‹ Système de politique positiveChapitre 2 sur 20 · PBÊPACE DU TOME TROISIÈME." XI · texte numérisé non relu

PBÊPACE DU TOME TROISIÈME." XI

début caractéristique, eu 1822, fournit la seule réfutation vraiment décisive des dogmes anarcbiques. Mais, du moins, ils n'ont Jamais entravé son développement spontané; tandis que les révolutionnaires se sont toujours efforcés de Tarréter par des moyens quelconques. Après m'avoir, en 18^7 , promis Téchafaud de Gondorcet, ils durent se borner, en 1849, à m'annoncer Thôpital de Tasse , et maintenant ils ne négligent aucune calomnie pour détourner le peuple du positivisme. Suivant le principe fondamental du négativisme , chacun d'eux ne reconnaît d'autre autorité que la sienne, du moins envers les questions les plus importantes etles plus di£Qciles : en sorte qu*ilsdoivent sans cesse repousser la discipline instituée par la Religion de THumanité.

Mais le nouveau sacerdoce leur en prouvera bientôt l'efficacité, qui sejile délivrera l'Occident d'un parti devenu le principal obstacle à la régénération finale. Le positivisme leur fera même perdre les sympathies qu'inspire la persécution, en disposant les gouvernements à respecter toujours une liberté d'exposition et de discussion dont les abus seront aisément Surmontés quand l'ordre se trouvera systématiquement défendu d'après une doctrine compétente. Privés d'un tel prestige, les trois ou quatre cents incurables qui troublent tout TOccident ne tarderont point à rentrer dans la nullité sociale qui convient à leur nature mentale et morale. Leur égalité contradictoire, qui nie les supérieurs en admettant les inférieurs, s'effacera sous une liberté que leurs doctrines redoutent, depuis que la discussfon confirme envers elles la flétrissure émanée de l'expérience. Quoique les démagogues qualifient de serviles tous ceux qui sont vénérants, l'attitude des uns et des autres devant la puissance matérielle indique où réside la véritable indépendance.

Néanmoins, en démasquant d'indignes chefs, le positivisme ne doit jamais négliger la conversion des révolutionnaires

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naiment bonnêtes qui leur accordent encore nne fimeite eon* fiance. Une disposition réelle à la vénération et Tamoiir sincère de la liberté suffisent aajoard'hni pour rendre pleinement disdr pUnables les âmes les plos troublées par les dogmes snbversift^ Il ne faut regarder comme vraiment incurables que ceux qid , dépourvus de cette double garantie ^ exploitent ranarcUe moderne 9 afin d'obtenir à fout prix une élévation imméritée. Toutefois, même en écartant ces indignités exceptionnelles, le positivisme doit déplorer l'obligation, expliquée par ma dernière in^éface, de s'adresser d'abord aux révolutionnaires 5 vu la ré^ pulsion empirique des conservateurs envers les Innovatloos quelconques. Car, on ne peut guère compter sur la stabilité des conversions obtenues dans un camp irrationnel , où la question du progrès est toujours isolée de celle de Tordre.

Les précieuses exceptions que j'ai rencontrées Jusqu'ici, surtout chez les prolétaires, ne m'ont jamais dissimulé la fragilité naturelle de telles adhésions , en sorte que leur rupture finale mê trouve tout préparé (1). Peu d'entre elles surmontèrent répreuve résultée^ en 1851, de la crise dictatoriale; même parmi ceux qui d'abord avaient le mieux accueilli, dans la nouvelle doctrine, nne dictature plus complète. Retournés à l'état révolutionnaire , la plupart manifestèrent leur hdsuffisance morale en cessant de participer à mon subside , comme si le fondateur du positivisme méritait la misère en approuvant l'abolition du régime parlementaire.

C'est donc le camp opposé que la. vraie religion doit désor- mais convertir principalement , suivant les indications spéciales de ma dernière préface. L'attitude du positivisioie y devient pleinement normale, puisque là prévaut directement la question

(i) Parmi cet rétrogradationt révttationnaîrea , je regrette d*é(re déjà forcé de signaler celle de rartiele ditliogué (H. A. É&ei) que la préface du volume précédent ropréienta commo derenn positivii te.

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d'ordre qa*il peut seal résoudre, et qol provoque , rartont aujourd'hui 9 des sollicitudes plus profondes que les vagues sympathies relatives au progrès isolément conçu. Mais les gouvernements occidentaux restent trop livrés à l'empirisme rétrograde pour accueillir dignement la nouvelle politique. Voilà pourquoi J'ai dû m'adressera l'Orient, aiin d'ébaucher les relations directes du positivisme avec les conservateurs européens^ en offlrant à deux chefs éminents la partie déjà publiée de ce traité ^ dans les deux manifestes que Je Joins à cette préface. Quoique le premier n'ait pu parvenir encore à sa desthiatioh (1) , son importance me détermine à le faire immédiatement connaître; outre que ce mode d'envoi deviendra

(1) La lettre BiuTaote, directement envoyée pir la poste et restée juqu^ieî sans réponse , expliquera snifisamment ce retard inattendu :

A Sa Majetté NicoUu /*', $mpenw de Buttiê^ à SairU'PétânboÊitg»

Hrta. te i«rii 11 IrekiaUi IS (U arril 4IU). SiBE,

J'ai résola de faire à Voira Majesté Phommage personnel des deux premiers Tolnmes de mon Syttème de politique positive /el de Popasenle épisodiqne destiné , sons le titre de Catéchisme positiviste , à caractériser sommairement Tensemble de ma doctrine. Ce triple envoi doit coïncider avec une lettre spéciale , du 20 décembre 1852, propre à tous indiquer préalablement la nature de la nourelle foi. Le tout serait déjà parrena si je n^avais trop compté sur une transmission exceptionnelle , qni me semblait préférable au mode ordinaire. Forcé d^adopter celui-ci , je me suis adressé récemment à la légation russe , qui m^a déclaré ne pouYoir , d'après ses règlements, se charger d^ane telle entremise sans une autorisation directe et spéciale. C'est pourquoi , Sire, j^ose vous demander aujourd'hui cette faculté. La libre circulation qu^obtint toujours en Russie mon ouvrage fondamental me fait espérer un digne accueil pour un traité qui le complète , et dont l'ensemble prouve que, du foyer de l'agitation occidentale, il peut surgir des coDceptions qui ne soient ni frivoles ni subversives. Vu le retard involontaire qna mon envoi vient d'éprouver , j^ose insister sur la prompte expédition d'une autorisation qui me permettra de réaliser ce Juste hommage d^n vrai philosophe au seul homme d'État de la chrétienté.

Salut et Respect, •

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