DE L IODE. 22J
de ses propriétés , il en donna un écliantillon à M. Clément, en linvitant à poursuivre les reclieicbes sur cette substance. M. Clément en annonça rexisterice à l'Institut de Paris , le 6 décembre 18 1 3, dans un mémoire où il rendait compte de c{uelques-unes de ses propriétés les plus remarquables. Gay-Lussac entreprit immédiatement rexameu de ce couveau corps, et il sy livia avec cette active sagacité qu'on lui connaît. Huujpbry-Davy, qui se trouvait à cette époque à Paris, conmiença aussi quelques expériences sur le même sujet, et les résultats qu'il en obtint furent connus de laSociété royale avant qu'aucun mémoire de Gay-Lussac, sur cette substance découve; te, eût été publié, quoique ce cbimi&te assure en avoir fait connaître la nature particulière avant Humpbry-Davy. C'est à ces deux savans, et spécialement à Gay-Lussac, que nous sommes redevables des faits les plus importans concernant cette singulière suLstance.
I. On peut se procurer l'iode par le procédé suivant. On Préparation. met en digestion, dans l'eau, de la soude de vareck réduite en poudre, et on l'}' laisse jusqu'à ce que feau se soit cbargée de tout ce qu'elle contenait de soluble. On filtre ensuite la dissolution, et on l'évaporé jusqu'à ce que tous les cristaux dbvdrocblorate de soude qu'elle peut fournir en aient été séparés. On mêle alors l'eau mère avec de facide sulfurique, et après avoir fait bouillir pendant quelque temps ce mélange"^, on fintroduit dans une cornue de verre , en y ajoutant autant de peroxide de manganèse , qu'on avait mis d'acide sulfurique dans le mélange. On cbauffe ensuite doucement la cornue, à laquelle aura été adaptée une allonge, et à ceile-ci un ballon. Il s'élève aussitôt une vapeur d'une belle couleur violette, qui se condense dans l'allonge et dans le récipient en une matière noire brillante. Cette substance est \iode. Le docteur Wollaston proposa le premier ce moyen de lobtenir. Au-lieu d'une dissolution de soude de vareck, on peut emplover des résidus de lessive des savonniers, lorsqu'on sest servi de cette espèce de soude pour la fabrication du savon. La soude de vareck de France semblerait être beaucoup plus ricbe en iode que ne l'est celle d'Angleterre.
* On sépare parcette ébuUilion une grande quant !te ù'acides liydrrchlnrique et hydro sulfurique , qui auraient empêché de recueillir l'iode.
Propri
3. L'iode, ainsi obtenu, est une substance solide d'un noir grisâtre avec éclat métallique, a^-aot l'a])parence du sulfure d'antimoine natif; il est ordinaiieraent sous la forme d'écailles ou de paillettes de dimension plus ou moins £:;rande : mais on peut l'obtenir en crystaux. Le docleiu- Woilaston s'est assuré que sa forme primitive est un octaèdre, se rapprochant un peu de la forme primitive du soufre. Les axes de cet octaèdre sont entre eux, autant qu'il a été possible de le détermiiîer,à peu près comme les nombres 2/0 et4 ^; sa pesanteur spécilique, à i j.^ ceutig. , est égale à 4-94^ *
L'odeur de l'iode est désagréable, et resse^uble beaucoup à celle du chlore, quoiqu'elle ne soit pas tout-à-fait aussi forte. Sa saveur est acre et chaude, et elle se prolonge ]»endant long-temps dans la bouche. Orfila a fait voir que l'iode jiris intérieurement a les qualités vénéneuses^.
3. Ainsi que le chlore, liode a la propriété de détruire les couleurs végétales, quoiquavec beaucoup moins d'intensité. 11 tache la peau en jaune foncé; mais cette couleur disparaît promptement. Il produit sur le papier une couleur d'un brun rougeâtre, qui j est permanente, et à la fm il le corrode.
4. L'iode se fond à la température de lojo centig., et se volatilise à 1^7" centig. sous la pression ordinaire de 76 centimètres de mercure ^. Mais s'il est mè'é avec de l'eau, et qu'on fasse bouilhr la liqueur, il passe à la distillation avec ce liquide. La vapeur de l'iode est d'une très-belle couleur violette , ce qui fit proposer par Gay-Lussac àe donner à la substance le nom à'' iode ^, que Davy a changé en celui dVodine^ conune plus approprié à notre langue. La pesanteur spécifique delà vapeur de l'iode est de 8,6786.
5. L'eau dans laquelle on met de liode , se colore en jaune orangé, et acquiert l'odeur particuhère du chlore ; mais elle reste sans saveur et ne peut tenir en dissolution qu'envi-
' AnnalsofPliilosophy. V, 23;.
■ Cav'Lussac, ^nn. de Chim. XCl , 7.
' Toxicoloe;ie générale. Tom. 1, ParUe II , p. 290. < Gay-Lussac, Ann. de Chim. XCI , 7. 11 fixe b température lire 175 et it'o.
' De éui*ff , coloré en violet