‹ Système de logique deductive et inductive, exposé des principes de la preuve et des méthodes de recherche scientifiqueChapitre 52 sur 71 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

$ 4. — L'induction proprement dite, en tant que distinguée des opérations mentales, improprement désignées quelquefois sous ce nom, que nous avons essayé de caractériser dans le chapitre précédent, peut être brièvement définie une Générälisation de l’'Expérience. Elle consiste À inférer de quelques cas particuliers où un phénomène est observé, qu'il se rencontrera dans tous les cas d’une certaine classe, c'est-à-dire dans tous les cas qui ressemblent aux premiers en ce qu’ils offrent d’essentiel.

Par quel moyen les circonstances essentielles peuvent être distinguées de celles qui ne le sont pas, et pourquoi quel-

ques circonstances sont essentielles et d’autres non, nous ne sommes pas encore en mesure de l'expliquer. Il faut d’abord observer qu’il y a un principe impliqué dans l’énoncé même de ce qui est l'induction, un postulat relatif au cours de la nature et à l'ordre de l'univers, à savoir : qu'il y a dans la nature des cas parallèles; que ce qui arrive une fois arrivéra encore dans des circonstances suffisamment semblables, et de plus arrivera aussi souvent que les mêmes circonstances se représenteront. C’est là, dis-je, un postulat impliqué dans chaque induction. Et, si nous consultons le cours actuél de la nature, nous y en trouverons la garantie. L'univers, autant que nous le connaissons, est ainsi constitué que ce qui est vrai dans un cas quelconque est vrai aussi dans tous les cas d’une certaine nature. La seule difficulté est de savoir quelle est cette nature.

Ce fait universel, qui est le garant de toutes les conclusions tirées de l’expérience, a été décrit par les philosophes en termes différents; les uns disant que le cours de la nature est unifurme; les autres, que l’univers est gouverné par des lois générales et autres expressions semblables. Une des plus usuelles, mais des moins exactes de ces expressions, est celle qui a été familièrement employée par l’école de Reïd et de Stewart. Pour ces philosophes, la disposition de l'esprit à généraliser l'expérience serait un instinct naturel qu'ils

appellent ordinairement « une conviction intuitive que l’ave-

nir ressernblera au passé ». Or, comme le remarque fort bien M. Bailey (1), que cette tendance soit ou non originelle et un éiément primilif de notre nature, le temps, dans ses modes de passé, présent et futur, n’est pour rien ni dans la croyance elle-même ni dans ses fondements. Nous croyons . que le feu brûlera demain parce qu’il a brûlé aujourd’hui ethier ; et nous croyons, précisément par les mêmes raisons, qu'il brûlait avant que nous fussions né ct qu’il brûle aujourd'hui même en Cochinchine. Ce n’est pas du passé à l'avenir, comme tels, que nous concluons; c’est du connu à

(4) .Fssais sur la récherche de la vérité.

l'inconnu; c'est de faits observés à des faits non observés; de ce que nous avons perçu ou dont nous avons eu directement conscience à ce qui ne se trouve pas dans le champ de notre expérience. Dans cette dernière catégorie de choses est tout le futur, et aussi la plus grande partie du passé et du présent.

Quelle que soit la manière la plus convenable de l'exprimer, la proposition que le cours de la nature est uniforme est le principe fondamental, l’axiome général de l’Induction. Ce serait cependant se tromper gravement de donner cette vaste généralisation pour une explication du procédé inductif. Tout au contraire, je maintiens qu’elle est elle-même un exemple d’induction, et d’une induction qui n’est pas des plus faciles et des plus évidentes. Loin d’être notre première induction, elle est une des dernières, ou, à tout prendre, : une de celles qui atteignent le plus tard une exactitude philosophique rigoureuse. Comme maxime générale, elle n’est guère entrée que dans l'esprit des philosophes, lesquels, comme nous aurons plus d’une occasion de le remarquer, n’en ont pas toujours bien apprécié l'étendue et les limites. La vérité est que cette grande généralisation est elle-même fondée sur des généralisations antérieures. Elle a fait découvrir des lois de la nature plus cachées, mais les plus manifestes ont dù être connues et admises comme vérités générales avant qu’on pensât à ce principe. On n’aurait jamais pu affirmer que tous les phénomènes ont lieu suivant des lois générales, si l’on n'avait pas d’abord acquis, à l’occasion d’une multitude de phénomènes, quelque connaissance des lois elles-mêmes; ce qui ne pouvait se faire que par induction. En quel sens donc un principe qui n’est pas, tant s’en faut, la première de nos inductions;, peut-il être considéré comme la garantie de toutes les autres? Dans le seul sens où, comme on l’a vu, les propositions générales placées en têie de nos raisonnements formulés en syllogismes contribuent réellement à leur validité. . Ainsi que le remarque l'archevêque Whately, toute induction est un syllogisme dont la majeure est supprimée; ou (comme je préférerais

dire) toute induction peut être mise en forme syllogistique, en y mettant une prémisse majeure. Le principe en question (luniformité du cours de la nature) sera, en ce cas, la majeure ultime de toutes les inductions, et sera avec les inductions dans le même rapport que la majeure d’un syllogisme avec la conclusion, ainsi que nous l'avons longuement expliqué; ne servant pas du tout à la prouver, mais étant une condition nécessaire de sa preuve, puisque aucune conclusion n’est prouvée, s’il ne se trouve pas une prémisse majeure vraie pour la fonder.

Cette assertion que l’uniformité du cours de la nature est la dernière majeure dans toutes les inductions exige peutêtre quelque explication. Elle n’en est pas certainement la majeure immédiate. En ceci, la doctrine de l'archevêque Whately est exacte. L’induction « Pierre, Jean, Jacques, etc. sont mortels, donc tout homme est mortel », peut, comme il dit très-justement, être transformée en un syllogisme, en mettant en tête, comme prémisse majeure (ce qui est du reste une condition nécessaire de la validité de l’argument), que ce qui est vrai de Jean, de Pierre, etc., est vrai de tout homme. Mais d’où nous vient cette majeure ? elle n’est pas évidente de soi; bien plus, dans tous les cas de généralisation dépourvue de garantie elle n’est pas vraie. Comment donc est-elle obtenue? Nécessairement ou par induction ou par raisonnement ; et, si par induction, le procédé, comme tout autre argument inductif, doit être mis en forme syllogistique. Il y a donc nécessairement à établir ce syllogisme préliminaire, et il n’y a, en définitive, qu’une seule construction de possible. La preuve réelle que ce qui est vrai de Jean, de Pierre, etc., est vrai de tout homme ne peut consister qu’en ceci, qu’une supposition différente serait inconciliable avec l'uniformité connue du cours de la nature. Si cette contradiction existe ou non, ce peut être un sujet de recherche longue et délicate; mais à moins qu’elle n'existe, nous n’avons pas de base suffisante pour la majeure du syllogisme inductif. 11 résulte de là que si on développe un argument en une série de syllogismes, on arrivera en plus ou moins

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de pas à un dernier syllogisme, qui aura pour majeure le principe ou axiome de l’uniformité du cours de la nature (1). | :

Il ne faut pas s'attendre, pour cet axiome, pas plus que pour d’autres, que les philosophes seront tous d'accord sur les raisons qui doivent le faire admettre comme vrai. J'ai déjà dit que je le considère comme une généralisation de l’expérience. D’autres souliennent que c'est un principe dont, avant toute vérification par l'expérience, nous sommes forcés, par la constitution de notre faculté pensante, d'admettre la vérité. Ayant si longuement combattu tout à l'heure cette . doctrine dans son application aux axiomes mathématiques par des arguments applicables en grande partie à la question actuelle, je renverrai la discussion plus particulière de ce point si controversé à une période plus avancée de: notre recherche (2). Pour le moment, il importe davantage de Lien saisir le sens de l’axiome même; car la proposition que le cours de la nature est uniforme, dans sa brièveté propre au langage populaire, n’a pas toute la précision

(4) Bien que l’uniformité du cours de la nature soit une eondition de la validité de toute inductivn, ce n’est pas une condition nécessaire que l'uniformité embrasse touie la nature. Il suffit qu'elle règne dans la classe particulière de phénomènes auxquels l'induction se rapporte. Üne induction relative aux mouvements des planètes ou aux propriétés de l’aimant ne serait pas viciée par la supposition que le vent et la pluie sont des jeux du hasard, pourvu qu'il resiêt admis que les phénomènes astronomiques el magnétiques sont soumis à des luis générales. Sans cela, l'expérience primitive des hommes aurait eu un fondement bien faible, car dans l'enfance de la science on ne pouvait pas savoir que {ous les phénomènes ont un cours régulier.

ll ne serait pas non plus exact de dire que chaque induction inférant une vérité implique la connaissance préalubl: du fait général de l'uniformité, même par rapport aux phénomènes sur lesquels elle porte. Elle implique ou bien que ce fait général est déjà connu, ou bien qu’il peut l’être actuellement. Aiasi la couclusion : Le duc de Wellington est mortel, tirée des cas À B et C, implique ou qu’on a conclu déjà que tous les hommes sont mortels, ou qu’on est autorisé à le conclure maintenant en vertu du nême témoignage. Par ces sim] les considératis,s on dissiperait un gros amas de confusion et de paralc= gismes dans la question des fondements de l'induction.

(2) Infra, chap. XXI, vol, IL

requise dans le langage philosophique. Ses termes ont besoin d’être expliqués, et une signification plus rigoureusement déterminée que celle qu’ils ont d’ordinaire doit leur être assignée, avant que la vérité de l’assertion puissé être admise.

8 2. — Chacun a conscience qu’il ne doit pas toujours s'attendre à l'uniformité dans les événements. On ne croit pas toujours que l'inconnu ressemblera au connu, que l'avenir sera semblable au passé. Personne ne croit que la succession de la pluie ct du beau temps sera la même l’année suivante que dans celle-ci. Personne ne s’attend à faire les mêmes rêves toutes les nuits. Tout au contraire, si le cours de la nature était le même dans ces cas particuliers, chacun trouverait que c'est extraordinaire. S’attendre à la Constance dans les cas où la constance ne doit pas être attendue ; croire, par exemple, qu'un événement heureux étant arrivé un certain jour de l'année, ce jour-là sera toujours heureux, est justement considéré comme de la superstition. |

En réalité, le cours de la nature n’est pas uniforme seulement, il est aussi infiniment varié. Quelques phénomènes reparaissent toujours dans les mêmes combinaisons où nous les vimes la première fois ; d’autres semblent tout à fait capricieux ; tandis que d’autres encore, que par habitude nous jugeons exclusivement bornés à un ordre particulier de come binaisons, se présentent inopinément séparés de quelquesuns des éléments auxquels nous les avions toujours trouvés liés, et réunis à d’autres d’une nature tout à fait opposée. Pour un habitant de l'Afrique centrale, il y a cinquante ans, rien ne pouvait probablement sembler plus fondé sur une expérience constante que ce fait que tous les hommes sont noirs. Il n’y a pas très-longlemps que la proposition «.tous les cygnes sont blancs » était pour les Européens un exemple tout aussi peu équivoque de l’uniformité du cours de la nature. L'expérience ultérieure a prouvé aux uns et aux autres qu'ils élaient dans l'erreur; mais celte expérience s'était fait attendre cinq mille ans. Dans ce long intervalle, les hommes croyaient

en une uniformité de la nature là où en réalité cette uniformité n’existait pas.

D'après l’idée que les anciens se faisaient de l'induction, c'étaient là des cas d’une inférence aussi légitime que celle de toute induction possible. Dans ces deux exemples, où la conclusion étant fausse son fondement a dù nécessairement être insuffisant, cette conclusion avait en sa faveur tout ce que la théorie reçue de l'induction exigeait pour sa validité. L’induction des anciens a été très-bien exposée par Bacon sous le nom d’inductio per enumnerationem simplicem, ubi non reperitur instantia contradictoria. Elle consiste à donner le caractère de vérités générales à toutes les propositions qui sont vraies dans tous les cas connus. C'est là l'espèce d’induction naturelle aux esprits non exercés aux méthodes scientifiques. La tendance, appelée par les uns un instinct et rattachée par les autres à l'Association des idées, à inférer l'avenir du passé, l’inconnu du connu, n’est que l'habitude d’attendre que ce qui s’est trouvé vrai une ou plusieurs fois, et ne s’est pas encore trouvé faux, sera trouvé vrai toujours. Que les exemples soient en petit ou en grand nombre, concluants ou non concluants, cela ne fait rien; ce sont des considérations qui ne viennent que par réflexion. C'est une. tendante spontanée de l'esprit de généraliser l'expérience, pourvu qu'elle se porte toute dans une seule direction, et pourvu qu’une expérience de nature contraire ne survienne pas à l’improviste. L'idée de la chercher, de faire des expériences dans ce but, d’inferroger la nature, comme dit Bacon, prend naissance beaucoup plus tard. L’observation de la nature, pour les intelligences sans culture, est toute passive; elles prennent les faits comme ils se présentent, sans s'inquiéter d’autre chose; il n’y a que les esprits supérieurs qui se demandent quels sont les faits requis pour conduire à une conclusion sûre, et qui se mettent en quête pour se les procurer.

Mais, quoique nous ayons toujours une propension à généraliser d’après une expérience constante, nous n’avons pas toujours pour cela une garantie suffisante. Pour être en

droit de conclure qu’une chose est vraie universellement parce que nous n'avons jamais vu d'exemple contraire, il faudrait être autorisé à croire que si ces exemples contraires existaient nous les connaîtrions; et cette assurance, nous ne pouvons, dans majorité des cas, l'avoir qu’à un trèsfaible degré ou pas du tout. La possibilité de lavoir est le fondement sur lequel, comme nous le verrons dans la suite, l'induction par simple énumération peut, dans quelques cas remarquables, équivaloir pratiquement à la preuve (1). On ne peut cependant avoir cette assurance dans aucun des sujets ordinaires de la recherche scientifique. Les notions populaires sont habituellement fondées sur l'induction par simple énumération; mais, dans la science, cetle induction nous fait faire très-peu de chemin. Nous sommes obligés de commencer avec elle; il nous faut souvent nous y confier provisoirement, n'ayant pas les moyens de faire une recherche plus soigneuse. Mais pour l'étude exacte de la nature, nous avons besoin d’un instrument plus puissant et plus sûr.

C'est, du reste, pour avoir signalé l'insuffisance de cette grossière et vague notion de l’Induction, que Bacon mérita le titre qu’on lui donne si généralement de Fondateur de l Philosophie Inductive. La valeur de ses propres contributions à ce résultat a certainement été exagérée. Bien que ses écrits contiennent (avec quelques erreurs capitales) plusieurs des plus importants principes plus ou moins déve- Joppés de la Méthode Inductive, les sciences physiques ont maintenant dépassé de beaucoup la conception Baconienne de l’Induction. A la vérité, les sciences morales et politiques en sont encore fort en arrière. La manière courante et admise de raisonner sur ces matières est encore entachée du vice contre lequel Bacon protestait. En effet, la méthode presque exclusivement suivie par ceux qui font profession de les traiter inductivement est cette même inductio per enumerationem simplicem qu’il condamne; et l’Expérience

(4) Infra, chap. XXT, XXII, vol. 11.

à laquelle on entend toutes les sectes, tous les partis, tous les intérêts faire appel avec tant de confiance est encore, suivant ses énergiques expressions, mera palpatio.

$ 3. Pour mieux comprendre le problème à résoudre par le logicien qui voudrait formuler une théorie scientifique de l’Induction, comparons quelques cas d’inductions fautives avec quelques cas d’inductions reconnues légitimes. Quelques-unes, on le sait, crues bonnes pendant des siècles, étaient, en réalité, mauvaises. L’induction que tous les cygnes sont blancs n’a pas pu être bonne, puisque la conclusion à fini par se trouver fausse. Cependant, l'expérience sur laquelle reposait la conclusion était de bon aloi. De temps immémorial le témoignage de tous les habitants du monde connu était unanime sur ce point. Ainsi donc, l'expérience constante des habitants du monde connu, concordante en un résultat commun, sans un seul exemple de déviation dans ce résu:tat, n’est pas toujours suffisante pour établir une conclusion générale.

Passons maintenant à un cas qui pourrait sembler n'être pas très-différent du précédent. Les hommes avaient tort, paraitil, de conclure que tous les cygnes étaient blancs ; avons-nous tort aussi de conclure que tous les hommes ont la tête audessus des épaules et jamais au-dessous, en dépit du témoignage contraire du naturaliste Pline ? De même qu'il y avait des cygnes noirs, quoique des hommes civilisés, existant depuis trois mille ans sur la terre, n’en eussent jamais Vs, ne pourrait-il pas aussi y avoir des « hommes dont la têle esl placée au-dessous des épaules », malgré l’unanimité ici moins absolue du témoignage négatif des observateurs? On répondrait Non. Il était plus croyable qu’un oiseau serait variable dans sa couleur qu’il ne l’est que les hommes varient dans la position relative de leurs principaux organtÿ; et il n’y a pas de doute qu’en disant cela qn aurait raison; mais de dire pourquoi on aurait raison, on ne le pourrait guère sans pénétrer plus avant qu’on ne le fait d'ordinaire dans la vraie théorie de l’Induction.

Il ya aussi des cas dans lesquels nous comptons avec une confiance absolue sur l’uniformité, et des cas où nous n'y comptons pas du tout. En certains cas, nous avons la parfaite assurance que le futur ressemblera au passé, que l'inconnu sera absolument semblable au connu; en d’autres, quelque invariable qu'’ait pu être le résultat des faits observés, nous n avons qu’une trés-faible présomption que le même résultat se soutiendra dans d’autres faits. Qu’une ligne droite est la plus courte distance entre deux points, nous ne doutons pas que ce soit vrai, même dans la région des étoiles fixes. Quand un chimiste annonce l’existence d’une substance nouvellement découverte et de ses propriétés, si nous ayons confiance à son exactitude, nous sommes assurés que ses conclusions doivent valoir universellement, bien que son induttion ne se fonde que sur un seul fait. Nous ne retenons pas notre acquiescement pour attendre que l'expérience soit répétée, ou, si nous le faisons, c’est dans le doute que l'expérience ait été bien faite, et non qu’étant bien faite elle ne soit pas concluante. Ici, donc, une loi de la nature est inférée sans hésitation d’un seul fait ; une proposition universelle d’une proposition singulière. Maintenant, mettons en contraste un autre cas à celui-ci. Tous les exemples connus depuis le commencement du monde à l'appui de la proposition générale que tous les corbeaux sont noirs ne donneraient pas une présomption de la vérité suffisante pour contrebalancer le témoignage d’un homme non suspect d'erreur ou de mensonge, qui affirmerait que dans une contrée encore inexplorée 1l a pris et examiné un corbeau qui était gris.

Pourquoi un seul exemple suffit-1il dans quelques cas pour une induction complète, tandis que dans d’autres des myriades de faits concordants, sans une exception connue ou présumée, sont de si peu de valeur pour établir une proposition universelle ? Celui qui peut répondre à cette question en sait plus en logique que le plus savant des anciens et a résolu le problème de l'induction.

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