‹ Système de politique positiveChapitre 1 sur 20 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

DU TOUE TROISIÈMB.

Cette Philosophie de Vhi$(oire vient d'être écrite y sans précipitation ni fatigue f en six mois nullement interrompus (du 6 février 1853 au l""' août). Un tel resullat, auparavant impossible faute de loisir» augmente spécialement ma gratitude pour riiouorable protection que m'accorde Télite Au public occidental, et qui me permet de me consacrer eiLclusivement à ma grande mission. Quoique ce*patronage collectif ne soit pas encore devenu matérieUement suffisant ^ comme l'explique la circulaire annexée à cette préface , son accroissement continu m'inspire une sécurité morale qui préserve mes travaux de toute perturbation. D'après une telle intervention , Tinfâme spoliation accomplie envers moi par nos coteries scienliliques , afin d'éteindre ma voix philosophique» aboutit, au contraire, à me placer dans la iràtuation la plus favorable au plein développement de la régénération à laquelle j'ai toujours voué ma vie. Ainsi surgit, suivant le mode le plus normal, le sacerdoce de l'Humanité ^ dont Texlstence matérielle doit longtemps reposer sur les libres cotisations de ses vrais adhérents, afin de mieux garantir son indépendance spbrituellei indl^>eosable à sa destination sociale.

fl 8T8TËME DE POUTIQUB POSITIVE. -

La nature de ce Tolame me fait, en second lien, sentir davantage l'importance dn service spécial que me rendit le civique patronage de M. Vieillard^ en me permettant d'accomplir, avec nne entière liberté , le cours philosophique que Je professai publiquement en 1 8^9, 1850, et 1851. Directement relative à l'histoire générale de THomanité, celte triple épreuve facilita spontanément l'élaboration que je publie malnteDant, en suscitant d'avance les principales améliorations que comportait, à cet égard, mon traité fondamental. Pour perpétuer le souvenir d'une telle préparation , dont l'efficacité s'éiend au volume suivant , je joins à cette préface le programme sommaire d'un cours qui ne saurait longtemps rester suspendu.

Je dois attribuer aussi la rapide exécution de l'immense voyage que je viens d'accomplir dans toute la suite des temps humains , à la sainte patronne qui se trouve subjectivement associée à mes travaux quelconques. Cette irrévocable incorporation s'est spécialement manifestée, depuis la publication du volume précédent , par l'opuscule décisif que je destinai , sous le titre de Catéchisme posUivislCj à systématiser la propagation générale de la religion universelle. L'examen de cette composition épisodique fait aisément sentir que sa digne exécution, et même sa conception propre , me seraient toujours restées impossibles sans l'impulsion continue de mon angélique interlocutrice, b'après le succès de. ce travail exceptionnel, je mQ trouve conduit à mieux développer mon caractère définitif, comme fondateur de la Religion de THumanité, dont l'ascendant devient de plus en plus conforme aux tendances essentielles de la situation occidentale. Outre le résumé dynamique qui termine ce petit traité, son exécution^ au milieu de ma construction principale, a dû me faciliter Télaboration des deux autres volumes , en me familiarisant davantage avec l'ensemble de la synthèse positive.

PltÉl'ACfi DU TOME TROISIÈME. Vil

Après ce juste hommage à la triple influence dont je viens d'éprouver spécialement l'eflQcacité » je dois signaler ici la connexité naturelle du tome actuel avec le précédent , et TofAce qu'il réserve à la partie correspondante de mon ouvrage fondamentaL

Puisque le progrès consiste nécessairement à développer l'ordre, il est impossible d'étudier utilement, et même de comprendre suffisamment, ce traité dynamique, si d'abord on n'a point assez approfondi la théorie statique sur laquelle il repose directement. Je ne me dissimule pas que l'attrait universel qu'Inspire aujourd'hui la philosophie de l'histoire fera lire ce volume par des esprits étrangers au précédent. iMais j'espère que la plupart d'entre eux, reconnaissant bientôt l'irrationalité d'une telle marche, regarderont cette première lecture comme un préambule , qui leur fera sentir le besoin d'étudier le tome deuxième avant d'aborder définitivement le troisième.

£n comparant ce volume avec la partie historique de mon traité fondamental , on trouvera que la coordination générale y devient plus profonde et plus complète, tandis que les explications spéciales y sont moins développées. Sous ce dernier aspect, cette construction définitive de ma philosophie de Tbistoire contredit mes anciennes annonces, qui promettaient Ici plus de détails et de preuves que dans la première ébauche, à laquelle je dois , au contraire , renvoyer maintenant pour cela. Appréciant mieux les vraies conditions du régime philosophique, j'ai senti que les assertions coordonnées , où je voyais d'abord un mode purement provisoire , devaient constituer l'état normal de toute exposition vraiment systématique. Mes progrès accomplis et l'autorité qu'ils m'ont procurée permettent à ma maturité de suivre la marche libre et rapide de mes principaux ancêtres, Aristote, Descartes et Leibnitz, qui se bornaient à formuler leurs pensées , en laissant au public ia vérification et

nu STBTËMB Dis POUTIQUB POSITIVE

le développement. Cette répartition du commerce mental est à la fois la plus honorable pour les initiés et la plus profitable aux initiateurs. Les uns deviennent ainsi plus pénétrants et plus confiants , tandis que les autres exercent mieux leurs principales forces^ en construisant de nouvelles théories au lieu de développer les anciennes. Si ce régime synthétique tend à concentrer davantage les études sociologiques , cette influence me confirme spécialement dans le mode que j'ai définitivement adopté ; vu Turgence , mentale et morale , d'écarter irrévocablement d'un tel domaine les théoriciens mal organisés ou mal préparés.

D'après une telle explication , l'étude du volume actuel ne dispense nullement de recourir aux deux derniers tomes de mon traité philosophique 9 quoique la théorie historique devienne ici plus satisfaisante. Ces anciens développements m'ont permis de mieux diriger mes nouveaux eHorts vers le perfectionnement de la coordination générale^ surtout quant aux deux états fondamentaux, le fétichisme et la théocratie, que j'avais jadis appréciés trop peu. Le recours à mon premier travail devient particulièrement Uidispensable envers le mouvement moderne^ dont l'étude acquit alors une extension au moins triple de celle que comporte mon plan actuel.

Quant à la réaction sociale de ce troisième volume , elle doit spécialement seconder la réorganisation spirituelle directement instituée dans le tome précédent. La sociologie statique ayant assez fondé la notion d'ordre, la sociologie dynamique y vient irrévocablement subordonner la conception du progrès. Parlant aux vivants au nom de l'ensemble des morts^ le nouveau sacerdoce établit ici son ascendant universel 9 que complétera le volume suivant, en le rendant l'organe direct de la postérité. Dominant ainsi la population objective d'après le concours nécessaire des deux populations subjectives , l'église positive comporte une

PRÊTACE DU TOm TflOISIÈIIE. U

Mtorité sapérfeore à ceUe de toute spiritualité théologlqae. Car, l'ancien sacerdoce^ tonjonrs incapable de se placer directement an point de fne social^ ne put jamais devenir le ministre de la puissance qui , quoique méconnue Jusqu'ici , gouverne réellement Tensemble des affaires humaines. Sans attendre le complément dédstf qui doit , Tan prochain , émaner de mon votane final, le concours spontané du tome actuel avec le précédent fait d^à sentir cette autorité nouvelle , à laquelle rien ne fut auparavant comparable. La notion générale du progrès continu, pleinement systématisée ici, domine de plus en plus la politique moderne ^ où sa confuse appréciation exerça Jusqu'à présent une influence perturbatrice , ainsi convertie en appui nécessaire de l'ordre fondamental.

Spécifiée chez les rétrogrades , cette réaction du volume actuel doit , sinon convertir, du moins modifier profondément, tous ceux qui, vraiment consciencieux et Judicieux, ne repoussent le mouvement que d'après une aversion légitime, quoique empirique , envers l'anarchie. Ils trouvent Ici la pleine consécration de tous les Régimes antérieurs, dont chacun devint, pendant sa principale carrière , un élément nécessaire du développement humain , malgré la dégénération ultérieurement résultée de sa tendance à se prolonger au delà de sa destination. Cette empirique déviation est surtout excusable dans la constitution cathollco- féodale , qui, dernier mode du système théologique et militaire, devait, quoique décomposée, persister Jusqu'à l'avènement du positivisme, pour fournir les seuls types d'ordre qui subsistent encore. La vraie religion peut seule apprécier ce parti qui, malgré son épuisement, conserve beaucoup d'extension^ puisqu'il comprend réellement les prétendus conservateurs, toujours poussés , faute de doctrine propre, à rétrograder quand Us gouvernent. Qualifié d'knmoblle, Il a pourtaMt marché davantage qu'aucun autre depuis le début de

la crise française 5 qui^ lui faisant sentir son impopularité^ Ta bientôt conduit à l'adoption sincère de la monarchie constitutionnelle, contraire à tous ses principes. Malgré son inanité radicale, cette modiflcation constate l'aptitude du parti rétrograde à changer dignement ses opinions, quand il regardera leur transformation comme devenue nécessaire à Tordre dont 11 se constitue, en Occident , Tunique gardien. Sa prépondérance officielle devant naturellement durer jusqu'à la dictature positiviste, c'est de lui seul que les hommes d*é(at préparés par la Religion de THumanilé recevront convenablement leur investiture polllique. Relativement aux révolutionnaires , ce volume doit spécialement développer Taversion quêteurs chefs , sauf quelques nobles exceptions, éprouvent spontanément envers une doctrine qui tendit toujours à les discréditer radicalement. Les vrais partisans du progrès apprendront ici que, pour le diriger convenablement, il faut le rapportera Tordre qu'il développe, et concevoir chaque pas d'après l'ensemble des précédents. Or, cette double condition doit leur faire profondément sentir Tincapacité des guides qu'ils ont déplorablement choisis. Émanée de sources uniquement positives, la notion du progrès est directement incompatible avec une métaphysique nécessairement immo^bile , qui prend pour type un état prétendu de pur isolement, antérieur à tout essor humain. Le positivisme vient irrévocablement dépouiller les démagogues d'un domaine que la politique rétrograde leur permit seule d'usurper, en poussant le peuple à formuler provisoirement ses aspirations sociales d'après une doctrine toujours négative. Il faut désormais regarder les meneurs révolutionnaires comme les principaux ennemis de la foi nouvelle, qui leur ravit une conGance à laquelle Tautre camp ne prétend point. Les conservateurs ou rétrogrades ont, sans doute, le tort de ne pas seconder, au nom de Tordre, la libre propagation d'une doctrine, qui, dès sou

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