‹ Systeme de l'administration britannique en 1822, considere sous les rapports des finances, de l'industrie, du commerce et de la navigation, ... Par Charles DupinChapitre 2 sur 15 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

On se propose ici de présenter le tableau résumé des moyens employés par l’Adminislralloa britannique, dans le court espace d’une année, pour améliorer la fortune de l’État et le bienêtre des citoyens. A ces résultats on joindra des observations qui sont le fruit de cinq voyages dans les trois royaumes d’Angleterre, d’Ecosse et d’Irlande. On cherchera surtout les rapprochements et les conséquences^ui peuvent offrir quelques vues d’amélioration et de perfectionnement, sur les grands objets d’utilité publique, au sujet desquels il importe le plus de répandre des idées étendues et justes.

En Angleterre, la stabilité du Ministère a pour garantie l’opinion générale des 'citoyens éclairés. Les moyens les plus sûrs qu’ait l’Administration , pour rattacher à ses principes, comme à ses actions, et le citoyen, et le législateur, c’est d’exposer avec franchise, avec clarté, la marche qu’elle a suivie et les fruits qu’elle en a recueillis. Les annales du Ministère , oflertes avec confiance à la critique contemporaine d’une opposition clairvoyante, lorsqu’elles triomphent en effet des objections et des réfutations, donnent au vainqueur une force nouvelle, et d’autant plus sûre , qu’elle prend sa source dan.s la conviction et dans l’assentiment de tous les esprits éclairés.

Tel est l’effet que le compte rendu pour 1821, sur l’Administration des affaires de la Grande- Bretagne, a produit dans tous les esprits ; tel est l’effet que produira , certainement , le compte que cette même Administration vient de rendre pour l’année 1822.

Espérons /Ju’un jour ce grand exemple oflèrt aux gouvernements européens , sera suivi , du moins chez les peuples qui, comme le peuple français, ont le bonheur de vivre sous un régime constitutionnel, semblable à bcaucotip d’égards

au régime qui fait la puissance et la gloire des trois royaumes.

« Chez un peuple libre et fier , disait en 1821 l’historien de l’Administration britannique , les ministres ne peuvent se soutenir que par le sentiment qu’inspirent leur capacité et leur caractère. Là , le caractère est influence : l’influence est pouvoir ; et ce pottvoir d’influence atteint jusqu’au but oü ne saurait arriver le pouvoir matériel de la loi, ni la force physique de l’autorité; enfin l’attachement du peuple pour son gouvernement', a toujours été le mril- Icur moyen d’administration « »

Et nous aussi, qui sommes une nation 'fière, nous à qui nos lois fondamentales reconnaiss-ent et garantissent des libertés, c’est par le caractère et par son influence , c’est par la raison et par ses lumières, que nous devons, que nous pouvons être gouvernés. '

La France, parmi toutes les puissances du continent, doit être' la première à voir son Administration , non - seulement égaler , mais surpasser en courage moral l’Administration de l’Angleterre, et dire à tous les citoyens': Voilà dans quel esprit nous avons dû vous goitvernery durant Tannée qui vient 'de s’écouler.

Telles étalent nos ressources et nos difllcultés. Tels sont nos résultats et nos triomphes.

Il me semble, d’ailleurs, que le pouvplr qui se dit souvent à lui-même. Je devrai montrer au grand jour, à telle époque, mes pensées et mes actions jusqu’à cette époque, s’arrête au moment d’exécuter une foule de mesures que peut-être il se serait permises, s’il avait eu l’espoir de les ensevelir à jamais dans le secret. C’est le bienfait d’une espèce de confession po- • lltique , qui remet moins de péchés encore , qu’elle n’en fait éviter à la faiblesse humaine.

Le Ministère britannique , en donnant à l’avance et de lui-même, au public , toutes les explications que les membres du Parlement peuvent lui demander quelques semaines plus tard , se prépare un grand avantage. 11 prend l’initiative sur la confiance publique. S’il est* faible dans quelques parties, il est fort dans l’ensemble; et l’impression définitive produite sur les esprits, tourne en sa faveur, bien que peut-être il soit encore répréhensible à certains égards. 11 suffit qu’il ait produit beaucoup de bien, pour qu’oa attende avec patience qu’il en produise encore davantage, dans les années à venir.

En suivant une marche pareüle, ces avantages -

Di^itized bv Googli.

pouvent être obteaus au même degré par les ministres de la France, et pour eux, et pour ' notre patrie. ’

C’est donc dans l’intérêt du Ministère, non moins que dans l’intérêt de la nation , que nous présentons ici nos idées. Le lecteur y cherchera vainement les traces d’un esprit de parti, quel qu’il soit. Nous ne verrons que l’Angleterre dans l’Angleterre, et que la France dans les leçons qui nous sont offertes par l’étranger. Nous dirons la vérité pour elle- même, et sans^nous inquiéter des passions ni des intérêts anciens ou nouveaux’, auxquels elle devx’a déplaire : il nous suffira qu’elle soit utile à notre pays.

Pour que cet écrit puisse être consulté sans préjugés, sans prédilection et sans aversion, par des lecteurs d’opinions opposées , et puisse réu- ' ' nir l’assentiment de tous les esprits sur des objets d’utilité constante et générale , nous supprimerons les discussions qui tiennent à des évènements transitoires, à désintérêts politiques, ù ces haines de parti, semblables aux mondaines amitiés qui , selon l’éloquence de Bossuet , changent et s’en vont avec les intérêts et les années...

Nous voulons seulement examiner ici les actes qui peuvent influer sur la fortune publiq-ie et

sur la fortune des citeyens, sous les rapports economiques des Cnances, des ressources nationales, des relations commerciales, des colonies, du commerce, de la navigation et de l’intérieur.

JSous supprimerons plusieurs développements relatifs à des intérêts particuliers, sans Qonséquence et sans application pour la France.

IMous ne conserverai s ainsi que les faits principaux^ et les maximes les plus dignes d’être connues, dans les résultats obtenus et dans les principes avoués par l’Administration de l’Angleterre.

En citant les valeurs numériques présentées par Thistorien du Ministère britannique , nous ne prétendons pas en garantir à tous égards la scrupuleuse exactitude. Nous prenons commo des données de confiance, en faveur de ce Ministère, les valeurs mêmes qu’il rapporte.

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