‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd.Chapitre 84 sur 136 · DU TELLURE · texte numérisé non relu

DU TELLURE

ÎV. L"i%Je se combiue liès-aiscment avec le leliure, lors- lodure. que les deux subsîaûces sont mises en contact. La dissolution dans l'eau est d'une couleur roui:^e pourpre Foncé. Il se combine fdCilcmeiit avec la potusse, et 11 fu résulte une dissolution iiicoîore qui fournit a Tévaporation de petits prismes blrincs \

V. On ne connaît point de combinaison entre le tellure et le fluor ou TazoïC.

"VI. Le tellure a la propriété de se combiner avec l'hy drogène, et de former une substance gazeuse à laquelle on a donné le nom de gaz hydrogène teUuré.

CetK^ substance fut découverte en 1809 ^ par liumpbry- Davy , et Berzelius publia , en 181 3, quelques expériences à ce sujet ^.

On obtient le gaz bydrogène tellure, en chauffant au rouge un mélaî:ge doxide de tellure, de potasse et de charbon ; on introduit alors ce mélange dans une cornue ; on verse dessus de l'acide sulfurique étendu , et Ton fait plon2;er le bec de la cornue dans un bain de mercure. Il se déj;age un gaz qu'on recueille dans des cloches de verre remplies de mercure. Ce gaz n'a été qu'imparfaitement examiné, à raison de la difficulté de s? procurer le tellure en quantité suffisante pour le soumettre à une suite d'expériences; néanmoins, autant qu'il a été possible de reconnaître ses propriétés , ou a trouvé qu'il avait celles suivantes :

Il est transparent et incolore, permanent et élastique comme lair. Son odeur, forte et particulière, se rapproche beaucoup de celle de facide hydrosuifurique. 11 brûle avec une flamme bleuâire, et dépose de l'oxide de tellure. Il se dissout dans l'eau. Davy n'a pu s'assurer s'il rougit les couleurs bleues végétales. Sous d'autres rap]:)orîs, il a les propriétés acides : W se combine avtc les alcalis, et il précipite comme l'acide hydrosuifurique la plupart des dissolutions méîalliques.ll y a lieu de présumer que ce composé peut être formé en chauffant le tellure dans le gaz hydrogène. Le chlore le décompose im.médiatement. Le composé d'hydrogène tellure et de potasse est décomposé aussitôt quon expose la dissolution à l'air.

' Riililand, Scliweiggcr's Journal. XI , i^o.

' Ptiil- Trans. 1810, p. 16: ou Nicholson's Journal. X7vN 1 , 3,!)3.

'" HAd. XXVI, i32.

Bcrzeliiis a tâché de reconnaître, par des expériences in- ' directes , sa composition , et il l'a considérée comme étant de

Tellure loo. . . 4

Hydrogène. ... o,i. . o,i25

En supposant ces pro])ortions exactes, ce composé e5t évidemment formé de i atome de tellure -f- i atome hydrogène ; et si on le considère comme étant analogue au g2z acide hydrosulfurique dans sa constitution, ce qui est probable, alors sa pesanteur spécifique sera 2,3074.

Ritter, découvrit en 1808, que , lorsque le tellure étant mis en contact avec le pôle négatif d'une batterie galvanique, on complète le circuit en plongeant le tellure dans l'eau, il se forme une poudre brune, qui paraît être un composé solide de tf'llure et d'hydrogène.

VIL II paraîtrait, d'après une expérience de Berzelius , que le tellure peut se combiner avec le carbone ^ Le composé que produit cette combinaison est une poudre noire , dont les propriétés n'ont point été examinées.

VIIL 11 n'a point été fait d'expériences sur la combinaison du tellure avec le bore, le silicium , ou le pliosphore. On peut déterminer funiou gu tellure avec le soufre par la fusion. Ce sulfure de tellure est d'un gris de plomb à texture radiée. Mis sur des charbons rouges de feu, il brûle avec une flamme verte ^

SECTION IX

De r Osmium.

L'osmium n'a pas été jusqu'à présent assez parfaitement examiné pour nous en faire connaître les caractères, et pour que nous soyons en état de lui assigner sa place convenable dans un classement chimique. La grande volatilité de ses oxides, sa dissolubilité dans l'eau, et la propriété qu'il a de s'unir aux alcalis, doivent nous le faire considérer comme ana-

' IN'ichoUort's Journal. XXXVI, t33.

* Klaproth's Beitragc. 111 , i3.

DE L OSMIUM. 349

logueaux substances rangées dans ce genre ; mais ce n'est que par des ex|)éricnces uhéiieurcs qu'on pourra reconnaître si cette considération est bien uu mal fondée.

C est à M. Tt-nnant que nous sommes entièrement redeva- Découverte. blés delà découverte de cette singulière substance métallique. Fourcroy et Vauquelin remarquèrent bien quelques-unes de ses propriétés, mais ils le cou fondirent avec 1 iridium.

On sépare l'osmium de l'iridium par le procédé qui sera décrit lorsque nous traiterons de Tiridium, et on robiient de la dissolution alcab'ne, à laquelle il communique la co'.deur jaune. Aussitôt que cette dissolution alcali:ie est formée, il s'exale ime odeur piquante et particulière, que Fourcroy et Vauquelin comparent a celle du chlore. C'est à raison de cette odeur, qui constitue une des propriétés les plus remarquables de Toxide métallique , que M. Tennant fut porté à donner à ce métal le nom ^osmium.

1. Il suffit pour obtenir Voxide d'osmium à l'état de pureté, Préparation. d'ajouter de l'acide sulfurique à la dissolution alcaline , et de procéder à la distillation à une douce chaleur. Il passe un liquide incolore qui est l'oxide dissous dans f eau. Ce liquide a une saveur douceâtre et une forte odeur. Il ne rougit point les couleurs bleues végétales.

On peut encore obtenir l'oxide d'osmium dans un état de plus grande condensation , en distillant avec du nitrate de potasse la poudre noire qu'on retire du plaiine brut. A un degré de chaleur au-dessous du rouge, il se sublime dans le col de la cornue unfluide d'apparence oléagineuse, mais qui, en refroidissant, se prend en une masse solide demi-transparente, soluble dans l'eau; la dissolution dans ce liquide manifeste les mêmes propriétés que celle obtenue par le procédé qui vient d être décrit.

En agitant du mercure dans ces dissolutions, elles perdent i'odeur qui leur est particulière; et l'osmium, réduit à l'état métallique, forme un amalgame avec le mercure. On l'en sépare par la distillation , et l'osmium reste à l'état de pureté.

L osmium est d'un gris foncé ou bleu, avec l'éclat métal- propriétés. lique. Lorsqu'on le chauffe à l'air, il s'évapore en exhalant l'odeur qui lui est particulière, mais à vaisseaux clos, lorsqu'on prévient avec soin foxidatiou, le métal ne paraît pas être voiatil.

£n chauffant fortement au blanc ce métal dans un creuset de

3oO COMBUSTIBLES SIMPLES.

charbon , on n'a pu parvenir à le fondre , ni même à lui faire éprouver le moindre changement apparent.

L'osmium ne paraît pas susceptible d'ètro aîlaqué par les îicides. L'acide hydro-cbloro-nitrique n'a pas même d'action s!îr ce métal après nu'il a été exposé à la chaleur; mais en le chauffant avec la potasse, il se combine avec cet alcali, et forme une dissolution d'un jaune orangé. s'oAide. il. La facilité avec laquelle l'osmium s'oxide lorsqu'il est

chauffé à fair ou qu'il est fondu avec la potasse, quoiqu'il résisîe à faction des acides, est une des particularités caractéristiques de ce métal.

La grande volatilité de cet oxide, son odeur particulière, sa solubilité dans l'eau, sa saveur sucrée et la coiJeur jaune qu'jl prend avec la potasse , sont autant de rapports sous lesquels il ne diffère pas moins des autres subtances niétaliiques.

Sa disbolution forme sur la peau des taches de couleur foncée, qui n'en peuvent être effacées. L'infusioii de noix de galles change immédiatement la couleur de sa dissolution, qui passe d'abord au pourpre et bientôt après au bleu vif foncé. Ce moyen peut aisément servir à faire reconnaître un mélarjge d'iridium et d'osmium. La dissolution de l'iridium ne paraît pas altérée par son mélange avec l'oxide d osaiium; mais en y ajoutant mieinfusion de noix de galles, la couleur rouge du premier mêlai est à fiustant détruite, et bientôt les couleurs pourpre et bleue du dernier apparaissent.

Lorsqu'on ajoute de l'alcool ou de l'éther à la dissolution de foxide d'osmium dans l'eau, la couleur de cette dissolution devient foncée, l'oxide est réduit et Posmium se précipite en filamens noirâtres.

L'oxid;^ d'osmium paraît céder son oxigène à tous les métaux, excepté l'or et le platine. L'argent, conservé pendant quelque tems dans une dissolution de cet oxide, acquiert une couleur noire, mais il ne la dépouille pas entièrement de son odeur. Le cuivre, fétain, le zinc, et le phosphore, produisent promptement, dans la dissolution de l'oxide d'osmium, une poudre noire ou grise, et lui enlèvent toute son odeur ainsi que la propriété de passer au bleu par l'infusion de noix de galles. Cette poudre noire, qui consiste dans l'osmium ii j'élat niélallique et dans l'oxide du métal employé à le précipiter , peut èti e dissoute dans l'acide bydro-cliloro-nilriquc, et

Alliage-,.

REMARQUES GENERALES. O^JH

alors la dissolution devientbleue par l'addition d'une infusion de noix déballes.

III. On n'a pas essayé l'action des corps combustibles simples sur l'osmium.

IV. Nous ne connaissons pas non plus beaucoup de ses combinaisons avec les métaux. Il s'amalgame avec le mercure. En le cbauffant avec le cuivre et lor dans un creuset de cbarbon, il se fon-l avec Tun et l'autre de ces métaux , et forme avec eux des alliages parfaitement malléables. Ces composés se dissolvent aisément dans l'acide hydro-cbloro-nilique et donnent par la distillation Toxide d'osmium avec ses propriétés ordinaires '.

Vauquclin a examiné en dernier lieu les prr-priétés de l'osmium '. Ses expériences ont confirmé celles de Tennant, mais il avait trop peu de ce métal pour qu'il put être dans le cas d'ajouter beaucoup à sa description chimique.

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