DE L IODE
ron un ^ept millième de son poivls d'iode '. Celte substance est pins soluble dans l'alkool, et davantage encore dans l'éther sulfurique.
6. Si, dans un tube de verre fermé à Tune de ses ex- lodures. trémités, on met du phosphore sur de l'iode, les deux substances se combinent aussitôt, et à froid, avec une grande rapidité et dégagement considérable de chaleur , mais sans lumière visible. Le soufre et la plupart des autres métaux 6'uniss"nt aussi facilement avec l'iode, lorsque l'action des deux substances entre elles est aidée par la chaleur, On a donné le nom àHodures aux composés que produisent ces combinaisons. Ainsi, \ on -a^^ÛXg iodure de mercure ^ la belle poudre rouge formée par l'union de l'iode avec le mercure.
y. Lorsqu'on soumet un de ces composés à l'action de la batterie galvanique, la combinaison est détruite , l'iode s'attache au fil positif, et la substance avec laquelle il était uni , au pôle négatif.
8. L'iode a la propriété de se combiner avec l'oxigène. Acide iodiqu*. Cette combinaison, obtenue pour la première fois à l'état de pureté, par Humpbrv-Davy , établit une des analogies les plus frappantes qui existent entre le chlore et l'iode. On peut produire cutte combinaison ainsi qu'il suit. Après avoir mis dans un tube de verre recourbé, fermé à l'une de ses extrémités, un mélange de 100 parties de chlorate de potasse, et 400 parties d'acide hjdrochlorique , d'une pesanteur spécifique de I ,io5, on fait communiquer ce tube avec un mince récipient de verre à long col , dans lequel on a préalablement introduit 4o parties d'iode , et on chauffe doucement ; il se produit un protoxide de chlore *, et dès que ce protoxide a le contact de l'iode, il y a combustion et formation de deux substances nouvelles. 1. Un composé d'iode et de chlore. 2. Un composé d'iode et d'oxigène. Par l'effet de la chaleur sur ce mélange , le composé de chlore et d'iode, qui est volatil, se dégage et laisse le composé d'iode et doxigène à letat de pureté ^. Cette substance jouissant des propriétés acides, Gay-
• Gay-Lu-isac, yinn. de Chim. XCI, 7.
' Il convient de ftire passer ce gaz à travers du chlorure de calcium dessrrhé (muriale de chaux ) , ayant qu'il soit en contact arec l'iode, afin de le dépouiller de Teau qu'il retien t'iorsqu'il vieutd'êtr* produit.
* Davy, Phil. Trans. 181 5, p. io^.
Lussac a proposé de lui donner le nom diacide iodique ^ que nous adopterons.
L'acide iodique , lorsqu'il est pur, est sous forme solide, blanc, derai-transparent. Il est inodore, mais il a une saveur très-aigre et astringente. Si on élève sa température jusqu'à 200" centig. environ , il fond et se décompose entièrement en donnant de l'iode et de l'oxigène. En prenant le terme moyen de trois expériences faites par Davy, ÇiS milligramm.es d'acide iodique , lorsqu'ils sont décomposés , donnent environ 1 1 grammes , mesures , de gaz oxigène ' ; or , à la température de 16° centig. , 11 grammes d'eau sont égaux en volume à environ 1 1 centimètres cubes. Mais 1 1 centimètres cubes de gaz oxigène pèsent i5 milligrammes , donc l'acide iodique , d'après ce résultat , est composé de
Iode 764 10,625
Oxigène. . . - . 286 4,826
Actuellement , suivant les expériences de Gay-Lussac , que nous citerons par la suite, 1 5,625 représentent le poids de l'iode qui entre en combinaison , en supposant le poids du gaz oxigène égal 1 ; de sorte qu'il suit de la précédente analyse de Humpbry-Davy , que l'acide iodique est un composé d'un atome d'iode et d'environ cinq atomes d'oxigène.
Mais les trois expériences de Davy ne concordent point entre elles. D'après la première , l'acide iodique serait un composé d'un atome d'iode et de 4,588 atomes d'oxigène; par la seconde, ce serait un atome d'iode et 4,825 atomes d'oxigène ; et la troisième donnerait un atome d'iode et 5,375 atomes d'oxigène. Ces expériences ayant eu lieu sur trois grains , deux grains et un grain d'acide iodique , on ne sera pas surpris des petites différences qu elles offrent dans leurs résultats, ni que la petite quantité d'oxigène obtenu soit un peu au-dessous de la vérité. Gay-Lussac , qui opéra plus en grand , en employant le composé d'acide iodique et de potasse , trouva que la composition de l'acide iodique est exactement d'un atome d'iode et de cinq atomes d'oxigène *.
Phil.Trans. i8i5, p. 206.
Ann, deChim. XCI, 48.
DE l'iode. 229
Nous considérerons donc cette composition comme étant réellement celle de l'acide iodique , et d'après elle , le poids de ses composans peut être représenté par les nombres
suivacs :
Oxigène. . . . 24.24. ... 100. .. . 5 Iode. . . . - . 75,76. . . . 781^25. . 15,625
Cet acide iodique se rapporte exactement dans sa composition avec i'acide chlorique. Il n'a point encore été jusqu'àprésent découvert d'autres composés d'iode et d'oxigène , quoiqu'il soit très-probable qu'il en existe. L'analogie entre le chlore et l'iode est telle , qu'il est bien possible de croire que ces deux principes forment des combinaisons semblables.
L'acide iodique est très-soluble dans l'eau ; pour peu qu'il soit exposé à une atmosphère humide , il devient par degré déliquescent. Sa dissolution rougit d'abord les couleurs bleues végétales qu'elle finit par détruire. Elle change en un jaune foncé les autres couleurs végétales. En chauffant cette dissolution aqueuse , on peut lévaporer jusqu'en consistance de sirop. L'acide devient alors pâteux , et on peut le débarrasser sans qu'il soit altéré , si la chaleur n'a pas été trop fortement poussée -, car alors il acquiert une teinte purpurine , ce qui est dû à un corameuceraent de décomposition qui a mis une portion de l'iode en hberté.
Lorsqu'on chauffe un mélange de l'acide iodique avec le charbon , le sucre ou d'autres corps inflammables , il se produit des détonations. Sa dissolution corrode très-promptement les corps métalliques.
9. L'iode peut aussi se combiner avec le chlore : la dé- Adde couverte du composé qui en résulte , est due à Davy ; «^^'««"''-''"i"»' mais Gay-Lussac examina cette combinaison avant qu'il eut pu être instruit que le chimiste anglais était occupé de recherches dans le même objet, Davy appelle ce composé acide chloriodique^ dénomination que nous adopterons.
On obtient aisément l'acide chloriodique en faisant passer un courant de vapeur de chlore dans un vaisseau qui contient de l'iode ; la combinaison a instantanément lieu. Lorsque, , dans le composé ainsi formé, l'iode est saturé de chlore, sa couleur est jaune \ et elle est rouge , lorsqu'il y a excès 1
d'iode'. On sature assez diflicilement l'iode par le moyen que Dous venons d'indiquer, maison 3^ parvient aisément, en dissolvant le composé rouge dans l'eau, et en faisant passer dans cette dissolution un courant de chlo e à l'état de gaz , jusqu'à saturation de l'iode. La dissolution d'acide chloriodiqiuî ainsi obtenue est incolore, si toute-fois elle n'est pas avec excès de chlore; car dans ce cas, elle a une couleur jaune ".
11 n'est pas aisé de déterminer la composition de l'acide cbloriodique, à raison de celte difficulté de saturation, et parce qu'il semble même affecter l'état d'une sùr-dose d'iode. Davy chercha à reconUrtîtie, dans deux essais qu'il fit à cet effet, quelle peut être la quantité de chlore absoibé par un jioids donné d'iode. Il obtint de ces deux expériences les résultats suivans ^ :
Chlore.