‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd.Chapitre 94 sur 136 · II. Berzélius ^ donne au sulfate d'alumine · texte numérisé non relu

II. Berzélius ^ donne au sulfate d'alumine

Acide sulfurique. . . . 100. . . 5

".■^ ' ".'Alttmîné.".. 42,722. 2,ii5

'jjiijêua 110 :. : ij . 'M

Dî'oùilsuitquele nombre équivalent pour l'alumine est 2,1 1 j. j^ous le considérerons comme étant 2,125. De pins, 42.;'22 .parties d'alumine doivent contenir 20 partieis dloxigètie , ainsi ifibCOSepp^ition de l'alumine est:

iifV«J'r)3i B Aluminium. . . . 22.722 Oxigène 20

ôp^çp partageant 2,120 dans la proportion, de ces nombres,

" I Aluminium. . .j.i i^25. ... 100

Oxigène. ... i\-.\oii(^ I. '.•>. . 285,8

Il paraît donc que raliimice est formée de i atome :jluminiura et de I atome oxigène, et qu'un atome d'aluminium pèse 1,1 25.

» Jôurn. dePhy?. LU, 287.

* Elfmenls of chcmical Phiiosophv . p. 3>j5.

3 Ann, deChim. LXXXII . i^.

4l2 COMBUSTIBLES SIMPLES.

SECTION IV

Du Zirconium.

Parmi les pierres précieuses qui viennent de l'île de Çey lan , il en est une appelée yar^o/z ou ziixon^ dont les propriétés sont les suivantes.

Elle varie dans sa couleur qui est grise, d'un blanc verdâlre , jaunâtre, d'un brun rougeâtre, et violette. Elle est souvent cristallisée, soit en prismes quadrangulaires à angles droits terminés par des pyramides, soit en octaèdres consistciut en doubles pyramides quadrangulaires. Elle a généralement, an-moins à l'intérieur, un grand éclat. Elle est le plus ordinairement demi-transparente. Sa dureté est de lo à i(3 , et sa pesanteur spécifique de 4vi ^ ^ à 4,7 ^•

Elle perd à peine de son poids lorsqu'elle est mise à Tétât de fusion parla chaleur. Klaprolh, qui en fit l'analyse içn i^Sc), trouva qu'une quantité de-3oo grammes de ee|^ substance, tenue ainsi pendant une heure et den»ie, n'avait diminué que de. 25 centigrammes'^i'Qetlesubstance n'est point attaquable par les acides hydroçhlorique ou sulfurique , même à l'aide de la chaleur. lEniiii ^ après l'avoir calcinée avec une grande quantité de soude , et l'avoir ensuite dissoute dans l'acide hydroçhlorique, Klaprotb trouva que, sur cent parties, elle contenait ni, 5 de silice, o,o d'un mélange de nickel et de fer, et 68 d'une terre nouvelle, jouissant de propriétés particulières, et qui a r^cu le nom de zircone de celui du minéral dans (lequel ou eu a reconnu la présence. . . . i .: •> -

Le jargon de Ceylan , ou zircon , étant une pierre extrêmement rare, il était difficile de répéter l'analyse de Rlaprotb, et de vérifier sa découverte^ 11 publia, en ir/gS, l'analyse qu'il venait dé faire .de \ hyacinthe' y .^\\\xq minéral de la même île, dans lequel il avait reconnu la même terre en grande proportion, en annonçant l'espoir que l'obstacle qui s'était jusqu'alors opposé à la confirmation de ses expériences,

' Kirwan's TVÎiner. I, 3.^.

■' Jouïo. dePhys. XXXVI, i8o.

DU ZTKCONIUM. 4^^

allait cesser, puisqu'on pourrait les faire sur cette pierre plus commune ^ Cette analyse de Klaproth porta, en 1796, Guvton-Morveau à examiner les hj^acinthes qui se trouvent dans le ruisseau nommé /or//"/ow/7e^oK//ow, qui traverse le bourg d'Espallyen France; et il s'assura que ces hyacinthes étaient d'une nature absolument semblable à celles de l'île de Cevlan , et contenaient la proportion de zircone indiquée par Klaproth '. Ces expériences furent ré^ élées bientôt après, et les propriétés de la terre nouvelle furent recherchées avec encore plus d'étendue par Vauquelin ^.

La zircone n'a encore été trouvée jusqu'à présent que dans Préparation le zircon, et dans l'hyacinthe. On peut l'en obtenir pure de la manière suivante. On fait fondre dans un creuset un mélange du minéral réduit en poudre avec trois fois son poids de potasse. On lave la masse fondue dans de l'eau pure jusqu'à ce qu'elle en ait séparé toute la potasse. Le résidu de ce lavage est alors dissous autant que possible dans l'acide hydrochlorique étendu : on fait boullir cette dissolution pour que le peu de silice qu'elle pouvait retenir l'abandonne en se déposant : on la filtre alors , et on en précipite , par un alcali Caustique, la zircone sous la forme d'une poudre blanche.

La zircone ainsi préparée est une poudre blanche, Propriétés. sans saveur, sans odeur, et un peu rude au toucher, lorsqu'on la frotte entre les doigts. Elle est infusible au chalumeau , mais chauffée à un feu violent dans un creuset de charbon, elle acquiert une couleur grise; et, dans cet état de fusion imparfaite, elle a quelque chose de l'apparence de la porcelaine. Elle est alors devenue très-dnre , insoluble dans les acides, et d'une pesanteur spécifique de 4,3.

La zircone est insoluble dans l'eau; mais elle a, pour ce liquide, une affinité très-forte. Lorsqu'après avoir été précipitée de sa dissolution, on la fait sécher lentement, elle retient environ les o,33 de son poids deau, et prend une couleur jaune avec un certain degré de transparence, ce qui lui donne beaucoup de ressemblance avec la gomme arabique ♦.

La zircone ne se combine ni avec l'oxigéne , ni avec l'azote

* Beilraçe , I, 23 1.

' Ann deChim. XXI, 72.

' Jbid. XXII, i58j et Journ. d.'S Mines. Au Y, g-

* V«u(juelin , Ann. de Ckim. XXII , i58.

OU hs combustibles simples; mais elle a une forte affinité pour plusieurs oxides métalliques, spécialement pour foxide de 1er, dont il est très-difficile de la séparer.

Elle est insoluble dans les alcalis liquides , et ne se fond point avec eux par la chaleur ; mais elle se dissout dans les carbonates alcalins, zircouium. Davv obtiut Ic zirconîum en soumettant la zircone aux mêmes expériences que les autres terres déjà décrites; et il reconnut avec la même évidence la nature métallique de sa base à laquelle il donna le nom de zirconîum.

11 n'a point encore été fait d'analyses exactes des sels à base de zircone. Nous n'avons pas de données satisfaisantes pour pouvoir déterminer son nombre e^-w/ca/e/z/^j et pour en déduire sa composition. Cependant les analyses qu'ont publiées Klaproth et Vauquelin. nous porteraient à considérer ce nombre équivalent, comme étant 5,025 , et dans cette supposition, la zircone est composée de

Zirconium. . . 4,625. . . loo.

Oxigène . ... i 25,78.

On peut employer ces nombres comme approximation, jusqu'à ce que nous puissions être en état de les déterminer avec plus de précision.

SECTION V

Du Tliorinium.

Histoire. Ce métal fut découvert par Berzeliu5 , lorsqu'il s'occupait. en i8i5, de l'analyse de la gadolinite de Korarvet ; mais comme il ne reconnut celte substance que dans un seul échantillon et en très-petite quantité , il ne crut pas devoir Z en faire mention dans son mémoire sur la gadolinite ,

TV publié dans le quatrième volume de l'Af handlingar; mais dans

l'examen qu'il fit avec Gahn, dans l'été de 181 6, des minéraux qui se trouvent dans les environs de Fahluu, il reconnut encore l'existence de ce métal dans deux minéraux nouveaux , le deutofluate de cerium , et \e fliiate double dé cerium et d'yttria ; mais la présence du métal dans ces minéraux n'était qu'accidentelle, ainsi que cela avait été reconnu pour la gadolinite de Korarvet ; et ce que Berzelius

DV THORINIUM. 4^^ l

put en obtenir, s'élevait à peine en tout à un demi-gramme. Il fit cependant insérer dans îe cinquième volume de l'Afhandlingar, un mémoire présentant la description des propriétés de ce métal , autant qu'il lui avait été possible de les reconnaître; et c'est de ce mémoire que j'ai extrait ce que je vais en exposer ici*.

Berzelius n'obtint que l'oxide du nouveau métal; et comme il est blanc , et ne pouvant être réduit au moyen du charbon, il se rapporte aux terres dans ses propriétés. Berzelius distingua cet oxide par le nom de thorine, et il le classe avec la zircone.

On peut obtenir la thorine des minéraux qui contiennent Préparation; le protoxide de cerium et d'yttria , en opérant ainsi qu'il suit. On précipite le fer par le succinate d'ammoniaque; mais é\ la ihorine est bien en effet, lorsqu'elle est seule, séparée par ce sel, il n'en est pas ainsi, quand elle se trouve en état de mélange avec les autres corps qui existent dans les fluates de cerium et d'vttria. Après que le fer a été séparé, on précipite le cerium par le sulfate de potasse. Par l'ammoniaque caustique, on précipite alors ensemble la tboriue et l'yttria : on fait dissoudre ce mélange dans l'acide hydrochlorique ; et après avoir fait évaporer la dissolution à siccité , on verse sur le résidu de leau bouillante qui se charge de la plus grande*partie de lyttria. On dissout la partie restante du résidu dans les acides hydrochlorique ou nitrique, et on évapore la dissolution, jusqu'à ce qu'elle soit devenue neutre aussi exactement que possible; on y verse ensuite de l'eau, qu'on fait bouillir un instant ; la thorine se précipite , et la dissolution contient de l'acide libre : en saturant cet acide, et en faisant bouillir une seconde fois , il se produit un nouveau précipité de thorine.

La thorine , séparée par le fdtre , a l'apparence d'une masse P"P"^t«, gélatineuse demi-transparente; lavée et séchée, elle devient blanche. Elle absorbe 1 acide carbonique, et se dissout dans les acides avec eflérvescence. Elle conserve, même après avoir été calcinée, sa couleur blanche; et lorsqu'elle n'a été soumise qu'à une chaleur modérée , elle continue d'être aisément soluble dans l'acide hydrochlorique ; mais après

* A translation of the paper vfï\ be fouad ia the annals of Fhilosophy, IX, 452.

4l6 COMBUSTIBLES SIMPLES.

qu'on lui a l'ait éprouver une chaleur violente, il faut qu'elle soit mise en digestion dans l'acide hydroclilorique conceiitré pour être dissoute. Cette dissolution est jauoàire ; mais elle devient incolore lorsqu'elle est étendue d'eau. Si la thoriue est en étal de mélange avec l'yttria, elle se dissout plus aisément après avoir été chauffée.

l.r^s dissolutions neutres de thorine ont une saveur purement astringente, qui n'est ni sucrée, ni saline ,ni amère, ni métallique-, elle diffère, par cette propriété, de toutes les autres terres , excepté la zircone.

La thorine, dissoute dans l'acide sulfurique avec un léger excès d'acide, donne, par l'évaporation de cette liqueur, des cristaux transparens d'une saveur fortement slipique, et qui ne s'altèrent point a l'air. L'eau mère qui reste après la formation de ces cristaux ne retient que très-peu de thorine. Ces cristaux se décomposent dans l'eau; il se précipite uu soussulfate, et il reste en dissolution un sursulfate. Cette dissolution ne précipite point par l'ébuUition ; il ne se produit pas non plus de précipité par une addition de sulfate de potasse, à cette dissolution ou à l'hydrochlorate de thorine.

La thorine se dissout très-aisément dans l'acide nitrique. Alais après avoir été chauffé au rouée , l'acide nitrique ne la peut dissoudre qu'à l'aide d'une ébullition prolongée. La dissolution dans cet acide ne fournit pas de cristaux, mais e!ie produit-une masse mucilagineuse,qui devient plus liquide par son exposition à l'air, et qui, évaporée aune douce chaleur, donne pour résidu une masse blanche opaque , semblable à rémail, et très-peu soluble dans l'eau. Lorsqu'on fait bouillir la dissolution neutre du nitrate de thorine, une grande partie de cette terre se précipite. Une légère calcinaiion laisse à la terre sa couleur blanche, de sorte qu'on peut la considérer comme n'étant pas susceptible d'un plus haut degré d'oxidation.

La thorine se dissout dans l'acide hydrochlorique de la même manière que dans l'acide nitrique. La dissolution ne cristallise pas. En' l'évaporant à une chaleur ménagée, elle se réduit en une masse sirupeuse, qui, loin d'être déliquescente à l'air s'y dessèche, devient blanche comme l'émail, et ne se dissout ensuite dans l'eau qu en très-petite quantité. Ce qui reste est un sous-scl. La dissolution hydrochlorique de c«'!tc terre, lorsqu'elle n'est pas tiop acide, étant étendue d'eau

et bouillie , laisse déposer la tborine en plus grande partie,.

Lorsqu'on fait évaporer à une forte chaleur, le nitrate ou l'hydrochlorate de tborine , cette évaporatiou laisse sur les bords du vase une pelbcule blanche', opaque, avant l'apparence de l'émail , et qui se manifeste d une, manière trèsdistincte, lorsqu'on fait passer de la bqueur sur les parois du verre. Cet effet est un signe très-caractéristique de cette terre.

La tborine se combine rapidement avec l'acide carbonique. Les précipités produits par l'ammoniaque caustique ou eu faisant bouillir des dissolutions neutres de la terre, absorbent, en se desséchant, 1 acide carbonique de l'air. Les carboFiates alcalins précipitent la terre combinée avec la totahté de leur acide.

La thorine est précipitée par l'oxaiate d'ammoniaque en Actioa une matière blanche , volumineuse, insoluble dans l'eau et **"^-''*^ dans les alcalis caustiques.

Le tartrate d'ammoniaque donne heu à un précipité blanc, qui se redissout et ne devient permanent que lorsqu'on a ajouté une quantité suffisante de ce sel. Ce précipité est redissous par l'ammoniaque caustique. L'ébullition en chasse lammoniaque; mais la terre ne se précipite qu'à un certain degré de condensation de la liqueur, par évaporation. EU^* se dépose alors, sous la forme d'une masse gélatineuse, presque transparente.

Le citrate d'ammoniaque ne produit aucun précipité, lors même qu'on ajoute de l'ammoniaque caustique; mais si la liqueur est chauffée à febullition , la terre se préc;pite , en raison de ce que l'ammoniaque s'évapore.

Le benzoate d'ammoniaque produit un précipité blanc volumineux.

Avec le succinate d'ammoniaque il v a un précipité qui se redissout immédiatement. Si 1 on en ajoute une quantité suffisante pour que le précipité ne se redissolve plus , et qu'on essaye d'en opérer la dissolution dans l'eau , il est décomposé. Une grande partie reste sans se dissoudre , sous la forme d'un sel avec excès de base; tandis que la liqueur contient la plus grande partie de l'acide, uni avec une petite portion de terre.

Le ferrocyanate de potasse précipite en blanc , et le précipité se dissout dans l'acide hvdrochlorique.

Lorsque la thorine est nouvellement précipitée, la potasse L 27

autres terres.

4l8 COMBUSTIBLES SIMPLES.

caustique et l'ammoniaque n'ont point d'action sur elle, même à la clialeur de l'eau bouillante.

Les carbonates de potasse ou d'ammoniaque liquides dissolvent une petite {portion de la terre , et cette portion dissoute se précipite de nouveau lorsque la liqueur est sursaturée par un acide , et neutralisée alors par l'ammoniaque caustique -, mais la thorine est de toiUes les autres terres celle qui est la moins soluble dans les carbonates alcalins.

La iborine, après avoir été exposée dans un creuset de charbon, au degré de chaleur qui opéra la réduction du tantale, n'avait éprouvé aucune altération dans ses propriétés, seulement cette terre s'était contractée dans ses dimensions, et était devenue un peu translucide.

La thorine ne se fond point au chalumeau. Mêlée avec le borax, elle se fond en un verre transparent qui, étant exposé à laijamme extérieure, devient opaque et laiteux. Avecle phosphate de soude elle se fond en une perle transparente. Elle ccmment est iufusiblc avcc la soude. Imbibée d'une dissolution de •''"°^"*' cobalt , elle se colore eu un brun grisâtre.

Cette terre nouvelle diffère de l'alumine par son insolubilité dans rhvdrate de p. tasse ; de fytria, par sa saveur purement astringente, sans mélange de saveur sucrée, et aussi par la propriété qu'ont ses dissolutions d'être précipitées par l'ébullition, lorsqu'elles ne srnt pas avec trop gnnd excès d'acide. La thorine diffère de la zircone en ce que, i" après avoir été chauffée au rouge, elle peut encore se dissoudre dans les acides; ^° elle n'est pas précipitée de ses dissolutions par le sulfate de potasse, qui précipite la zicorne, de ses dissolutions, même, avec excès considérable d'acide ; 3» elle est précipitée par l'oxalate d'ammoniaque, qui ne produit pas le même effet à l'égard de la zircone; 4" 1^ sulfate de thorine cristallise aisément , tandis que le sulfate de zircone, en le supposant dépouillé d'alcali, forme, en se desséchant, une masse gélatineuse transparente , sans aucune tendance à la cristaUisation.

Page 1