D£ L IODE
atomes d^ chlore, et dans cette suppositloD, si elle est fondée , la composition sera:
Iode 1 5,626. . . 63,45. . . 100.
Chlore. . . . 9,000. . . 36,55. . . 57,6.
L'acide chloriodique est très-volatil; il est déliquescent à l'air : sa dissolution dans l'eau a les propriétés acides. Elle détruit , par degrés , les couleurs bleues végétales, elle décolore même la dissolution sulfurique d'indi^^o. 11 par^ilt, d'après les expériences de Gay-Lussac, que par sa combinaison avec mie base, la dissolution de l'acide chloriodique est décomposée et convertie en acide iodique et en acide hvdrochlorique, ce qui est du sans doute à la décomposition de l'eau. C'est cette circonstance qui porta Gay-Lussac à donner à la combinaison de liode avec le chlore le nom de chlorure d'iode ^ parce qu'il doutait qu'elle eut les propriétés acides, et qu'il la considérait comme devant être décomposée toutes les fois qu'elle était dissoute dans l'eau. Mais il me semble prouvé, par les expériences de Davy, qu'elle se dissout dans l'eau sans éprouver «ie décomposition; et, par conséquent, cette combinaison est un -^cide.
10. L'iode a la propriété de se combiner avec l'amidon ou fécule, et de former avec cette substance un composé dune belle couleur bleue. Ce fait curieux fut observé par ^L^L Colin et Gaultier de Claubry '. On peut obtenir le composé bleu de la manière la plus facile, en traitant l'amidon par un excès d'iode, en dissolvant le mélange dans la potasse, et en ajoutant alors un acide végétal : il se produit un précipité d'un beau bleu qui e?>l\iodure d- amidon. Stromeyer, professeur de chimie a Gottingue, a trouvé q\ie l'amidon est un réactif des plus sensibles pour découvrir la présence de l'iode dans les liquides. Il assure que, dans un liquide qui ne contiendrait qu'un quatre cent cinquante millième diode, l'amidon acquiert une teinte bleue qu'on peut apercevoir *.
11. Gaultier de Claubry a découvert la présence de l'iode dans plusieurs plantes marines. Il trouva qu'il existe dans les cendres à'a fucus saccharinas , à\x fucus di^itatus ,
' Ann. de Chirn. XC , 9-2.
» Annals of Philosophy. VI, 3i2.
B.-)3 SOUTIENS DE COMÈUSTION.
Avi fucus visiculosus, A\X fucus serratus, àxx fucus siliquosus et an fucus fi lum, des familles des ulves, des varecks et des céramium de Linnée '. Davy remarqua des ir^dications de la présence de Tiode dans les cendres An fucus cartilagineus f An fucus membranaceus , du fucus r/hens , du fucus filamentosus, de \ulva pavonia et de \ulva linza *.
12. 11 paraîtrait que le chlore, l'oxigène et l'iode se séparent entre eux, des bases, à une chaleur rouge, dans Tordre qui suit j savoir :
Iode.
Le chlore sépare les deux autres, et l'oxigène dégage l'iode; d'où il suit, dans le langage actuel de la chimie, que c'est le chlore qui a la plus grande affinité pour les hases, l'oxigène vient après, et c'est l'iode dont l'affinité est la plus faible. Mais cet ordre est susceptible d'un grand nombre d'exceptions; ainsi par exemple, à une chaleur rouge, l'iode dégage l'oxisèue du notassium et du sodium.
SECTION IV
Du Fluor.
Hir-ioiie. Le minéral appelé spath fluor^ et souvent distingué en Angleterre par le nom de spath du Derb3-shire, se trouve si communément dans les mines de plomb, il est d"un aspect si remarquable à raison de sa transparence , de ses belles couleurs et de la grande dimension de ses cristaux cubiques , qu'il a presque universellement attiré l'attention. On ne peut guères douter que ce ne soit cette substance que Théophraste et Pline ont désignée, l'un et TaïUïe, par le nom de fausse émeraude {^■^'iH^y.î Ffzu^uy^oç). Du temps d'Agricola , on l'employait comme flux pour les mines, et il en fait mention sous la dénomination de fluor ^ La propriété qu'a cette sub-
Ann. (leCliim. :^:CIII, 7$, iiS.
Phil. Trans. i.Si4,p-3o5.
Georg. Agricoiœ Berniannns , p. 458. Edition d£ Baie , i558,
DU iFLt'OR. 233
sîauce cle corroder le verre, lorsqu'elle est mêlée avec l'acide sulfuriquc, était connue à NureniLerg vers l'an 1 670. Margraf essaya le pren.-ier de reconnaître la composition de ce minéral. Ses expériences, qu'il annonce avoir faites en 1764, furent publiées dans les Mémoires de l'Académie de Berlin pour 1768. En disl. liant, dans une cornue, un mélange de ce minéral réduit en poudre avec son propre poids d'acide sulfuriquc, il obtint une substance saline blanche sublimée , et il remarqua avec surprise que la cornue était corrodée et percée en plusieurs endroits '.En 1771, Scheele publia une suite d'expériences, sur le spath fluor, dans les iMémoires de l'Académie des sciences de Stockholm. 11 y annonçait que ce minéral était un composé de chaux et dun acide particulier, auquel il donna le nom à'acide Jliwrique. En déterminant les propriétés de cet acide , il fit voir qu il différait de tout autre jusqu'alors connu ^. Le docteur Priestley trouva que l'acide obtenu par le procédé de Schéele, est un gaz jouissant de propriétés particulières, qu'il examina et décrivit ^.
Wieglef *, Bucholz ^ firent remarquer, et Mever plus complètement encore ^, que l'acide fluorique de Schéele contenait la siHce comme partie constituante. Le docteur John-Davy détermina la proportion d'acide fluorique et de silice dans l'acide de Schéele ^ , et il démontra que c'est un composé particulier d'acide fluorique et de silice, dans lequel les parties constituantes existent toujours dans les mêmes proportions. Gay-Lussac et Thénard, dans leur ouvrage ayant pour titre: Recherches physico - chimiques, publié en 1811 , décrivirent un procédé de préparation de l'acide fluorique pur ^ , et ils en déterminèrent les premiers les propriétés. On peut se procurer cet acide en opérant ainsi qu'il suit ;
' Collection académique. XVI, 28 r.
' Me'raoircs de Chimie de M. C. W. Sche'elc. 1 , 1.
3 Priestley , on ^ir. II , SSg.
4 N. Enld. in. d. Chemie. Th. I , p. i — 15.
* Ibid.Th. III, I). 5o.
« Schriften der Berliner Gescll&chafl. naturf. Frcuude, b, 11. 7 Phil. Trans. 1812, p. 353.
• Vol. II, p. I.
234 SOUTIENS DE COxMBUSTION.
Prépamîon ^" ^ ""^ comue (Ic plomb composée de deux pièces, qui d« l'acide s'emboîtent riuie dans l'au-
fluonque. , , i^^^
tre; on adapte a cette cornue y#\// un récipient de plomb, ainsi |{f '(fj qu'on le voit dans la figure ci-contre :
On introduit dans la cornue du fluate de chaux pur réduit en poudre fine , et on le mêle bien avec deux fois sou poids d acide sulfurique concentré. On Iule alors, avec de l'argile, la cornue à ses jointures et à l'endroit où son bec entre dans le récipient. On la chauffe ensuite doucement , en avant soin que la chaleur ne soit pas assez grande pour faire fondre le plomb. Ou entoure le récipient d'un mélange de neige et de sel marin-, l'acide fluorique est dégagé, et il se condense dans le récipient à letat hquide.
Ptopriétéi. Cet acide, à zéro centigrade, et même à 16° au-dessus, est hquide et incolore comme l'eau. Il ne se congèle pas lorsqu'il est refroidi à 20° centig. au-dessous de zéro. On n'a point encore déterminé son terme d'ébuUition, mais il n'est pas élevé. Exposé à l'air, il répand des fumées très-abondanies, avec une odeur, qui ressemble à celle de l'acide hydrochlorique, mais beaucoup plus forte. A vaisseaux ouverts, il se dissipe très-promptement , et on ne peut le conserver que dans des vaisseaux métalhques. Ceux qui conviennent le mieux à cet effets sont des vaisseaux faits d'argent pur, avec des bouchons du même métal, qui ne laissent aucun accès à l'air.
II paraîtrait, d'après les expériences de Davy, que cet acide, lorsqu'il est concentré autant que possible, ne contient point d'eau; sa pesanteur spécifique est alors de 1,0609; mais en y ajoutant de l'eau, en très-petites quantités à-la-fois, cette pesanteur spécifique augmente graduellement, jusqu'à devenir 1,35 '^ . Lorsqu'on laisse tomber une goutte de cet acide dans defeau, il se produit un sifflement semblable à celui qui a lieu lorsqu'on plonge un fer rouge dans ce liquide. Lorsqu'on fait tomber quelques gouttes d'eau dans facide, il entre en ébuUilion, on peut ajouter à cet acide une grande quantité d'eau sans détruire la propriété qu'il a d'être fumant. 11 faut bien prendre garde de respirer les fumées de l'acide
* Davy, Vhil. Trans. i8i3, p. 266.