Système de politique positive
La préface générale par laquelle commence le volume pré* cèdent exigeait plusieurs explications complémentaires. En les plaçant ici, je n'y joins aucun avertissement propre au tome actuel, envers lequel je dois seulement réclamer spécialement une attention profonde et soutenue, conforme à Timportanoe et à la difficulté du sujet. Si notre siècle de transition interdit à la plupart des lecteurs d'étudier la sociologie diaprés une suffisante préparation encyclopédique, rien ne peut les dispenser d^y transporter les dispositions et les habitudes recon-^ nues nécessaires envers les sciences moins complic(uées. Ceux qui ne rempliraient pas de telles conditions devraient sagement renoncer à des spéculations que leur transcendance doit fairo graduellement concentrer chex un petit nombre d'esprits, qui propageront ensuite leurs principaux résultats. Une semblable recommandation convient surtout pour le présent volume, en« tièrement consacré aux théories les plus abstraiten de la science la plus difficile.
Quoique, afin de diminuer les obstacles matériels, j'aie dé« ocMODposé la publication et la vente des quatre tomes de ce traité, leur intime connexité ne permet jamais d'en séparer
YI SYSTEME DE POLITIQUE POSITIYE.
l'étude ni Tappréciatioii. Il est Yraiment impossible de commencer le Yolume actuel sans s'être d'abord rendu familières toutes les notions essentielles établies par le précédent* Les conceptions que j'y expose ne doYiendront même pleinement jugeables que d'après le déYeloppement historique et la destination pratique qu'elles trouveront respectivement dans les deux autres tomes.
Toutes les explications de cette préface supplémentaire concernent deux aspects désormais inséparables, ma situation personnelle et ma mission sociale. Elles sont surtout caractérisées par les quatre communications spéciales que je vais reproduire en appendice, mais qui doivent être ici précédées de quelques indications directes sur ce double sujet.
Depuis la publication du tome premier, la spoliation polytechnique que j'y mentionnais a reçu son complément final, d'après la perte du poste subalterne qu'on me laissa, sept ans auparavant, en m'ôtant mon principal office. Cette pleine consommation de ma ruine officielle, que j'avais prévue et annoncée dès le début de ma persécution, émane toujours de la haine implacable que mes travaux philosophiques inspirent au mauvais esprit scientifique, sauf les changements de personnes et même de coteries. Le gouvernement n'y prit jamais aucune part active, sinon quand un ministre énergique (M. le maréchal Soult) fit noblement de vains efforts pour me protéger contre une légalité vicieuse. Mais la lâcheté de mes persécuteurs académiques les disposa toujours à s'abriter du blâme public sous la responsabilité officielle d'un pouvoir obligé, par nos préjugés pédantocratiques, à leur servir, malgré lui, d'instrument passif. Afin de mieux prévenir ou réparer toute injuste appréciation, je dois donc avertir ici que cette dernière iniquité fut spécialement due aux manœuvres persévérantes du digne couple algébrique envers lequel ma précédente préface m'em-