DE L AZOTE
D'oùi'on voit que c'est un composé d'un atome d'azote et de deux atomes d'oxigène. C'est donc un deutoxide d'azote. Cette composition, qui paraît être suffisamment établie, est une des raisons qui doivent porter a déterminer le poids d'un atome d'azote à 1,70.
Il semble bien démontré, par expériences, que l'acide Acide nitiigcc. nitrique peut être formé par la combiuaison de 100 volumes d'oxigène avec i33 volumes de gaz nitreux*; mais ii3 volumes de gaz nitreux sont composés de 66,66 volumes d'oxigène et de 66fi6 volumes d'azote: donc l'acide nitrique est composé de 66^ti6 volumes d'azote, et de 166 fi6 volumes d'oxigène, ou d'un volume d'azote et de deux volumes et demi d'oxigène; et en convertissant ces volumes en poids, on aura, pour la composition de l'acide nitrique ,
Azote i,y5
Oxigène 5,
C'était encore un motif pour représenter de préférence par 1,75, le poids d'un atome d'azote.
3. En laissant, pendant quelques jours, de la limaille de fer gazeos. dans le gaz nitreux, il est dépouillé d'une partie de son oxigène. Il est converti en un gaz, dans lequel le phosphore bride avec une grande splendeur, et devient ac/G^e/7y^o5/)//o/-/^Me. Cette combustion, et cette acidification , prouvent que le nouveau gaz contient de l'oxigène; et sa formation y démontre aussi la présence de l'azote uni à une quantité d'oxigène moindre que dans le gaz nitreux. C'est donc , comme celui-ci, un oxide d'azote • on lui a donné le nom ^oxidc gazeux d'azote.
Pour obtenir le plus facilement ce gaz, on fait chauffer, à la lampe, du sel appelé nitrate d'ammoniaque^ préalablement desséché, dans une petite cornue de verre, à laquelle on adapte un tube recourbé pour recevoir le gaz dans des cloches de verre sur le mercure, parce qu'il est rapidement absorbé par l'eau. Ce gaz a la propriété d'entretenir la combustion. Les corps combustibles y brûlent presque avec autant d'éclat que dans le gaz oxigène ; mais la combustion y continue pendant beaucoup moins de temps. Lorsqu'on enflamme,
* Dalton's New System of Chemislry. II, 553. — G^v-Lussac Ann.de Chim. et P'hys. I;^^^-
Aride rjfreux.
4G IKCOMDUSTIELES SIMPLES.
ar l'étincelle électrique, un mélange de ce gaz avec le gaz rdrogèiie, il se produit une détonation violente. Davy trouva que 89 mesures de cet oxide exigent, pour leui* cotiihustiou complète, 4^ mesures de gaz hydrogène. Le résidu consistait en 4i mesures de gaz azote ^ Mais comme les gaz employés n'étaient pas absolument purs, on pf^it, sans craindre de faire erreur, rejeter une des mesures d'azote, et ne considé' er le résidu que comme n'étant que de ^o mesures. Mais 4o mesures de gaz hydrogène exigent pour leur combustion 20 mesures de gaz oxigène*, il résulte donc de cette expérience, que cet oxide d azote est composé de
Azote 4^ volumes ou 2.
Oxigène. . . 1*0 volumes ou i.
condensés en 40 volumes; d'où il suit que sa pesanteur spécifique doit être de 1,6277. M. Colin la trouva de i.52o4j ce qui correspond presque exactement à la pesanteur spécifique calculée de 1,5209*: la composition de cet oxide d'azote sera en poids de
Azote ^597^^ X 2. 1,75
Oxigène 1,111 1,00.
Mais 1,75 est le ])oids d'un atome d'azote, et 1 est le poids d'un atome d'oxigène-, il s'ensuit que ce gaz est formé de I atômp d'azote -f- 1 atome d'oxigène, ou que c'est un protoxide d'azote.
4. On peut se procurer l'acide nitreux en grandes quantités, au moyen du sel appelé salpêtre ou nitrate de pofasse, qui se recueille en abondance à la surface de la terre. En chauffant un mélange de ce sel et d'acide sulfurique dans ime cornue , l'acide nitrique est séparé |)ar distillation, et peut être reçu dans des vaisseaux convenables. Le salpêtre se fond à une température peu élevée, et il peut y être conservé ainsi sans éprouver aucune altération ; mais si la chaleur est augmentée, il se dégage de l'ox^ène. Si, après avoir maintenu pendant quelque temps le salpêtre à celle température élevée, on le dissout dans l'eau, et qu'on ajoute au liquide de l'acide acétique, il s'exhale des vapeurs rouges-, mais cet effet n'a pas lieu si le salpêtre avec lequel il est produit n'a pas été préa-
' U.TVVS Rrsr,'ir< lus . p. 292.
» Aun. dcChim. et Phvs. 1, 218.
DE LAZOTE. 247
lablemenutenu pendant quelque temps aune forte chaleur. Schéele donna le preiuier 1'. xplication de ce phénomène. L'acide uifrique, dans le salpêtre, est altéré par la chaleur, et converti en un autre acide, dont l'afBuité pour la potasse est beaucoup plus faible. Il est, par cette raison, séparé par l'acide acétique, et se dégage à l'état de vapeur rouge. Comme l'oxigèue est dégagé par la chaleur, le nouvel acide fut considéré comme contenant moins d'oxigène que Tacide nitrique, et on le distingua, eu conséquence, par le nom d'acide nîtrenx. Si , api'ès avoir fait évaporer à siccité une dissolution de plomb dans Facide nitrique , ou réduit en poudre le nitrate de plomb ainsi obtenu, et, qu'après l'avoir feit dessécher aussi complètement que possible, on l'expose à la chaleur daus une petite cornue de verre à laquelle on a adapté des récipiens convenables, on obtient un liquide ■d'un jriune orangé, qiù avait été d'abord remarqué par Berzelius, niais qui a été plus particuFèrement examiné par Gav-Lussac ', et depuis par Dulong ^. La pesanteur spécifique de ce liquide est i,4^^î ^^ "^ entre en ébuîlition à la températui-e de 28° ceniigrades, sous la pression de 76 centimètres de mercure. Sa saveur est excessivement acide; et lorsqu'on le mêle avec de l'eau, il y a effervescence et dégagement de gaz nitreux. Dulong fit fanalvse de ce liquide orangé, en mettant des fils de fer ou de cuivre en contact avec la vapeur qui pouvait s'en dégager à une tempér ature rouge; les métaux augmentèrent en poids par labsorption de foxigène, et le produit gazeux recueilli était du gaz azote à l'état de pureté; d'où il suit que ce liquide est un composé d'azote et d'oxigène, et qu'il ne contient pas d'eau. Le résultat d'une expérience, dont je donne ici les détails ^, est <]ue cet acide se compose de
Azote 36,33 1.75.
Oxigène 86,;6 4)^7^-
' Ann. de CUim. et Phvs. I, ^c,5.
' Ihid II, 317. ■ ^r
5 L'aride soumis à l'analyse pesait 7)9^^
Le poids de l'oxigène qui s'était uni au métal, était de. 5, 660 Mais il y eut apparence dans le g^z, de 3,22 pouces cubes, soit environ 71 centimètres cubes de gaz hydrogène,
indiquant en gaz oxigène environ 0,860
Ainsi la quantié d'oxigène protenant de Tacide e'tait de. . 4*^*^
Ditreux.
â4B INCOMBUSTIBLES SIMPLES.
Ces nombres ne diffèrent pas beaucoup de ceux qui ont été déterminés par Gay-Lussac. Ce chimiste trouva que loo vo- Inmes de gaz oxigène devaient s'unir à 200 volumes de gaz nitrcux, et que de cette union résultait l'acide nitreux '. D'après ces déterminations , l'acide nitreux est composé de I volume azote -h 1 volumes oxigène, ou en poids de
Azote 0^9722 1,^5
Oxigène. . . . 2,2222 4
D'où il suit que l'acide nitreux est un composé de i atome azote et de f\ atomes oxigène. Acîcie hypo- 5. Gay-Lussac conclut de ses expériences, que 100 volumes de gaz oxigène peuvent aussi s'unir à [\oq volumes de gaz nitreux. Le composé qui en résulte est, suivant lui, un acide, qui n'avait point été jusqu'alors distingué par les chimistes, et qu'il nomme acide pemitreux ^. On voit que cet âcide doit être composé de 200 volumes d'azote unis à 300 volumes d'oxigène, ou en poids de
Azote 1,9444 I575
Oxigène... 3,3o33 3,oo
De manière qu'il doit être formé de i atome azote et de 3 atomes oxigène. Mais comme cet acide n'a jamais été obtenu à l'état de pureté , ni jamais observé à l'état d'union avec une base, son existence est jusqu'à présent en quelque sorte hypothétique. Il existe donc ainsi cinq composés d'azote et d'oxigène, savoir :
4ïot<s oxigèn».