‹ Système dentaire des mammifères et des oiseaux: sous le point de vue de la composition et de laChapitre 11 sur 22 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Je viens de tracer les conditions classiques des systèmes dentaires des mammifères et des oiseaux : j'^î vu chez les uns et chez les autres les ramuseules sanguins et les nerfs se réunir à un point commun , et^ se terminer en autant de noyaux pulpe;ux ; la pulpe dentaire sécréter des feuillets analogues sous tous les rapports à de la matière de coquilles d'œufs ; ces feuillets, en se durcissant, former un chapeau ou un cornet, pour servir à Temboîtemént des corps dont ils émanent ; ces cornets, enfin, arriver en dehors de l'arcade alvéolaire et prendre, en s'épaississant, consistance , figurée et rang des prétendus osselets nommés dents.

Jusque là aucune différence : mais chez les oiseaux les sécrétions sont plus abondantes , et tous les éléments dentaires se greffent par approche; cela n'est au contraire chez les mammifères que partiellement et sur les côtés des mâctieires , dès qu^en devant chaque élément den-

(ï) Veuillez prendre connaissance ci-aprés, note g* de TAppendix , de quelques considérations sur des dents monstrueuses d'homme et de cheval.

taire conserve toujours, les chauve-souris exceptées , leur spécialité primitive. Mais de plus , dans ces deux classes , le produit des sécrétions se ressent du caractère originaire de la fonction respiratoire ; il ^^est de substance cornée pour les oiseaux , d'émail ou de pierre pour les mam* mifères. Ainsi se différencient les deux premiers groupes de l'embranchement des vertébrés , quant à leur système dentaire.

Les reptiles et les poissons seront également distingués par des caractères aussi élevés. Il est re-^ marquable qu'on ne trouve chez aucun des dents de trois sortes: c'est une singularité; et la doctrine des analogues n'y pe«^ rester indifférente sans manquer à son caractère éminemment investi-* gateur. Cette recherche, à ce moment de la discussion, est sans difficultés. En effet, les dents des animaux à sang froid se ressemblent toutes, sous ce rapport qu'elles conservent toute la vie les séparations du premier âge ; ainsi ces animaux ont des dents sur la tranche latérale des mâchoires , des dents situées au fond de la bouche, qui ne sont ni de larges dents, ni de lien" tables molaires ; les arrières-dents ne tenant letir caractère de vraies molaires ou de mâchelières , chez les mammifères , que de l'entassement et du groupement de plusieurs éléments dentaires.

SYaTàUE DENTAIRE DES OtSEÀUXr 37

En dernière analyse , tout ceci se réduit à des réunions ou à des disjonctions de parties; varia-» tions qui reviennent sans cesse , mais dont nous ne pouvons encore nous faire une juste idée. Cependant ces modes divers ne doivent vraiment surprendre que les anatomistes^ qui n'oi^t jamais étendu leurs recherches au-delà du cercle d'une grande famille naturelle, d'une classe, par exemple. Ceux-ci s'étonnent justement , pour avoir constamment obser^ que les identités portent à la fois et sur les formes .çt sur l'ordre des associations ; mais , pour quiconque embrasse toutes les classes , les dislocations organiques sont légales (i), car eU«r sont classiques, dans ce sens qu'elles fournissent le fondement, et j'insiste , l'unique fondement qui distingue les principaux sous-types.

Voyez , pour n'avoir pas à aller chercher notre exemple trop loin du théâtre de ces considérations , voyei^ les os qui supportent la langue. Chez les oiseaux , les glossohyausb délaissent l'appareil

(i) Consultez 9 pour i'iateUi^^eiice de ces idées fôndameutaies I les discours gënéraUy: placés, conupue inftroductîoii, en tête des deux volumes de ma Philosophie anatemique; ou bien , ce qui peut y suppléer ji|^u'à un certain point» veuillez du moins suivre la discijtesion fort étendue qui est l'un des fliUJiHs traités.dans VA^vm^wx , ^note n^ $.

38 SYSTÈME DËKTAIRE D£S OISEAUX.

hyoïdieni , pour devenir , comme on l'avait dit avant la publication de ma Philosophie anatomique, des os propres de la langue , des pièces d'une création pajcticulière, quand ces pièces n'offrent au contraire d'exclusivement ornith^logique qu'un simple fait de désunion, die dislocation.

Je n'ai cessé d'insister sur ce quatrième (i) de mes principes généraux. Ce ne sont pas les habituelles associations des matériaux , leur mode classique d'assemblage , qui est le caractère immuable de l'organisation ; la règle porte unique* ment sur le retour nécessaire des seuls matériaux et sur l'ordre de leurs connexions. Or, cette règle n'est point ici en défaut ; nous la voyons aiî contraire rigouîfeusement observée ^ il n'y a nî absence de matériaux, ni manque aux connexions; à reprocher au système dentaire des oîséau3c ; le seul point par lequel les oiseaux diffèrent des autres vertébrés, et qui contienne ainsi les conditions' propres et classiques de leur existence^ c'est^

(i) Les déterminations phUosûphiguès^des éléments o^a^

w A fdques, dont je suis occupé sans relâche , reposent en éfifet

*" sur les heureuses indications et Tapplièation pratiqué dé mes

quatre règles fondamentales suivantes : la théorie deè 'artido-

gués, le principe des- connexions , le balancement des ôr^

ganes , et les affinités électives des^ matériaux organiques.

comme nous l'avons déjà exposé , la soudure en une seule dent générale de toutes les deats élémentaires , et la nature intime de la croûte ou de rélément opérant ces réunions.

SOR LE BEC DES TaH^GAKS.

Le bec des toucans est dans un état d'anomalie que nous nous reprocherions de passer sous silence ; sa dimension gigantesque est une principale ordonnée, d'où dépendent en quelque sorte les autres singularités qui le caractérisent. Cette grande dimension porte à craindre que les toucans n'en soient embarrassés , à craindre en efifet que , s'ils venaient à oublier d'agir par des retenues musculaires vers le col, k tête n'emportât le tronc. Mais, tout au contraire, les toucans ne ressentent aucune gêne; ils montrent tout autant de vivacité et d'agilité qu'aucun autre oiseau , et l'on a même beaucoup exagéré les efforts auxquels ils sont teaus , en raison de h distance du bout du bec au gosier, pour pince: et pour avaler la nourriture. Ces contrastes surprennent , et un autre contraste en peut seu donner Texplication. A l'extrême grandeur di bec en effet correspond son extrême légèreté.

Les maxillaires et le bec qui les recouvre

sont autant d'éléments de Tappareil du goût»

comme d'autres parties crâniennes le sont pour d'autres organes des sens. Or,, il n'y a jamais de disponible qu'une somme quelconque et proportionnelle de nourriture pour fournir au développement de chaque système organique : c'est pour tous les cas possible» la théorie que donne notre principe du balancement des organes^ et c'est effectifement, dans le cas particulier au toucaïi, ce qui est ici manifeste. Le bec de cet oiseau s'est accru en superficie aux dépens de sa densité et de sa solidité.

A juger sur les divers détails de sa structure 5 on dirait qu'il a été pourvu à sa formation pax des actes analogues aux procédés pour souffler le verre. Quoique agissant sur des masses d'un poids donné , le souffleur de verre obtiept cependant à volonté, dans ses opérations , desballone de dimensions différentes, parcequ'un ballon d'un volume exigu prend des |)arois d'une plus grande épaisseur ; ou bien le veut^il^ur une plus grande échelle, il le fabriqviè du volume désiiré, au moyen d'une diminution proportionnelle des parois , qui , étendues par une plus forte iD«sufflation , deviennent plus miaces.

On s'arrête effectivement à cette idée , quand Tofi vivnt à briser les os maxillaires du toucan s

on les trouve caTerneux; quelques bri»&, plus fins que les cheveux, se croisaDt de haut en bas, puis de gauche à droite, et répandus à d'assez grands intervalles , formant les épaulements dés lames extérieures. Celles-ci, qui s'étendent en une enveloppe générale , sont aussi minces que du papier à lettres : mais' comme ce tissu est à g^&in très sttré , sa ténacité ne laisse pas^que d'être très grande. J'ai pris le poids de la portion maxillaire, représentée fig. la, . sans y comprendre la coiffe extérieure , et je l'ai trouvé de quinze décigrammes.

La mich<tifie supérieure nous o£Fre un autre m(àû( â'iûtérèt.; dépouillée de ses tjgtiments , elle pimente uùû surface lisse , sans crénelure sur les bords , commie sans aucune trace de ca-^ vités alvéolaires. Ce n'est pas cependant que je veuille par cela donner à croire qu'il n'y reste ^ point de vestiges du systèdie dentaire; }e l'aperçois au contraire se manifester extérieurement dans le dQmi*l>ec eori|4^ dont le bord^. qui est sans aspéfâés chei les^maiesV est profondément ^nelé chez les adultes. Il est donc à la surface des os maxillaires un équivalent produe**teur, c'est-à-dire un ensemble de choses, pouvant être comparé à des bulbes, noyaux, ou pulpes dentaires; itnais cet ensemble s'est natu-

rellement coordonné à 1 état agrandi et comme boursouflé du corps osseux qui lui sert de base. Il en est résulté une diffusion singulière des vaisseau^ principaux, une distribution croisée des nerfs , des artères et des veines , et , pour l'exprimer en un seul mot, une membrane vasculonerveuse , laquelle tapisse tout l'extérieur de l'os mandibulaire. On dirait^ à son état de mollesse > à sa couleur noire , et généralement à toute sa structure, une membrane pituitaire.

C'est elle que l'on voit, fig. 12 , à travers un épiderme très mince à la partie supérieure du bec , comme c^est elle aussi que j'ai miftç à nu et que je montre même figure, lettre : j'en ai dépoBillé la portion a ^ ou la portion visible à gauche.

Cette membrane vasculo-nerveuse sécrète à son tour le bec corné, qui diffère de celui de tous les autres oiseaux. Agissant d'ensemble, c'està-dire sécrétant à la fois par tons les points de sa surface, elle répand au dehors et dépose par couches successives une quantité de feuillets extrêmement minces , ainsi que le font pSI^ exemple de pareilles membranes vasculo-nerveuses , qui sécrètent les éléments des sabots des grands quadrupèdes ; mais il faut sans doute que ce travail soit effectué avec un caractère de premier* âge ou de récente formation , du moins en ce qui

concerne les feuillets internes; car ils m ont paru avoir moins de rapport avec de la matiière cornée qu'avec une substance où domine du carbonate calcaire : c'esi la structure , la fragilité , la cassure grenue, l'éclat et le blanc de lait de la coquille d'G»uf. Cependant les lames les plus extérieures, la dernière principalement , avaient quelque '.apparence de corne ou d'épiderme , comme s'il arrivait au produit organique de tenir sa métamorphose,^ et comme de recevoir sa dernière perfection , d'une action purement chimique, d'une combinaison avec un des éléments du monde extérieur. L'objet delà coupe a^e, i, OsUy est de montrer les couches successives dont se compose le bec'des toucans ; a^ e^ t, sont des coupes opérées sur leJbec exterpe;.o montre la membrane vasculo-nerveuse , et u l'os à nu; entre a et ^, comme entre e et f, on peut détacher bien d'autres feuillets. Toutes lescrénelures d, d proviennent de lames successivement produites et superposées, celles, de Ta rrièr^-partie du bec recouvrant les lames des dentelures antérieures. '

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