V. On ne connaît point faction du fluor sur le plomb. Ce
métal ne se combine ni avec l'azote ni avec l'hydrogène ou le carbone. Il n'existe pas de combinaison de plomb avec le bore ouïe siliciunu
V^l. On obtient le phospliure de plomb en fondant dans un Phosphure. creuset un mélange, à parties égales, de limaille de plomb et de verre phospliorique. Ce phosphure est d'un blanc d'ar-
lume des Mémoires de l'Institut, p. 4o6 , a indiqué des perfectionnemens^i cette méthode de séparer l'argent du plomb par la coupellalion.
* Phil. Trans. i8i>, p. i85.
488 COMBUSTIBLES SIMÇXES.
gent un peu Bleuâtre; il se ternit proir.ptemcut à l'air; il est snsceptibJe d'être entamé par le couteau et d'être sépr.ré en lames ])ar l'action du marteau. On peut également le former rn jetant du ])hosphorc dans du plomb fondu dans un creuset. )1 est composé d'environ 12 parties de phosphore et 88 de plomb *. En supposant ce phosphure composé de i atome de plomb'-H I atome phosphore , il consisterait dans 88 plomb -H 10 phosphore, ce qui se rapporte assez bien avec l'analyse de Pelletier.
s<-'"r,jre. VII. On forme le sulfure de plomb, soit en fondant dans un creuset ces deux corps stratifiés ensemble, soit en jetant par intervalles du soufre dans du plomb fondu. Ce sulfure est cassant, brillant, d'un gris bleu foncé, et beaucoup moins fusible que le plomb. Le plomb et le soufre se rencontrent souvent combinés ensemble dans la nature; cette combinaison , qui est ordinairement cristallisée en cubes, se nomme ga/cne, sa pesanteur spécifique varie , mais elle n'est jamais de beaucoup i:j férié ure à 7.
Le plomb paraît être susceptible de s'unir au soufre dans deux proportioiis différentes.. Cette union, au minimum , forme le sulfure de plomb, qui est la galène ordinaire des minéralogistes. Il n'y a aucun doute, d'après les expériences de Berzelius et autres, qu'il ne soit un composé de i atome ]iîomb4- I atome soufre, ou, en poids de:
Plomb i3 . . . joo
Soufre .... 2 . . j 5,384
Eis.jUire. Outre ce sulfure ordinaire de plomb, il s'en rencontre quelquefois un autre de couleur plus claire, plus brillant, qui, à la flamme d'une bougie, ou mis sur des charbons allumés, brûle avec une flamme bleue. Il contient au moins o,25 de soufre; c'est donc un bisulfure de plomb. Cette variété n'a point encore été désignée par les minéralogistes , ni artificiellement produite par les chimistes.
Aiiiasrç VIII. On peut combiner ensemble le plomb et l'arsenic par
ec arienic. r ' f> \\- -x-, \ c ' i
lusion. L.et alliage est cassant, d une couleur loncee, et en lames. Le plomb prend les 0,1 (^d de son poids d'arsenic. Pofassiam. IX. Le plomb s'allie facilement avec le potassium. Les deux métaux s'unissent lorsque la chaleur est suffisamment élevée
" Pelleiier, Ann. de Ciiira. XIII, 114.
Î)U PLOMfe. , 4^9
]»ouf fondée le plomb. L'alliage est très-fubible et très-cassaiit. Sa cassure est à grains IIds. Il se détruit promptement à l'air. Il tait effervescence avec l'eau. Le potassium est converti en potasse , et le plomb reste sans avoir éprouvé d'altération/.
L'alliacée du plomb et du sodium se forme de la même Sodium. manière. Cet alliage a un peu de ductilité. Il est d'un gris bleuâtre, sa cassure est à grains fins, et il est à peu -près aussi fusible que le plomb-, exposé a l'air ou mis en contact avec l'eau, le sodium est promptement converti en soude et le plomb reste a l'état de pureté \
X. JNous ne connaissons pas les alliages que le plomb .forme avec les bases métalliques'des terres alcalines et terres pures.
XL Les anciens cbimisîes assurent, qu'à aucune tempéra- Fer. ture quelconque , le fer ne peut former d'union avec le plomb fondu , mais q:i'il reste constamment à la surface. Cependant Muschecbroeck réussit à unir par fusion \oo parties de fer avec i?4 parties de plomb, et à former ainsi un alliage dur, dont la ténacité n'était pas de la moitié de celle du 1er pur. Suivant lui , la pesanteur spécifique d'un alliage de dix parties de fer et d'une partie de plomb, est 4i^5o^. Giivton-Morveau a prouvé par expériences, qu'en fondant ensemble les deux métaux, il se forme deux alliages distincts, dont l'un, à la partie supérieure ou mélange en fusion, est une combinaison de fer avec une petite portion de plomb, et dont l'autre qui est au-dessous, est un culot de plomb contenant un peu de fer '^.
XII. Le plomb ne s'unit que difficilement avec le nickel Kkkeu par fusion.
XIIL On avait supposé autrefois que le cobalt ne se corn- Cobait. bine point par fusion avec le plomb; parce qu'en fondant ensemble à parties égales, les à^wn métaux, on les trouve l un et l'autre séparés après la fusion, le plomb au-dessous et le cobalt au-dessus. A-la-vérité ce cobalt étant mis en fusion avec le ff r , semblait s'être combiné avec un peu de plomb ; car
* Gav-Lussac et Thi'nard, Recherches physico-cliomques. I, m 8.
^ Jbid. I , 241 •
' AYasserberg. I. 2! 2.
< Ann. deChlm. X.MII , 4;.
alors le fer se combine avec le cobalt, et il y a du plomb sé-
Î)aré '; mais Gmelin a fait voir que l'alliage du plomb avec e cobalt peut être formé. Il mit du cobalt en poudre entre des lames de plomb, et il les recouvrit avec du charbon pour exclure tout accès de fair, et il chauffa les creusets contenant ces mélanges. Parties égales de plomb et de cobalt produisirent un alliage dans lequel les métaux paraissaient être assez uniformément distribués , quoique dans quelques cas, le plomb dominât. Cet alliage était cassant, susceptible d'un meilleur poli que le plomb, auquel il ressemblait plutôt qu'au cobult. Sa pesanteur spécifique était, 8,i 2. Deux parties de plomb et une partie de cobalt, produisaient un mélange uniforme , ressemblant plus au cobalt qu'au plomb, très-peu malléable et plus mou que ce dernier métal. Sa pesafiteur spécifique était 8,28. Q\iatre parties de plombe! une partie de cobalt l<>rmaient un alhage encore plus fragile, ayant la cassure du cobalt, mais le poli du plomb. Cet alliage était plus dur que le plomb. Six parties de plomb et une partie de cobalt produisaient un alliage plus malléable et plus dur que le plomb. Sa pesanteur spécifique était 9,65. Avec huit parties de plomb et une partie de cobalt, lalliage était encore plus dur que le plomb , et il était susceptible d'un meilleur |>oli. U était aussi malléable que le plomb. Sa pesanteur spécifique était
XIV. On ne connaît pas les alliages que le plomb forme avec le manganèse, le cériura et l'urane. Ziiic. XV. L'alliage du plomb et du zinc a été examine par Wallérius,Geilert, Muschenbroeck et Gmelin. Ce dernier chimiste réussit à former falliage par fusion. ïl ajouta un peu de suif au mélange et recouvrit le creuset pour prévenir levaporalion du zinc. Lorsque le zinc était en grand excès relativement au plomb , l'alliage était malléable et plus dur que le plomb. Un mélange de deux parties de zinc et d'une partie de plomb formait nn alliaî^e plus ductile et plus dur que ce dernier métal. Un mélange de parités égales des deux métaux produisait un alliage différant un peu du plomb en ductiliîé et en couleur-, mais il était plus dur, plus susceptible de poli, et beaucoup plus sonore. Lorsque le zinc était en plus petite
Gcllert, p. 187.
Ann. de Chim. XIX , S.*)?.
DE L'ÉTi-IN. 49 ï
propnrtioç dans le mélange, l'alliage se rapprochait de plus près (Je la ductilité et de la couleur du plomb; mais il conti- Duait d'être plus dur, plus sonore et susceptible de poli, jusqu'à ce que la proportion des deux métaux dans le mélange approchât de i de zinc et i6 de plomb; alors l'alliage ne différait de ce dernier métal qu'en ce quil était un peu plus tlur '.
XVl. Ualliage du bismuth et du p'Orab est cassant. Sa Eismat:. f:ouleur est à-peu-près celle du bismuth. Sa cassure est lamelleuse, et sa pesanteur spécifique plus considérable que celle mo3^enne des deux métaux. Suivant Mtischenbroeck, la pesanteur spécifique d'un alliage, à parties cgaks de bismuth et d'argent, est 10,7097 ^
SECTION in.
De rÈtaiTi.
I. L'ÉTAiy est un des métaux les plus anciennemen-^ connus. Au-moins pouvons-nous présumer que l'époque de sa découverte remonte bien haut dans l'antiquité, si nous considérions que ce métal était d'un grand nsagë dn temps de Moïse ^. Les Phéniciens, qui le tiraient de TEspagne et de lAndeterre, en firent un commerce très-lucraîif avec les peuples de ces contrées '^.
1. Ce métal, lorsqu'il est pur, est d'une couleur blanche p.o-rié,, "aussi belle et aussi brillante que celle de l'argent -, il a une saveur sensible utj peu désagréable , et produit, lorsqu'on le frotte, une odeur particulière.
2. Sa dureté tient le milieu entre celle de l'or et du |»îomb. Sa pesanteur spécifique est 7,291, et 7,399 lorsqu'il a été écroui^.
3. ïl est très-malléable, et susceptible (fê^ve rédiu't en feuilles aussi minces que peut l'exiger son emploi dans les arts; il a moins de ductilité et de téuacité que la plupart de> métaux connus des anciens. L'n fil d'étaiu d'e:îviron deux mil-
• Ar>n. de Chini. IX, gj.
' AVas«erbera. I , iG-^.
' Nombre XXXI, 22.
* Pline. Liv. IV, chap. 3] 5 et liv. XXXlV , cLap. 4;.
BrissoD.
4^)2 coM33ustii;les simples.
limètres rie diamètre De peut supporter sans se rompre quun poids de iS^y/^o kilogrammes \ II est très-flexible, et fait entendre j quand on le plie,im craquement particulier qu on appelle cri de Vétain.
4. Il tond à la température de 228° centig. * *, et quand il est fondu , il lui faut un très grand degré de chaleur pour le réduire en vapeur. Si on le laisse refroidir lentement, et si, lorsque sa surface est figée, on décante en la perçant, la portion du métal encore liquide, ce qui reste est cristallisé en prismes rliomboïdaux ^.
s-ojije II. L'étain exposé à l'air y perd promptement son éclat et prend une couleur noife grisâtre ; mais il n'y éprouve aucun autre changement. Il n'agit pas , au-moins d'une manière sensible, sur l'eau à froid; mais lorsqu'on fait passer un courant de vapeur d'eau sur le métal chauffé au rouge, il la décompose, eu absorbe l'oxigène, et en dégage l'hydrogène'^.
Quand on fond létain avec le contact de l'air, sa surlace se recouvre très-proraptement d'une pellicule grise qui, par l'agitation, produit une poudre de la même couleur, qui est un oxide du métal. Si ou continue la chaleur, la couleur de la poudre change par degrés, et elle huit par devenir jaune. Eu chauffant très-fortement l'étain dans un vaisseau ouvert, il prend feu et est converti en un oxide dune belle couleur blanche , qu'on peut obtenir en cristaux.
C'est à Proust que nous devons les premières recherches exactes qui aient été faites sur les oxides d'étain ^ Le sujet fut depuis examiné par John Davy^ , Berzelius " et Gay- Lussac^. Ce métal forme deux oxides. Le protoxide est gris ou noir ^ mais hlanc^ lorsqu'il est combiné avec l'eau. Le peroxide est jaune et , dans de certaines circonstances , transparent et presque blanc.
Oxi^e gns. 1. On forme 1 oxide gris ou le protoxide d'étain en tenant ce métal exposé pendant quelque temps à une chaleur modérée ; mais , dans ce cas, il n'est jamais pur. On peut ce-
' Gnvlon-Morveau, ^nn. de Chim. LXXl , loi.
- Crichtou , Phil. Mas. XV, 14-.
> Pajot, Joutn. Je Phy.,. XXXVIII , 52.
4 Gav-Liissac, yînn. de Chim. LXXX , i-o.
« Aim. fie Chim. XXVIII . 2i3.
^ Phil Trans. «812, p. 19^.
" ÎVirholson's Journal. XXXV, \22
* Auu. de Chim. LXXX, 170.
DE l'ÉTAIN. 49^
pendamToblenirtel, parla méthode suivante. Ondissout l'étain dans l'acMe liydrochlorique, soit à l'aide de la chaleur, soit par addition au besoin d'une petite quantité dacide nitrique. Quand la dissolution est complètement opérée , on y ajoute de la potasse en excès. Il se précipite une poudre blanche, qui est en partie redissoute, mais dont la portion qui reste prend une couleur gris foncé, et même avec brillant métallique '*'. Cette portion qui reste est le protoxide pur d étain. La poudre blanche, précipitée d'abord, est l'hydrate du protoxide. Cet hydrate abandonne son eau par la chaleur , et devient d'un gris foncé presque noir. Ce protoxide, ouoxidegris détain, est une poudre sans saveur, soluble dans les acides et dans les alcalis. Lorsqu'il est chauffé, il prend feu, brûle comme de l'amadou , et est converti en peroxide. A l'état de dissolution , il absorbe l'oxigène avec une grande avidité, et devient peroxide. D'après les expériences les plus exactes qui aient été faites jusqua présent sur la composition de cet oxide, elle serait de , savoir :
Etain. Oxigène.
Gay-Lussac loo. . . + i3,5
John Davj loo. . . + i3,55
Berzelius loo. . . -f i5,6
Ces expériences coïncident presque entre elles. En supposant le protoxide d etaiu formé de i atome d'étain et de i atome d oxigène, il s'en suivrait qu'un atome d'étain pèse 7,3^5 ; car dans cette supposition , la composition du protoxide d'étain est :
Etain ly^l^ io<>
Oxigène .... i i3,55
Ce qui est le terme moyen des expériences dont on vient de présenter les résultats.
2. On peutobtenir le peroxide d'étain en chauffant ce métal Perosi dans l'acide nitrique concentré. Il se produit une vive effervescence ; l'étain est converti en totalité en une poudre blanche qui se dépose au fond du vaisseau. Lorsqu'on chauffe celle poudre jusqu'à ce que tout l'acide et l'eau en aient été chassés, elle prend une couleur jaune. On forme un peroxide d'étain en chauffant ensemble de la limaille d'étain et de
* Proust, Ann. de. Chim. XXVIII: p. 2i3} et Berthollet fils. Stat. cltim II , 4 9.
^g^ COMBUSTIBLES SIMPLES.
l'oxide rouge de mercure, et ce peroxide est blanc; mais, sous tous les rapports, il a les propriétés du peroxide d'étain ordinaire*.
Cet oxidene se dissout point dans l'acide hydrochlorique; mais il forme avec cet acide une combinaison qui est soluble dansleau-, de même aussi lorsqu'on le met en digestion avec de la potasse, il se couibine avec cet alcali, et la combinaison se dissout dans leau. Celte dissolution étant évaporée , laisse une gelée jaune qui se redissout dans l'eau. Cet oxide paraît aussi susceptible de se combiner avec l'acide suifurique, quoique le composé ne se dissolve pas dans l'eau, parce que ce liquide s'unit do préférence à l'acide. Lorsque cet oxide a été chauffé au rouge , il cesse d'être soluble dans les acides ou dans l'eau. Cette propriété se remarque dans la plupart des oxides métalliques. Ainsi le peroxide d'étain est susceptible d'action et sur un acide et sur une base salifiabie; mais l'union qu'il forme et avec les acides, et avec les bases, est très-faible , puisque la chaleur seule suftit pour l'en séparer. D'après les recherches les plus exactes sur la composition de ce peroxide , elle a été reconnue ainsi qu'il suit :
Etain. Oxigène,
Berzelius loo. ... 4- 27,2
Gay-Lussac 100. . . . -f-> 27,2
Klapiolh 100. ... -4- 27,64
JohiJ Davy 100. . . . -i- 27,64
Les résuhats de ces expériences s'accordent d'une manière assez satisfaisante, quoiqu'ds ne se rapprochent pas d'aussi près que ceux des expériences faites sur le protoxide. On ne peut douter d'après celles-ci , que le peroxide d'étain ne contienne deux fois autant d'oxigène que le protoxide, ou que c'est un composé de i atome étain et de 2 atomes oxigène; et qu'ainsi il contient :
Etain 7,576 100
Oxigène 2 27,1
Nombres qui se rapportent presque avec les analyses de Berzelius et Gay-Lussac.
3. Proust et Berzelius ont cherché, l'un et l'autre, à prouver l'existence d'un troisième oxide d'étain. L'opinion de Proust
■* Eerzclius, IN' icholson's Journal. XXXV, i3o.
DE LÈTAIX. 49^
a eié réfutée par les expériences du docteur John Davy, et les caractères d'évidence aunoiicés par Berzeliiis, ont été recoufius lout-à-fait insuftisans. Il s'im-igine qu'il existe un oxide intermédiaire dans la liqueur de Lihavius-^ et cependant lorsqu'il sépara cet oxide , il lui reconnut précisément les mêmes propriétés qu'au pernxide ^
III. John Davy a fait voir que Tétain se combine avec le chlore en deux proportions, et forme deux chlorures qu'il a examinés et analysés.
1. On peut former le proîochlorure d'étain en chauffant piotochiornrt. ensemble un amalgame d'étain et de calomel, protocblorure de mercure, ou en évaporant à sicriîé Ibvdrocklorate de protoxide d'étain, et en fondant le résidu en vaisseaux clos. Ce composé est gris, avec éclat, et à cassure résineuse. En le chauffant dans le gaz chlore , il 'prend feu et se convertit en perchlorure d'étain. Il peut être fondu en vaisseaux clos à une température au-dessous de la chaleur rouge, sans éprouver de décomposition; mais à une chileur plus forte, il semble être en partie décomposé. L'eau le convertit en hydrochlorate d'étain. Ce protochlorure se compose, suivant John Davy, de
Ëtain. 100
Chlore 60,71 '
2. Le perchlorure d'étain a été pendant long-temps connu Feretiorure; sous le nom de liqueur fumante de Libavius^^di'cce. qu'elle fut découverte par Libavius, chimiste du seizième siècle. On la prépare ordinairement en distillant à une douce chaleur im mélange d'amalgame détain , et de sublimé corrosif, perchlorure de mercure. Les proportions les plus convenables, suivant Sulze, sont celles de 6 parties détain, d'une partie de mercure et de 33 parties de perchlorure de ce métal ^. La distillation doit être conduite en ménageant avec soin la chaleur. 11 passed'abord dans le récipient un liq^uide incolore, consistant principalement en eau; alors la liqueur fumante, en se répandant touî-à-coup dans le récipient , le remplit d'une vapeur blanche. John Davy reconnut qu'on pouvait aussi se procurer k perchlorure d'étain en distillant à une douce cha-
' Nicholson's Journal. XXXVj 124.
» Pbil. Trans. 1812, 17-.
' Gehieu's Journal. IV/438.
^q6 combustibles simples.
leur un mélange d'hydrochlorate de peroxide d'étain concentré et d'acide sulfurique. On le forme également en introduis sant de l'étain dans le gaz chlore. Le métal prend feu , et le perchlorure d'étain se sublime.
La liqueur fumante de Libavius est un liquide incolore comme l'eau, et très-fluide. A l'air, il s'exale en famée avec une grande violence, ce qui est dû, ainsi que cela fut annoncé pour la première fois par Adet, à ce qu'il est avide d'humidité. En mêlant ensemble une partie d'eau et trois parties d hydrochlorate fumant, le mélange se condense en une masse solide ; et c'est par cette raison qu'il se manifeste des cristaux à la surface de cette liqueur, lorsqu'elle est gardée dans un flacon fermé avec un bouchon ordinaire de liège. 11 s'imbibe par degrés de l'hinnidité de l'air, et cristallise en conséquence. Ces cristaux gagnent le fond de la liqueur et y restent sans éprouver d'altération. John Davy trouva que cette liqueur agit as^ec une grande violence sur l'huile de térébenthine ; et dans un cas, en effet, il enflamma ainsi Ihuile. Suivant lui, le perchlorure d'étain se compose de
Etaiu loo
Chlore i4o,44*
En supposant le chlorure d'étain formé de i atome métal et de I atome chlore, et le bichlorure de i atome métal -+- 2 atomes chlore, comme cela est indubitablement, leur composition sera :
Chlorure.
Elain loo
Chlore 61,01
Bichlorure.
Etain 100
Chlore 122,02
La composition du chlorure s'accorde très bien avec l'analyse de John Davy, mais il n'en est pas tout-à-fait de même du bichlorure. Cette différence provient probablement de la difficulté qu'il y a d'obtenir le bichlorure à l'état de pureté, lia la propriété de dissoudre l'étain; et le bichlorure que John Davy analysa, devait tenir un peu de ce métal en dissolution.
"^ Pliil. Trans. 1812 . p
DE l'étain. 497
IV. Ji Ton fait passer de la vapeur d'iode sur de letain lodure. en fusion , il v a combinaison des deux substances : Tiodure
est d'un jaune orangé sale et très-fusible. L'eau le décompose complètement, et le convertit en acide hydriodique et eu oxide d etain. En chauffant ensemble, sous l'eau, f iode et l'étain. ces corps agissentrunsurfautre, et sont respectivement convertis en acide hvdriodique et en oxide d'étaiu '. Cet iodure n'a pas été analysé, mais il est probable qu'il consiste en i atome métal -H i atome iode ou, en
Etain 1-Pl^
Iode i5,625
Nous serions portés par analogie, à supposer qu'il existe deux iodures d'étain.
V. L'action du fluor sur Tétain n'est pas connue. Il est probable que ce métal ne se combine ni avec l'azote ni avec i hydrogène. Nous ne connaissons aucun composé queTetain puisse former avec le carbone, le bore, ou le silicium.
VI. En fondant ensemble dans un creuset parties égales FhosphLjre. de limaille d'élain et de verre phosphorique , ou forme le phosphure d'éîain. Une partie de ce métal, qni a pour l'oxi-
gène uue affinité plus grande que le phosphore, se combine, pendant la fusion avec foxigène du verre phosphorique. et ce composé se sépare à l'état d'un oxide, et le surplus de Tétain s'unit au phosphore. Ce phosphure d'érain s'entame au couteau. Il s'applatit sous le marteau ; mais il se sépare par lames. Lorsqu'il est nouvellement coupé, sa couleur est d'un blanc d'argent. Sa limaille ressemble a celle du plomb. Si l'on jéte un peu de cette limaille sur des charbons ardens , le phosphore brûle. On peut également former le phosphure d'étaiu en projetant de petits morceaux de phosphore dans de 1 étain tenu eu fusion dans un creuset. Ce phosphure est composé, suivant Pelletier, à qui noiis sommes redevables de la connaissance de tous les phosphures, de 'èS parties environ détain et de 1 5 parties de phosphore ^. Margratf forma aussi ce phosphure, mais il n'en reconnut pas la composition.