EXTRAIT DU RAPPORT
Du Vice-Consul général de Sa Majesté à Christiana, sur la péche à la
morue el au hareng en Norvége, pour l'année 1866.
La population directement ou indirectement intéressée dans les pècheries est d'environ 150,000 et le membre des pêcheurs régulièrement employés aujourd'hui est de 60,000. Ces derniers, montés dans leurs bateaux, vont et viennent le long de côtes, d’après les rapports qui leur viennent sur des « signes ou pronostics, » comme la vue du hureng de paille (straw herring) des oiseaux de mer, baleine, etc., etc., et autrefois, avant qu'ils eussent le fil télégraphique pour se procurer de promptes informations, l'impossibilité où ils étaient de controler l'exactitude des rapports et la grande distance qu'ils avaient à parcourir pour atteinére le voisinage des bancs, était cause de désappointements et de déceptions infinis, et souvent la pèche n’était pas aussi heureuse, faute de mains pour capturer le poisson : Tout cela a grandement changé depuis, surtoat en ce qui regarde la pêche au hareng.
Des stations télégraphiques sont déjà construites, il y a d’autres en voie de construction, aux points principaux sur la côte et les inspecteurs exigent que des renseignements soient affichés tous les jours à chacune de ses stations, sur l'aspect et la position des bancs, et ils entretiennent une communication constante avec toutes les stations actuellement en opération. Des télégraphes d'occasion (Field Teleg:aph) sont toujours prêts à être mis en commnnication avec la ligne principale, et ainsi les moindres mouvements des bancs de poissons sont attentivement surveillés et promptement signalés, et c’est un spectacle curieux que de voir l’exode soudain de milliers de pêcheurs avec leur suite d'acheteurs, de sau-
niers, etc., avec leur attirail de bateaux, quarts, appareils, se préci-*
pitant vers un endroit éloigné, à l’appel du fil télégraphique. Les hommes paraissent préconiser cet important coadjuteur et dans les cas où le succès de la pêche est dû à son intervention, ils appellent leur poisson harengs télégraphiques. Les inspecteurs affichent tous les matins dans les diverses stations un état de la
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quantité de poissons capturés la veille, et en même temps la quote du marché par quart et ils s’acquittent de cette tâche jusqu'aprés la saison du frai qui est facile à reconnaitre par la couleur de laitence que prennent alors les eaux.
Gette pêche dure trois mois, mais les pêches fructueuses ne durent que six semaines ou à peu près, durant lesquelles'il se prend de dix mille à vingt mille tonneaux par semaine.
Les avantages qae devra probablement procurer le télégraphe sont incalculables, car il ne se bornera pas à un rapport plus considérable des pêcheurs de morue et de harengs, mais il permettra aux habitants dispersés cà et là le long de la côte et des rives du grand Fiôrd, de se réunir à desendroits déterminés durant d'atttres saisons de l’année, et de se livrer attentivement à d'autres pèches moins importantes mais très nombreuses dans ce pays, et spécialement à la pêche du hareng d'été, très gras et très recherché, poisson qui, pour la délicatesse du fumet et son enbonpoint, rivalise avantigeusement avec le hareng Hollandais ou du Nord.