CHAPITRE III
Nauigàfiorî.
Ije commerce extérieur ne sàurait prospérer sans que la navigation ^ Coilsidërée comme art et comme branche d’industrie ^ ne prospère elle-même. Cette branche d’industrie fut une de celles qui, dans les premières années, souffrirent le plus du pàssage subit de l’état de guerre à l’état de paix.
L’immensité des entreprises militaires de la Grande-Bretagne, dans les quatre parties du monde, exigeait un grand emploi des bâtiments de guerre et des bâtiments de commerce, pour les simples besoins de la force publique. La seule fourniture du matériel nécessaire aux armées de Portugal et d’Espagne, aux garnisons des Antilles , àux flottes de l’Atlantique et de la Méditerranée ; enfin , dans les dernières années , l’entretien d’une force militaiie et d’une force
navale , également imposantes, dans le nord de l’Améiiquejtous ces approvisionnements, toutes ces entreprises étendaient prodigieusement le service des transports , et nécessitaient la construction d’vme espèce de bâtiments bâtis, installés , armés pour ce genre de service , et pour résister à des corsaires.
Aussitôt après la paix , tous ces bâtiments de transport furent congédiés ; il fallut leur don--ner dans le commerce un emploi qui suppléât à celui dont ils étaient privés.
Aujourd’hui, non-seulement ces navirqsont trouvé la destination nouvelle qui pouvait leur convenir J mais la marine marchande éprouve le besoin de réparer ses pertes annuelles, et d’augmenter son effectif par des constructions neuves , de plus en plus nombreuses. Dans les trois dernières années de la guerre, où le service des transports ajoutait si fort à l’emploi des bâtiments de commerce , on n’a construit (année moyenne) que 760 navires. -
Dans les trois dernières années , 1820^ ,
1822, on a construit (année moyenne) près de 900 navires.
Quant au tonnage total des bâtiments de commerce , il s’élevait , -
ail temps le plus florissant
de la guerre, à ....... . a,4oo,ooo iorij
en 1819, 1820, 1821 (valeur moyenne) , à 2,600,000.
Quantité moyenne annuelle du tonnage deé bâtiments sortis des ports de la Grande- Bretagne ,
durant la guerre . * . . . i . 1,700^000 ioUi
En 1820, 1821, 1822, . . . 2,200,000.
Quantité moyenne annuelle du tonnage des bâtiments entrés daris les ports de la Grande- Bretagne,
durant la guerre 1,800,000 tort.
En 1820, 1821, 1822, . . . 2 , 3 oo , ooo .
Et pourtant , depuis la paix , par les lois sur le commerce des grains, dont l’entrée en Angleterre se trouve anéantie, une des branches de transport les plus favorables à la naviga-^ tion est pour ainsi dire supprimée. Combien donc ne faut-il pas que se soient accrues les autres branches de commerce?
On avait représenté le trafic du port de Ixmdres comme un des plus déchus de sa splendeur , et néanmoins le nombre moyen des
entrées et des sorties annuelles dépasse de beaucoup les nombres moyens qui^ correspondent à l’état de guerre.
Le nombre des bâtiments entrés dans le pmt de Londres était (valeur moyenne) en i8i3, i8i4j i8i5, égaleà . . . i 5 , 43 ' 0 ;
et le nombre des sorties était de . , . y,35o.
Depuis la paix le nombre des entrées
surpasse . 16 , 000 ;
le nombre des sorties s’est élevé à . . 8,5oo.