IV GENRE. — EXCÈS DE LA DÉDUCTIVITÉ
Les déductifs extrêmes
Nous ayons maintenant à étudier cette brillante faculté raisonneuse dans les excès où elle tombe^ à force d'appliquer trop rigoureusement le procédé logique. Cela nous donne psychologiquement un groupe nouveau d'esprits qui tiennent au groupe précédent ^ mais qui s'en détachent; parce qu'ils poussent la raison à l'extrême^
Les excès de la déductivité sont la subtilité et le sophisme.
Ecritures-types de la déductivité en excès.
.15° Subtilité. Landriot; — les scolastiques, — beaucoup d'hommes du barreau.
Le signe graphologique est complexe. Il se compose ainsi:
Ecriture liée (loaique), \ s^l.:u.^
Ecriture petite ou gladiolée {finesse), J *^«^""'^-
16« Sophisme. Proudhon, — Babeuf , — Emile Olivier, — Mérimée.
Le sophiste produit un raisonnement captieux qu'il croit juste, parce que son esprit logicien a poussé trop loin la facilité d'en enchaîner la trame. C'est du faux or qui a tout l'éclat du vrai.
Dans le groupe intellectuel^ la famille des déductifs, des logiciens, des raisonneurs est la plus nombreuse. Parmi les esprits cultivés, en raison des longues études et de l'exercice classique, et surtout de la fréquentation du monde et de la trituration des affaires où il faut
ISO SYSTtXE HE GKUHOLOGIE
f^re preuve de liaison d'idées el de logiqne , sons peine d'être classé parmi les incapables et les imbéciles, il s'est fait un travail gui a familiarisé la classe lettrée avec les procédés de la déduction. On n'est pas un génie hors ligne parce qu'on a de l'intuition : on n'est pas un esprit du commmi parce que la déductlvité domine eu nous, La grapholo^e ne mâie pas à ces coa> dnsions absurdes. Seulement, comme il n'y a que quelques natures esceptioauelles chez lesquelles l'mtuition domine fortement, et que le lot rationnel de l'humanité, dans notre monde indo-européen , est la grande puissance de l'assimilation et de la logique, il se trouve que les signes graphiques de cette dernière aptitude de l'àme humaine sont les plus répandus dans les écritures. C'est déjà une grande chose que d'avoir sa belle et noble place parmi les esprits cultivés, les esprits d'élite de son siècle. Tout le monde ne peut pas avoir tenu dans ses mains les destinées de l'Europe comme Talleyrand, ni avait écrit les Misérables comme Victor Hugo.
Lesigne-graphique de la déductivitédansles écritures est l'inverse du signe-graphique de la famille des écritures intuitives; h liaison des lettres dans le même mol. L'intuitif trouve des idées et les juxtapose ; le déductif n'en trouve pas ou en trouve peu ; mais il s'assimile, avec une rapidité merveilleuse, celles qui sont du domaine public, que les entretiens des hommes supérieurs ou les livres lui apportent journellement. Il les prend, les tient , les enchaine avec habileté, les fait siennes.
Les intuitifs s'égarent quelquefois dans la vaste région de l'utopie et du rêve. Les déduutife se traînent souvent dans le lieu commun, qui leur plait, parce qu'il ne demande pas d'efforts d'intelligence pour se caser dans les lobes du cerveau, encore moins d'efforts d'intelligence
Jour le détendre dans le public où il a éternellement roit d'asile. Cela va au plus grand nombre.
Il y a des déductifs qui sont des hommes de génie, des savants, des artistes, des inventeurs, des orateurs surtout. C'est une antre forme du mouvement intellectuel de l'&me humaine.
SYSTÈME D£ aHAPHaLO&IE 151
Dans toutes les écritures des déductifs^ outre les lettres liées^ il y a encore un autre signé graphique de grande importance^ c'est le d minuscule gui^ par sa destination^ devrait s'arrêter dans sa courbe de droite à gauche^ et qui, par un mouvement fort signilicatif , se replie sur lui-même en liaison descendante pour se joindre à la lettre suivante de gauche à droite.
Le d minuscule normal se termine isolément dans Vair; mais, ici, il quitte son mouYement vers la gauche pour se courber et retourner à droite se lier à la lettre qui vient ensuite. Ce mouvement est anormal ; il n'a jamais été enseigné par aucun maître d'écriture : mais il répond parfaitement à l'instinct qui fait lier les lettres ; et> par instinct, les déductifs l'adoptent.
Voyez dans l'écriture de Mazarin, page 133, plus haut, le de dans les mots : prier de me; et dans l'écriture de M"» de Maintenon, première ligne , le mot Madame ; le d est toujours lié de gauche à droite avec la lettre suivante. Cette courbe dit nettement la liaison des idées, sans laquelle l'assimilation^ le procédé déductif et logique ne se comprennent pas.
Il est évident que la faculté déductive peut n'être en nous qu'à l'état d'instinct, comme dans Henri IV, ou être développée par le long exercice de la peiisée , comme dans Bossuet, dans Mirabeau. Ces choses-là se supposent. Il est évident aussi qu'il y a, dans cette faculté, une échelle de développement où certains esprits occupent le premier rang, ce qui constitue les forts déductifs, et où d'autres se trouvent à un échelon inférieur.
J'ai fait ce rapprochement curieux que, dans la famille des intuitifs où le cerveau est perpétuellement en activité pour produire , on ne trouve pas beaucoup d'écritures sensibles, pendant que, dans cette famille des déductifs, il y en a peu qui ne disent pas de la sensibilité. Tout se correspond dans l'âme humaine. Il y a des facultés qui n'anihilent pas nécessairement les autres, mais qui en arrêtent le développement.
Règle générale : Toute écriture où dominent les liaisons des lettres entre elles appartient aux déductifs, aux
IKS STSlilHE m GBAPHOLOGIE
hommes d'assimilation et de logique > qui ne trouvent pas, ou trouvent peu, mais qui s'approprient facilement ce que d'autres intelligences ont trouvé, et qui souvent en déduisent plus énergiquement et surtout plus pratiquement les conséquences que ceux qui ont trodvé,
r« CLASSE, FACULTÉS.
P' ORDRE, MANIFESTATIONS INTELLECTUELLES
V* GENRE, ÉQUILIBRE DE VINTUITlVITÉ ET DE LA
DÉDUCTIVITÉ,
Développement des deux forces de conception et de
comparaison.
Ce groupe intéressant des écritures correspond à ce groupe d'intelligences qui ont puissance égale d'intuition et de déduction, d'idéalisme et de logique. Ce sont des esprits équilibrés , capables de création d'idées et d'assimilation d'idées, qui conçoivent aussi facilement qu'ils raisonnent. Les hommes penseurs et raisonneurs ont reçu une organisation bien belle : ce sont presque toujours des encyclopédiques : ils sont aptes à se livrer à toutes les connaissances humaines, et ils peuvent y réussir.
Leur écriture est équilibrée, comme leur organisation intellectuelle. Elle comporte à peu près autant de lettres non liées (puissance créatrice] que de lettres liées (puissance logicienne). Le signe graphique est facile à saisir. Il n'y a pas à compter puérilement la quantité bien égale de lettres d'une façon et de lettres d'une autre façon. Il est bien facile de voir, sur une page d'écriture, s'il y aà peu près autant de brisements que de ligatures de lettres.
Quand ce signe se trouve, nous avons l'équilibré, le penseur raisonneur. Nous avons défini cet équilibre, la faculté de développer simultanément et en harmonie les deux forces de conception et de comparaison, . C'est une faculté brillante, assurément. Toutefois, elle porte en elle ceci, qu'elle a plus d'étendue que de profondeur. Le cerveau humain, chez les encyclopédiques, ne peut pas se rendre fort sur tous les points des connais-
J5TST£M£ DE OIUIPHOIOGIE 1S3
sances humaines^ objet de son étude. Il reste logique*ment superficiel, s'il n'a pas Thabileté d'éliminer pour quelque temps ses mille connaissances variées, et de se rendre puissant sur l'une d'elles, c'est-à-dire de devenir spécialiste.
Nous pouvons* donner comme type d'écriture équilibrée, celle de M. Tluers. Si nous examinons les mots dans lesouels se trouvent les deux signes de Tintuitivité et de la déductivité, nous avons la preuve d'une organisation cérébrale très-fortement équilibrée. En suivant tout l'autographe, il y a à peu près nombre éfral de mots qui nous donnent l'intuition , l'idéalisme, le coup d'œil, la
Suissance de créer, et de mots qui nous donnent la forte éductivité, l'organisation logicienne, le sens pratique et réalisateur .^La science nous dit donc un cerveau trèsrichement doiîé , une intelligence vaste, encyclopédique, s'étendant en largeur pour atteindre un grand nonibre de connaissances humaines, et pouvant descendre en profondeur pour arriver aux conceptions grandes et difficiles, autant que le permet, dans la même organisation cérébrale, l'union des deux forces de conception et de comparaison.
Règle générale : Toute écriture en mots liés et non liés de nombre à peu près égal, donne les esprits équilibrés.
SYSTÈME DE aRAPHOlOGIE
ÉCKITTOE DE M. THIERS.
Les équilibrés.
VO
8T6T£M£ DE GBAPHOU)ai£ 155
On peut étudier encore récriture de Manin , page 133 ci-dessus (i) .
Etablissons maintenant la série de nos espèces ou nuances d^écritures équilibrées. Elles nous donneront pour écritures-types.
il^ Equilibre de Vintuitivité et de la déductiviié. — Carnot, — Balzac, — Jules Favre, — cardinal Donnet, — Canrobert, — Mouravief , — Mao-Mahon, — David d'Angers, — Fouquier-Tinville , — Jean-Jacques Rousseau, — Félicien David, — r Listz, — George Sand, — MoreUet, — saint Vincent de Paul, — Taine, — Gambetta, — Rochefort, — Mad. Victor Hugo, — Berardi, — Gaillardet, — Scribe, — Legouvé, — Donizetti, — Houssaye, — cardinal de Bonald, — Paul de Cassagnac, — Francisque Sarcey, — Paganini, — la Guéronnièrc.
18» Êncyclopédicité. Littré, — Renan, — Jules Janin, Alexandre de Humboldt, — J.'J.-A. Ampère, — Le Noir, «— Louis Figuier, — Alexandre Dumas fils , — Michel Chevallier, — Piorry.