‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd.Chapitre 77 sur 136 · DU SILICIUM · texte numérisé non relu

DU SILICIUM

SECTION IV

Du Silicium '.

On connaît sons le nom de quartz^ une roche, qui se ren- Hutoire. contre en grande abondance dans les montagnes primitives , V formant quelquefois des lits immenses , ou même composant des montagnes entières; et quelquefois mêlée avec d'autres corps pierreux, comme dans le granité. Cette pierre, et plusieurs autres qui lui ressemblent, telles que le caillou^ la calcédoine , etc., ajant la propriété de se fondre en verre , lorsqu'on les chauffe fortement avec la potasse ou la soude , elles ont été classées ensemble par les minéralogistes, sous la désignation de /?/V/re^ vitrijîahles. M. Pott, qui le premier décriait les propriétés de ces minéraux, en 1746, les supposant tous principalement composés d'une terre particulière appelée siliceuse ou silice , leur donna le nom de pierres siliceuses. La silice fut connue de Glauber , qui indiqua le moyen de l'obtenir du quartz. Geoffroy essaya de prouver que cette terre pouvait être convertie en chaux ^ , Pott ^ et Baume '^, en alumine; mais ces assertions furent réfutées par Cartheuser ^ , Schéele ^ el Bergman ^ ; c'est à ce dernier chimiste que nous sommes redevables de la première description exacte des propriétés de la silice,

I. La sihce est la partie composante la plus ordinaire des siiic«. corps pierreux, et elle y existe en combinaison avec différentes terres et oxides métalliques. M. Smithson ^ avait pensé que, dans ces composés, la silice fait les fonctions d'un acide, opinion dont la vérité a été démontrée d'une

* L'auteur avait intitulé cette section : du Silicone ; il expose ciaprès les motifs qui lui font préfe'rer cette de'nominalion , et qui l'ont en conse'quence détermine' à placer ici celte substance à la suite du bore et du carbone. J'ai pensé ({ue dans la traduction , il convenait de n'employer que le terme silicium y généralement adopté par les chimistes français. {JYote du Traducteur. )

* Mém. Par. 1746, p. aF6.

3 Lithogeogn. p. iij , Préface.

4 Man. de Chvm.

5 Miner. Abb.

** Schéele. 1, 191.

7 Sur les terres géononiques , onusc. V, 5q.

« PhiLTrans. i8n , p. 1-6.

aC)0 COMBUSTIBLES SIMPLES.

manière Scitisfaisante, par Berzelliis '. Od peut se procurer aisément la silice pure, en faisant fondre dans un creuset d'argent , du quartz ou caillou avec deux fois son poids de potasse. On dissout dans l'eau, le composé formé, on sursature le liquide avec l'acide hydrochlorique, et on évapore doucement jusqu'à siccité. Le liquide, parvenu à un certain degré de concentration, prend la forme d'une gelée; on lave à grande eau le résidu desséché, et on le fait sécher ensuite.

La silice ainsi obtenue est sous la forme d'une poudre blanche sans saveur ni odeur, mais produisant entre les dents, l'effet de petits grains de sable. Elle n'est pas sensiblement dissoluble dans l'eau, ce qui est du à sa grande force de cohésion. Mais lorsque le composé de silice et de potasse , est dissous dans l'eau et étendu d'une suffisante quantité de ce liquide, la silice ne peut en être précipitée par aucune addition d'acide-, ce qui prouve que, dans cet état de division , elle est réellement soluble dans l'eau.

Sa 2. Humphry-Davy, après être parvenu à décomposer

décomposition. ]gg alcalis fixes et les terres alcalines, par l'action de la batterie galvanique, fut naturellement porté à essayer les effets de ce même pouvoir, si énergique , sur la silice -, mais ses expériences furent sans succès ^. Cependant Panalogie entre la silice et d'autres corps qui contiennent l'oxigène, est si grande , que cette terre était généralement considérée comme Tin coQiposé d'oxigène, et d'une base combustible. Berzelius réussit à séparer cette base de la silice, et à l'unir au fer ^ , et ses expériences furent répétées avec le même succès, par le professeur Stromeyer '^. Vers la lin de i8i3, Humphr}-- Davy parvint à obtenir la base de la silice à l'état isolé; mais il ne put en recueillir assez pour examiner, en détail, ses propriétés ^ La base de la silice a été généralement considérée comme étant un métal, auquel on a donné le nom de silicium; mais comme il n'y a pas la moindre évidence de sa nature métallique, et qu'elle a beaucoup de rapports avec le bore et le carbone, il convient mieux de la classer avec ces corps , et de lui donner le nom de silicone.

' Essai pour établir un système purement scientifique de minéralogie. P. 57 et suivantes.

» Phil. Trans. i8o8.

2 Afhandlingari Fvsik. KemîocliMinerfilogi. Ilî, 117, pub. en 1810. * Gilbcri's Ann.'.len.XXXVlI, 335, clXXXVUI. 3'ir,pub. en 181 1. 5 Phil. Trans. 1814, p. G7.

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