DES BANQUES PUBLIQUES
Une politique plus habile a fondé aussi des banques publiques de dépôt , d'escompte et de circulation , et a conseillé , dans cette vue féconde pour le crédit, d'accorder aux principaux négociants des villes opulentes et industrieuses, le privilège d'associer leurs capitaux pour en former une garantie matérielle et permanente , de
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recevoir des valeurs de toute nature en dépôt, d'ouvrir des comptes courants à leurs propriétaires , d'opérer à présentation, l'escompte du papier de commerce, enfin, de battre une monnaie courante, en mettant en circulation des billets payables à vue et au porteur. La plupart de ces institutions nationales réunissent ordinairement les diverses attributions que nous venons d'énumérer : ce n'est plus désormais que par une exception très-rare que quelques-unes d'entre elles se bornent à échanger des lingots d'or et d'argent , faciles à convertir en espèces, ou des effets publics d'une réalisation prompte et certaine , contre les ressources immédiatement disponibles d'un compte courant sans intérêts.
Mais , nous le répétons , les banques modernes ne se réduisent plus à remplacer l'onéreuse lenteur des mouvements des métaux précieux, par un trait de plume au crédit et au débit d'un compte courant, ni à convertir des matières inertes et stériles en valeurs circulantes et productives ; ces établissements, partout agrandis par te développement naturel des besoins du commerce, émettent un papier-monnaie qui remplace le numéraire, et qui multiplie les échanges au comptant dans la sphère plus ou moins étendue de leur crédit local.
Ce crédit repose, ainsi que nous venons de le rappeler, sur la responsabilité d'une association de négociants riches et bien famés, sur le capital versé par des actionnaires, sur une part réservée des bénéfices réalisés, et sur un encaisse en valeurs métalliques , qui représente en général le tiers des billets émis. Cette provision est destinée à mettre les banques publiques constamment en mesure de satisfaire sans délai à toutes les demandes d'échange de leurs billets contre des espèces : un seul
instant de suspension ou même d'hésitation marque le terme de l'existence bien plus morale que matérielle de ces institutions spéciales.
Leur principal office consiste à faciliter les échanges et à réalisée par anticipation, dans les mains laborieuses de l'industrie , les ressources qui entretiennent et qui développent la fertilité de ses créations. Elles servent plutôt d'agents intermédiaires à la production, par l'application qu'elles donnent aux capitaux inactifs, qu'elles n'accroissent le montant réel de ces capitaux par des émissions de valeurs représentatives. Aussi les banques de dépôts, qui se bornent à économiser les frais et les retards du maniement des espèces, et à accélérer le mouveulent des transactions, ont-elles donné longtemps des secours toujours utiles aux places les plus commerçantes et les plus sûres de l'Europe, telles qu'Amsterdam, Hambourg, Gênes et Venise. . .
Tous les avantages , toutes les espérances de ces institutions de crédit s'évanouissent sans la sécurité, qui est la condition indispensable de leur avenir.