‹ Système dentaire des mammifères et des oiseaux: sous le point de vue de la composition et de laChapitre 12 sur 22 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Il y aurait encore plusieurs autres points à

discuter. J'ai examiné les systèmes dentaires de

plusieurs astres genres d'oiseaux, ceux de Tautruche, du casoar , de la poule , du cygne, du

plus' grand nombre enfin : toutes ces obserfations s accordent sui' le fait {^néral , c'eet-à-^ire qu'elles démontrent iniFinciblement l'existence • chez tous les oiseaux ^ d'un système dentaire; mais elles ne donnent pas ce fait de la même manière. II y a diversité dans les détails. Ce sont des formes si variées et par conséquent si curieuses, que j'eusse bien désiré de m'y arrê^ ter ; mais je ne le pouvais qu'en quittant les hauteurs de mon sujet, et qu'en faisant intervenir ici cette foule de faits particuliers qui n'ont d'intérêt que pour les ornithologistes de profession. Il me suffira d'annoncer que chaque famille d'oiseau se distingue par un mode spécial de l'organisation dentaire. Ainsi cçs considérations» sur lesquelles je me propose de revenir un jour moi-même, fourniront dans la suite d'excellents caractères pour les divisions ornithologiques.

J'ai placé sous les yeux de l'Académie , comme échantillons (i), les oiseaux dont les noms suivent : plusieurs perroquets, le momot houtou^ le cou l'oucou à ventre jaune, le musophage violet, le pingouin ordinaire , le calao à bec ciselé , le souchet, le harle huppé et les toucans (aracari grigri et aracari haillon); tous oiseaux adultes , dont les hecs sont remarquables par des divisions dentaires visibles à l'œil nu. Tout ce que ces formes ont d'observable a été soigneusement ^ étudié; mais on s'est bien gardé dans l'histoire de chaque espèce de prononcer un noni réprouvé.

En effet, les maîtres de la science, en posant les caractères classiques, avaient refusé des dents aux oiseaux. Mandibulœ nudœ edentutœ^ avait dilbinnéusietTon eût blâmé un observateur subalterne dy en trouver et d'en convenir. Quand il j avait nécessité d'en parler, on pointillait sur les mots , on avouait des crénelures , des dentelures; de plus hardis risquèrent l'expression de denticules.

(i) J'ai faitgraver fur la planche i'^ trois de ces exemples, savoir , ceux que fournit le demi-bec supérieur du toucan aracari grigri, fig« i3, du hajrle huppé, fig. i3, et du sou* chet, fig. i4-

M. de Blainville ( i ) prononce , en parlant du harle, le nom même de dents : il assigne de petites dents en scie à cet oiseau ; mais îl est évident qu'il se borne à traduire le caractère donné par Linnéus, deniiculis subulatis^ sertatis; car plus loin il ajoute : Ces dents dépendent du système pileux.

M. de Blainville s'est aussi occupé des fanons de la baleine ; mais, n'ayant pas attendu qu'il les ait pu voir en place , ses généralités sur ce point nous paraissent susceptibles d'être revues et discutées dé nouveau.

Nous ajouterons , pour terminer, que , si nous ne nous sommes pas abusés dans l'exposition des considérations précédentes , c'est le triomphe de la doctrine des analogues. Encore quelques succès pareils , dont il se pourra sous peu que, dans une question même plus délicate (2)^ nous la montrions capable, et notre confiance en elle arrivera.] usqu 'au degré de foi vive.

(i) Article dents du Dictionnaire de Déterville , 2® e'dition;.

(q) La détermination des pièces crâniennes chez les crustacés et les insectes rapportées aux pièces analogues des hauts animaux vertébrés. L'écrevisse , que j'ai prise poUr exemple, me les donne toutes avec évidence. On affecte une grande

incrédulité à ce sujet; mais, si je les montre., j'aurai répondu à la manière de cet ancien, qui se mita marcher devant un philosophe qui niait le mouvement.

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