‹ Systeme de l'administration britannique en 1822, considere sous les rapports des finances, de l'industrie, du commerce et de la navigation, ... Par Charles DupinChapitre 8 sur 15 · GG · texte numérisé non relu

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Il ance et de goût. Iæ capitaliste obtient un béné'^ lice plus certain et pbisiunifbrme, petit sur chaque article, mais tout-à-fait équivalent quant au revenu de^son capital, d’après la valeur moyenne des bénéfices parmi les marcliands honnêtes. En même temps, la classe ouvrière obtient pour salaire, sinon un pnx de monopole, au moins cette solde juste et raisonnable que peut donner une branche d’industrie epi s’élève par degrés et avec certitude. Aussi voit-on, dans la p<^ulatio» manufacturière , régner le bien-être et le cont«itement. Dans quelques branches, comme dans les soieries, on aperçoit un esprit d’entreprise, et nous dirons presque une audace d’aventure, qui bientôt donneront à l’Angleterre b» prépondérance dans cette branche même de commerce , qu’on a jusqu’à ce jour regardée comme la propriété exclusive du sud de l’Europe.

rit

Soieries,.

Arrêtons-nous à cette pensée de l’historien du Ministère britannkpe. Par Pétat' des importations dont nous avon& cité les prioçipaux résultats, nous -avons vu que, dans la seukr année 1822 , les Anglais avaient-^hré de l’étranger pour 3 G millions de francs de soie brute o»

tesrdue,aftn jle la donvortirenébolfes. Les Anglais raenaoent d'une rmne imminente l’un dëa genres les plus brillants, les plus lucratif et les plus importants dé notre industrie nationale. &ar la supériorité de son commerce et de sa navi-gatlon, l'Angleterre cherche , dans toutes’ les parties du monde, les matières- premières les plus propres à scs travaux et les plus economiques.

• Trop éloignée, comparativementà nous, du sud de l’Europe,' pour obtenir un gi’and avantage dans l’achat des soies brutes que produit cette partie du monde , elle jette les sur l’In-^ doslati. C’est à quatre mille lieues qu'elle envoie chercher la soie que.ses navires transportent et qu’elle reçoit en Europe, à moindre prii^ que les Lyonnais ne disposent à'Lyon du fil des cocons de la Provence. L’Angleterre tire avec le mémo avantage œtte matière précieuse, de l’Archipel océanique. Profitons de cette grande leçon qm nous' est donnée parues rivaux. Hàtons>nous d’alttr dans l’Ihde et dans lès îlesqui l’avoisinent, pour aiclieteria soie au même prix que lès Anglaise Quand nous serons, avec nos émules, sur le pied d’ égalité, par rapport à la matière première, gardons-nous deca-oire que noits ayons tout fait pour l’emporter sur eux> auprès des autres nations. Je

crois qu’il est d’une extrême utilité pour le commerce de la France que je consigne ici le résultat de mes propres observations sur les moyens imaginés parles Anglais, pour se faire préférer à nous dans le commerce des soieries.

Au lieu de fabriquer des étoffes substantielles et durables, les Anglais fabriquent des soieries brillantes et légères dans lesquelles il entre très peu de matières premières; ce qui d’abord est pour leurs fabricants une source d’économie. En même temps ils profitent de tous les moyens méclianiques , si perfeçtionnés en Angleterre , pour donner aux tissus, avec le moins de frais possible, une régularité parfaite: régularité qui forme l’une des qualités principales de leur durée , de leur force et de leur bel aspect.

■ V eut-on savoir à quel point le fabricant anglais s’étudie à concilier les intérêts des petites fortunes , c’est-à-dire des plus nombreuses , avec •les intérêts de la vanité, c’est presque dire avec les intérêts universels? Lorsqu’il confectîbnne dés bas de soie , surtout pour les fenunes , il n’emploie la soie que pour les parties strictement visibles. Le dessous du pied, le genou , et la- partie immédiatement inférieure,- jusqu’au milieu du mollet, sont en coton, qui ne coûte

presque rien aux Anglais. Par ce moyen le fabricant britannique peut procurer des bas de soie à des classes entières d’individus qui ne seraient pas assez riches pour en porter, s’ils se fournissaient auprès des fabricants français.

Sans doute les soieries anglaises sont moins durables que ne le sont les nôtres. Mais, dans le plus grand nombre des cas, la durée n’est rien aux yeux des femmes, pour leurs ajustements, dont l’éclat momentané est la seule qualité qu’elles considèrent. Cela est vrai, surtout pour les peuples de l’Europe où l’empire de la mode oblige un nombre immense de personnes à renouveler la plus grande partie de leurs vêtements long-temps avant qu’ils soient usés. .

Ainsi, c’est sur le grand nombre des petites fortunes, c’est sur les mœurs et les usages des nations, sur la faiblesse et la vanité du cœur humain , que les Anglais ont fondé la prospérité d’une de leurs branches d’industrie qui menace en France la même industrie, d’une ruine totale

Infatués de notre supériorité partout déclarée, dans la fabrique des soieries, nous nous imaginons qu’en Angleterre même, lesindivi-

dns des deux sexes pix^ërent de Lcaiicouf) nus produits à .ceux de leur propre pays, et qu’ils en foi^t venir des quantités fort grandes, par un trafic proiiibé : c’est une erreur capitale (i).

Nul peuple n’a poussé plus Icân que les Angiiii» l’art, moins facile qu’on ne pense, d’opé-. ler la contrebande, et même la eontreliande simulée. C’est ce dernier talent qu’exerce l’An~ gleterre à l’égaid des soieries.

il est reçu que les soieries françaisçsont une grande supériorité sur les soieries britanniques ; par conséquent il faut que le peuple britannique ait des soieries françaises. Le fabricant anglais se charge de lui en faire, et le ccmtrebandier anglais se charge d’avoir l’air de lui en apporter. En même temps, on vend au pu- '

biic dps soieries économiques que son amourpropre peut déclarer françaises , et que sa parcimonie n’a pourtant' payées que sur un taux britannique. Par là , trompeurs et trompés sont

(i) Des soieries vendues en Angleterre comme 00117 trebande française , on a prouvé , comme il résulte d’une enquête parlementaire, que les neuf dixièmes sont f^riqués en Angleterre même, à Spitallields , et non pas à Lyon ni à Marseille.

«paiement satisfaits, îponr leur interet et leur vanité.

Si j’ai présente tous ces déteils , c’est par l’importance que leur publication peut avoir, pour sauver de la ruine nos superbes feibriques de soieries. Songeons qu’il y va de la fortune et de la destinée d’une des villes les plus belles et les plus intéressantes de la France. Si notre industrie dans la fabrication des soieries de toute espece, ne prend pas un nouvel essor, ne marche pas sur d’autres errements, n’emploie pas des matières premières tirées d’un autre con> tinent , et des combinaisons nouvelles de la sq^ avec des matières plus économiques, d’abord nous allons être chassés des marchés de toutes les nations; et nous pouvons nous lier à la cupidité, > à la persévérance, à l’activité des Anglais, pour être sûrs qu'ils ne s’arrêteront, dans cette lutte, qu’aprè» nous avok expulsés du dernier marché de l’univers oûnos produits puissent paraître. Là ne s’arréteixmtpokit leurs efforts et leurs tentatives. Après l’avoir emporté sur nous diez l’étranger, ils voudront l’emporter sur nous chez nousmêmes. Yainement nos triples cordons de douaniers s’opposeront à leur invasion mercantile. A peine pouvons- nous empêcher qu’une

gründe quantité d’étoffes de coton ne pénètre en France par tous les points de la frontière. Que sera-ce donc 'lorsqu’il s’agira de produits bien plus précieux pour un même poids, et beaucoup moins volumineux pour une même valeur?

Puissent les fabricants de la ville de LyOn faire de promptes et salutaires réflexions sur les fai (s que nous leur présentons! Us sauveront leur fortune et conserveront à la France une des sources les plus précieuses et les plus fécondes de sa richesse industrielle et commerciale. * ‘

' Au sujët'des soieries, nous rapporterons encore quelques faits puisés dans l’ouvrage dont nous présentons l’analyse. •

En 1770, l’Inde ne fournissait pas à l’Angleterre ( livres pésant de soie brute) ,

100,000 lÎT. pes.

En 1780, elle en fonmiscait pour aoo,ooo

En 1800 3 oo,ooo

En i8ao 1,000,000 et pins.

11 faut ajouter à la dernière somme i5o,ooo livres pesant desoie brute, importée annuellement de la Chine, et 55 o,ooo livres tirées' du sud de l’Europe. La consommation des manufactures britanniques, surpasse maintenant deux pesant de livres de soie brute.

Digitiz!

Nous voyons, en effet, que la consommation moyenne des trois dernières années est de 2, 1 00,000 livres pesant; pour la seule année 1820, la consommation s’est élevée à 2,5oo,ooo liv.

D’après l’ouvrage de M. Chaptal, sur l’industrie française, la consommation deà soies brutes par nos .manufactures serait au-dessous d’un million de livres pesant. On évalue maintenant à 255 millions de francs les soieries fabriquées en Angleterre.

Non-seulement le prix de la soie d’Italie est plus élevé que celui de la soie du Bengale ; mais l’Italie n’a, chaque année, qu’une récolte de soie, tandis que le Bengale en a deux, et quelquefois trois. Cet immense aVantage pour le producteur du Bengale , doit lui donner une supériorité de plus en plus marquée sur le producteur d’Italie.

■ L’historien du Ministère britannique ajoute : Si, dans quelques-uns des produits les plus délicats, pour l’éclat de la couleur et la durée de la teinture, nous sommes encore surpassés ( comme il faut en convenir) par le manufacturier français, nos soieries en pièces et tous ces produits mixtes dont la soie est la base, sont exécutés en Angleterre avec une supériorité qui ne connaît point de rivaux.... .

’Catnrnerc^ des laines. *

Lei{abncatioBdes<étnfie 6 deiaincapt 4 seii 183:9 un d«évtdo{>p€m^t «fu^eHe u’uvail atceini dons aucHiiie unfiée pi?éicédente. Celte branche d'inidustiie Tédame encore l’aUen^n ta piliia «érieuBe dea fabrioanta fran^is. 14 aemlite <pte l’Angletcsre <ak cessé de redouter la rivalité de i« Saxe et de la France j tnêuie pour la fabincation des plus beaux drapa. Ëlk en clëie un exemple frappant.

D’après les comptes financiers publiés par te -gouvemeiftenl des Etats-Unis, la valeur des lainages bnüatmiques importés dans ees Etats, «i ïSîsi , s’élève de 9 à vo millions de dotlars. La valeur totale des importations de toute espèce , faites par la France dans les E^ts-Unis, dépasse à peine 4 caillions de dcdkrs, dont les | sont des produits de notre is^rictilture. Dorant 1833 , tes exportations en Amériquej des produits manufactures dans la Grande-Bretagne, ont dépassé la valeur de 100 millions de francs; tandis que la valeur des <^jets manufacturés par la , France,lainages, soieries, cotons, denteUeSjCtc. , n’a pas dé}>assé 6 4 millions de francs.

Tel est donc le rapport des ventes faites paç

}a France èt par l’Angletetre ) ^sur le mardié libre des ËUlB-Unis d’Amérique.

Les Anglais , si nous ne trouvons point remède à ce danger imminent, vont donc ruiner dans l’étranger là pré[uxid^nce du ceiiMXierce de DOS draps, même de nos draps fias pour ne commerce comme poin' celui des soienes, après nous avoir vaincus sin* un terrain neutre , ils nom attaqueront dans notre propre pa3rs , par le grand art de la cmtrebande, dont ils possèdent si bien les finesses æties mystères.

Cotons.

Dans la fabricBtion des cotons , l’Anglelorre n’a guère eu de ris^ux en Europe. Elle n’en a plus dans l’indostan. Elie adwte des cotons bruts , aux confins de l’autre liénûspbère ; les apporte en Angleterre et en Ecosse; lès renvoie dans la Chine et dans l’Inde ,tnis en oeuvre par scs manufactures ; et peut ehcore les vendrë à plus bas prix que les fabricsmts adatiques , chea lesquels la main-d’œuvre est si fort au-dessous du prix manuel dans la Graudo Bretagne.

Le coton, dit i’histotica du Ministère britannique , peut etre travaillé d’une manière à solide et si serrée , qu’il égaie en clialear les

étofies de laine , et devienne le vêtement général de tous les peuples du globe. C’est l’Angleterre qui se chargera de vêtir l’univers. Quel changement s’est opéré dans son industrie ! ’

Dés les temps Ips plus reculés, le gouvernement britannique a placé la fabrication des étoffes de laine au premier rang de ses manufactures, et parmi ses sources de richesse les plus fécondes. Pour marquer, à la manière des peuples antiques, l’importance de cette branche d’industrie, lorsque , dans la Chambre supérieure’du Parlement , le chancelier du royaume siège au milieu de tous les pairs, il est assis sur un simple ballot de laine : sans croire déroger à Sa Grandeur, par cet acte plébéien qu’inspira le génie même d’une politique vaste et profonde.

La fabrication des cotons , presque nulle en Angleterre il y a 6o ans, est aujourd’hui la source d’une richesse quatre fois plus grande que la fabrication des lainages. Sous les règnes de George I*'' et de George II, les hommes d’Etat et les écrivains politiques célébraient ce dernier genre d’industrie, comme le principal soutien du commerce britannique, dont les exportations ne dépassaient point la valeur de 5 mil-^ lions sterlings, sur lesquels 7 à 800,000 liv. st.

étaient produites par les lainages. Maintenant la valeur totale des exportations est plus que décuplée ; la seule exportation des lainages égale 6 millions sterlings , et l’exportation des cotons œuvrés( qui n’existait pas alors) dépasse aujourd’hui 20 nûllions sterlings, c’est-à-dire, est d’une valeur quatre fois plus grande. que la totalité des exportations sous George r" et sous George II C’est la grandeur des capitaux de l’Angleterre et la rare perfection de ses machines, qui jusqu’à ce jour l’ont mise hors de pair, dans la fabrication des cotons, avec tous les autres peuples ; meme à l’époque où le haut prix des vivres , rendait plus exorbitante la journée de l’ouvrier.

. Aujourd’hui les produits de l’agriculture ont beaucoup baissé de prix , dans la Grande- Bretagne , et le perfectionnement des manufactures a permis de donner à meilleur marché, la plupart des objets utiles à l’homme.

C’est pourquoi les ouvriers, quoiqu’en recevant un salaire très réduit, peuvent encore se procurer les mêmes objets de nécessité et d’agrément.

Ainsi, par un enchaînement de causes et d’effets très remarquable , d’une part l’ouvrier anglais est moins dispendieux, parce que l’art de produire s’est amélioré ; de l’autre part , les

produits do l’iadM6trio peuvent êtt'e dontWà k plus bas prix , par les perfectionneraenta memes (le la fabrication , e^ par. le rabais naturel' ap~ parlé dans le Mlaire de l’ouvrier.

l^es Toiles.

l^ar de» obstacles qpi tenaient à de» circaiiTstance» particulières, la fàbrioatiou de»' toiles est restée très, long-temps avant d’atteindre au développements naturel qu’il était raiscnmable d’espérer qp’dde prît- Mais) dans oeademières année»,, elle. a prospéré comme les autres bran-r ches de l’industrie britannique. Cette branche dHndustrie est presque entièrement confinée en Irlande. Voilà sans doute la cause de la lenteur de ses progrès dans une contrée si inférieure à l’Angleterre., pour lai grandeur des capitaux, poiur la valeur et le nombre des machine»; enfin, poixr. la constance et l’activité de l’industrie. Cependant le genre. de fabrication > dent nous parlons, fait en Irlande même,, de» progrès plu» rapides qu« par le passé. L’exportatioa des toiles' irlandaises était d’un demi-millkm plus grande en i Sa a, .qu’eu i Sa i ; elle étiiit d’un million plus grande en iSaa,, qu’en. iSae.

L’ouverture des marches du sud de rAmériqpe ,,en.faveurida couunecce britannique, fait

fcspérer que l’esporlaliou des toiles irlaadaisess augmentera l>eaucoup plus encore;

Citons unfait bien remarquable,, et qui suffit jK)ur montrer la différence d’industrie et d’activité de deux oontréesrégi^par les mêmes k^et placées par la nature sotis uni même climat et dans les mêmescirooBsIMue*. Bans l’exportatioù totale des toiles britanniques, U pwt exportée par l’Angleterre, qui est obligée de prendre d^a-bord ses toiles en Irlande, est- dé a,8oo,25o livres sterlings^ tondis que l’exportation directe d’Irlande est seulementde 340^379 livres sterli Prodt*it» mèfaUique9>

Ca. quincaillerie et la coutellerie ,> le fcr brut et le fer oeuvré sont les. produits d.’nne ind,usbd« pour laquelle l’ Angleterre neconnaît, point de rb VAUX, Aaouneautre natie» n!est iwtettx partagée de U nature, à cet égard, peur rapprovwicinoement des matières premières e*. du combustible, Anoune nation n’a plus fait pour pwfeotienner les procédés teebniqnm néceswiresrà cette hranebe d’indnstne, ponr laquelle lesdemandes de l’étranger et; lesiconsonnnations de. l’intétieur s’accroissent annurilement eti régutièrewent* Une dest grandes causes de la diçpiAwÛQn dans U prix dealei'Ss en Angleterre» est, à coup sw^ la

cessation de la guerre qui faisait une consommation prodigieuse de ce métal, pour ses armes et pour ses projectiles de toute espèce.

Une mesure , peu approuvée par les Français mêmes, dit l’historien du Ministère britannique, et seulement concédée à la clameur populaire du moment , a fait interrompre la fourniture des fers anglais, en France. Malgré cette interruption, la fourniture de ce métal aux. 4 autres nations s’est accrue de manière à présenter , pour 1822, une exportation totale qui n’est pas inférievue à celle des années précédentes.

Commerce intérieur.

Nous entrerons dans des détails beaucoup moins étendus sur la partie qui concerne le commerce intérieur de l’Angleterre, parce qu’elle est pour nous beaucoup moins importante que la connaissance des résultats du commerce extérieur. Nous dirons qu’en général la consommation intérieure s’est accrue , à mesure que l’industrie est revenue vers la prospérité, après les années si désastreuses de 1816 et de 1817. L’un des exemples les plus remarquables que nous puissions présenter est celui de la consommation du thé. Depuis trente ans , l’impôt sur cet objet s’est élevé dans le rapport de i3 à loo, et.

ivéaiiSaoins,' la consommation n’a jamais cesse tl’àügmenlcr. Elle s’est élevée,* de' 1820 à *1821, a ' . 22,461,59 d.ps.

' ’Eii 1822 , elle surpasse . . 28,000,000 ^La consommation croissante du sucre ést*^pareillement démontrée. Le rçyenu . brnt de la' douane pour les sucres.seuls, s’est élevé,

•‘En 1817, «i. . . . . 3 ^, 5 oo,ogo fe st.

’ En 1821.^

En 1822 . 5 ,i 52 ,oo» -‘v

L’histoiien du Ministère britannique présente,’ à ce sujet, des observations pleines de justesse^ On n’affaiblira point, dit -il, l’importance d’une augmentation pareillé , en . observant qu’elle porte sur des objets produits au dehors. Ce n’en est pas moins dans notre commerce une amélioration , laquelle accroît les profits du marchand, mot en activité et répand, par la circulation , des capitaux plus considérables. Or la l’icliesse d’un pays consiste moins dans l’or qu’il possède’, que dans ,1a circulation de ses capitaux. Par conséquent, tout ce qui contribue à faire circuler le capital , à répandre les salaires du travail au milieu d’un plus grand nombre de classes industrieuses , en donnant des'

moyens d’existence à plus de personnes, amé«, liore la condition générale du peuple. En augmentant le nombre des acheteurs , en les mettant en état de consommer plus abondamment, on accroît la demande sur toutes les espèces de

marchés, et particulièrement sur les marchés oit • ^ ^ ^ ’

se Vendent les objets nécessaires à la vie, dmis toutes les conditions. Voilà comment Taugmentation du commerce aide à l’agriculture, et coîâment la prospérité du propriétaire et du fermier suit nécessairement et toujours de près la prospérité de notre commerce.

' L’apologiste de l’Administration de l’Angleterre, observe avec raison qu’en aucune autre Contrée, le peuple n’est aussi bien habillé, aussi bien logé, aussi bien nourri, soit pour la quantité, soit pour la qualité des vivres. Si quelque étranger intelligent lit un contrat pour la fourniture annuelle de quelque mabon des pauvres dans la Grande-Bretagne , il ne peut s’empêcher d’exprimer une vive surprise , sur la quantité de viande , de beurre , de fromage, de thé, qui compose chaque ration , et sur les soins minutieux qui sont pris pour que chacun de ces objets soit de la meilleure qualité dans son espèce. Les pro-;

' priétaires fonciers se récrient avec force, en

voyant six à sept millions sterlings dépensés annuellement pour l’entretien des pauvres. Ils devraient se rappeler que la plus grande partie <le cette somme est payée par les grande» ville» et par les districts manufacturiers.

Les taxes indirectes , dont le revenu se proportionne sur la consommation et sur le commerce

• It». ♦ *<

intérieur^ éprouvent en Angleterre une amélioration récente et remarquable. L’accroissement des droits du timbre fait voir à quel point se sont multipliées les transactions domestiques, les ventes et les achats. '

L’augmentation sur le revenu des chevaux et dés voiWres publiques, montré également que les communications entre les différents points du territoire , sont à la fois plus importantes et plus multipliées. L’accroissement du produit des impôts sur les portes et les fenêtres, démontre que l’augmentation du nombre des maisons va de pair avec celle de la population. ' " ■ '

^ Les objets dont là majeure partie est consommée par la moyenne et par la basse classe de^ la société: letabac, la bière, la chandelle, le savon, les eaux-de-vie, etc., présentent une'amélioration remarquable dans les ventes journalières: Ici l’historien du Ministère jette un nouveau

' regard Stïr l’ensemLle des revenus de 1822 , qui surpassent de plus d’un million sterling le total' des revenus de 1821, lequel surpassait Itiirmême d’à pen près autant le total des revenus de 1 820. Cet accroissement s’est dévelbppë graduellenient' et de manière à faire venr qu’il ne tenait pas à des causes fortuites. Nous supprimôns tous ïes détails numériques relatifs à la preuve de ce lait.

Banques d* épargne. - “ *

{ . * ' • ■ En faisant la reVue de l’état actuel de nos re&*

«)urces intérieures, dit l’historien du Ministère, il serait injuste d’en omettre une qui Çiiractéri^ l’époque actuelle, et qui n’est pas moins le signe! d’une prospérité croissante , que d]un esprit d’indépendance et d’économie, dont les &uit$ sek montreront sous peu dans l’éiçvation de notre caractère national, etdânsl’amdioration dn sorfc du peuple entier. Nous voulons parler du sys*, terne des banques d’épargne. Tout ce qui te»d à l’accumulation de la propriété et dis capital meme au plus faible degré, soutient , edooucage. l’esprit d^mdépendance, et jeUe W fondements de la force et de la richesse nationales. Les ban^r qûes d’épargne sont les fonds des classes! infé-

ricufcs de la sociclc. L’énergie el Ja conslan'oe de ces. classes,, pour augmenter leui's économies ^ ne sont pas moins, lioooraldes^ pour leur indus^

, trie que. poui- leurs sentônenls moraux.

Dans ia seule année iSai, plus dolU'cate-trois millions de francs ont fibé placés dans ces dépôts. Les comptes des commissaires {njup le rachat de la. dette nationale (commissaires au ’ nom desquels le capital appartenant aux banques d’épargne est placé )ai’ont pas encore été dressés pour l’année 1822; mais, sans aucun * doute, ils préseuteront pour résultat, une augmentation trèaconsidorabledans les placements.

Le montant de l’intérêt payé ou crédité aux ban- . ques d’épai:gne, en 1 822 , montait à quatre millions cinq cent mille francs. Au 5 janvier dernier, il y avait déjà', sous le nom des conunissaircs pour le compte des banques d’épargne, eu Angleterre seulement ^ la somme prodigieuse de cent cinquante millions de francs, accumulés dans le court espace de quatre années.

Ainsi le Ministère britannique , dans un compte solennel qu’il rend de ses operations, de ses vues et de ses pensées, déclare à la face de la nation tout entière, qu’il met au rang des plus grands bienfaits de l’ordre public et des

Di : ; .= :=)gk

prospérités sociales, non-seulement le progrès des arts utiles à l’activité des manufactures, et les bienfaits du commerce, et le bonheur des classes supérievues qui dirigent les travaux, mais aussi le développement de l’indéperidance physique et morale des classes inférieures qui exécutent ces travaux. 11 range parmi ses titres de gloire , les moyens d’élever, d’exalter le caractère national , en rendant plus heureuse et moins servile à toU& égards, la condition des moindres citoyens. Sentiments dignes du Ministère d’un peuple libre! Sentiments qui méritent les hommages de tous les hommes qui mettent un prix à la dignité de l’espèce humaine. Sentiments qui méritent d’être oiferts comme des modèles, à tous lesgouvernements qui marchent sur la route des prospérités nationales , et qu’il faut montrer pour l’opprobre de ces gouvernements de contrées barbares où le pouvoir se déclare I ennemi de la civilisation , prodigue ses dédains à l’industrie , ses outrages au commerce , et voudrait ne régner que sur la fainéantise, sur l’obscurité, sur la misère et l’esclavage.

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