PRÉAMBULE GÉNÉRAL
L'étade po^ve de l' Humanité doit être décomposée en denx parties essentielles : Tane, statique^ concerne la nature fondamentale du grand organisme ; l'autre , dynamique , se rapporte à son évolution nécessaire. Quoique ces deux classes de lois soient encore plus connexes en sociologie qu'en biologie, la complication supérieure de la science finale y exige dayantage leur séparation , spontanément suscitée par la lenteur d*un déyeloppement oîi la théorie de Tordre fut ébauchée longtemps arant celle du prc^ès. Cette division systématique constitue, d'ailleurs, une nouvelle application du principe universel, d'après lequel j'ai construit la vraie hiérarchie encyclopédique. L'esprit de la sociologie statique est, en effet, plus simple , plus général et plus abstrait que celui de la sociologie dynamique. Aussi la statique sociale forme-t-elle le lien direct de la science finale à l'ensemble des sciences préliminaires, et surtout à la biologie, dont elle parait alors inséparable. Sans une saine
2 SYST^Ç m POLITIQUE POSITITE.
théorie préalable de l'existence^ l'étude da mouvement ne pourrait assez acquérir la positivité rationnelle d'où dépend son efficacité normale. Une telle distinction n'importe pas moins à Fart qu'à la science ; car^ les lois dynamiques s'appliquent surtout à la politique^ et les lois statiques convienpent davantage à la morale.
Entre ces deux groupes de lois sociologiques , il règne une harmonie fondamentale^ réglée par le principe général^ qui^ partout ailleurs, rattache l'étude du mouvement à celle de l'existence. Apprécié d'abord dans le simple domaine mathématique ^ ce principe doit enfin trouver^ en sociologie , son essor le plus complet et le plus décisif. Il y consiste proprement à concevoir toujours le progrès comme le développement graduel de Tordre. En sens inverse, il représente Tordre comme manifesté par le progrès. Telle est Tintime connexité de ces deux grandes notions, autant théoriques que pratiques, dont Tune caractérise la base et Tautre le but de la vie sociale, toujours domhiée par Tamour universel. Déjà , la biologie réduit toute vitalité à une simple évolution , sans jamais admettre de création proprement dite. Mais cette conviction systématique appartient surtout à la sociologie , où un essor plus complexe , plus vaste, et plus lent ne permet point de méconnaître Tidentité fondamentale des divers états successifs. L'étude statique et Tétude dynamique y tendent graduellement à coïncider, à mesure que le véritable esprit de chacune d'elles indique mieux leurs relations nécessaires , en expliquant tour à tour Tordre par le progrès et le progrès par Tordre.
Ainsi , leur indispensable séparation ne doit jamais voiler la connexité naturelle qui fait consister le principal résultat de chacune dans sa réaction normale sur Tautre C'est pourquoi leur coordination mutuelle diffère beaucoup, suivant qu'il s'agit de créer la science sociale -ou de la systématiser. Dans mon