PRINCIPES ET FORMES DU REMBOURSEMENT OU DE LA CONVERSION DES RENTES
Nous nous proposons de ne traiter à ce sujet que des questions générales qui ne paraissent pas épuisées par les discussions précédentes.
La première condition d'une opération de cette nature est de se montrer assez simple, assez claire pour être facilement comprise par tous les intérêts , et pour mettre la loyauté de l'administration a l'abri de tout soupçon de surprise et d'iniquité. Le pouvoir doit surtout éviter les apparences de la violence ou de la ruse pour l'exécution d'une entreprise dont le succès est tout entier dans la confiance et dans la résignation de son créancier à l'évidence d'un droit rigoureux. Toute combinaison aléatoire, qui ne s'expliquerait qu'aux yeux exercés de l'agiotage , toute compensation entre le capital et les intérêts difficiles à saisir par l'inexpérience craintive de la plupart des rentiers, serait plus nuisible que profitable à l'État. Toute complication dans les formes, de nature à tromper les calculs du sens le plus vulgaire , toute différence dans la manière de traiter les mêmes droits.
briserait pour toujours les anciennes transactions et ne permettrait pas de former les liens d'un contrat plus avantageux.
Ainsi , la droiture de l'administration doit lui défendre d'adopter tout système qui ne se réduirait pas à l'échange pur et simple d'un intérêt trop élevé contre une rente inférieure, en évitant l'accroissement du capital , et qui n'aurait pas d'autre but que de constater, par une offre aussi équitable que sérieuse, la valeur réelle, sur le marché, de l'efFet public temporairement comprimé audessous de son cours véritable. Elle doit donc s'adresser, en même temps et avec les mêmes propositions , à tous les porteurs de 5 pour 1 00 , pour consommer en une seule fois ce grand acte de justice nationale, qui s'accomplira sans eiFort si la conscience publique a fixé d'avance le moment de son exécution et le prix du sacrifice qu'il impose.