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DIS ESPÈCES METALLIQUES ET DES VALEURS DE CREDIT

L'industrie particulière , stimulée par les besoins croissants de la société, a créé successivement les moyens les plus habiles, les plus prompts et les plus économiques pour assurer l'activité, le développement et la solidité des transactions commerciales.

La puissance nouvelle du crédit, conquise par la civilisation, a donné l'essor aux rapides agents de la circulation de la fortune des peuples.

Aussi longtemps que l'arbitraire et la violence ont opprimé tous les intérêls, que le caprice et la force

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brutale ont asservi les populations aux exigences d'un pouvoir despotiquement armé pour le privilège de quelques-uns et contre les droits du grand nombre, enfin, pendant la durée des siècles soumis à la volonté du plus redoutable et au régime absolu des grands ou des petits souverains, les gouvernements, ni les citoyens ne pouvaient ni puiser, ni répandre la richesse nationale, en s' adressant aux sources de la confiance privée et de la foi publique.

L'arme du maître ou du chef militaire était la seule garantie sérieuse de toute existence civile et politique, de la jouissance d'une liberté précaire et de la possession toujours menacée de la propriété commune ou individuelle. La base la plus solide de l'ancien édifice social reposait uniquement sur ta défense matérielle.

Aussi la profession de l'homme de guerre s'est élevée jusqu'à notre époque au-dessus de toutes les autres par t'influence d'un protectorat belligérant qui a trop souvent imposé de très-dures conditions aux différentes classes de la société, et qui n'accordait qu'une dédaigneuse assistance et qu'un rang subalterne aux sciences, aux lettres, aux arts, à l'industrie, à la magistrature elle-même, lorsque l'épée du soldat ne servait pas de balance à la justice.

C'était par des exactions ou par des déprédations iniques et ruineuses, que les peuples anciens et, à leur exemple, les nations modernes, se procuraient les subsides extraordinaires que réclamaient la guerre, les discordes intérieures ou les autres besoins excessifs et imprévus ; la voie des emprunts ne s'ouvrait, pour de tels contractants, que sur des gages matériels ou sur la délégation, à vil prix, de biens et de revenus dont la

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Talent-, quoique bien plus considérable, que celle des prêts obtenus, était •néanmoins très-bornée et très-difficile à réaliser.

Le supérieur exerçait habituellement des droits sans limites sur la fortune et mème«ur la personne de l'inférieur; il suffisait au puissant de1 dépouiller te faible de quelques jouissances éphémères pour s'enrichir aux dépens de -sa misère; et s'il lui concédait quelquefois des aTances, il se réservait ordinairement la faculté' de s'«mparèr des biens et de la liberté de son infortuné débi-^ teur, par les stipulations léonines du droit ancien ou des coutumes féodales.

Le commerce, qui crée les capitaux les plus fertiles et qui développe la richesse mobilière des classes laborieuses, était frappé d'une réprobation générale. Il rencontrait partout des entraves, des rançons, des extorsions et des avanies. L'indépendance et ta sécurité lui étaient entièrement refusées : 'on le dépouillait par des rapines, on le flétrissait par des affronts. Mercure, qui lui a longtemps service- symbole, était aussi le dieu' des voleurs.1 ■ Le pouvoir, aveuglé' comme l'opinion publique, lui retirait toute distinction honorifique,' tout privilège nobiliaire, et l'abandonnait sans secours au mépris et à la persécution. Sa déconsidération l'avait fait tomber dans les mains des juifs, qui le défendaient par la ruse et par la mauvaise foi, contre l'injure et contre le pillage.

Cependant, à travers les invasions' armées dés conquérants barbares ou prétendus civilisés, comme au milieu des déchirements intérieurs' de l'anarchie politique ou du fanatisme religieux, la nécessité de satisfaire aux besoins croissants des nations successivement constituées, a multiplié lès échanges et inspiré les premiers

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moyens de crédit, destinés à réparer l'insuffisance du troc pur et simple des marchandises, par l'ingénieuse interposition de valeurs représentatives d'un usage aussi prompt que facile. C'est ainsi que les monnaies se sont introduites dans les transactions des peuples, d'abord sous la forme grossière de cailloux, de morceaux de cuir et d'autres matières brutes indiquées par ta nature, et ensuite, sous des modules perfectionnés par l'art de la numismatique, en métaux de cuivre, d'argent et d'or, dont le prix réel et intrinsèque offrait, à peu près l'équivalent des objets vendus et achetés.

Toutefois la faveur si justement accordée à la rapidité et à la régularité de ces procédés faciles d'un commerce encore limité , a été souvent compromise par les altérations frauduleuses du titre et du poids des espèces. On doit surtout regretter que les autorités, chargées de donner à leur exactitude la garantie du sceau de la souveraineté, en aient elles-mêmes discrédité le cours par des falsifications qui trahissaient la confiance des peuples, et qui frustraient en même temps l'ignorante cupidité des gouvernements, obligés de les recevoir pour une valeur fictivement exagérée, en payement des impôts, et de les appliquer, avec leur inévitable dépréciation, à l'acquittement des charges publiques.

Au fur et à mesure que les routes sont devenues praticables et sûres, que les cours d'eau ont été rendus navigables, que la voie universelle de la mer s'est ouverte à l'audace et aux entreprises des flottes militaires et marchandes, que les mœurs se sont policées, et que des communications toujours plus actives et plus étendues ont mis en contact perpétuel les intérêts de toutes les parties du monde, les sentiments et les formes de la confiance

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ont remplacé les précautions inquiètes de la faiblesse et les exigences exorbitantes de la force, les espèces métalliques ont dû restreindre leur office habituel aux transactions locales désignées sous le titre d'opérations au comptant. Les promesses écrites, les engagements personnels, ont été habilement substitués aux valeurs matérielles, partout où le transport et le maniement de ces monnaies, trop lourdes et trop encombrantes, auraient imposé des embarras, des délais et des frais considérables au génie du commerce qui n'admet ni entrave, ni retard, ni sacrifice inutile.

Les cultivateurs, les manufacturiers, les marchands et toutes les classes ouvrières ont appliqué individuellement ces moyens d'échange an progrès de leur fortune; mais ils ont surtout été mis en œuvre au profit des capitalistes par des entreprises particulières, connues sous la désignation de maisons de banque, qui se sont établies dans les différents centres de population et de commerce, comme des agents intermédiaires entre le producteur, le vendeur et le consommateur.

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