‹ Systeme de l'administration britannique en 1822, considere sous les rapports des finances, de l'industrie, du commerce et de la navigation, ... Par Charles DupinChapitre 9 sur 15 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Administration coloniale. ' ;

L administration des colonies est maintenant^ pour la Grande-Bretagne , un oLjet de la plus haute importance. Les. colonies ne sont plus seulement , comme pour les peuples anciens , un moyen de soulager une population surabondante. EUes atteignent d’abord ce premier but. Elles ont encore l’avantage de fournir de nouveaux objets d’échange et de nouveaux marchés pour le commerce de la métropole. Cette autre espèce de services rendus par les colonies, est de beaucoup la plus intéressante, dans l’état actuel des sociétés modernes.

Quand les .Etats-Unis se séparèrent de la Grande-Bretagne, les écrivains politiques les plus habiles pensaient que le commerce britannique recevait un choc dont il ne se relèverait, 1 sinon jamais, du moins qu’avec la plus gi’andc lenteur et la difficulté la plus laborieuse. Com-

bien les évènements ont démenti de semblables prédictions! 11 a,pîtô arts,que l’U-

nion américaine s’est pour toujours affranchie du joug de l’Aji^leterre, déjà l’Angleterre , dans les faibles restes dés possessions septentrionales d’Amérique, dans les colonies qui, plus rapprochées de ià zove glaciale; . sont moins favorisées par le climat et par la nature , l’Angleterre, dis-je „ obtient, des résultats supérieurs à tous les avantages ^qu’elle retirait du • vaste et fertile territoire des Êtats^Unis^ avant la guerre de l’indépendance. Aujourd’hui les colonies de rAménque septentrionale, qui restent encore à la Grande-Bretagne, ont fait de tels progrès en industrie et en richesse , qu’elles consomment annuellement une plus grande quantité des produits de l’agriculture et des manufactures britanniques, que ne l’ont jamais fait les treize provinces américaines, avant la guerre de 1775. Suivant le rapport du célèbre Burke, la valeur totale des importations de l’Amérique en Angleterre était environ d’un , million sterling. La valeur des exportations 'd’Angleterre, dans çes provinces, variait de , *1,200,000 ^ à 1 , 5 oo, 000 livres sterlings. -

Or, dans la seule année 1819 (et l’on pour-

raît en citer de plus favorables), la valeur des produits industriels britanniques, exportés dans les quatre provinces du nouveau Brunswick , de la nouvelle Ecosse, de Newfoundland et des Canadas, montait à . . liv. sterl. : 1^3:20, 000.

JEn 1820^ cette exportation montait à 1,548,000.

Si. l’on comprenait dans ces estimations le commerce des Indes occidentales (ainsi qu’il semble en partie compris dans les valeurs rapportées par Burke), le total des échanges de l’Angleterre avec ses possessions d’Amérique serait, pour 181,9,

Exportations. . . . 6,800,000 liv. slcrL

Importations 9,000,000.' '

Telle est , dit avec raison l’historien du Mi; nistère, la valeur et la prospérité-de nos colonies. On voit .par là combien sont courtes et fausses les vues de .ceux qui, pour rehausser les couleurs dont brillent quelques parties de la fortune publique , établissent d’envieuses comparaisons, entre le commerce général de la Grande-Bretagne, son commerce colonial et son agriculture. Toutes ces sources contribuent, suivant des proportions difl'ércntes , à composer

le fonds gcnër.il d’une richesse qui , distribuée dans chaque classe de la société, répand de proche en proche et sur toutes les parties du peuple , les profits du capital et les salaires de l’industrie. Si l’on retranchait une seule branche de commerce, si seulement on la diminuait d’une quantité cOnsidéVablej l’effet en serait aussitôt manifesté par la dépréciation de la valeur des terres. Pourquoi l’Irlande, par exemple , ainsi que nous l’apprend une expérience récente, pourquoi l’Irlande surabonde-t-elle à la fois en population , et*en produits du sol? Comment se fait-il qu’on ait pu voir au sein de ce royaume, une détresse causée par le besoin do nourriture , dans ses villes et dans ses villages , avec line demande si faible et si insu (lisante , sur ses match és qui regorgeaient des produits de l’agriculture ? C’est parce que le prix des vivres n’est pas renchéri par le seul fait d’une population croissante , mais par une population rendue capable de payer un prix plus élevé.

Réduisez votre commerce ou vos manufoctures, il s’ensuivra nécessairement ime réduction proportionnée dans le nombre et les moyens des personnes qui, jusqu’alors, avaient la faculté de consommer en abondance. Sans doute , les

pauvres de l’Angleterre doivent être nourris aux frais des paroisses ; mais autre chose est d’être nourri par les bienfaits de l’opulence et de la pitié d’autrui, ou d’être nourri par le fruit de ses propres moyens.

. Dans le tableau de l’Administration ' britannique, on divise l’examen de ce qui regarde les colonies en trois parties distinctes.

1. Les Indes occidentales, britanniques et étrangères : nouveau système qu’on adopte à leur égard, par le rappel, ou plutôt par la modification sur un nouveau plan , des lois de navigation.

2. Amérique britannique, et spécialement les deux' Canadas : nouvelles mesures pour améliorer le gouvernement de cette contrée.

3 . Indes orientales et colonies secondaires : le cap de Bonne-Espérance , lie de France , etc. Nous allons suivre cette division. ,

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