elle est séparée du tartrate acide de cette base, en retient une portion considérable en dissolution. En taisant évaporer la liqueur, cette portion se présente sous la forme d'une gelée transparente. En l'exposant à l'air, la potasse attire Vacidc carbonique qui s'unit à la chaux, et l'acide tartarique se combine de nouveau avec la potasse. Le meilleur moyen pour obtenir cet alcali passablement pur est, suivant Yauqueiin , à qui nous sommes redevables de ces observations, d'évaporer à siccité et de chauffer au rou^e le résidu. En lessivant la masse , on aurait l'alcali assez voisin de l'état de pureté x.

2. La forme des cristaux de l'acide tartarique est tellement Propriétés irrégulière, (\ne chacun des chimistes qui ont traité de cette substance, en a donné une description différente. Ils consistent généralement, suivant Bergman, en lames divergentes3;

Von Packen leur a trouvé, le plus souvent, la forme de prismes à longues pointes 3; Spielman et Corvinus 4 les obtinrent en groupes, dont quelques-uns en forme de lances,, d'autres en aiguilles, et plusieurs en pyramides -, Morveau en a eu en aiguilles 5. Leur pesanteur spécifique est 1,0962 6.

Comme ce sont les pharmaciens qui vendent ces cristaux en Angleterre, ils sont en grouppes ayant l'apparence de prismes tétraèdres très-irréguliers. Diaprés mes expériences, ces cristaux sont formés de 84-5 acide réel et i5,5 eau.

3. L'acide tartarique cristallisé est blanc, très-ferme, et d'une transparence imparfaite. Il peut rester exposé à l'air pendant tout aussi long-temps que ce soit sans éprouver aucun changement. Chauffé à quelques degrés au-dessus de la température de l'eau bouillante, il fond et demeure limpide et transparent comme l'eau. A 1 2 1° centi. , il hout sans perdre

1 Arm. de Chim. XLVII, i4;.

• Bergman. III, 368.

3 De Sale Essent. Acidi Tartari.

4 Analecta de Tartare.

5 "Fncyc. me'thod. chim. I, 323.

1 Hasienfratz, Ami. de Chim. XXXVIII, it.

i8a ACIDES.

de sa transparence et sans se colorer Si l'ébullition est continuée pendant un peu de temps seulement, il ne perd pas au-delà de quatre pour cent de son poids. Par le refroidissement il se concrète de nouveau en une masse dure, demitransparente, qui ressemble beaucoup à du sucre blanc qui a été tondu à la même température. Par ce procédé, la nature de l'acide est changée, il est alors devenu déliquescent à l'air. L'acidetartarique, dans son état de cristallisation ordinaire, est un hydrate composé, suivant les expériences de Berzelius l , de

Aciile réel 1 oo

Eau 12,7

D'où il suit qu'il semble être formé de i atome acide -+i atome eau. Dans cette supposition, sa véritable composition doit être de

A ride réel i oo

Eau i3,43

En distillant à une température suffisamment élevée , l'acide tartarique combiné avec une base, comme avec la chaux, par exemple , cet acide est complètement décomposé. Les produits dans lesquels il est converti, sont de Xeau, au gaz acide carbonique , du gaz hydrogène carboné, de 1 huile et du charbon. La quantité d'acide carbonique qui résulte de cette décompos tion de l'acide tartarique , est moins considérable que celle produite par un poids égal d'acide oxalique; niais il diffère de ce dernier acide, en ce qu'il abandonne une portion d'huile épaisse colo»ée en brun, qui a lodeur d'empyremue, et se dissout dans l'alcool.

/j. L'acide tartarique se dissout aisément dans l'eau. Bergman en obtint une dissolution, dont la pesanteur spécifique état de 1,200 f. Morveau observa cependant que cette pesanteur spécifique n'était que de 1,084 lorsque les cristaux s'étaient formés spontanément dans une dissolution de lac de. Cet acide n'est pas susceptible d'éprouver de décomposition spoi'tanée, lorsqu'il est dissous dans l'eau, à moins que cette dissolution ne soit considérablement étendue.

• Arm. de Chim. LXXXI , ao5.

* Bergman. 1 , 200.

de l'acide tartàrique. i85

5. Il n'a point encore été fait de recherches relativement à Aeiioi l'action de l'acide tartàrique sur les soutiens de combustion, et CorPi iVmpies. combustibles simples; mais il est probable qu'il ne fait éprouver aucun changement sensible à ces corps. Il oxide le fer et

le zinc, et même le mercure; mais il n'agit point sur l'antimoine, le bismuth, l'étain , le plomb, le cuivre , l'argent, for et le platine. Son action sur les autres corps métalliques a été très-peu examinée.

6. L'acide tartàrique se combine avec les alcalis, les terres, et les oxides métalliques. Il forme avec ces bases, des sels connus sous le nom de tartrates. Quoique sa combinaison avec les terres alcalines donne naissance à des sels qui se dissolvent à peine dans l'eau, cependant il n'a pas la propriété d'en précipiter aucun de leurs dissolutions. Il diffère trèssensiblement, à cet égard, de l'acide oxalique, qui précipite tous ces sels, à 1 exception de ceux de magnésie.

7. L'acide tartàrique a été depuis peu analysé par Gay-Lus- Composition. sac et Thénard ■ , et par Berzelius \ Ces chimistes ont obtenu

pour résultats, savoir :

Hydrogène. Carbone. Oxigène.

Gay-Lussac 6,629 ■+- 24,060 ■+- 69,321

Berzelius 3,o,5i ■+- 66,167 4- 69,882

Berzelius a fait remarquer que l'acide tartàrique de Gay-Lussac et Thénard, contenait en fait, 34,54 pour cent d'eau, et qu'en retranchant cette quantité des résultats de leur analyse, ils se rapprochent de très-près des siens. On peut induire des nombres de Berzelius, que la composition de l'acide tartàrique consiste en

3 Atomes hvdro^ène. . . . = o,075

4 Atomes carbone =r 5, 000

5 Atomes oxigène :r: 5, 000

Conformément à cette constitution, une molécule intégrante d'acide tartàrique pèsera 8,376 ; or ce poids correspond parfaitement avec celui d'un atome d'acide tartàrique , tel qu'il

a Recherches physico-chimiques. Il, 3o$.

? Annals of Phiiosophy. V, 96.

se déduit de la composition du tartrate de plomb. Ce sel, d'après l'analyse deBerzelius, est formé de

Acide tartarique 100 .. . 8,383

Oxide de plomb 167 , . . i4

Le nombre 8,3 83 dérivant de la constitution de ce sol, coïncide de très près avec le nombre #,3j5 déduit de l'analyse de l'a-» cide tartarique.

On a fait à peine aucun emploi de l'acide tartarique à l'état de pureté; mais on fait un fréquent us-)ge en médecine de quelques-uns des composés dans lesquels cet acide entre. 11 a la propriété de se combiner en deux proportions différentes avec \m grand nombre de bases. Avec la potasse , par exemple, il forme, dans une certaine proportion, un sel assez soîuble dans leau, qu'on nomme tartrate de potasse; et avec une pins grande quantité de cette base , la combinaison produit le tartre, tartrate acide de potasse, sel qui ne se dissout que très-imparfaitement dans l'eau. On peut, à raison de cette propriété de l'acide tartarique , en découvrir aisément la présence dans toute dissolution acide. Il suffit, pour cela, d'y verser lentement un peu de dissolution de potasse : si la dissolution acide ainsi essayée, contient un peu d'acide tartarique, le tartrate acide de potasse se précipite immédiatement sous la forme d'une poudre blanclie graveleuse.

SECTION XII

De V Acide citrique»

Histoire. Les chimistes ont toujours considéré le suc des oranges, et des citrons, comme un acide. Ce suc contient une certaine quantité de mucilage et d'eau, qui rend l'acide impur, et susceptible de se décomposer spontanément. M. Georgi parvint à en séparer le mucilage par le procédé suivant : après avoir exactement rempli de suc de citron une bouteille qu'il ferma avec un bouchon de liège, il le plaça dans une cave. Au bout de quatre ans, le liquide éta't devenu aussi limpide que l'eau. Il s'ét.iit formé au fond de la bouteille un dépôt en flocons, de matière muqueuse, et au-dessous du bouchon une croûte épaisse. 11 exposa cet acide à un froid de i'jP centigr. qui fit

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