‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd.Chapitre 72 sur 136 · Acide nitrique i -f · texte numérisé non relu

Acide nitrique i -f

IIL L'azote a aussi la propriété de se combiner avec le

Chlorure d'azote.

Le volume du gaz azote dégagé, sec , à zéro cenli;^rade de lempérature , el sous la pression de "jfi cenlimèires de mercure, était de 1 litre 96 , soit 1960 centimètres cubes. Ce gnz contenait 71 centimètres cubes de gaz hydrogène. Restait en gaz azote , 1889 centimètres cubes, pesant à 16° centigrades, 3,289. ployez Ann. de Chini. el Phys. Il, 32o.

' Ann. de Chim et Phys. I, ^0%.

' Ibid. I, 4^0. Le nom diacide hyponitreux serait plus convenable.

i)Ê l'azote. i\'j

clilorè, et ^e former avec ce principe un composé très- singulier, auquel ou peut donner le nom de chlorure d'azote.

Il paraît que cette substance fut découverte au commen- Histoire. cément de l'année 1812 ',par Dulong, qui n'avait riieh publié sûr ce sujet, ayant été arrêté par deux accideris graves qu'il éprouva en examinant cette substance , dans le cours de ses recherches sur sa nature et ses propriétés. Au mois de septembre 181 2, Humphry Davy reçut une lettre de M. Ampère, par laquelle il lui annonçait cette découverte, mais sans lui rien dire sur la manière de préparer la nodvelle substance. Cette annonce de M. Ampère excita la curiosité de Davy, et le porta à entreprendre une suite d'expériences dans la vue de pouvoir se la procurer. Mais avant qu'il les eiit commencées , M. Children ayant rappelé à son souvenir que M. Burton, à Cambridge , avait observé, environ un an auparavant, une substance huileuse, en faisant passer un courant de chlore dans une dissolution de nitrate d'ammoniaque, cet avis, d'après lequel Davv dirigea ses expériences, lui facilita les moyens de se procurer la nouvelle substance et d'en examiner les propriétés *. Il fut fait, à-peu-près à la même époque, sur ce sujet, un très-grand nombre d'expériences, par MM. Porett, Wilson et Rupert Kirk ^ et depuis , il parut un abrégé, par Berthollet et Thénard, du Mémoire original de Dulong '^. Ou peut obtenir le chlorure d'azote de la manière suivante.

On fait dissoudre dans de l'eau, à environ 4o'^centigr., du Piéparaùon. nitrate d'ammoniaque en quantité suffisante pour que la dissolution soitsuffisamment forte, mais non saturée. On met cette

' Dulong avait obtenu pour la première fois cette substance , au mois d'octobre 1811. Ses travaux ayant été alors interrompus par suite d'an accident grave qu'il éprouva en la préparant, il ne put les reprendre qu'au mois de février 1812. Il en détermina la nature; et dès-lors il fit part des résultats de «es expériences à M^l. Berthollet, Gny-Lussac et Thénard, et plusieurs autres personnes. Il reprit ce sujet pour le compléter, au mois d'octobre de la même année 1812; mais ayant été blessé une seconde fois , avant même d'avoir pu terminer une seule expérience , il se décida à publier les résultats des observations qu'd avait déjà laites ; et il les fit connaître dans un mémoire qu'il lut à la première classe de Tlnstitul, le 7 janvier i8r3 , *ur celte nouvelle substance détonante. Mémoires de la Société d'u-îv- <ueil. Vol. III , p. 48. {Note du Traducteur. )

* Davv, Phil. Trans. i8i3, p. i Qi-^^-i.

» Nichobon's Jour. XXXIV, 180 et 2~Ci. March and Anril i8i3,

> Ann. deChim. LXXXVI, 3;. ^

:i5o INCOMBUSTIBLES SIMPLES.

dissolution dans une capsule plate sur laquelle on renverse une tiole ou une cloche cylindr q-ie de verre , préalablement remplie degazclilore.Legazestabsorbéleutement-jOn voit une matière, sous la forme d'une huile jaunâtre, serasseuibler à la surface du liquide en dedans de la cloche, et ton)ber p^r degrés au fond de la capsule. C'est le chlorure d'azote. Il faut avoir soin de ne pas recueillir àda-fois plus d'un ou deux «globules, et de ne pas faire d'expériences sur des quantités de cette substMuce excédant 6 ou n ceutigraumies; car les exf)losions, qu'elles occasionnent , sont si violentes qu'elles présenteraient beaucoup de danger, si on ne s'astreignait pas à n'opérer que sur de très-petites quantités. Le chlorure d'azote a les propriétés suivantes :

ropriéiés. Sa couleur se rapproche de celle de l'huile d'olive. Il est transparent, et n'a que très-peu , ou rien de la nature onctueuse des huiles. Son odeur est particulière et forte, quoiqu'elle ne soit pas aussi désr^gréable et aussi nuisible pour les poumons que celle du chlore ^ Le chlorure d'azote est très-volatil, et lorsqu'il est exposé à fair, il s'évapore promptement sans laisser de résidu. On peut le distiller, sans danger, à la température de yc» centigrades; mais il est décomposé en partie par la chaleur. La température de ()op centigrades ne lait qu'ajouter à la rapidité de son évaporation; mais à celle de loo» centigrades , il détone avec une violence prodigieuse. Dans le vide, le chloiure d'azote est converti en vapeur, mais il reprend l'état liquide dès que la pression de l'atmosphère est rétablie. Chauffé à l'état de vapeur, il détone avec beaucoup plus de violence qu'à celui de liquide ', sa pesanteur spécifique est de i, 65 3 ^.Exposé au froid, l'eau qui est en contact avec lui, se gèle à environ 5<^ centigrades au-dessus de zéro; mais il reste fluide, quoique soumis à la température d'un mélange frigorifique de glace et d'h^drocblorate de chaux *.

Dans l'eau, le chlorure d'azote disparaît promptement et il se dégage du gnz azote. Dans l'acide hydrochlorique condensé, le chlorure d azote dégage une quantité de gaz, qui excède

i Dary compare cette odeur à celle du gaz phosgéne.

' Poréit , Wilson et Rupcrt Kirk.

3 Davy.

* Davy. Cette température était probablement de — 4°° ccat

DE l'azote. 25i

considérablenient son poids total. Ce gaz est le clilore : il reste dans la dissolution de l'hydrochlorate d'ammoniaque.

Lorsque le chlorure dazote est mis eu contact avec le phosphore ou avec des huiles, il se produit immédiatement une violente explosion^ l'effet est si instantané et si grand , qu'il n'a pas été po>sible de recueillir les produits, dans les essais faits par .MM. Porett, Wilson et Rupert Kirk , sur 1 20 substances différentes, qu'ils ont rais en contact avec le chlorure dazote. Nous présentons ici le tableau de celles seulement de ces substances avec lesquelles il fit explosion \

Huile d'ambre.

Hvdrogène sur-sulfuré.

Phosphore.

Phosphure de chaux.

Caoutchouc,

Myrrhe.

Camphre phosphure.

Huile de palmier.

Ambre gris.

Huile de baleine.

Huile de lin.

Hiiile d oh"ve.

Huile d'olive camphrée.

Huile d'olive suliurée.

Huile de térébenthine.

Huile de goudron.

Huiîe de pétrole.

Huile d'écorce d'orange, Naphte.

Savon d'argent.

Savon de mercure.

Savon de cuivre.

Savon de plomb.

Savon de manganèse.

Potasse fondue.

Dissolution d'ammoniaque

pure.

Gaz hvdrogène phosphure.

Gaz nitreux.

Les métaux, les résines, le sucre et la plupart des gaz, ne font point explosion avec le chlorure d'azote.

Dulong , ayant mis le chlorure d'azote en contact avec composition. des morceaux de fil de cuivre , le chlorure disparut ; il y eut déga«;ement degaz azote, et il s'étaitforraé une dissolution d'hydrochlorate de enivre *.Il résulte, de cette expérience, que la substance est un composé de chlore et d'azote. Davv trouva, qu'en la faisant détonner dans un vaisseau vide d air, les seuls produits furent du chlore et de l'azote ^, ce qui est uue preuve, de plus, de la nature de ses parties constituantes.

Si l'on agite le chlorure d'azote avec le mercure , il se

Journal de IVicholson. XXXIV, 2'"-.

Ann. deChim. LXXXVI, 89.

Phil. Traiis. i8i3, p. 244-

iSz INCOMBÛÔfiÉLÈS SIMPLES.

ibrme un mélange de caloniel et dé sublimé cbri'ôâîf , et il ^è dégage de l'azote. Dans une expérience, 4^5 centigrammes dé chlorure produisirent environ 3 centim. cubes d'azote. Cette quantité pèse un peu moins de 4 milligrammes. D'après cette évaluation, le chlorure d'azote est un composé de

Azote Sy ^^75.

Chlore 643 i9î74'

En le supposant formé de 4 atomes de chlore et i atome d'azote , ses parties constituantes seraient :

Azote ii75-

Chlore 4)^ x 4=i8-

Les volumes de chlore et d'azote, selon l'expérience cidessus, sont :

Azote 19.

Chlore 81.

Si nous supposon.^, comme cela est très probable, que la totalité de l'azote n'avait pas été obtenue, nous pouvons établir les volumes ainsi qu'il suit :

Azote 20.

Ce qui rendrait le chlorure d'azote composé exactement

d'un atome d'azoïe et de quatre atomes de chlore.

lodure IV. L'azote peut se combiner avec l'iode. Cette couibi-

d'axote. Maison, dont la découverte est due à Courtois, et à laquelle

on a donné le nom d'iodure d'azote^ peut s'obtenir de la

manière suivante.

On met de l'iode en poudre dans une dissolution aqueuse d'ammoniaque. L'iode y est converti , pa: degrés, en une matière d'un noir brunâtre, qui est Viodure d'azote.

Liodure d'azote exposé à l'air s'évaporegraduellement sans laisser aucun résidu. U détonne avec une grande violence dès

Su'on le touche, ou lorsqu'il est chauffé. Si on le fait détonner ans un vaisseau de verre vidé d'air, on n'a pour produits que du gaz azote et de l'iode '*'. Il est donc évident qu'il est composé de ces deux substances. On a cssaj^é , mais sans y avoir

* Davv, Phil. Trans. î8i4, p. 80.

Proprlélês.

dî

position l'azote,

DE l'azote. 253

complètement réussi, de déterminer les proportions des principes constituans de l'iodure d'azote. Gay-Lussac calcule ' , d'après la théorie, que c'est un composé d'un atome d'azote et de trois atomes d'iode, ou en poids, de

Azote ^:7^' o ,, o r

Iode 15,625x3=46,875.

Mais cette évaluation théorique repose sur une base toutà-fait incertaine -, puisque , par le fait même que le chlorure d'azote est un composé de i atome azote -l- 4 atomes chlore, on voit qu'on ne peut pas établir, comme loi oénérale, que l'azote se combine avec les autres corps dans la proportion de un à trois atomes.

On a fait différentes tentatives pour décomposer I azote , ^^^e»--^^^ et le réduire à de plus simples élémens j mais jusqu'à présent, ^p- =— elles ont été sans succès. Berzélius s'est efforcé de démontrer, par des considérations ingénieuses, que l'azote est un composé d'oxigène et d'une substance inconnue à laquelle il a donné le nom de nimcum'' ; mais sa manière de voir à ce sujet et ses raisonnemens ne peuvent être admis, puisque ce chimiste se fonde sur une loi supposée \ que depuis on a reconnu n'être pas la même dans beaucoup de cas. ^I. Miers publia les expériences très-intéressantes , qu'il avait faKes dans le même objet de recherches; et d'après ces expériences, l'uzote est un composé d'oxigène et d'hydrogène 1 Mais il faudrait que ces expériences fussent répétées avec plus d'exactitude, et sur une plus grande échelle, avant qn'on puisse se hasarder à en tirer aucunes conséquences. Il a été fait une troisième suite d'expériences sur un amalgame produit , en soumettant à l'action du galvanisme , du mercure en contact avec un sel ammoniacal humecté. Je décrirai ces expériences dans une partie subséquente de cet ouvrage. Je fus porté d'abord à considérer, d'après elles, l'azote comme étant un composé ; mais en y réfléchissant avec plus d'attention, je pense qu'il serait prématuré d'en déduire, dès-àprésent, une semblable conséquence. Ainsi, sur le tout, nous

« Ann. de Chim. XCI , 3o.

« Annalsof Philosophy. il, 276 „ . , , „ -,

3 Savoir, que dans ions les sels neutres , l'oxigene, dans 1 acide, est un muUinle du nombre indiquant la quanlilc d'oxigtne dans la base. ^ Annals ofPhilosophy. III, 36', , el IV, i3o, a6o.

il54 COMBUSTIBLES SIMPLES.

n'avons point encore obteuu de preuves suffisantes que l'azote soit un composé, et nous devons continuer de le classer parmi les corps simples.

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