HYDROGÈNE
Rayonnement
Rayonnement
O as
du Verre.
au Métal.
du Y erre.
du Métal.
6qo
écran.
Tels sont les effets des différens milieux qu'a examinés M. Leslie; mais^ les expériences dont il les déduit, méritent d'être répétées.
1 5. En interposant, au moyen d ime espèce d'écran, formé Fa^iiié d'un cadre léger muni d'un pied qui le maintient dans une d'înte.cep, position verticale , une substance entre le vase a etam et le réflecteur, Teffet est, ou diminué, ou entièrement détruit, suivant différentes circonstances qui ont été examinées par M. Leslie avec beaucoup de sagacité. C'est peut-être la partie la plus curieuse, et la plus importante de tout son ouvrage, que celle où il présente le détail de ses expériences avec les écrans, et des résultats qu'il en a obtenus. Un écran peut, suivant lui, influer sur le rayonnement du calorique de trois manières. iS> par sa distance de la boîte ou vase d'étain qui contient l'eau chaude: 2.0 par sou épaisseur; 6.'^ par la nature de la substance dont il est composé. Nous allons successivement exan)iner cbacune de ces causes d'influence sur le rayonnement.
Augmente
.0 M. Leslie s est assure, cru a mesure quon eloiene le-en raison des.
distance
cran de la boite d'étain chauiïée, l'effet du rayonnement sur du corp» chaud
le thermomètre différentiel, placé au foyer du réflecteur, diminue. Lorsque l'écran est très-près de la boîte, la diminution de l'effet est peu sensible -, mais lorsque la distance augmente, cette diminution devient de plus en plus considérable, de manière que bientôt l'élévation du thermomètre cesse entièrement d'avoir lieu. Si, lorsque la boîte est à la distance de 914 millimètres du réflecteur, la face, enduite de noir de fumée tournée vers lui, produit un effet équivalent à 100 , cet effet sera réduit à 20 par l'interposition d'un panneau de verre, à la distance de 5i millimètres de la boîte. En avançant ensuite lentement le panneau de verre vers le réflecteur, l'effet du ravonnement diminue graduellement, et à la distance de 3o5 millimètres, il est complètement intercepté '.
En raison de 2.0 Lorsqu'au-licu d'unpanncau de verre, on emploie son épaisseur, une plauchctte de sapin, et qu'on la place à la distance de 5i millimètres delà boîte, le rayonnement du calorique diminue, et cette influence de la planchette est relative à son épaisseur.
Ainsi dans la planchette
de 5 millim. d'épaisseur, l'efî'et est de 20
de 9 i5
de 25 9
On voit que l'effet diminue très-lentement, en raison de l'augmentation de l'épaisseur''.
Rayonnement ^ '^ ^^ ^^ pauneau dc vcrrc oD substituc une feuille d'édu calorique taiu, ct qu'ou la place dans la même position, c'est-à-dire à par" tous ^ les v5i millim. de distance de la boîte, l'effet, au- lieu d'être de 20, est réduit à zéro. Cela arrive ainsi, quelque mince que soit la feuille d'étain; et même une feuille d'or, réduite à 0.00081 millim. d'épaisseur, quoique perméable à la lumière, arrêterait complètement les progrès du rayonnement du calorique. En remplaçant l'étain en feuille par une feuille de papier a écrire, l'effet est 20 ^. Il paraît donc que les substances varient considérablement entre elles dans leur propriété d'intercepter le calorique ra^-onnant, et que cette faculté d'interception du calorique , est dans les corps , en
' Leslie , n. 28.
* Jbid. p. 33.
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solides.
DU CALORIQL'E. 5i)
raison ittverse de celle quils ont de le rayonner. Celles de ces substances qui jouissent au plus haut degré du pouvoir rayonnant, interceptent le moins le calorique dans leurs fonctions d'écran, lorsque celles, au contraire, qui le rayonnent le moins, en arrêtent le plus la transmission; mais on a déjà observé que la faculté d'absorber le calorique et celle de le rayonner étaient égales. Il s'ensuit donc que les substances qui absorbent le moins le calorique sont celles qui présentent le plus puissant obstacle à sa transmission , et vice versa. . , ,
Ces faits portent naturellement à penser que la propriété d'absorber le calorique dépend de la surface de la substance interposée connue écran, et cette opinion, M. Leslie Ta établie par les expériences suivantes. H prit deux carreaux de verre bien plans, et il garnit d'une feuille deîain l'une des faces de cbacun d'eux, l'autre restant claire et nette : il appliqua ces deux carreaux l'un contre l'autre, leurs faces étamées étant en dehors, et il les plaça comme écran , à la distance de 5 1 millimètres de la boîte d'étam. Les rayons calorifiques parurent être interceptés en totalité , car il n y eut aucun effet produit sur le thermomètre ; mais lorsque les deux carreaux furent retournés, en mettant, de part et d'autre, la face claire du verre en dehors , l'effet du rayonnement fut équivalent à i8. Ainsi nous vo^^jns que dans le même écran, placé dans la même position , la faculté d intercepter le calorique rayonnant est très-différente smvant la nature de sa surface extérieure. La transmission du calorique était entièrement arrêtée lorsque l'étain était en dehors , et lorsque c'était le verre, il en arrivait environ 0.20 au réflecteur. L'effet analogue eut lieu en employant deux feuilles d'étain de chacune desquelles on avait enduit une des laces seulement d'une couche mince de noir de fumée. Ln appliquant ces deux feuilles l'une contre l'autre, et en les plaçant comme écran, leurs deux faces métnlliques nues en dehors, à la distance de 5i miUimètres de la boîte d'etam, il ny eut au thermomètre aucun indice de transmission de calorique ; mais lorsque les faces noircies furent retournées et mises en dehors , l'effet fut équivalent à 23. Si l'on ne se servait que de l'une des feuilles seulement , et que sa face noircie lut tournée vers la boîte d'étain, l'effet était égal à 4- 1^ était entière-
ment nul, lorsqu'en employant les deux feuilles avec leurs deux faces noircies en dehors, on les tenait à la distance de 5 I niillim. l'une de l'autre '.
16. Mais les expériences plus récentes de M. Delaroclie ont un peu modifié les conséquences qu'on aurait pu tirer de celles de Lesiie, en faisant voir qu'il v a une analogie beaucoup plus grande entre le rayonnement de la lura ère et du calorique que ce physicien ne l'avait supposé. Dt'Iaroche reconnut que, dans quelques cas, le calorique rayonnant passe directement à travers le verre; que la quantité de ce calorique, qui traverse ainsi le verre, est d'aulant plus grande , relativement à la totalité du calorique émis dans la même direction, que la température de la source du calolorique est plus élevée. Il trouva que les rayons calorifiques qui ont déjà passé à travers un écran de verre, éprouvent en passant à travers un second écran de verre de même nature, une déperdition d'intensité beaucoup moindre qu'en passant à travers le premier écran. Il établit aussi que les rayons émis par un corps chaud, diffèrent entre eux dans leur faculté de traverser le verre ; qu'une lame de verre épaisse , quoiqu'autant ou plus perméable à la lumière qu'une lame de verre mince de qualité inférieure, laissait passer une quantité beaucoup plus petite de calorique rayonnant, mais que la différence est dautant moindre, que la température de la source rayonnante est plus élevée ; enfin il s'assura que la quantité de calorique transmise par rayonnement par un corps chaud à un corps froid placé à distance, augmente , toutes autres choses égales , dans un rapport beaucoup plus grand que l'excès de la température du premier corps sur celle du second '.
Ansiofip Ces expériences de Delaroche, en les supposant exactes, ^'"'7iqup'' "^détruisent les conclusions déduites des observations de Lesiie, etjaiuir.ibre. gjj'jj existe unc différence essentielle entre le raj^onnement de la lumière et du calorique; car elles tendraient, au contraire, à démontrer qu'il y a une grande analogie entre les pouvoirs rayonnans de l'un et de l'autre.
L'hypothèse de M. Lesiie, que le rayonnement du calo-
' Lesiie , p. 3ô.
« Journ. t]cP!«\s. LXXV, 101.
DU CALORIQUE. 5j
rique est dé aux ondes aériennes, et a lieu d'une manière semblable à celle de la propagation du son, ne peut être admise, parce qu'elle est inconciliable avec les expériences de Delarocbe. H no serait pas surprenant que les pouvoirs de produire la chaleur et la lumière fussent des propriétés de la même substance. Elle peut produire la lumière en agissant avec une certaine intensité, ou, lorsque ses molécules se suivent entre elles, à de certains intervalles limités, et la chaleur, lorsque ces intervalles sont changés. On peut même concevoir que ceux des rayons qui sont invisibles pour nous , et qu'en conséquence , nous sommes accoutumés à considérer comme calorique pur, produisent un effet d'illumination sur la vue de quelques autres animaux.