‹ Système nerveux et régénération chez le TritonChapitre 9 sur 26 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Lorsqu’en décembre 1920, Monsieur le Professeur Guyénot m’engagea à entreprendre une révision de la question de l’influence du système nerveux sur la régénération des membres de Tritons, il s’agissait alors, dans mon esprit, d’une simple mise au point qui devait résoudre, dans un sens ou dans l’autre, la controverse existant entre partisans et adversaires d’une action spécifique des nerfs sur la régénération.

La recherche, entreprise d’emblée sur la base d’un très nombreux matériel, m’a aussitôt révélé qu’il ne pouvait être question d’une mise au point, mais que tout restait à faire. Contrairement aux apparences, en effet, la controverse entre Goldfarb et Walter n’avait pas reçu de solution définitive. Malgré l’erreur commise par Goldfarb, ce savant avait formulé des objections d’une valeur indiscutable, basées, en partie, sur des faits soulevant des difficultés auxquelles personne n’avait donné de réponse satisfaisante. Aussi toute la question s’est-elle présentée à l’esprit des savants les plus autorisés comme non résolue.

La lecture des travaux de mes devanciers et mes premiers résultats m’ont fait comprendre qu’il ne suffisait pas de refaire sur un grand nombre d’individus les expériences des premiers auteurs. Tout pénétré de la valeur des objections de Goldfarb, j’ai repris l’étude de la question sur des bases nouvelles et j’ai essayé de donner une véritable démonstration de l’action exercée par le système nerveux sur la régénération. Sachant qu’un résultat expérimental n’est pas nécessairement une réponse spécifique à l’intervention opératoire, je me suis entouré de garanties multiples. Mais si je pouvais ainsi espérer obtenir une solution définitive du problème, ce dernier, en apparence fgrt simple, s’est révélé très complexe.

La démonstration de l’action du système nerveux, considéré dans son ensemble, sur la régénération des membres impliquait, comme corollaire, la résolution du problème de l’action des nerfs mixtes sur la réalisation de la forme du régénérât, c’est-à-dire de leur action morphogène. L’importance de cette question et les nombreuses expériences entreprises pour sa solution m’obligeront à lui

O. SCIIOTTE

consacrer un mémoire spécial, tandis que dans la présente publication le problème sera simplement posé.

Ce mémoire représente une partie dume recherche qui est poursuivie depuis plus de 4 ans dans le Laboratoire de Zoologie et Anatomie comparée de TUniversité de Genève, sous la savante direction de Monsieur le Professeur Emile Guyénot.

Ce maître, qui a introduit à Genève les méthodes de la Biologie expérimentale moderne, n’a cessé d’exercer sur la formation de mon esprit scientifique la plus heureuse des influences. Je voudrais insister sur le fait que si ce travail a abouti à des résultats satisfaisants, je le dois surtout à ses conseils et à la rigueur de sa méthode expérimentale.

Je ne saurais non plus oublier le très grand honneur qu’il m’a fait, lorsque, dans les circonstances les plus tragiques de ma vie, il a bien voulu m’accueillir dans son Laboratoire en qualité d’assistant.

Les remerciements que l’on prodigue habituellement en pareilles circonstances ne sauraient, dans mon cas, qu’imparfaitement traduire tous les sentiments de gratitude et d’affection que j’éprouve à l’égard de mon Maître, dont je suis heureux de subir encore l’influence si exceptionnellement féconde.

Je dois des sincères remerciements également à mes camarades les Docteurs André Naville et k Ponse qui m’ont souvent aidé de leurs conseils éclairés.

Page 1