‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd.Chapitre 68 sur 136 · DU FLUOR · texte numérisé non relu

DU FLUOR

âuorique, (^r elles sont très-délétères. Lorsqu'une goutte de cet acide tombe sur la peau, elle agit cora me corrosif puissant , et occasionne uue escarre qui ne se guérit pas proinptement.

Dè< que l'acide fluorique a le contact du verre, il le corrode iniuiédiatcment, cl il est converti en un corps gazeux, connu sous le nom d'acide fluoiique silice ^ Cet acide se combine facilement avec les différentes bases, et forme ainsi un genre de sels appelés puâtes. Il paraîtrait, d'après une expérience de Davy, que le nombre qui représente un atome de cet acide est 1,0095, en supposant un atome d'oxigène égal 1 ^.

J.es chimistes avaient été généralement d'opinion que Théorie

15 • 1 n • '1) 1 • 1' • ^" fluor-

1 acide iluorique est un compose d une base inconnue et a 0x1- {^ène; et cette opinion avait été adoptée et maintenue par Gay- Lussac et Thénard, dans leurs Recherches physico-chimiques. Mais en 1810, M. Ampère, qui avait adopté les idées de Humphry-Davy,. relativement au c/i/orc et à la composition de ïacide hydrochlorique 2, fut porté à comparer ensemble les acides fluorique et hydroclilorique, et à tirer des conclusions semblables, concernant la composition de l'un et de l'autre. Or. la base de \ acide hydrochijrique est 1 >^y<r//-<:'^è//e, et 1 hydrogène V est combiné avec le chlore, qui est un soutien de combustion; donc, en supposant semblable la coraposition de l'un et l'autre acide, l'acide fluorique doit être également un composé ^hydmgène et d'uu soutien de cotnbustion inconnu. M. Ampère communiqua, en 1810, ses vues à ce sujet à Humphry-Davy, qui d'abord se montra fort éloigné de les partager. Mais en y réfléchissant , il chan-

' Nous décrirons cet acide dans une partie subséquente de cet ouvrage.

' En faisant chauiTer plusieurs fois 7 grammes de finale de chaux avec de l'acide sulfurique pur, ce fliiate était converti en i i grammes de sulfate de chaux. Or, 11 grammes de sultate de chaux contiennent 5 grammes de chatix, d'où il suit «pie le finale de chaux, en le supposant formé d'acide fluorique et de chaux , est composé de j^cide fluorique. . . 26,418. . . . 1,0093 Chaux 73,582. . . . 3,625

' Savoir que c'est un composé de volumes égaux de gaz hydrogène et de chlore.

a36 SOUTIENS DE COMBUSTION.

gea par degrés d'opinion', et il finit par deven'r un des plus fermes appuis de l'hypothèse. Il publia successivement deux Mémoires sur ce sujet, contenant chacun un grand nombre d'expériences intéressantes, et renfermant des vues et des conséquences ingénieuses "" . Mais il ne put obtenir séparément le soutien de combustion supposé exister dans l'acide fluorique. Je regarde néanmoins les motifs qu'on a donnés pour en établir l'existence, comme suffisamment plausibles, et c'est ce qui m'a décidé à le placer parmi les soutiens de combustion, en adoptant le nom de //«or qui lui a été donné par Davy ^. Pour démontrer l'existence de ce principe, je m'appuyerai des faits que les expériences de Davy nous ont fait connaître depuis ; et comme je me trouverai dans la nécessité de parler de beaucoup de substances qui n'ont point encore été décrites , il pourra paraître convenable à ceux qui commencent fétude de la science , de prendre connaissance des deux chapitres qui suivent, avant de lire ce qui reste de cette section. ,

Preuves 1. Lorsquc l'acidc fluorique et le potassium sont mis en

«on existence, contact , il sc ppoduit uuc actiou violente; il y a formation d'une substance blanche solide, et dégajiemcnt de g^z hydrogène. Si l'acide fluorique était y)rivé d'eau, il est évident que ce résultat s'expliquerait le mieux, en supposant que le fluor et le potassium se combinent et forment la substance solide, tandis que l'hydrogène, qui était uni au fluor dans lacide , en est séparé et s'échappe sous forme de gaz. Mais il fallait s'assurer si l'acide fluorique, de la pesanteur spécifique de i ,0609 contient de l'eau. Dans cette vue, Davv mit de cet acide dans une capsule de platine , et il félablit en contact avec

' Ann. oe Cliim. fl Fhys Ii,2i.

' Pliil. Trans. 181 3 , p. 263 ; et 181 4, p. 62.

' 31. Amptre lui a donné le nom de phtore , de lV;djcctif grec ç*;p(îç, délétère f qui a la force de ruiner, de dctntire , de cononiprc. Ann. de Chim. et Phys. II, 24. — !Mais il est bien évident que cette dt'nnmination dp peut être adoptée : on ne finirait pas d" nommer, si rliacun forgeait à sa volonté des noms nouveaux. M. Ampère observe qu'il a été autorisé à établir celui-ci, parce qu'il a le premier proposé et soutenu Thypothèse; mais ce motif n'est pas fonde'. M Gresçor de'couvril le tiianium : cependant le nom donné à cette substance par Klaproth lui est resté, et a mt'me prévalu sur celui de meruichane , qui lui avait été préalablement assigne par Kir^van.'Davy nous apprend que M. Ampère lui-même avait eu, dès le principe , l'idée du terme^aor.

DU fluor: 23/

du gaz aramdhlac. Ce gaz fut graduellement absorbé jusqu'à saturation de l'acide, et il en résulta une masse cristalline blaucbe, qui n'était autre chose que le sel connu sous le nom de lluate d'ammoniaque. Lorsqu'on a combiné, de cette manière, avec le gaz ammoniac un acide quelconque, qui contient de l'eau , si l'on chauffe le sel foru-ié, il y a toujours dégagement d'eau. C'est ainsi que, lorsqu'après avoir saturé de gaz ammoniac les acides sulfurique, nitrique ou phosphoreux, on chauffe les sels produits, ils donnent toujours de l'eau en abondance; maislefluate d ammoniaque traité ainsi, n'en donna aucun indice ^ Pxien ne doit donc nous porter à croire que l'acide fluorique contienne de l'eau.

2. L'acide hydrochlorique est un composé de chlore et de gaz hydrogène, et la combinaison del'acideavec l'ammoniaque s'appelle hydrocklorate d'ammoniaque.Lovsmiou chauffe un mélange de potassium et d'bydrochlorate d'ammoniaque, il se forme un chlorure de potassium, et il y a dégagement de gaz. Ce gaz est un mélange d'ammoniaque et d'hydrogène, dans les proportions de deux volumes de gaz ammoniac et d'un volume de gaz hydrogène. Actuellement, en chauffant également un mélange de fluate d'ammoniaque et de potassium, les effets produits sont semblables; on obtient une substance sahne blanche , et il se dégage un gaz consistant en am.moniaque et hydrogène, dans la proportion de deux volumes du premier et d'un volume du second ^. Or, puisque les effets , dans les deux cas, sont semblables, il semble qu'on en peut bien inférer que les produits le sont également. La substance sèche est probablement un fluorure de potassium, taudis que c'était l'hydrogène qui probablement était auparavant uni au fluor, et le constituait acide fluorique.

3. Lorsqu'on soumet l'acide fluorique à l'action du galvanisme, le gaz hydrogène se dégage au iil négatif, et le fil positif ( en le supposant de platine) se recouvre d^une poussière de couleur chocolat^. L'acide hydrochlorique traité de cette manière, est décomposé ; son hydrogène se porte au fil négatif, et son chlore au fil positif. IN'est-il pas probable alors que la poussière de couleur chocolat est un composé de fluor et de platine?

TVivy, PhiL Trans. i8i3, p. 268.

Ibid. , p. 260

ù3S SOVTIEISS DE COMBUSTION.

4. En exposant à l'action du chlore un fluate d'argent (m un fluate de mercure, et en chauffant l'un ou l'autre de ces fluatesdans des vaisseaux de verre, il se produit un chlorure d'argent ou un chlorure de mercure; mais le vaisseau est corrodé; et il se dégage du g£!Z acide fluorique silice , mêlé avec du gaz oxigène'. ]N'est-il pas probable que, dans ce cas, le fluor séparé du métal , par l'attraction plus forle du chlore^ agit immédiatement sur la silice dans le verre, qu'il décompose par son attraction pour le silicium, et qu'avec l'oxigène dégagé, il forme l'acide fluorique silice qu'on peut considérer comme un composé de fluor et de silicium ?

On répéta cette expérience dans des vaisseaux de platine et d'argent, dans la vue d'obtenir le fluor à lelat de pureté; mais dans l'un et l'autre cas, les métaux furent très-fortement attaqués; de sorte que le fluor semble avoir la propriété de se combiner avec tous les corps qu'on peut employer comme vaisseaux, ce qui ne laisse aucune possibilité de l'obtenir pur.

5. Si le fluate de chaux est supposé formé d'acide fluorique et de chaux, sa composition sera :

Acide fluorique. . . 1,0095 Chaux 3,025

D'où l'on voit que le poids d'une molécule intégrante d'acide fluorique doit être 1,0095 ; et si l'on suppose que cet acide est un composé d'uti atome d'oxigène et d'un atome d'une base inflammable inconnue, alors, comme le poids d'un atome d'oxigène est i, le poids d'un atome de la base inflammable ne pourra être que 0,0096, ce qui est la treizième partie seulement du poids d'un atome d'hydrogène; d'après cette supposition, l'acide fluorique serait composé, savoir :

Base inflammable. . . . 1,00.

Oxigène 105,67.

L'existence d'un corps aussi léger étant contraire à toute analogie, a besoin , pour être admise, de preuves encore plus fortes que celles par lesquelles on a jusqu'à présent chercbé à l'établir. D'un autre côté , si le spath fluor est

* Davy, Pkil. Tram, i8i3, p. 275.

réellement un fluorure de calcium^ alors sa composilioa sera :

Fluor 2.0090.

Calcium 2,620.

De manière que le poids d'un atome de fluor serait 2,0090, ou presque exactement deux fois le poids d'un atome d'oxigène. Cette supposition est certainement beaucoup plus probable que la première. Mais on ne peut pas encore considérer la question comme étant pleinement décidée.

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