PRÉFACE DE L'APPENDICE GÉNÉRAL. T
cueil périodique (le Censeur) que la postëritë distinguera dans le jour^ naliime frauçaig : mais cet article ne fut jamais inséré. Je le publie ici, soit pour indiquer comment je tendais, à vingt et un ans, vers la division des deux pouvoirs , soit même en vue de Tulilité qu'un tel éclaircissement conserve encore.
Après avoir, en avril 1 820 , laissé passivement attribuer le second opuscule au directeur du recueil (l'Organisateur) qui Tinséra, j'en reprends finalement la juste possession, alors connue seulement de quelques lecteurs. En lui donnant ici son vrai titre, je le signale comme première ébauche de ma conception générale du passé moderne, où je séparai déjà les deux mouvements, positif et négatif ^ dont le concours caractérise la révolution occidentale. Le contraste historique entre la France et TAngleterre, suivant que prévalut le pouvoir centra] ou la force locale, s'y trouve assec établi pour avoir dèe lors guidé plusieurs écrivains, qui n*en ont jamais indiqué la source.
Ma direction, à la fois philosophique et sociale, fut irrévoca* blement déterminée, en mai J822, par le troisième opuscule, où surgit ma découverte fondamentale des lois sociologiques. Son propre titre, qui doit seul figurer ici , suffirait pour indiquer une intime combinaison entre les deux points de vue, scientifique et politique, qui m'avaient jusqu'alors préoccupé pareillement , mais séparément. La publicité de ce travail décisif resta bornée d'abord à cent exem* plaires, gratuitement communiqués comme épreuves. Quand il fut reproduit à mille exemplaires, en 1824, avec quelques additions secondaires , je crus devoir superposer à son titre spécial le titre prématuré de Système de politique positive, destiné dès lors à Ten*^ semble de mes compositions. On ne saurait méconnaître l'unité de ma carrière, en voyant ainsi promise, dès mon début, la systématisation que le présont traité pouvait seul réaliser.
Le quatrième opuscule manifeste, en novembre 1825, même pat son titre , une tendance plus directe vers l'établissement d*une non^ vclle autorité spirituelle, d'après une philosophie fondée sur la science. Une suffisante démonstration de mes deux lois fondamentales y précède l'appréciation générale de la marche continue de l'humanité vers la réorganisation du pouvoir théorique.
Enfin, le cinquième opuscule exposa, d'une manière décisive, en mars 1836 , dans le même recueil {le Producteur)^ la division, philosophique et sociale, des deux puissances élémentaires.
Ma tendance continue à fonder un nouveau sacerdoce devint dès lors assez prononcée pour m'atlirer à la fois les reprochée de l'école révolutionnaire, sous prétexte de théocratie, et les félicitations de l'école rétrograde , au nom de l'ordre. Le contraste des deux appréciations
que ce trartil inspirait à deux ëcriTains accrédités (Benjamin Constant et Lamennais) indiqoait déjà l'attitude normale du parti que j'instituais envers ceux dont ils étaient les chefs respectifs. Cette opposition put être spécialement vérifiée chez un même esprit, quand Péloquent défenseur du catholicisme devint aveuglément hostile à la doctrine positive , à mesure qu'il dégénérait en déclamateur révolutionnaire.
Il suffit de comparer ces cinq opuscules, et surtout les trois derniers» pour y reconnaître une progression constante, où le terme final caractérise le but général, la réorganisation du pouvoir spirituel d'après la rénovation de la philosophie. Ainsi se prépara mon traité fondamental , dont Pélaboration orale commença réellement en avril 1826, quoique son premier volume ne fut publié qu'en juillet 1830. En accomplissant cette fondation philosophique, terminée en 1842, j'y fis toujours pressentir de plus en plus la construction religieuse qu'exigeait sa destination sociale , conformément à son institution primitive.
Dans le sixième et dernier opuscule, publié par le Journal de Paris en août 1828, on saisit le passage de mon début social à ma carrière intellectuelle, qu'ouvrit, l'année suivante , l'entière exécution du cours introduit eh 1826 (Voyez la note ci-dessous), et bientôt suspendu d'après ma crise cérébrale. Les lumières résultées de cet épisode furent spécialement utilisées pour l'examen décisif du mémorable ouvrage où Broussais combattit dignement l'influencf métaphysique. Cet opuscule final conservera toujours un intérêt historique comme ayant suscité le noble effort par lequel ce grand biologiste illustra la fin de sa belle carrière, en appréciant, d'une manière digne de lui , l'admirable tentative de Gall , qu'il avait jusqu'alors méconnue.
Je crois devoir ici consacrer le souvenir de celte tentative iniUale, en reproduisant le court programme qui circula manuscrit au commencement de i82S.