‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd.Chapitre 18 sur 136 · Lorsqu'on fait passer un rayon de lumière à travers un · texte numérisé non relu

Lorsqu'on fait passer un rayon de lumière à travers un

20 CORPS IMPONDERABLES.

Décomposabk prisme de verre triangulaire, et qu'on le reçoit sur une «nstptrayons. fg^jUg ^g papier blanc, l'image, qu'on appelle spectre^ peinte sur ce papier, est une figure oblongue, terminée à ses extrémités par deux arcs demi-circulaires. Dans ce cas , la réfraction de la lumière est considérablement augmentée par la forme du prisme; et par conséquent, si la lumière consiste dans un assemblage de rayons de réfrangibilité différente^ ainsi que le prouve la figure oblongue du spectre, ces rayons seront séparés les uns des autres. Les moins réfrangibles occuperont le cercle lumineux que le rayon aurait formé si là forme prismatique du verre ne s'y fût opposée, et les autres s'éloigneront plus ou moins de ce cercle en raison de leur réfrangibilité. Le nombre de ces rayons a été déterminé par celui des sept couleurs que présente le spectre, et classé , comme elles, dans l'ordre suivant : rouge, orangé , jauve^ vert, bleu , indigo, nnolet. Le ravon rouge est le moins réfrangibîe, et le violet le plus. Les autres le sont suivant le rang qui leur est assigné dans la dénomination de ces sept rayons. Newton s'est assuré, qu'en divisant la totalité du spectre en 36o parties, le rouge occupe 4^ de ces parties; Torangé, 2^; le jaune, 4^? ^^ ^'^''^ ^o; le bleu, 6o; l'indigo, 4o; le violet, 8o. Mais il a été observé depuis, que ces rayons diffèrent un peu relativement à leur étendue dans le spectre, suivant que le milieu traversé par la lumière qui le forme , est plus ou moins réfringent.

8. Ces rayons colorés diffèrent entre eux en réflexibilité et en inflexibilité, dans le même rapport qu'ils diffèrent en réfrangibilité; ainsi lesrayons rouges sontles moins réflexibles et inflexibles; cette double propriété est la plus forte dans les rayons violets; et dans chacun des autres rayons, elle est en raison de leur ordre respectif dans le spectre prismatique.

9. Chacun de ces rayons colorés est permanent. Aucun d'eux ne peut être affecté ni altéré par quelque nombre que ce soit de réfractions ou réflexions.

Les propriétés de la lumière, que nous venons d'énumérer, constituent la science qu'on nomme Optique. Elles prouvent de la manière la plus décisive, non-seulement que la lumière est attirée par d'autres corps, mais encore qu'elle l'est inégalement. En effet, toutes choses égales d'ailleurs, les corps combustibles réfractent plus puissamment la lumière que les autres corps, et par conséquent, ils l'attirent avec plus de

foret' mais celte variation dans le degré d'énergie éti/iit un des caractères les plus remarquables de Paftiuilé chimique, il s'en suit que l'attraction , qui existe entre la lumière et d'autres corps, ne diffère pas de cette espèce d'affinité.

10. Les rayons de lu[nière diffèrent dans leur pouvoir Faculté d'illuminer les objets. L'image produite par une portion Jin^^'^'^'^tioa égale de chacun de ces rayons, l'un après l'autre, sur uiiec^s4"erayû.K page d'impression, par exemple, ne la rendra pas distinctement visible à la même distance. Il faudra s'en approcher le plus près, lorsqu'elle sera éclairée par le rayon violet-, \\i\ peu moins , lorsque ce sera le rayon indigo; avec les rayons bleu, et vert foncé, elle pourra être visible en s'en éloignant successivement de plus en plus -, et enfin, à la distance la plus considérable de toutes, avec le rayon vert le plus clair, ou avec le rayon jaune le plus foncé. Enfin il faudra se rapprocher de l'objet lorsqu'il sera éclairé par le rayon orangé , et davantage encore lorsqu'il le sera par le rayon ronge. Ainsi il paraît que c'est , dans les rayons qui avoisinent le milieu du spectre, que la faculté d'illumination est la plus grande; que , dans ceux des extrémités , elle est la plus faible , et qu elle diminue graduellement, dans les autres, à raison de leur différente position , à partir du milieu du spectre vers ses extrémités. Nous sommes redevables de la connaissance de ces faits aux expériences d'Herchell *.

II. La lumière est capable d'entrer dans les corps, d'y Laiumièra séjourner, et d'en être ensuite dégagée sans avoir éprouvé j^^,^^^;^^ d'altération. On sait , d'après les expériences du P. Blccaria , et de plusieurs autres savans , qu'il est un grand nombre de substances qui deviennent lumineuses par leur exposition à la lumière*. On leur reconnut cette propriété en les transportant instantanément d'un lieu éclairé dans un endroit obscur , ou en rendant tel celui où on les avait exposées à la lumière ; il est vrai que la plupart de ces substances perdent très-promptement cette propriété , mais elles la recouvrent en les présentant de nouveau à la lumière , et on peut la leur rendre ainsi à volonté. Canton fit quelques expériences irès-intéressantes sur ce sujet, dans

» Phil. Trans. 1800, p. 255.

» Ihlà. LXI,2I2.

Page 1