DU BORT
moire qu'Us jîublièrent sur ce siijcl '. Davy décomposa, en 1 809, Tncicle boracique par le même procédé que les chimistes français, et il publia aussi l'exposé des propriétés du bore '.
1. On peut obtenir le bore eu mettant dans un tube de Prépaïaiion. cuivre ou de fer un mélange d une partie d'acide boracique,
bien pur, préalablff-ment fondu et réduit en poudre, et de deux parties ' de potassium * et en chauffant par demies le tube, contenant ce mélange, jusqu'à le faire rougir légèrement; on le tient dans cet état pendant quelques minutes. A la teinpérature de 1 00° centigrades, la décomposition commence , et le mélange chauffé devient d'un rouge int-^nse, ainsi qu'on peut le reconnaître en faisant l'expérience dans un tube de verre. Lorsque le tube, avec lequel on a opéré, est refroidi, on verse de l'eau sur la matière qu'il contient, pour la laver, on neutralise la potasse, qui s'est formée, avec de l'acide bydrochloriquc, et on met le tout sur un filtre. Le bore reste sur le filtre; on le lave, et on le fait sécher à une douce chaleur ^ Le hore^ ainsi préparé, a les propriétés suivantes.
2. Le bore est une poudre d un brun verdàtre , sans p^^ ^-^.^ odeur ni saveur. Il peut être exposé, en vaisseaux clos, à la
plus violente chaleur qu'il soit possible de produire, sans qu'il éprouve d'autre changement qu'une augmentation de densité. Lorsqu'il est nouvellement préparé, il ne s'enfonce pas dans l'acide sulfurique dune pesanteur spécifique de i,844j mais après avoir été exposé, comme on vient de le dire, à une chaleur violente, il gagne rapidement dans cet acide, le fond du vase qui le contient. Il est tout-à-fait insoluble dans l'eau, l'alcool, l'éther et dans les huiles, soit à chaud, soit à froid. Il ne décompose pas l'eau, lors même qu'il est chauffé dans ce
' Mem. d'Arrneil. II, 3ii , et depuis dans les Recherches physicochimiques. I, 276.
= Phil. Trans. 1S09.
3 Gay-Lussac el Thc'nard faisaient ce me'lange avec parties e'gales d'acide boracique ei du métal. ( lYole ihi Traducteur. )
4 (^orps tne'lalhque dont il sera traité dans la suite de cet ouvrage.
^ On peut encore, et ce qui est mieux, mettre le liquide contenant le bore dans un vaisseau de verre, laisser le bore sV déposer, et alors on décante la liqueur qui le surnage avec un siphon; on verse de nouvelle eau dans le vase , on laisse déposer le bore, et on décante de nouveau; on continue ainsi jusqu'à ce que l'eiu versée sur le bore dans le vase soit devenue parfaitement claire : alors ou met le bore dans une capsule de verre, et on le dessèche aune doue*; chaleur.
a84 COMBUSTIBLES SIMPLES.
liquide à la température de 80° centigrades. 11 est probable qu'à une chrjleur roupie, la décompositiou aurait lieu.
3. Le bore n'a point d'action sur l'air, ni sur le gaz oxigène à la température ordinaire de l'armospbère; mais si on le chauffe au rouge obscur dans le gaz oxigène, il prend feu, et brûle avec beaucoup d'éclat, en absorbant en même-temps du gaz oxigène. Par celte combustion , une portion du bore est convertie en acide boracique; et cet acide, en se fondant, forme sur le bore, une couche qui prive la portion non encore brûlée du contact de l'oxigène, et alors la combustion cesse; Acide si on lave l'acide boracique, la combustion reprend: mais o.aciqi-e. ^^j^ exige uuc tcmpératurc plus élevée. Il faut un grand nombre de ces lavages et combustions successives pour convertir tout le bore en acide boracique. On a fait plusieurs expériences pour déterminer la quantité d'oxigène qui se combine avec le bore pour se convertir en acide boracique; mais aucune d'elles ne semble mériter beaucoup de confiance. Gav-Lussa(i et Tbéuard acidifièrent une portion de bore en le chauffant dans l'acide nitrique; ils parvini'ent à convertir cinq parties de bore en 7,6 parties d'acide boraci(jue *. ï^a proportion de cette augmentation étant ainsi établie , l'acide boracique est composé de
Bore 100 2.
Oxigène 5o i.
Mais on ne doit pas beaucoup compter sur l'exactitude de cette determinfition.
Davv trouva qu'il y avait of i 54 de bore séparés, lorsque
2 grammes de potassium étaient convertis en potasse ' -, mais
3 grammes de potassium exigent , pour se convertir en potasse , o''388 d'oxigène; et si l'on suppose que le tout ait été en combinaison avec le bore , il s'ensuivra que l'acide boracique est composé de
Bore 2,375. ... 2
Oxigène. . . o,388. . . . 5,o5
La différence entre ce résultat et le précédent est énorme ; mais il est évident que ce mode d'essai est susceptible d'une
• Recherches physico-chimiques. I, 307.
' Davy's LecLure on some new analytical lesearches on the nature of certain bodies.
grande Sncerlitucle. (^rmme il y a de Thydrogèue dégagé pendant que la décomposition de l'acide boracique par le potassium s'opère, ils est clair que tout loxigène dans la potasse, ne provenait pas de l'acide décomposé. Il est en outre très-peu vraisemblable que le bore eut pu être recueilli et pesé en totalité. Davy trouva que o';o65 de bore, lorsqu'ils sont convertis en acide boracique, absorbaient 84 centimètres cubes de gaz oxigène '. Or, 84 centimètres cubes de gaz oxigène pèsent ofiio ; d'après cette évaluation, l'acide boracique est composé de
Bore . 1 2
Ce mode est probablement meilleur que le précédent ; mais l'expérience fut faite tellement en petit , et elle concorde si peu avec les deux autres ci-dessus relatées j qu'on ne peut y avoir une pleine confiance.
On peut acquérir, par un autre moyen, des notions passablement exactes, relativement à la proportion des parties constituantes de facide boracique. Berzelius reconnut par expérience % que l'acide boracique et Tammoniaque se combinent entre eux dans le rapport de
Acide boracique ^7i9^
Ammoniaque 00, 3 2
Actuellement, le poids d'un atome d'ammoniaque est 2,1 25, et dans les composés neutres, un atome d'ammoniaque se trouve uni à un atome d'acide. iNIais 3o,32 ; 37,90 l l 2,125 • 2,66; donc 2.66 représente le poids d"un atome d'acide boracique. Cet acide est un composé de bore et d'oxigène , et il doit consister dans un atome de bore uni , soit à un, soit à deux atomes d'oxigène. Il y a lieu de conclure des observations de Daw , que la matière noire qui apparaît lorsque le bore est imparfaitement brûlé , est un oxide de bore; dans ce cas, le bore doit être combiné, dans l'acide boracique , avec deux atomes d'oxigène , et cet acide est composé de
Bore 0,66 0,33. ... 1
Oxigène. . . 2.00 1,00. ... 3
' Davy's Lecture on sorac new anr.lylical rcscaiches on ihe nature of certain bodies.
* Annals of Philosophy. III; 5~.
Ce calcul ainsi dédu'î, qui se r.ipproche probablement de la vérité, est celui qui «= atxorde le mieux avec la première expéiienre de Davy. On voit d'après lui, que le poids d'un atome de bore est 0.66 ^ La principale source d'niceriitude est la difficulté de faire une an-il^'se correcte du borate d'ammoniaque •. mais les précautions que Berzelius avait prises, donnent lieu de croire que l'erreur ne doit pas être considérable.
Chlorure. ^. Lorsqu'on introduit du bore dans le gaz cblore , il prend feu et brûle avec une flamme blancbe brillante. Une substance blanche tapisse les parois du vaisseau dans lequel Texpérience se fait , et le bore est recouvert d'une substance blanche qui, étant lavée , abandonne de l'acide boracique*. Il est probable que la substance ainsi formée est un chlorure de bore , mais elle n'a point encore été examinée.
5. On ignore si le bore peut se combiner avec fiode ; il n'a point été fait, jusqu'à présent, d'expériences à ce sujet.
AcrV-e 6. Le bore a la propriété de se combiner avec le fluor, et
Qo ynque. ^^ former avec cette substance un acide très-puissant , auquel on a donné le nom à^ acide fLuohorique. Cet acide fut découvert en 1808, par Gay-Lussac et Thénard, qui en décrivirent les propriétés^. Le docteur John Davy publia depuis quelques faits à ajouter à ce qui avait été déjà ditpnr ces chimistes, sur celte substance* : on peut l'obtenir de la manière suivante , qui est le procédé employé par le docteur John Davy.
' D'après la composition de Thydrate déicide bnrarique ( qui sera indiqxiée en traitant de cet acide ) , compare'e à celle du borate d'ammoniaque, il y a lieu de croire que le véritable poids d'un atome d'acide boracique est 2,8^5 , d'où il suit qu'un atome de bore pèse 0^875 , et l'acide boracique est compose' de
Bore 0,875 100
Oxiç^ène 2, m 228,5;
' Davy's Lecture on same new analytical rcsearches on the nature of tlie bodics. P. /ji. Phil. Trans. 1809. G;ty-Lussac et Thénard assurent que le bore ne brûle pas dans le gaa chlore sec. Recherches jtljysico-chimîques. 1 , 3n3. Cette différence pourrait-elle élre attribuée à la présence de l'eau, dans le clilorc de Davy? J'ai de la peine à le croire.
^ Becherches physico-rhimiqufs. II, 37.
^ Phil. Trans. 1812, p. 305.
On chauffe à la lampe, dans une cornue, un mélange composé d'une partie d'acide boracique pur, vitreux et réduit eii poudre, de deux parties de fluate de chaux très-pur et de douze parties d'acide sulfurique, il se dégage par la chaleur, un gaz qu'il faut recueiUir sur le mercure : ce gaz est le gaz acide iluoborique.
Le gaz fluoborique ainsi obtenu, est sans couleur; il est permanent et élastique comme l'air. Son odeur ressemble à celle de l'acide hydrochlorique, sa saveur est excessivement acide. Il rougit instantanément et avec énergie les couleurs bleues végétales. Sa pesanteur s.^iéci[ique, telle qu'elle a. éîé déterminée par John Davy, est 2,3709; ainsi à la température de 16* centigrades et sous la pression de 76 centimètres de mercure, un décimètre cube de gaz fluoborique pèse environ 4 grammes. L'eau absorbe 700 lois son volume de ce gaz, et la pesanteur de ce liquide est alors 1^77. Ce liquide acide ressemble à de l'acide sulfurique; il a jusqu'à un certain point, de sa viscosité; et, comme cet acide, il n'entre en ébullition qu'à une température bien supérieure à celle de l'eau bouillante. Ce liquide est d'abord fumant ; il abandonne par la chaleur, environ la cinquième partie du gaz qu'il contient, mais alors il n'est plus possible en ie chauffant, d'en retirer davantage. Comme l'acide sulfurique, il charbonne les substances végétales et animales; il forme aussi un t'/^y^er^ lorsqu'on le distille avec l'alcool. L'acide fluoborique se combine avec les différentes bases avec lesquelles il forme des sels appelésyZ//oZ»om^c^^. Cet acide n'éprouveaucun changement lorsqu'on le fait passer sur du fer rouge de feu; mais lorsqu'il est chauffé avec le potassium, ce métal y brûle et paraît être converti en un fluorure de potassium, et le bore est dégagé. L'acide fluoborique est absorbé en quantités considérables par l'acide sulfurique.
7. Davy n'a pu réussir dans ses essais pour parvenir à former l'union du bore avec le gaz azote "*".
8. Davy n'obtint pas plus de succès, en chauffant le bore dans l'hydrogène. IMais Gmelin semble être parvenu à former un gaz hydrogène boruré, en opérant de la manière suivante. Il exposait à une forte chaleur, pendant une demi-heure,
* DavVs Lecture on sorac new analytical rcsearches on the nature of cerlain hodies.
Propriétés.
Hy.lrogètie boruré.
dans un creuset, un mélange de quatre parties tle limaille de fer et d'une partie d'acide boracique, el il dissuivait ensuite la masse fondue dans de l'acide bydrocblorique étendu: il y avait effervescence et séparation de ^az, qu'd considérait comme gaz bydrogène boruré '. Ce gaz avait l'odeur du gaz hydrogène ordinaire retiré du fer avec un mélange d'odeur d'ail : étant alUnné, il brûlait avec une flamme d'un jaune rougeàtre, entourée d'un anneau de couleur verte, et on apercevait des fumées blancbes dans le vaisseau où la combustion avait lieu. Tels étaient les seuls caractères qui indiquaient la présence du bore.
(imelin ne détermina pas la pesanteur spécifique du gaz dont il ne fit pas non plus 1 analyse. Ses expériences ne peuvent donc suffire qu'à nous faire voii qu'il peut être produit un gaz hydrogène boruré. 11 semble seulement que le gaz de Gmclm élair dii gaz hydrogène pur, mêle avec une petite proportion d'hydrogène boruré.
9. On ne connaît point encore, jusqu'à présent, de combinaison du bore avec le carbone.
10. Descotiis a reconnu que le bore se combine avec le fer*, et ses expériences, pour opérer celte union, ont été
AvecVel'métaux répétées par Gmcliu ^
Davy a trouvé aussi que le bore se combine avec le potassium % avec lequel il forme une masse d'un gris métallique; mais autant qu'on a pu l'essayer jusqu'à présent, le bore ne s'unit à aucun des autres métaux.
1 1. L'affinité du bore pour l'oxigène paraît être plus forte que celle de l'bvdrogène ou du carbone pour ce principe, et par conséquent, à une chaleur rouge, il décompose l'eau et l'acide carbonique. Son affinité pour l'oxigène est aussi plus forte que celle d'aucune des bases salifahlcs, à moius que le silicium ne forme, à cet égard, une exception. Ainsi, à l'aide d'une chaleur suffisante , le bore sépare l'oxigène de toute base salifiable.
* Schweigger\s Journal. XV, 'i!^(}t.
» Recherches pliy.siro-chimi<[ue>. 1 , 3o6. ' Schvreigj^er's Journal. XV, 2^5.
4 Davy's Lcclure on .some ne-w aualytical researches oa ihc nature of cerlain botlies.