DU POTASSIUM
Le potassiurfi se combine avec l'oxigène en deux proporions, et forme deux composés qui ont reçu les noms dépotasse et pé'oxide de potassium,
I. Le potassium est converti en potasse lorsqu'il est mis ^n contact avec l'eau. Ce liquide est décomposé , son hydro- ,'ène se dégage , tandis que son oxigène s'unit au potassium ?t le transforme en potasse. Suivant les expériences de ^av-Lussac et Thénard , 2^213 de potassium mis dans 'eau , donnent lieu à un dégagement de 666 centimètres corrpositîc.n :ubesde gaz hydrogène, à la température de lô^ centigrades ^^ '^ p^^^^"^- .'t sous la pression de o^y^SS de mercure ^ ; d'où il suit que ous une pression de 0^760 de mercure, la quantité de gaz lydrogène dégagé, aurait été de 652 centimètres cubes. D'après cette expérience, 6['474 ^^ potassium, loisqu'ils sont convertis en potasse dans l'eau , occasionnent un dégagement le 194'^ centin»ètres cubes de gaz hydrogène Donc iepotasium a dû s'unir à une quantité d oxigène équivalant à 974 ceniraètre cubes ; mais 9 j4 centimètres cubes pèsent environ ij'ajj; ainsi, d'après cette expérience, la potasse est com- 30sée de
Potassium 100
Oxigène *9i72
Berzelius prit un amalgame de potassium , le décomposa par 'eau , satura ensuite la potasse par l'acide hydrocblorique, et ilors il détermina sa quantité en pesant le sel qui avait été liusi formé. La perte du poids de lamalgarae lui donna la [uanîité du potassium. En retranchant ce poids de celui de la )0tasse, ou a la quantité d'oxigène qui était conibiné.
D'après le résultat de son expérience la potasse serait oaiposée de 100 potassium + 20, §26 oxigène* -, mais ayant ettifié depuis ce résultat, il eut , pour la composition de la )Otassej les proportions de "^
Potassium. 100
Oxigène. . . * 20,45
)r le terme moyen des deux résultats donne:
* Recherches physico-chimiques. I, 117. ■» Ann. de Chini, LXXX . i^i.
' Anaals of Philosojjhy. iil, 36o.
Peroxide.
364 COMDUSTIBIES SIMPLES.
D'oiulsiiit,jep.'nse, qu'on peut, sans hésiter, ai^opter comme hs véritables proportions dans lesquelles les parties constituantes de la potasse se combinent, celles de
Potassium loo
Oxjgène 20
Si nous considérons la potasse comme étant composée rVun atome de potasse et d'un atome d'oxigène, et rien ne semble contraire à cette supposition , il s'ensuivra que le poids d'un atome de potassium est 5 et celui d'un atome de potasse 6 : 6 est, par conséquent, le nombre équivalent suivant lequel la potasse entre dans toutes combinaisons.
2. Le peroxide de potassium fut découvert, en i8io, par Gay-Lussac et Thénard. On l'obtient en chauffant le potassium dans le gaz oxigène; le potassium s'enflamme, produit une combustion des plus vives, et il y a une grande quantité de gaz oxigène absorbé. Il résulte des expériences de Gay- Lussac et Thénard "^j que 6J474 ^^ potassium peuvent absorber, dans cette combustion, peu moins de 3 décimètres cubes de gaz oxigène; d'où il suit que ce peroxide est composé de
Potassium. . . . loo. ... ou 5 Oxigène 6o. . . . ou 5
de sorte qu'il est formé d'un atome de potassium et de trois atomes d'oxigène.
Ce peroxide de potassium est un corps solide, de couleur jaune. Il est fusible à une température plus élevée que celle nécessaire pour fondre la potasse à l'alcool; il cristallise en lames parle refroidissement. Lorsqu'on le met en contact avec l'eau , il se produit une vive effervescence -, l'oxide est rédiiit à l'état do potasse , en abandonnant l'excès d'oxigène qu'il contenait. En le mettant également en contact avec le phosphore, le .soufre, le carbone, il y a combustion à l'aide de la chaleur.' Ces corps sont acidifiés , et les acides formés s'unissent
* I-a quaotilé d(î potassium employé était dec^i25, et la quantité du gaz oxigène absorbé, de 5"';"65 ; or, 6^474, valeur de 100 grain» Iroy , éc{uivalcnt à 62 fois o^'isS. Ainsi celle de l'oxigëne absorbé, de .'»'••'" 35 , -oit .56,5o centimètres cubes , multipliés par 52, donne 2988 centimètre.^ cubes, ou près de 3 décimètres cubes. Cette quantité eût éié celle du gaz oxigène absorbé, si au lieu de of I25 de potas- .sium , il eu avu'ii é*é r-iuplové ^474- {l^ole du Traducteur.)
DU POTASSIUM. 36j
avec la potasse. Le gaz hydrogène n'a point d'action sur le peroxide de politssium à la température ordinaire de l'atmospbère; mais lorsqu'on les chautfe , le gaz est rapidement absorbé sans apparence de lumière, et il se forme beaucoup d'eau. L'acide sulfureux et le protoxiue dazote sout également acidifiés lorsqu'on les chauffe avec le peroxide de potassium. L'ammoniaque aussi est décomposée dans la même circonstance -, il v a formation d'eau et dégagement de gaz azote ^
6. Gay-Lussac et Thénard donnent la description dun troisième oxide de potassium , contenant moins d'oxigène que !a potasse: mais il n'ont pas démontré , d une manière évidente, que cet oxide, au minimum, ne soit pas un mélange de potassium et de potai-se ^.
IIL Le potassium se combine aisément avec le chlore, et forme un composé appelé chlorure de potassium.
Lorsqu'on introduit du potassium dans du chlore à félat chîorure de gaz, ce métal y brûle avec une flamme rouge brillante, ^^ po:aôsiun le chlore est absorbé, et le tout est converti en une masse sahne blanche. Cette substance est le chlorure de potassium. En chauffant la potasse dans le cblore gazeux , son oxigène se dégage, le chlore est absorbé parle potassium et prend sa place. Il paraît, d'après cette expérience, faite par Davy, qu'à une chaleur rouge, le potassium a pour le chlore une affinité plus forte que pour l'oxigène.
1, Le chlorure de potassium a été connu depuis longtemps des chimistes. On le désignait autrefois par les noms de sel fébrifuge.^ OU, sel digestif de syh> lus , et Boèrhave l'appela sel marin régénéré. Les chimistes français lui donnèrent le nom de hydrochlorate de potasse^ qu'il a conservé jusqu'à l'époque ou liumphryDavva fait connaître sa véritable* nature. Ce savant proposa de désigner cette substance par la dénomination de potassane; mais je considère le nom que je lui ai donné comme plus systématique , et par conséquent , préférable.
2. On obtient aisément le chlorure de potassium en saturant la potasse avec de l'acide hydrochlorique, et en chauffant au rouge le composé formé. Il paraît, qu'à cette tempéra-
* Recherches physico-chimiques. I, i23.
■ Ibid. p. 126.
ôbb COMBUSTIBLES SIMPLES.
fure l'oxigènecst séparé de la potasse, et qu'il s'unit à l'hydroj^ène de l'acide pour former do Teau, tandis que le polas* siuHi et le chlore restent en combinaison.
3. Le chlorure de potassium est blanc et paraît cristalliser en cubes. Sa saveur ressemble un peu à celle du sel commun^ mais en tournant davantage à l'amertume. Sa pesanteur spé-» cifique est i,836; il se dissout dans i,^ fois son poids d'eaa bouillante', et dans trois fois son poids d'eau froide'. On ne f obtient en cristaux réguliers qu'en abandonnant sa dissolution dans l'eau, à une évaporation spontanée. Il ne s'altère que très-peu à fair. Il n'est pas sensiblement soluble danâ l'alcool.
Compositiou. Il a été fait un grand nombre d'expériences pour recon* naître la composition de ce sel, en le supposant formé d'à* cide hydrochiorique et de potasse. Les plus exactes de ces expériences sont celles, savoir:
Acide. . . 55 ^ Acide. . 55,85^ Acide.. . . 56^ Base. • . . 65 Base. . . 64, 1 5 Base. ... 64
lOO 10,000 lOO
Les deux dernières de ces analyses s'accordent presque parfaitement. Si nous faisons une correction à ces résultats, en séparant la potasse de son oxigène, et en l'ajoutant au montant de l'acide, nous trouverons la composition du chlorure de potassium de
Berzelius. KirwaB.
Chlore 48,1 14. ... 48
Potassium 53,46. . . . 53,333
Si l'on suppose actuellement que ce chlorure est un composé d'un atonie de chlore et d'un atome de potassium, ses parties constituantes seront:
Chlore 4,5. . . . 48,6. ... 90
Potassium. ... 5, . . . . 54, .... 100 Or, ces nombres se rapprochent de si près de l'analyse qui précède, qu'on ne peut douter de leur exactitude. IV. Le potassium se combine facilement avec l'iode, et forme
lûdarc de pctasjium.
• Wcnzer.s "Wer-wandtschaft, p. 3io.
» Brr^Tnrrn , i}pusr. }, t^^.
' l^'enzePs AYerwandtschaft , p. 100.
4 Bnzelius, yîan. de Chim. LaXVII , 84.
5 Kirwaîï , ^iicholson"» quarto journal. III, 2i5.
BU POT Assit -M. 367
Fiii composé que nous appellerons iodure de potassium, [.orsqu'on fail arriver la vapeur de l'iode eu contact avec \r |),ii.issium, le métal preud leu, brûle avec une flamme vioirite, etliodeest absorbé. Le composé se ioud et se volatilise a une température intérieure à celle delà chaleur rouge ; il cristallise par refroidissemerU et prend un éclat nacré. L'iodure de potassium se dissoiit aisément daiis l'eau, et la dissolution n'altère point les couleurs bkues végétales. Cet iodure n a pas été analyse; mais il est assez probable qu'il consiste dans un atome d'iode, combiné avec un atome de poiassiura , ou , en
Iode 15,625 100
Potassiura. . . 5, 000 52
\ . On ne sait rien encore relativement à la combinaisoa du potassium avec \t fluor -^ il ne paraît pas susceptible de former d'union avec r izote.
Vî. En chauffant le ]X)tassium dans le gaz hYdrogèoe, il s'en volafilise une portion à l'état de mélange avec le gaz. L uvdrogèoe acquiert en conséquence la faculié de brûler spontanément à l'air ou dans le gaz oxigène. Mais si ce gaz , tenaut du potaîsiam., est gardé pendant qiieiqiie temps, il ne tarde pomt a asiandônner le potassium qui se dépose, et il reprend ^on état ordinaire. On ne peut donc pas considérer cette substance comme un composé gazeux de potassium et d'hvdrogeRe.
Lorsqu'on chauffe le potassium dans le gaz hydrogène, à un certain degré de température, entre celle ordinaire de l'atmosphère et la chaleur rouge , le potassium peut absorber rhydrogène, et l'union de ces deux fcorps forme ii;i hydnire du métal. Cet hydrure est gris et sans éclat métallique. Il est infusilie; et, à la température ordinaire , ii ne s'enilamms ni dans l'air ni dans le gaz oxigène. Dans 1 eiu,il est converti en potasse, et l'hydrogène qu'il contient ^e degaid avec celui qui procède de l'eau *. Suivant Gay- I-ussac et Thénard, à qui nous sommes redevables de la découverte de cet hydrure, la quantité d'hydrogène que le potassium absorbe, excède de plus de ^ celle qu'il dégage de ieau, lorsqu'il est converti en potasse. Or, 6|'474 ^^ poîas-
* Recherches physico-chimiques. I, i;(>.
Hyc:rur;.
368 COMEUSTIBLES SIMPLES.
siiira dégagent de l'eau environ igoScentimètres cubes de gaz hvdrogèiie dont le quart est de 477 centimètres cubes; mais 477 centimètres cubes de gaz hydrogène pèsent environ 4 c( niigrammes; de sorte que Thydrure de potassium est composé de
Potassium. . . . 100. ... 5 Hydrogène. . . o,o4 • • • 0,002
Mais 0,002 X 4 = 0,008 qui est à-peu-près équivalant au poids d'un atôuîe d'hydrogène; d'où l'on peut conclure avec raison que l'hydrure de potassium est nn composé de quatre atomes potassium, et un atome hydrogène, et, s'il en est ainsi , ses parties constituantes sopt : . .
Potassium.-. . .5 .... 100
Hydrogène. . . o,o5i25. . . . 0,625
■ D'après cette détermination, 6J'474 ^^ potassium doivent absorber, pour se convertir en hydrure, 4^^ centimètres cubes de gaz hydrogène, ce que je considère comme étant réellement 4; de l'hydrogène que le potassium dégage de l'eau, lorsqu'il est convei ti eu potasse,
\II. 11 n'y a aucune coaibinaison connue du potassium avec le carbone , le bore OU le silicium, ,
\ lïi. En chauffant le potassium en contact avec le phosphore, il y a combinaison des deux corps avec un faible dégagement de lumière. Le phosphureformé est de couieiir chocolat, ayant l'apparence du phosphure de chaux. Il brûle à lair, et lorsqu'il est mis en contact avec l'eau, il se produit une sorte de détonation, qui est due à la rapidité du dégagement du gaz hydrogène phosphore. En considérant ce plu>§phure comme formé d'un atome de potassium et d'un atome de phosphore, sa composition sera :
Phosphore . . . i,5. ... 3o
iuifure. IX. Le potassium s'unit au soufreavec une grande énergie,
lorsqu'on chauffe ensemble ces deux substances -, leur union est accompagnée d'une coirbustion violente, et le sulfure est formé. Ce sulfure est d'un gris foncé; lorsqu'on le met en contact avec l'eau ^ il agit fortement sur ce liquide en produisant du gaz acide hydro-sulfurique. Lorsqu'il est chauffé à l'air, il brûle avec un grand éclat, et il est converti eu sulfate de potasse. Od peut inférer de cette cxpciience
Phosoluire.