‹ Système dentaire des mammifères et des oiseaux: sous le point de vue de la composition et de laChapitre 14 sur 22 · PREMIÈRE NOTE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE NOTE

(Voyez page 7.)

Sur une première publicité des idées de Vauleur concernant le système dentaire des oiseaux.

On vient de publier des travaux sur les denU> où l'on pourrait apercevoir quelque ressemblance avec les vues erabrassëes dans cet opuscule : il m'importe d'établir démonstrativement que j'avais déjà donné de la publicité à ces vues ; et c'est dans cette intention que je transcris ci-aprés , en son entier , l'extrait de mon mémoire, fait en 1831 , et qui a paru dans l'analyse des travaux de l'Académie royale des sciences , pour cette époque. Ce n'est point unç vaine prétention de priorité qui me fait agir, je ne pense qu'A l'utilité dont mes recherches peuvent devenir l'objet; c'est l'attrait qui me détermine , l'unique but de mes travaux : c'est par cette pensée, par le mot utilitati, que j'avais ouvei*tct que l'ai terminé mon ouvrage sur les monstruosités humaines. Je ne reviens donc sur la date de mon mémoire (i i juin 1821, époque de sa lecture à l'Académie royale des sciences) qu'en faveur d'une considération qui excite vivement ma sollicitude : s'emparer des idées d'autrui est une action mal«

honnête , et je serais prafondëment affligd de laisser la moindre prise à me supposer une pareille intention.

Je ne répugne point d'ailleurs à donner un extrait fait de hauteur et par un talent qui s'était lui-même exercé sur un des points de la question ; le public peut y gagner , et ce motif tout seul m'y déciderait.

On n'imaginera pas sans doute que j'aie voulu par là donner crédit à mes idées. J'ai assez vieilli dans la- carrière des sciences pour savoir qu'il n'y a que les idées vraies qui surnagent : et ma probité scientifique n'est pas réduite , je pense , à ne donner qu'aujourd'hui la preuve que celles-là seules m'enflamment d'un zèlç ardent.

Voici cette analyse par M. Cuvîer;

« Un heureiix hasard ayant mis à la disposition de M. Geoffroy un fœtus de perroquet prés d'éclore , il s'aperçut que les bords du bec de cet individu étaient garnis de tubercules placés avec régularité et présentant toutes les apparences extérieures des dents : à la vérité, les tubercules n'étaient pas implantés dans l'os maxillaire; ils faisaient corps avec le reste de l'enveloppe extérieure du bec , et lorsqu'on l'enlevait , ils tombaient avec elle; mais ils n'en avaient pas moins avec les véritables dents cet autre rapport de nature , que sous chacun d'eux était, au bord de l'os maxillaire, une sorte de grain ou de noyau gélatineux analogue aux noyaux sur lesquels se forment les dents , et que des tubes traversant régulièrement l'épaisseur de l'os, et correspondant àchsfijBlL de ces noyaux , y conduisaient des vaisseaux et des nerfs. A cfctte époque , la ressemblance est d'autant plus grande que . l'enveloppe du bec , dont ces espèces de dents sont les crénelurcs, n'est point encore de nature vraiment cornée , mais consiste en un tissu d'une blancheur, d'une transparence et d'une ténacité comparables, selon M. Geoffroy, à la substance de cette coque qui constitue la dent lors de sa première

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concrétion dans la gencive. Le premier bord saillant du bec consisterait donc en une suite de tubercules nés chacun sur

un germe pulpeux; et cette origine ^e marque toujours dans la suite : car, si Ton ainihcit adroitement la partie cornëe d'un bec inférieur de perroquet , on finit par mettre à nu une rangée de tubes qui occupent son épaisseur depuis les bords de l'os maxillaire jusqti'à ceux du bec cmmé lui-même , et qui sont remplis d'une matière moins dure , plus brune que le reste ; chacun d'eux prend naissance d'un petit trou du bord de l'os , et M. Geoffroy les considéré' comme leë^ testes d'autant de germes ou de noyaux pulpeux sur lesquels se serait formée la matière cornée du bec , comme la matière vulgairement dite osiseuse des dents' se forme aussi.sur son propre noyau. Ainsi, selon M. Geoffroy, un bec d'oiseau représenterait les dents que l'on appelle composées, comme sont par exemple celles de l'éléphant , et qui consistent en une série de lames ou de cônes dentaires coiffant chacun une lame ou un Cjône pulpeux , et réunis tous ensemble en une seule masse par l'émail et le cortical. La différence ne consisterait que dans la nature de la substance transsudée par les noyaux, et dans l'absence perpétuelle d'alvéolesf et de i^cines.

loCes cônes ou ces lames iotérieures se voient aussi dans la substance du bec des canards , et se tei^inent d'une manière plus sensible dans les lamelles ou dentelures permanentes qui garnissent dans ces oiseaux tout le pourtour de l'organe, ttiiidis que les dentelures du bec du perroquet disparaissent "peu de temps après la naissance.

»M. Geoffroy dit à ce sujet quelques mots sur les véritables dents , et fait observer avec raison que les mâchelières de l'homme et de beaucoup d'autres mammifères ne diffèrent des dents dites composées que parceque ^leur couronne est formée sur des cônes pulpeux plus couits , plus gros et moins nombreux; et il cite des exemples où des dents ordinaire-

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ment simples se sont réunies par accident e^ une dent composée , et d'autres où beaucoup de germes pulpeut s^tant trouvés raj^prochëi^, ont produit des coupes de dents tout-à-fait monstrueux* »

(Voyez page 7.) Des pontes de perroquet y communes en France depuis iSiB.

Depuis que nos communications s^ l'étranger ont été rétablies par la mer , il nous est parvenu un grand nombre de perroquets. Ils proviennent, comme on sait, des contrées les plus chaudes des deux continents ; aussi a-t-on été fort surpris en apprenant qu'ils s'acÇommodent toutefois de la température de nos climats , au point de s'y accoupler , d'y pondre et d'y amener à bien leurs couvées. On a d'abord pensé que ces événements tenaient à uno'^née rendue {dus favorable par une température plus^éche etplus élevée ; maïs c'est tous les ans que ces oiseaux, depuis 181 8 , continuent de perpétuer leur espèce : il a donc fiJlii en cliercher la cause ailleurs. • .

Il paraît que les succès qu'on a obtenus dépendent de l'attention qu'on a eue de procurer à ces perroquets une retraité obscure , tantôt une grosse bûche creusée dans sa longueur , talitôt un baril, et quelquefois aus^i une seconde cage p^faitement close. On ne laisse à ces retraites >qu'une seule issue, par laquelle les perroquets entrent et sortent.. Au moyen de ces seules précautions , les perroquets se trouvent aS^milés aux serins, sous le rapport de leurs pontes possibles en domesticité et dans nos pays.

C'est devenu aujourd'hui une nouvelle branche d'indus** trie , et nous rappellerons qu'on en est redevable à M. ISsnaut,

propriétaire à Caeii. Unlieureux hasard lui procura de premières données: il acheta en mars 1818 deux aras bleus, mâle et femelle, dont il ne put de suite s'occuper, et qu'il fit reléguer dans un appartement peu fréquenté; il fut quelques jours après informé que la femelle avait pondu deux œufs. Le mâle les couvait alternativement avec elle ; l'un des œufs se trouva fécond et donna un petit , que le froid fit périr presque aussitôt. Trois semaines après , nouvelle ponte de deux œufs produits à deux jours de distance ; une poule les couva , mais les petits qui furent formés furent trouvés morts dans leur coquille. Après d'autres essais plus ou moins infructueux , M. Ësnaut eut l'idée de donner à ses aras les moyens de nicher dans un abri obscur, et il plaça à cet effet dans leur cage unepctite barrique ouvertepour leur passage, et remplie dans un quart de sa capacité de sciure de bois ; depuis , les couvées se succédèrent rapidement et avec des succès qui surprirent. Dans l'espace de quatre ans , les aras de Gaen ont pondu soixante-doux œufs; vingt-cinq petits en provinrent, dont on envoya des colonies à Amiens et à Paris. La colonie placée à Paris chez M. Éordes , administrateur de l'enregistrement, prospère, et donne à son tour des petits. Ces détails, et d'autres faits curieux sur les mœurs des aras de Gaen, ont été communiqués au public , en 1820, par M. Lamouroux , dans un petit écrit tiré à fort peu d'exemplaires.

Ces faits de reproduction ne concernent pas uniquement les aras : c'est général pour tous les perroquets. Le lori tricolor {psitt, lori) a pondu à Bordeaux chez M. Dussumier- Fombrune , négociant de cette ville, et naturaliste aussi zélé qu'instruit; naturaliste non moins remarquable par son noble et patriotique désintéressement , puisqu'il préfère aux intérêts de son cabinet ceux du cabinet du Roi, où il a deux fois déposé les objets uniques rapportés de ses voyages.

La perruche sincialo {psitt, rujirostris) produit aussi à

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Paris, chez M. Alphonse deFelti*e, Tundes fils de M. le maréchal duc de Feltre : cette perruche est en ce moment occupée de sa quatrième ponte.

Une autre perruche , la pavouane {psitt, guyanensis ) , a également plusieurs fois donné des petits à Paris , chez M. le marquis de Gabriàc. La femelle a plusieurs fois pondu quatre œufs, toujours régulièrement de deux jours l'un -, elle les a couvés de suite, et, chaque œuf, durant vingt-trois jours. M. de Gabriac a publié une notice sur les pontes de ses perroquets ; elle a été insérée dans la collection des Mémoires du Muséum d'histoire naturelle , tome X , page Soq.

Enfin^ j'ai dit plus haut , page 6 , comment des fœtus de la perruche d'Alexandre ou perruche à collier , nés à Paris en 1821 , m'avaient mis sur la voie de cet ouvrage , en me donnant de premiers éléments pour la recherche d'un appareil dentaire chez les oiseaux.

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