‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd.Chapitre 106 sur 136 · Le cuivre · texte numérisé non relu

Le cuivre

Ces substances,, toutes métalliques, sont depuis long-îemps conîjues et ordinairement employées aux usages auxquels servent les métaux. Elles sont précipitées de leurs dissolutions daiis les acides à fétat métallique, dans l'ordre suivant lequel elîes sont établies ci-dessus. Le zinc pi écipite tous b-^s métaux qui sont placés après lui , et il n'est précipité par aucun d'eux ; le plomb précipite tous ces métaux, excepté le zinc; l'étain, tous hors le zinc et le plomb-, le cuivre ne précipite que le bismuth , le mercure et l'argent. L'argent est précipité par les six autres, mais il ne précipite lui-même aucun d'entre eux.

SECTION PREMIÈRE

Du Zjiirc.

L Les anciens avaient eu connaissance d'un minéral quils appelèrent cadmie^ du nom de Cadmus qui, le premier, -en enseii^iia l'usage eu Grèce. Ils savaient que ce minéral

'^ Gcl:k-n\s .JonTnîi!, I^^, î-.

DU ZINC. 4r3

ionàn a^^c le cuivre formait l'airain ; cl qu'en le faisant brûler, il s'en volatilisait une espèce de cendre blanche qui pouvait être d'un emploi avantageux eu médecine '. Ce minéral coutenait le zinc en grande quantité, et cependant il ne reste aucune preuve que ce métal ait été connu des anciens ^. Albert-le-Grand, qui mourut en 1280, est le premier qui en ait traité dans ses écrits d'une manière un peu détaillée-, mais il est douteux qu'd l'eût jamais vu, car il le nomme marcassite d'or, ce qui doit faire supposer que le- métal doîit il parle, était de couleur jaune ^. C'est dans les écrits de Paracelse, mort en i54i, quon le trouve pour la première fois désigné sous le nom de zinc. 11 nous annonce gravement que c'est un métal, et que ce n'en est pas un ; et il ajoute qu'il consiste principalement en cendres de cuivre ^. Ou a aussi appelé ce métal spehre.

' Plin., lib. 34. cap. 1 et ro. -^

^ GrignoD dît bien qu'on découvrit quelque chose de semblable dans les ruines d'une ancienne cité romaine en Champagne ; mais la substance qu'il prit pour ce métal ne fut point examinée avec attention. Il n'est donc pas possible de tirer aucune induction valable de son asserUon. Bulletin de fouilles d'une ville roTnaine, p. ii.

^ Les passages suivans , dans lesquels il en fait mention , me semblent prouver inconlestahleraent que ce n'est pas le métal lui-nriême, mais bien les mines du métal, qu'Albert avait connues. De ■Minerai. lib. 2, cap. Ti Marchasila , siwe marchasida , ut quidam, dicunt , est lapis in substantia , et hahet niultas species , quare colorent accipit cujusUbet metalli , et sic dicitur marchnsita argenté a et aurea , et sic dicitur aliis. Metallum tamen quod colorât eum non dutillat ah ipso , sed et^aporat in i^nem et sic relinquitur cinis inutilis , et hic lapis notas est apud alchiniicos -, et in viultis locis veniunlur.

IJb. 3, cap. 10. j¥1s autem ini^enitur in venis lapidis , et quod est apud locum qui dicitur goselaria est purissinium et optimum , et toti substantiœ lapidis incorporatum lia quod totus lapis est sicut marchasita aurea , et profondatum est melius ex en quod purius.

Lib. 5, cap. 5. Dicimus igitur quod marchnsita dupUcem habet in sui creatione substantiant , argenti rtVi. scilicet mortijîcati , et ad fixionein appmxiniantis , et sulphuris adurentis. Ipsam habere siilphweilatem comperimus manifesta experientia. ^Vam cuni suhliniatiir, ex illa émanât substantia sulphurea manifeste comhurens. Et sine sublimalionc similiter perpenditur illius sulphureilas.

JVam si ponetur ad ignitionem , non susçipit illam priusquam inflanimatione sulphuris irjlammetur et ardeat. /psani rcro argenti viuiiubAtantiam manijtstaturnabere sensibiiiter.I\am alhedinemprœstat vtneri meri argenti quemadmodum et ipsum argentum vivum et colorera in ipsius sublimatione cœ/estuim prœstarc , et luciditatem mo- •nifestam metallicam habere Tidcimis , quœ catiim reddunt artijicern -aïchimiœ illam has subsfantias contincrs in race su l,

* ^'ol. VI de son ouvrage. in-4°-

On n'a jamais trouvé en Europe le zinc à 1 état de pureté. On avait découvert depuis long-temps une méthode pour l'extraire de sa mine '. Henkel en indiqua une en 1^21. Von Swab l'obtint par distillation, en i y^'i , et Margraff en publia un mode d'extraction, dans les Mémoires de Berlin de 1746*. Elle se fait présentement en Ani^leterre dans trois établissemens formés à cet effet, dont deux dans le voisinage de Bristol , et l'autre àSwansey. La mine (sulfure de zinc), après avoir été grillée, pulvérisée et mêlée avec du charbon de bois, est exposée à une forte chaleur dans de grands pots d'argile fermés. Le zinc est réduit, il coule par gouttes dans un tube de fer adapté à l'extrémité inférieure du pot, et tombe dans un vaisseau qui contient de l'eau. Le zinc est ensuite fondu et coulé en lingots. On exporte tous les ans, d'Angleterre, une quantité considérable de zinc, principalement pour le nord de 1 Europe ^.

Propriétés. ^ Le zJnc cst d'uue couleur blanche brillante, avec une nuance de bleu : sa structure est lamelleuse. Lorsqu'on le frotte pendant quelque temps entre les doigts, il les noircit, en leur communiquant un goût particulier, et il émet une odeur sensible.

2. Il est plutôt mou que dur. La pesanteur spécifique du zinc fondu varie de 6,861 à 7,1 '^. Le plus léger est considéré comme le plus pur. Lorsqu'il a été écroui, sa pesanteur s'élève jusqu'à 7,1908 '.

o. Ce métal forme, pour ainsi dire, la limite entre les métaux cassans et malléables. Sa malléabilité ne peut entrer en comparaison avec celle du cuivre, du plomb ou de l etain ; et cependant il n'est pas aussi cassant que l'antimoine ou l'arsenic. Le zinc ne se brise pas sous le marteau, mais il cède à son action et y prend en quelque sorte de l'applatis-

' La véritable découverte de cette mc'thode semble appartenir à Isaac Lawson , Potl. III , Diss. 7, et AVatson's chcmical Essays.

» Bert^man. H , Sog.

3 "Watson's chemical Essays, IV, i.

< Brisson et Lewis. AVatson trouva la pesanteur spe'cifique d'un erhantiilon deGoslar, de G, 953, et d'un de Bristol, de 7,028. Chem. Essays. IV. 4»- Celle d'un échantillon qu'éprouva M. Hatchett fut de 7,065. On the alloys of gold , p. 67.

5 Brisson.

sèment. Où peut le réduire, à l'aide d'une pression égale et graduée, en lames très-minces qui sont souples et élastiques, mais qui ne peuvent être ployées sans se rompre. M. Sage reconnut le premier cette propriété du zinc '. Lorsqu'il est chauffé à environ loo» centig., il devient très-malléable. On peut alors le battre à volonté sans qu'il se rompe; et réduit par l'action du marteau en feuilles minces, il peut être passé au laminoir, et très- facilement travaillé au tour. En le chauffant à environ 2o5° centigrades, on le rend assez cassant pour qu'il puisse être pulvérisé dans un mortier.

4. Le zinc a un certain degré de ductilité, et on peut le tirer en fils ^. Suivant Muschenbroeck, un lil de ce métal de 2. millimètres de diamètre peut su'pporter, sans se rompre, un poids d'environ 1 1,7 kilogrammes ^.

5. Le zinc fond à la température de 060° centigrades * ; et si ou augmente la chaleur il s'évapore. 11 peut être facilement obtenu par distillation dans des vaisseaux fermés. Quand on le laisse refroidir lentement après qu'il a été fondu, il cristallise en petits faisceaux de prismes quadrangulaires disposés dans tous le^ sens. Si on expose ces cristaux à l'air, lorsqu'ils sont encore chauds, ils y prennent une couleur bleue avec des nuances irisées \

II. Le zinc se ternit promptement à l'air; mais il v éprouve Sa

^ I ' T • 'i 1 eombinaison

a pejne aucun autre changement. Lorsqu on le garde avec 1 ovigsac. sous l'eau, sa surface se noircit aussitôt, l'eau est lentement décomposée , il y a émission de gaz hydrogène et combinaison de l'oxigène avec le métal. La décomposition a plus promptement lieu par l'élévation de la température, et si l'on fait passer de l'eau en vapeur sur du zinc chauffé à un très-grand degré de chaleur, la décomposition de l'eau s'opère avec une étonnante rapidité ^.

Lorsqu'on fait fondre le zinc avec le contact de l'air , sa

' Journ. des Mines. An V, p. SgS.

» Black's Lectures. II , 583. \

3 II trouva qu'une verge de 20 ruiUimètres de diamètre supportait im poids de 1178 kilogrammes. Or, si la cohe'sion augmente comme le carre du diamètre, la force d'un fil, dont le diaiuttre ne serait que d'environ 2 millimètres, ne différera pas beaucoup de celle que nous lui avons assignée.

4 Black's Lectures. II , 583.

5 Moiigez.

* Lûvoisier, Me'm. Par. 1781 , p. 274.

surface se couvre prompteineiit d'une pellicule grîse, en conséquence de sa combinaison avec l'oxigène. Si on enlève cette première couche qui forme pellicule, elle est remplacée par une seconde , et ainsi de suite ; de sorte que d^ cette manière on parvient à oxider la totalité du zinc. En faisant chauffer ces pellicules avec le contact de l'air , et en les y agitant , elles prennent promptement la forme «l'une pf^udre grise, avant souvent une nuance de jaune. Celle poudre est l'oxide gris de zinc. Lorsqu'on clianffe le zinc a une forte chaleur rouge avec le contact de l'air , il s'allume , brûle avec une flamme blanche très-vive et se volatilise ^ous ft;rnie de flocons blancs très-légers, qui ne sont autre chose qu'un oxidc de zinc. Dioscorides décrit une n>éfhode pour préparer cet oxide, qui était bien coium des ancien^ sous le nom de ^ompholyœ. Les p'emiers cliimi'îes l'appelèrent, nihil album , lana philos nphica et Jleurs de zinc. Dioscorides le compare à la laine *.

Le zinc ne se combine avec l'oxigène qup dans une seule proportion. L'oxide de zmc est une poudre blanche sans saveur, insoluble dans l'eau. On l'emploie avec succès dans la peinture comme couleur d'eau. Il se combine facilement avec les acides, et forme des sels neutres. Il a été fait beaticoup d'expériences pour recoimaîlre la composition de cet oxide : nous présentons ici les résultats obtenus par différens chimistes.

Proust ^ . . . . loo métal.

Berzelius ^. . . loo .... -h 24,4

Gay-Lussac "^ . loo . . . . -|- ^4,4

Thomson ^ . . loo ....-+- 24, i6

\ La coïncidence entre les résultats de toutes ces expériences est remarquable. Si loxide de zinc est formé de i alôme raélfil et de i atome oxigène, alors, suivant la détermination de Proust , le poids d'un atome de zinc sera 4 ; 'l pèsera 4,oc^8, d'après les évaluations de Berzelius et Gay-Lussac ;

« E:<5y vs/v-vj c>.zuu:.i'.iTU.i. V, 85, p. 352.

' Ann.de Ctiim. XXXV, 5i.

3 Ibid. LXXVII, 84.

4 Ibul. LXXX, 170.

* A un. c'te Philosophie. II , ^to.

et selon moi, 4?i39- Nous pouvons adopter 4)i25 comme se rapprochant suffisamment du véritable poids.

La réduction des oxides de zinc est très-difticile, à raison de la grande affinité de ce métal pour foxigène , et par conséquent de sa grande teiidauce à s'y couibiiier après sa réduction. On ne parvient à l'opérer qu'en mêlant ces oxides avec du charbon, et eu chauffant très-fortement cemélan^je dans des vaisseaux bien exactement fermés. .

III. Le zinc se combina aisément avec le cliloie, et ferme chiotu-e ainsi un chlorure de zinc. Ce métal prend fou dans le gaz chlore, et le chlorure se produit. On peut f obtenir en évaporant à siccité une dissolution du zinc dans l'acide hydro- / chlorique, et en chauffant au rouge le résidu dans un tube

de verre à étroite ouverture. On distiniiuait autrefois ce chlorure sous le nom de beurre de zinc lorsqu'il était le résultat de la distillation d'un mélange de hmaille de zinc et de perchlorure de mercure. Obtenu par ce moyen, il se sublime facilement lorsqu'il est, chauffé et cristallisé en aiguilles. Mais John Davy assure que le chlorure de zinc, qui se forme en chauffant Thydrochlorale du métal dans un tube de verre, ne se sublime pas même à une chaleur rouge , mais qu'il reste à l'état de fusion. A l'air , il devient promptement déliquescent. Le chlorure de zinc est formé , suivant l'analyse de John Davy*, de

Chlore 5o loo

Zinc 5o loo

En le supposant consister en i atome de chlore et i atome de zinc , sa composition sera

Clilore 4^5 • • • ïoo

Zinc 4,125. . . 91,6

IV. Le zinc se combine facilement avec l'iode à l'aide de lodur?. la chaleur. L'iodure est blanc \ il se volatihse aisément et cristallise en beaux prismes quadrangulaires. H est déliquescent à l'air , et très-soluble dans l'eau. Cette dissolution contient une combinaison d'acide hydriodique et d'oxide de

zinc; d'où il suit que l'iodure doit décomposer l'eau. Gav-

* Phil. Trans. 181 2

Lussac a f;ut voir que l'iodure est un corps composé Je I alome iode -H i atome zinc, ou , en poids j de

Iode. . . . i5, 625 .... 100

Zinc... 45*25.... 26,52

V. Nous ne connaissons aucune combinaison du zinc avec le fluor , et il ne se combine ni avec l'azote , ni avec rbydjogène.

VI. Le gaz hydrogène obtenu du zinc par le moyen de l'acide sulfurique étendu, produit, lorsqu'il brûle, un peu d'acide carbonique. On en inféra qu'il contenait originairement de l'hvdrogcne carburé \ Les chimistes français en attribuent la formation à la présence d'une poudre noire qui se manifeste dans la dissolution du zinc , et qu'ils assurent être la plombagine; mais cette opinion, qui n'a pas été vérifiée par des expériences exactes , ne paraît pas vraisemblable ^.

VIL Nous ne connaissons aucun composé de zinc, de bore et de sib'cium.

Phosphure. VIII. Le phôsphorc s'unit très-bien au zinc lorsqu'on en jette de petits morceaux dans ce métal en fusion. Pelletier , qui a fait beaucoup d'expériences sur celte combinaison , ajoutait un peu de résine afm de prévenir l'oxidation du zinc. Le phosphure de zinc est blanc avec éclat métallique \ mais il ressemble plus au plomb qu'au zinc. Il est un peu malléable et il répand sous Faction du marteau une odeur de phosphore. Lorsqu'il est fortement chauffé il brûle comme le zinc ^

Le phosphore se combine aussi avec l'oxide de zinc , ainsi que Margraff s'en est assuré lors de ses expériences sur le phosphore. Lorsqu'on soumet à la distillation, dans une cornue degrés, un mélange de 1 2 parties de verre phosphorique, de 2 parties de charbon en poudre , et qu'on chauffe fortement , il se sublime une substance métallique d'un blanc d'argent et d'une cassure vitreuse -, c'est , suivant Pelletier , l'oxide de zinc phosphure. Chauffé au chalumeau , le phosphore

• Ann. (le Chim. VIII, 23o.

' Prou<:t sVst a-ifinré que rette poudre noire n'est pas souvent du carbure d«» fer, mais un mélange d'arsenic, de cuivre et de plomb. Ann. de Chim. XXXV, fîï. En séparant cette pondre, et en la faisant sc'chcr , j\'ii trouvé cpi'ellc devenait d'nn vert olive. J'ai reconnu dans tous mes essais , qu'elle est un mélange de cuivre et de plomb.

^ Ann. de Chim. XIII, i30

Lrùle et laisse un résidu vitreux, transparent tant qu'il est en fusion, mais qui devient opaqiie en refroidissant *.

L oxid(*phosphuré de zinc s'obtient aussi par la distillation Oxi.ie dans une cornue de ercs d'un mélange de deux parties de p^osp^urr. zinc et d'une partie de phosphore. On a pour produits , 1°. du zinc; 2'\ de foxide de zinc; 3°. un sublimé rouge qui est foxide de zinc phosphuré; 4°- un sublimé de cristaux en aiguilles de couleur bleuâtre avec éclat métallique. Pelletier considérait aussi ces sublimés comme loxide de zinc phosphuré '.

ÏX. On ne peut pas unir directement le zinc avec le soufre; suifure. mais Dehne a découvert le premier , en 1781 , qu'en tenant pendant quelque Temps en fusion un mélange doxide de zinc et de soufre , il y avait combinaison de ces deux corps ^, Cette expérience fut répétée depuis par Morveau '^. On forme un composé semblable en versant dansune dissolution de zinc, de facide hvdro-Siilfurique à f état de combinaison avec un alcali. Ce composé , d'abord blanc , devient d une couleur plus foncée en séchant. Les chimistes l'ont considéré comme résultant de l'union du soufre avec l'oxide de zinc ; mais cette opinion n'est pas confirmée par rex})érience. Le zinc paraît y être à létat métallique. ^L Edmond Davv observa qu'eu faisant passer de la vapeur de soufre sur du zinc en fusion , il obtenait un composé jaunâtre ayant fapparence de la blende.

Une des mines de zinc la plus commune est un minéral feuilleté, ordinairement brun, appelé blende. Il est insipide et insoluble dans feau; sa pesanteur spécifique est d environ 4-Bergman la trouvé principalement composé de zinc et de soufre. Cette analyse ne s'accordait point avec l'opinion des chimistes sur ce minéral, qu'ils considéraient , surtout d'après les expérience^de Morveau, comme un oxide sulfuré de zinc. Proust assurait que cette mine est un composé de zinc à l'état métallique, et de soufre ^ Cette opinion est aujourd'hui généralement adoptée comme la aiieux établie. J'ai trouvé, par une

■ Pellelicr, -4nn. de Chim. XIII, ia8.

* Ihicl. , 125.

' Journ. de Chim. p. 4Cj etCrclPs Aunals. 17S6. I, 7.

* Me'm. de l'Acad. de Dijon. 1783.

5 Journ, de Phys. LVI , 79.

48o COMBUSTIBLES SIMPLES.

analyse de la blende jaune , qu'abstraction faite d'un peu ue fer , c'est un composé de

Zinc loo •

Soufre. ... 48,84'

On voit ainsi qu elle consiste en i atome de zinc et i atome de soufre.

saiiie X. En distillant un mélange de zinc et d'acide arsénieux,

avec l'arsenic. ^ •« , , ^ i • • i i i

on peut parvenu' a opérer la combmaison de ses deux substances*. Cet alliage est formé , suivant Bergman , de quatre parties de zinc et d'une parlie d'arsenic.

XI. Nous ne connaissons point d'alliage de zinc et de tellure.

Axec XII. On pent produire , à l'aide de la chaleur , l'union du

e potassium. ^.^^ ^^,^^ j^ potassiiim. Cet alliage est difficile à former à raison de la volatilité du potassium. Sa couleur est celle du zinc pulvérisé. Il se détruit par degrés à l'air. Il fait effervescence avec l'eau , et beaucoup plus vivement avec les acides ^.

Sodium. Avec le sodium, l'alliage se forme à la température rouge

cerise -, il est d'un gris bleuâtre, cassant, et d'une texture lamelleuse. Il se détruit à l'air, et lait effervescence avec l'eau et les acides *.

XIII. On ne connaît point les alliages quele zinc forme avec les métaux des terres alcalines et des terres pures. Avec le fer. XIV". Il est difficile de combiner le zinc avec le fer, parce qu'à la chaleur nécessaire pour fondre ce dernier métal, l'autre se volatilise. L'alliage, lorsqu'il est formé, est, suivant Lewis , dur , un peu malléable , d'un blanc approchant de celui d'argent ^. Malouin a fait voir que le zinc peut être employé au-lieu d'étain pour recouvrir les plaques de fer , ce qui prouve qu'il peut y avoir affinité eiitre les deux roq^aux ^. Avec 1; nickel. XV^. Le ziiiC lie parait pas susceptible de se combiner avec le nickel par fusion " , non plus qu'avec le cobalt. Nous ne

' Ant);)l<; of Philosnphy IV, f^2.

' Malouin.

' (iav-Lussac et Thénard, Recherches vhfsico-chimiqiies. 1, 22i.

^ Ibid. 1, 9.4.Î.

' ]\eumftri''s ( Jiem. , p. Cç)

** Mcm. P;ir. f^'yi.

7 Les Chinois sVii)l>lcul ci j enJant êlre en possession Je quelques

DU PLOMB. ^Sl

conoaissons pas les alliages que le zinc peut former avec ie luaQganè^, le cérium et l'urane.

SECTION IL

Z>u Plomb.

I. La connaissance du plomb semble dater des premiers siècles. Moise en fait plusieurs fois mention. 11 paraît que les anciens l'avaient considéré comme un métal qui se rapprochait beaucoup de l'étain.

1. Le plomb est d'un blanc bleuâtre; il a beaucoup d'éclat prop. lorsqu'il est nouvellement fondu ; mais il se ternit promptement à l'air. 11 n'a presque pas de saveur ; mais par le frottement il émet une odeur qui lui est particulière. Il laisse une teinte bleuâtre sur le papier ou sur les doigts. Pris intérieurement, il agit comme poison.

2. Le plomb est un des métaux les plus mous; sa pesanteur spécifique est 1 1,3523 '. Loin que cette pesanteur spécifique augmente lorsqu'il estécroui, Muschenbroeck a trouvé qu'elle était réellement moindre dans le plomb tiré en fil , ou soumis pendant long-temps à l'action du marteau. Un échantillon de plomb non écroui avait une pesanteur spécifique de 1 1 ,479 > elle n'était plus que de ii,3i7 lorsque cet écliantilion fut passé à la filière; et enfin elle se trouva réduite a 11,2187, lorsqu'il eut été écroui. Cependant alors sa force de ténacité était presque triplée^. Des expériences de Guyton-Morveau confirmèrent ces résultats ; mais il reconnut également qu'on pouvait augmenter la pesanteur spécifique du plomb , en le plaçant dans un moule pour le soumettre à faction du marteau , de manière qu'il ne put pas s'étendre.

3. Le plomb est très-malléable ; il s'étend facilement sous le marteau, et peut y être réduit en feuilles très-minces, li

procèdes pour combiner ces mctaux; car, suivani Kngfstrni-m , le pakj'ong, ou cuivre blanc , est un composé de cuivre , de nickel tt de ziûc. Le zinc y est dans la proportion des --^ du tout , et le.>> proportions du cuivre et du nickel sont entr'elles comme 5 à i3. Mén^. Stockh. 177^.

' Brissou. Fahrenheit l'établit à tt,35oo. Phil4 Trans. 17 v'. Vo! XXXII!, p. 114 J'ai trouve celle d'un éch mtiiloQ de plomb lamin.de II. 407 à la température de ib*^ ceuiigrades.

^ Wasscrberg. I , j^i,

peut être aussi tiré en fils ; mais sa ductilité est peu considérable. Il en est de même de sa ténacité. Un iil de plomb de 2. millimètres de diamètre , peut à peine supporter sans se rompi e un poids d'environ 9 kiloi^rammes.

4. Le plon.b entre en fusion , d'après les expériences de Crichton de Glasgow , à la température de 022° cenligr. '; et par une plus forte chaîeur , ii bout et se volatise. En refroidissant lentement , il cristalline. IVl. Mongez l'obtint en pyramides quadran^ulaires ; et Pajot , en un polyèdre de trente-deux côtés , formé par la réunion de six pyramides quadrangulaircs".

S'oxide. II. Le plomb exposé à l'air y perd promptement son éclat.

Il prend d'abord une couleur d'un gris sale, et à la fin sa surface devient presque blanche. Ce changement est dû à sa combinaison par degrés avec l'oxigène , et à sa conrersion en un oxide. Mais cette conversion est extrêmement lente, la couche extérieure d'oxide , qui se forme d'abord, préservant pendant très long-temps le reste du métal de faction de Vair.

L'eau n'a point d'action directe sur le plomb ; mais elle facilite celle de fair sur ce métal-, car il s'y oxide beaucoup plus rapidement lorsqu'il est maintenu dans un état constant d'humidité-, c'est par cette raison que se forme la croûte blanche que f on remarque sur les parois des vaisseaux de plomb qui contiennent de feau, jusiement à l'endroit où se termine la surface supérieure de ce liquide.

Le plomb s'unit à l'oxigène en trois proportions différentes, et forme ainsi le protoccide plomb , qui est jaune , le per^ oxide qui est brun, et X oxide rouge , <]ui est un composé du jaune et du brun.

1. Le protoxide ou oxide jaune de plomb, le plus ancien- Oxide jrmne. nemcnt coHHU , ct ccluî quî a été examiné avec le plus de soin , s'obtient par la dissolution du plomb dans une quantité d'acide nitrique suffisante j)our que cette dissolution soit sans couleur. On la sature alors de carbonate de jx>tasse avec excès ; il se précipiie une poudre blanche, qui, étant séchée et chauffée à-peu-près au rouge, prend une couleur jaune.

Phil. Ma«. XVI, 40.

Journ.dePhys. XXXVIÏI, 53.

C'est Xoxide jaune de plomb pur. Cet oxiue est sans saveur, insolubIe*daus l'eau, mais se dissolvant dans la potasse et les ^cjdcs. Il se foud promptement par la chaleur , et forme un verie jaune demi trasparent , dur et fragile. A une chaleur violente.il s'en volatilise une portion. Lorsqu'on le tient pepdaut quelque temps chauffé à fair , sa surface devient d'un rouge de brique.

On a fait avec soin des expériences diverses à Veffet de déterminer d'une manière précise la compo-^ition de cet oxide. Je considère comme se rapprochant le plus de la vériié, les résultats qu'obtinrent Bucholz et Berzelius , et spécialement ceux de ce dernier chimiste. Les résultats obtenus par l'un et lautre, sont

Bucholz. * iooplcrab-h8 oxigène.

Berzelius.' loo . . . . -f- 7,7 En considérant l'oxide jaune de plomb conuTie un composé de 100 de plomb 4*^,692 oxigène, ce qui ne diffère pss sensibletuent de la détermination de Berzelius. alors si c'est une combinaison de i atome du métal avec i atome d'oxigène, sa constitution sera :

Plomb i3 100

Oxigène. ... 1 71^92

Alors le poids d'un atome de plomb sera i3, et celui d'un atome du protoxide 1 4.

Quand on tient le plomb en fusion en contact avec latmospîière, sa surface se recouvre promptement dune pellicule de couleur grise. Si on enlève cette première pelhcule, une autre lui succède, et en continuant la chaleur, ia totalité du plomb peut être promptement convertie en pellicules semblables. Si on chauffe ces pellicules , en les agitant pendant quelque temps avec le contact de l'air, elles se changent en une poudre jaune verdàtre, qui est, ainsi que Proust l'a fait remarquer , un mélange de l'oxide jaune avec une portion du plomb a l'état métallique. C'est à ce mélange de poudres bleue et jaune qu elle doit sa couleur. Si la chaleur est continuée avec le contact de l'air, cette poudre absorbe plus d'oxigène; la portion de plomb à l'état métallique qu elle contei^ait est oxi-

' ^elilen's Journal. V, ?rk).

» Aon. de Chio;. LXXVlil, u i el LXXIX, lar

dée, et le tout est alors converti en un oxide jaune connu dans le commerce sous le nom de massicot.

Homb blanc. En exposaut des lames minces de plomb à la vapeur du vinaigre tiède, elles sont peu-à-peu corrodées, et se recouvrent dune poudre blanche pesante, employée comme cosmétique et connue sous le nom de blanc de plomb. On considérait autrefois cette poudre, comme un oxide particulier de plomb, mais il est connu aujourd'hui que c'est un composé de l'oxide jaune et d'acide carbonique.

r«roxicie. 2. Si l'on met de l'acide nitrique d'une pesanteur spécifique de 1,260 sur 200 parties de plomb rouge, cet acide pourra dissoudre i85 parties de l'oxide, mais il en restera 1 5 à l'état d'une poudre noire, ou plutôt d'un brun foncé ^ Cette poudre est le pcroxide ou oxide brun de plomb découvert par Schécle. Le meilleur procédé pour le préparer est celui qui fut indiqué par Proust, et perfectionné depuis par Vauquelin. On met de l'oxide rouge de plomb dans un vaisseau rempli en partie d'eau , et on y fait passer un courant de clilore. L'oxide prend une couleur de plus en plus foncée, et à la fm il est dissous. On ajoute de la potasse à la dissolution^ et l'oxide brun de plomb se précipite. On peut obtenir par cette méthode 68 parties d'oxide brun de 100 parties de l'oxide rouge employé *.

Cet oxide est une poudre de couleur puce, très-fine, lé' gère, et sans saveur. Les acides nitriqne ou sulfurique n'ont point d'action sur elle. Elle absorbe Thydros^ène de l'acide liydrochlorique, et le convertit en chlore. Elle abandonne parla chaleur la moitié de son oxigène, et est convertie en oxide jaune ^, d'où il suit évidemment que le peroxide de plomb est un composé de 1 atome plomb -4- 2 atomes oxigène, ou en poids de

Plomb i3 100

Oxigène 2 1 5,584

3. Si l'on met du massicot, réduit en poudre fine, dans un fourneau, et qu'on le remue continuellement, pendant que sa surface est exposée à la flamme du combustible, il se con-

Scbéele. I, i3 ; et Proust, Ann. de Chim XXIII, 98.

Fouroroy. IV, 91.

I3erzc!iiiç, .^Jn?:. de Chim. LXXVIII, 16.

Ox^oc rol'ge.

vertit, a|i bout d'environ ^S heures , en une belle poudre rouge, connue sous le nom de minium ou plomb roi/^e \ Cette poudre , dont on se sert égale[nent comme cosmétique et pour d'autres usages, est Voxide rouge de plomb.

Le plomb rouge est une poudre sans saveur, d'une couleur rouge intense, et très-pesante. Sa pesanteur spécifique est, suivant Muschenbroeck , de 8.94*^. Il ne perd pas sensiblement de son poids par une chaleur de 2o5" centigrades ; mais quand il est chauffé au rouge, il s'en dégage du gaz osigèue, et il se fond par degrés en un verre brun foncé très-dur. 11 perd, dans cette fusion, de 0,0} à 0.07 de son poids, eî une portion du plomb est réduite à l'état métallique. Le plomb rouge ne paraît pas susceptible de se combiner avec les acides. Ils ont bien, pour la plupart, de l'acticin sur;, cet oxide, mais elle se borne à le réduire à son premier état d'oxide jaune.

Il résulte de l'analyse de Berzelius que le plomb rouge du commerce est mêlé avec de Poxide jaune, du sulfate de piomb , de fhvdrochlorate de plomb et de la silice. Après l'avoir séparé de toutes ces substances étrangères, il le trouva composé de

Plomb 100

Oxigène 11,08*

Il est alors évident qu'il contient une fois et demie autant d'oxigène que le protoxide. Il y a deux manières de considérer cette substance j elle peut être formée de 2 atomes de plomb et 3 atomes oxigène, ou de i atome du protoxide et i atome du peroxide. De quelque manière que nous établissions sa constitution, il est évident que son poids sera le même. Il doit être deux fois le poids d'un atome de plomb-!- ^ atomes d'oxigène ou 29. Comme \e plomb rouge ne se combine avec aucune autre substance sans éprouver de décomposition , sa nature n'est pas d'une grande importance sous le point de vue chimique; mais chacun peut se convaincre, par lexamen des sels dans lesquels l'oxide jaune entre , que son nombre équivalent est \\: donc ce doit être un protoxide. Je n'ai pas besoin de chercher à concilier la composition des oxides de plomb avec ce nombre, parce quil convient également aux

AYatfon's chemical F.ssays. lîl, S^î-^.

Jjerzelius, Aun.de Chun. LXXVIIÎ

486 COMBrSTIBLES SIMPLES.

deux suppositions ; ou peut , par conséquent, admettre Tune ou l'autre.

Coupeiution. 4' To^s les oxidcs de plomb sont très-facileraerit convertis en verre ; et dans cet état ils oxident et se combinent f^vec presque tons leS autres métaux, etcepté l'Or, le pktit^é, l'argent, et les métaux nouvellement découverts dans le platine brut. Cette propriété rend le plomb d'un usage extrêmement avantageux pour opérer la séparation de l'or et de l'argent d'avec les métaux moins précieux auxqr.els ils peuvent être mêlés. On purifie l'or et l'argent en faisant fondre l'Hh ou l'autre de ces métaux avec du plomb, et en les tenant pendant quelque temps dans cet état dans un petit vaisseau creusé en forme de coups plate , nommé coupelle , fait avec des os calcinés et pulvérisés, ou avec des cendres de bois. Le plomb se vitrifie par degrés, il scorifie les métaux étrangers aU métal essayé; dans cet état, il passe avec eux à travers les porcs de la coupelle^ et laisse dans son bassin l'or ou l'argent à l'état de pureté. Ce procédé s'appelle coupellation.

Affinage 5. Lc plomb tcl ou'il est extrait de sa mine contient tondu plon.b. , 11; 11 • ••! 1

jours de 1 argent , dont la proportion vane suivant la nature de la mine, depuis quelques décigrarames jnsqu'à i 200 grammes ou plus par cent de kilogrammes. On l'eu sépare ordinairement par le procédé connu sous le nom Raffinage , lorsque la proportion eri est suffisante pour indemniser de la dépense de cette opération. On met le plomb dans une espèce d'écùêlle plate très -large, faite avec un mélange d'os calcinés et dé cendres de fougère , creusée d'une certaine profondeur audessous de sa surface, qu'on appelle têt. Le plomb exposé dans ce vase à l'action de la flamme du fourneau, y prend par degrés l'état vitriforme -, il se dissipe, ou pénètre dans les porcs du têt sur lequel l'argent reste seul à l'état de pureté. Dans cette opération, le plomb est conv^erti en une substance Lifharge. connuc SOUS le nom de litharge. Lorsqu'on la retire à létat de fusion, elle se forme d'abord en masse cohérente; mais par son exposition à l'air, elle se divise peu- à -peu en petites écailles, en partie de couleur rôuge et en partie d'un jaune doré , qui ne sont autre chose que l'oxide jaune de plomb combiné avec une certaine proportion d'acide carbonique'*'.

* Duhamel, dans une dissertalion publiée dans le troisième yo-

Ilï. te plomb introduit dans le gaz cblore n'y brûle pas, chioruïe. mais il absorbe le gaz et il est converti en chlorure de plomb. Cette substance s'obtient par le simple mélange de dissolutions de nitrate de plomb et de sel commun. Il s'y forme un précipité, en petits cristaux blancs et 303 eux. En cbaufl'ant ces cristaux, ils fondent et sont convertis en un cbloture de plomb pur. On distinguait autrefois ce composé par la dénomination i\e plomb corné. Il est en masse demi transparente, d'un blanc grisâtre, ayant dans son aspect quelque ressemblance avec la corne. Chauffé à l'air, il s'évapore en partie en une fumée blanche, mais à vaisseaux fermés; il reste fixe à la chaleur rouge. Ce composé consiste, suivant l'analyse qu'en a faite John Davy *, en :

Chlore 25,78. . . . 100. . 4,5

Plomb 74,22. . . . 287,88,12,955

11 résulte de cette analyse, qu'on peut considérer comme à très-peu près exacte, que le chlorure de plomb est formé de 1 atome chlore et i atome plomb.

IV. En chauffant ensemble l'iode et le plomb, ces deux lodure. substances se combinent. L'iodure de plomb est d'une belle couleur jaune. On le précipite toutes les fois qu'on ajoute un hydriodate à une dissolution contenant du plomb, il est insoluble dans l'eau. Il n'a pas été analysé, mais il est indubitablement formé de i atome iode -4- 1 atome plomb , et par conséquent sa composition est :

Iode 15,62 5

Plomb 1 3

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