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Nous sommes disposé à approuver toutes les- Intérieure, modérations , toutes les suppressions de droits et tous les rachats de concessions particulières qui dégrèveraient les transports sur nos fleuves , nos ponts et nos canaux, et qui favoriseraient ainsi des relations commerciales toujours productives , pour lesquelles nous faisons chaque année de grands sacrifices trop souvent menacés / de stérilité par les exigences d'une fiscalité impré- ) voyante.
Nous sommes en outre convaincu qu'il importe Extérieure, beaucoup à un pays qui occupe plus de 500 lieues > v décotes habitées par une population nombreuse, active et créée pour la mer, de protéger l'existence et de seconder le développement de sa navigation extérieure, par des droits différentiels assez habi- v/^ lement calculés pour maintenir la bonne harmonie de nos rapports avec les autres puissances maritimes. Cette assistance est d'autant plus nécessaire à nos armateurs que les frais de leurs équipages sont plus élevés que ceux des navires étrangers , en raison des habitudes plus douces et des précautions sanitaires toujours plus humaines , depuis qu elles ont été introduites dans la marine française
par la grandeur de Louis XIV. Nous éprouvons d'ailleurs une pénurie de matelots dont la concurrence commerciale rend chaque jour les conséquences plus onéreuses et qui menace à la fois l'avenir de notre navigation marchande et celui de notre puissance navale. Nous croyons donc que la prévoyance du Gouvernement doit être encouragée à continuer ses essais pour fortifier l'effectif de nos flottes, et à répandre dans nos ports, et peut-être même à l'intérieur, ces écoles préparatoires d'élèves qui pourraient suppléer à l'insuffisance des classes , et adoucir un ancien mode de recrutement difficile à défendre contre
\ l'influence de nos mœurs et de nos institutions 'nouvelles.
V / Nos conventions avec l'Angleterre et les États- ( Unis, établies d'après le principe d'une exacte réciprocité, ont déjà fort affaibli la part commerciale de notre pavillon , pour obéir à des nécessités politiques ou à des intérêts industriels qui exigeaient sans doute le sacrifice de ces conces- Jsions. Le mouvement de notre cabotage a été aussi considérablement diminué par les facilités accordées à l'importation de la houille étrangère; les progrès du sucre de betterave ont porté l'atteinte la plus grave à l'activité de notre naviga-
tion de long cours dans toutes les parties du monde et surtout a\e(^ nos colonies : il devient donc chaque jour plus nécessaire de ne point abandonner et même de fortifier autant que possible les faibles avantages qui restent encore à nos vaisseaux marchands. Il ne faut pas oublier que nos échanges avec les parages les plus éloignés sont , en général , très-utiles à notre i industrie qui y porte plutôt ses produits que sonj argent.
Cependant, si nous croyons juste et conforme"? à l'intérêt public de défendre le travail du littoral par des droits protecteurs , nous serions inconséquent à nos principes en cédant aux réclamations aveugles par lesquelles certains ports voudraient enlever aux fabriques nationales qui les emploient des secours de tarif qu'ils obtiennent pour euxmêmes. Nous ne pouvons pas surtout adopter la doctrine qui prétend que la quantité des achats à l'étranger réglerait celle de la vente sur les marchés ouverts à toutes les nations. Ce serait fonder sur une grave erreur la préférence de l'acheteur, qui n'a d'autres motifs pour fixer ses choix que le bas prix réuni à la supériorité des marchandises; car chacun n'ayant à s'occuper que de l'intérêt qui lui est personnel, ne les prend jamais que