‹ Système de télégraphes et de sémaphores à l'usage de la marine, dans le golfe St. Laurent [microforme]Chapitre 7 sur 9 · DV, OURS LIN OP, ON · texte numérisé non relu

DV, OURS LIN OP, ON

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fut jetée à la rive et mise en pièces et il s’ensuivit ne perte d'au moins 870,000, la barque et sa cargaison comprises ; et s’il y eût eu alors à La Rivière-au Renard une station télégraphique, comme il en existe une aujourd’hui, grâce à l'esprit d'entreprise et de progrès des habitants de Gaspé et de Bonaventure, un télégramme qui aurait coûté $0.50 au plus, et qui aurait amené le Napoléon sur le lieu du naufrage, 48 heures après l’accident, aurait sauvé le vaisseau et sa cargaison, au moins 870,000,

Dois-je citer le cas du Cherokee, un navire marchand de Montréal, chargé d’une cargaison de grande valeur, qui, l'été dernier, vint à la côte sur un banc de sable, à peu de distance de l’extrémité Est des îles de la Magdeleine. On m'a dit que ce vaisseau est resté là plus d’une semaine, sans avoir souffert d’avarie sérieuse, et qu’il aurait pu être mis à flot et remorqué au large, s’il avait reçu des secours en temps opportun ; mais comme il faut deux ou trois jours, et parfois davantage, pour aller de’ l'extrémité Est à l'extrémité Ouest des Iles de la Magdeleine où touche le steamer de la malle, et comme ce steamer ne s'y rend qu’une fois par quinze jours durant l'été, il s’écoula plus de deux semaines avant que la nouvelle de l’accident parvint à la terre ferme et le navire fut complètement perdu ; et ce ne fut qu'à grand frais que l’on transporta à Québec ce qui fut sauvé de la cargaison.

Je pourrais rappeler un grand nombre d'autres cas, venus à ma connaissance, durant les vingt-quatre années que j'ai parcouru le golfe, mais cette énumération d'accidents serait oiseuse, parceque toute personne au courant des affaires maritimes, comprendra l’état d'abandon dans lequel se trouvent les navires qui ont la malchance de s’échouer sur les côtes indiquées déjà, et spécialement sur l’île d'Anticosti et sur les iles de la Magdeleine, deux endroits isolés qui pendant tout l'hiver, c’est-à-dire depuis le commencement de décembre jusque vers la. fin d’avril de l’anné suivante, n’ont aucune communication avec la terre ferme, et où même durant la belle saison, les communications sont difficiles et

incertaines. :

Le système que je propose ferait disparaître tous ces inconvénients.

En jetant un coup d’œil sur la carte on verra qu’un certain

‘ nombre de lignes et de stations télégraphiques déjà existantes, et

marquées de bleu, forment partie du système, et ces lignes et stations déjà out rendu de cherie services aux intérêts maritimes. Elles comprennent :

to La ligne télégraphique qui court le long de la rive sud du fleuve Saint Laurent, jusqu'à Matane.

2 La ligne qui unit Québec à Murray Bay.

3 La ligne qui joint Matapedia à la Rivière-au-Renard, sur la côte de Gaspé : C’est de ce dernier point que presque tous les steamers océaniques sont signalés, soit en montant soit en descen. dant.

40 La ligne télégraphique dans l’île du Prince- Edouard, par laquelle on est informé das naufrages survenus sur les côtes de l’île, mais non sans une perte notable de temps, parce que la ligne n 'atteinit pas les promontoires sur lesquels ont lieu presque tous les paufrages.

50 La ligne qui wa joindre la rive nord du Cap Breton.

6v La ligne de Pointe-au-Basque.

7 La ligne de Saint-Pierre Miquelon.

Je me propose, par mon projet, d'ajouter à ces lignes en opération, tous les lignes marquées en rouge sur la carte, savoir :

4. Une ligne de Matane à la Rivière-au-Renard, distance de 185 milles, pour combler la lacune existante entre ces deux endroits.

On verra qu'aussitôt cette ligne complétée, la rive Sud de golfe Saint-Laurent et la côte Nord de la Baie des Chaleurs seront ceintes par un fil tétégraphique non-interrompu.

2 Une ligne qui atteindrait les Iles de la Magdeleine, le Rocher-aux-Oiseaux devant être spécialement compris dans ce système, avec des stations dans les ports principaux de ces Isles, soit de l’Ile du Prince-Edouard soit du Cap Breton. Le but pourrait également être atteint par l’une ou l’autre voie, mais après mûre réflexion, je suis porté à croire que la communication établie par le Cap Breton offrirait de plus grands avantages.

3. Une ligne sous-marine, partant de l’&nse au Griffon sur la côte de Gaspé et s'étendant jusqu’à la pointe sud-ouest de l'Ile d’Anticosti et courant ensuite le long de la côte sud de cette île jusqu’à la pointe de l'est d’un côté et jusqu’à la pointe ouest de Pautre,

4, Une ligne partant de l’Anse à la Croix, sur da rive Sud du Golfe Saint Laurent, et traversant à la Pointe-des-Monts, poste important de la côte Nord, puis courant vers l'Est, le long de la rive Drag jusqu'aux Sept Iles et à Moisie.

Une ligne de peu d’étendue faisant communiquer la ligne HD An de l'Ile du Prince-Edouard, à la Rivière Colville, avec la Pointe Est, et une autre petite ligne reliant Tignish sur la mème grande ligne, au Cap Nord de la dite Ile,

6. Une courte ligne courant de Aspey Bay, vers le Cap Nord el le Cap Saint Laurent sur l'ile du Cap Breton.

7. Une ligne s'étendant de la station de Shippagan jusqu'au phare de la pointe Miscou.

En donnant un coup d'æil à la carte, on verra que ces lignes projetées, ajoutées au réseau télégraphique déjà existant, entoureront presq'ie toutes les côtes qui s'étendent, sur chaque côté de la sortie vers la mer, des Provinces de Québec, Ontario, Manitoba et du Grand Ouest.

En sorte que tout accident qui pourrait arriver à un vaissau dans ces parages serait signalé dans un temps comparativement court. ;

* Ce n’est pas tout encore : je recommanderais de faire de tous les phares situés sur la digne, autant de stations télégraphiques, et d'ajouter à chacun d'eux un sémaphore qui permit de faire des signaux aux vaisseaux passant à distance. Et comme complément du système, et pour procurer aux navires en détresse l'assistance prompte et effective sur laquelle ils ont droit de compter dans les

eaux d’une nation maritime bien organisée, comme nous nous

vantons de l’être, je recommanderais au gouvernement de faire stationner au Bassin de Gaspé, qui est*le centre dû système que je viens d'exposer, le steamer du gouvernement, destiné à l’approvisionnement des phares dans le Golfe Saint-Laurent, quand il a fini ce service.

Je pe crois pas que le gouvernement puisse construire’ on faire construire toutes ces lignes simultanément, mais il pourra

les eriger les unes après les autres, en coramencçant par celles

dont le besoin se fait le plus vivement-sentir. Lorsque le système sera en ‘barfaite opération, nul accident ne pourra arriver à un navire remontant ou descendant le Golfe ou le flenve Saint Laurent, sans qu’il puisse être signalé aux quartiers généraux, à temps

pour le sauver, dans la plupart des cas, avec l'assistance du steamer stationné dans le havre de Gaspé.

Je me suis efforcé de rendre le texte de cette lettre lettre clair et intelligible à toutes personnes, même à celles qui vivent à de grandes distances dans l'intérieur. Car chacun dans le Diminion est intéressé dans te système projeté de télégraphie maritime. C'est d'abord une proposition humanitaire, en second lieu il contribuera à prévenir, dans bien des cas, et à diminuer dans d’autres cas, les conséquences désastreuses des accidents qui arrive à la navigation dans ces parages, et en donnant une plus grande pro: tection à la propriété, il forcera les assurances à diminuer leurs tarifs sur les navires et leurs cargaisons.

Et chacun dans le pays eu profitera, et alors et pas avant, nous pourrons faire une concurrence sérieuse à notre port rival.

Je n'étudierai pas la question du coût de la construction de ces lignes, mais d’après les informations que j'ai pu recueillir, elles ne coûteraient pas un prix tres élevé, vû qu'il ne sera pas nécessaire d'employer à la construction des parties sons-marines, uu câble d’un aussi fort diamètre que celui des lignes transatlantiques, et les steamers du gouvernement pourraient être employés à la pose ou aux réparations nécessaires. Permettez-moi d'ajouter que le gouvernement, en portant secours’ à un navire en détresse aurait son droit de sauvetage, et, comme un bon nombre de navires seraient ainsi secourns chaque anuée, le revenue qui en serait retiré, paierait l'intérêt des sommes employées à la construction de ces lignes.

Cette lettre à peut-être été trop longue, mais j'ai cru devoir traiter le sujet,du mieux que je pouvais, convaincu que je suis, qu'il serait inutile d'améliorer la navigation intérieure du pays, mesure que j'approuve cependant de grand cœur, sans faire des efforts analogues pour améliorer la navigation des côtes maritimes, par tous les moyens à notre disposition.

P. Fortin.

Québec, 1# janvier 1876.

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