‹ Système de logique déductive et inductive [microform]; exposé des principes de la preuve et des méthodes de recherche scientifiqueChapitre 35 sur 146 · DE L'INFÉRENCE OU DU RAISONNEMENT EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DE L'INFÉRENCE OU DU RAISONNEMENT EN GÉNÉRAL

Un autre cas est celui où, d'une proposition univergelle, nous en tirons une autre qui n'en diffère que parce qu'elle est particulière, comme : « Tout A est B, donc quelque A est B ; aucun A n'est B, donc quelque A n'est pas B. )> Ce n'est pas là, non plus, conclure une proposition d'une autre, mais répéter une seconde fois ce qui a été dit d'abord- avec cette différence qu'on ne répète pas la totalité, mais seulement une partie indéterminée de la première assertion.

Un troisième cas est lorsque l'antécédent ayant affirmé un prédicat d'un sujet donné, le conséquent affirme du même sujet quelque chose déjà connoté par le premier prédicat, comme : <( Socrate est un homme, donc Socrate est une créature vivante »; raisonnement dans lequel tout ce qui est connoté par créature vivante est déjà affirmé de Socrate en disant qu'il est un homme. Si les propositions sont négatives, leur ordre doit être interverti ainsi : « Socrate n'est pas une créature vivante, donc il n'est pas un homme )>; car, en niant le moins, le plus qui le renferme est déjà nié implicitement. Ces cas, par conséquent, ne sont pas des exemples de réelle inférence ; et pourtant les exemples banals par lesquels on explique les règles du syllogisme dans les Manuels de logique sont souvent empruntés à ce genre, fort mal choisi, de démonstrations formelles, de conclusions auxquelles quiconque comprend les termes employés dans l'énoncé des prémisses a déjà donné son plein assentiment.

Le cas le plus comphqué de cette espèce d'inférences apparentes est ce qu'on appelle la Conversion des Propositions, laquelle consiste à changer le prédicat en sujet et le sujet en prédicat, et à construire avec ces termes ainsi renversés une nouvelle proposition qui doit être vraie si la première l'est. Ainsi, de la proposition particulière affirmative : Quelque A est B, on infère que quelque B est A; de l'universelle négative : Nul A n'est B, on conclut que Nul B n'est A. De l'universelle affirmative : Tout A est B, on ne peut pas conclure que tout B est A; le fait que toute eau est hquide, n'implique pas que tout liquide est de l'eau, mais il impHque que quelque liquide en est; d'où il suit que la proposition : Tout

DU RAISONNEMENT

A est B esllégiliniement convertible en Quelque B est A. Ce mode (le conversion d'une proposition universelle en une particulière est appelé conversion per accÀdem. De la proposition : quelque A n'est pas B, on ne peut pas conclure que quelque B n'est pas A; de ce que quelques hommes ne sont pas Anglais, il ne s'ensuit pas que quelques Anglais ne sont pas des hommes. Le seul mode usuellement reconnu de convertir la particulière négative est en cette forme : « Quelque A n'est pas B; donc quelque chose qui n'est pas B est A »,et cela s'appelle la conversion par Contraposition. Dans ce cas, cependant, le prédicat et le sujet ne sont pas renversés seulement, mais l'un des deux est changé. Au lieu de A et B, les termes de la nouvelle proposition sont : Une chose qui n'est pas B et A. La proposition originale « Quelque A Vicst pas B » est d'abord changée en celle-ci qui est équipoUente : « Quelque A est une chose qui n'est pas B » ; et la proposition n'étant plus dès lors une particulière négative, mais une particuhère affirmative, admet une conversion dans le premier mode, c'est-à-dire, comme on l'appelle, une conversion

simple (4).

Dans tous ces cas il n'y a pas réellement inférence; il n'y a dans la conclusion aucune vérité nouvelle, rien autre que ce qui a déjà été énoncé dans les prémisses, et qui est évident pour quiconque en comprend le sens. Le fait affirmé dans la conclusion est ou le fait même] énoncé dans la proposition originale ou une partie de ce fait. Ceci résulte de notre analyse de la signification des propositions. Lorsqu'on dit, par exemple, que quelques souverains légitimes sont des tyrans, quel est le sens de cette assertion? Que les attributs connotés par le terme << souverain légitime » et les allribuls connotés par le terme « tyrans » coexistent quelquefois dans le même individu. Or, c'est là précisément aussi ce qu'on entend, si l'on dit que quelques tyrans sont des souverains

(1) Ainsi que Ta fait remarquer sir William Hamillon, «Quelque A n'est pas B » peut être converti en « Nul B n'est quelque A m ; quelques hommes ne sont pas nègre?, donc Aucuns nègres ne sont qudques hommes (ex. g. européens). ^

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