‹ Système financier de la FranceChapitre 2 sur 84 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

et les saines doclrines de l'administration et de la science économique, dont j'étais alors, comme aujourd'hui, le disciple et le défenseur.

Je reprends donc ma préface dans les circonstances et dans les termes où elle a été écrite pour la première fois.

Pendant les moments de loisir que m'ont procurés mes vacances judiciaires de 1839, j'ai présenté la situation des revenus publics de la France ; j'ai soumis le résumé de leur législation, la discussion de leurs tarifs et l'analyse de leurs résultats à l'appréciation des hommes qui cherchent la prospérité de leur pays dans l'étude sérieuse de ses intérêts positifs bien plus que dans les combinaisons spéculatives d'une politique presque toujours empreinte des couleurs variables et trompeuses de l'esprit de parti. Ce rapide exposé n'a point fatigué l'attention par des développements qui eussent été superflus pour l'expérience des administrateurs et décourageants pour la patience des lecteurs étrangers aux finances ; mais les détails qu'il contient ont suffi pour mieux faire connaître les différentes branches des produits du Trésor, pour en manifester plus clairement les avantages, pour en indiquer les imperfections et pour provoquer des améliorations depuis longtemps élaborées.

L'accueil bienveillant qui a été fait à cet écrit, inspiré par le sentiment du bien public, m'a engagé à le reproduire avec quelques additions et à compléter, pendant mes vacances de 1840, le tableau général de notre organisation financière, en rattachant, à cette première partie, trois nouveaux livres qui traitent successivement du crédit de VÊtat, de sa dette et de ses moyens de libération ; de la circulation des valeurs de la richesse publique ; enfin de la comptabilité publique.

Ces notions supplémentaires ont été puisées dans des do-

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PBËFACE. VII

cuments antérieurs qui ont déjà . obtenu l'assentiment de beaucoup d'esprits sérieui , et que j'avais préparés , à diverses époques , pour le gouvernement et pour la tribune législative. L'isolement et l'usage éphémère de ces matériaux de discours et de rapports administratifs n'avaient pas permis de suivre la liaison des idées ni d'en vérifier avec maturité toutes les conséquences ; j'ai donc pensé qu'il pourrait être utile de former de ces divers éléments un ensemble de travail, afin d'expliquer plus clairement les rouages variés du mécanisme financier de la France.

Les théories dangereuses qui séduisent la bonne foi et qui trompent le patriotisme sont ordinairement les fruits d'une ignorance présomptueuse et plus souvent encore d'une instruction superficielle qui égarent le maître et les disciples : il est alors du devoir de ceux qui ont acquis une longue expérience des faits par une pratique personnelle et par une observation positive , de chercher et de montrer la vérité telle qu'elle s'est révélée aux efforts de leur laborieuse carrière. Cette obligation est devenue désormais d'autant plus impérieuse que les emplois de toute nature ont été menacés en France de l'envahissement des influences politiques, et que, sous le prétexte d'imiter l'Angleterre, quoique l'exemple soit mal choisi au moment où elle n'accorde plus qu'un très-petit nombre de sinécures aux partisans du ministère, nous avons vu livrer les postes les plus difficiles, de tous les degrés et dans tous les services, aux prétentions les plus téméraires et les plus abusives. Cette sorte de dilapidation des fonctions publiques expose le gouvernement aux erreurs, et aux innovations de l'inexpérience ; il est donc indispensable de placer, autant que possible, les oeuvres du temps et du savoir, sous la protection de l'opinion du pays, par des explications claires et fidèles sur la belle organisation admi-

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