‹ Système pénitentiaire aux États-Unis et de son application en France; suivi d'un appendice sur les colonies pénales, et de notes statistiquesChapitre 76 sur 142 · TROISIEME PARTIE, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE, CHAPITRE I

II ne faut donc pas s'étonner si l'entretien des maisons de refage coûte plus cher que celui des autres établissements pénitentiaires. D'une part, les jeunes détenus sont mieux nourris, mieux vêtus que les condamnés pour crimes, et l'on faitplusdefrais pour leur instruction; et, d'un autre côté, leur travail ne rapporte point autant que celui des criminels qui sont envoyés pour un long temps dans les prisons. Ainsi qu'on le verra bientôt, le jeune détenu sort de l'établissement dès qu'il peut être avantageusement placé ailleurs. On le met donc en liberté dès qu'il sait un métier, c'est-à-dire à l'instant où son travail commence à produire quelque chose pour rétablissement.

L'administration des maisons de refuge aux États-Unis est presque entièrement en régie ; on pense avec raison que le système de l'entreprise, appliqué à toutes les branches de l'administration, serait inconciliable avec la direction morale que l'établissement doit recevoir.

Quoiqu'on somme l'entretien des jeunes détenus soit dispendieux, tout semble combiné de manière à éviter les frais. Les maisons de refuge contiennent tout à la fois des garçons et des filles, qui, quoique réunis sous le même toit, sont parfaitement séparés. Mais cette proximité permet de confier aux fillesbeaucoupde travaux qui, faits par d'autres, seraient à la charge de la maison. C'est ainsi qu'elles lavent le linge, raccommodent les effets, et confectionnenlla plupart des vêtements qui sont portés par les garçons ou par elles-mêmes; elles font aussi la cuisine de toute la maison ; de cette manière, non-seulement on évite des dépenses pour l'établissement, mais encore on occupe utilement de jeunes filles dont il serait difficile de tirer d'une autre manière un travail productif.

Cet ordre de choses est établi et maintenu à l'aide de moyens disciplinaires que nous devons examiner. Deux influences sont employées : les peines et les récompenses. Mais, dans l'application de ce principe, il faut distinguer entre les

tériel ; celui des enfants ne le touche pas. Aussi ne songe-t-il qu'à lirer de leur travail le plus d'argent possible. Comme un métier est long à apprendre, il se donne rarement la peine de l'enseigner aux enfants : il aime mieux les occuper à de certains travaux manuels qui ne nécessitent ni adresse ni hahilelé, tels que le cartonnage, l'agraferie, etc., etc. Ces travaux, productifs pour lui, ne sont d'aucune utilité pour les enfants, qui, en sortant de lamaison, n'auront l)oint de profession à exercer.

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maisons de refuge de New-York et Philadelphie, et celle de Boston.

Dans les deux premiers établissements, les châtiments infligés aux enfants qui contreviennent à la discipline sont :

1° La privation de récréation ;

2" La réclusion solitaire dans une cellule;

3° La réduction de nourriture au pain et à l'eau ;

¥ Et, dans les cas graves, les châtiments corporels, c'est-îidire les coups de fouet.

A New-York, le règlement autorise expressément l'application des coups. Celui de Philadelphie, n'osant pas le permettre expressément, se borne à ne pas le défendre : la distribution des peines appartient au surintendant, qui dans l'établissement jouit d'un pouvoir discrétionnaire.

Pendant que les jeunes détenus indociles sont soumis à ces divers châtiments, selon la gravité de leur faute, des distinctions honorifiques sont accordées aux enfants dont la condiiite a été bonne. Outre l'honneur d'appartenir aux premières classes, ceux qui se distinguent parmi les autres portent une marque d'honneur, qui les fait reconnaître entre tous; enfin le surintendant désigne parmi les meilleurs sujets un certain nombre de moniteurs, auxquels il confie une partie de la surveillance dont il est chargé lui-même : et ce témoignage de confiance est pour ceux qu'il a choisis une distinction à laquelle les élus attachent un grand prix.

A Boston, les châtiments corporels sont exclus de la maison de refuge; la discipline de cet établissement est toute morale, et repose sur des principes qui appartiennent à la plus haute philosophie.

Tout tend à y relever l'âme des jeunes détenus, et à les rendre jaloux de leur propre estime et de celle de leurs semblables : pour y parvenir, on feint de les traiter comme des hommes et comme les membres d'une société libre.

Nous envisageons cette théorie sous le point de vue de la discipline, parce qu'il nous a semblé que la haute opinion qu'on inspire à l'enfant de sa moralité et de sa condition sociale est non-seulement propre à opérer sa réforme, mais encore est le moyen le plus habile pour obtenir de lui une entière soumission.

C'est d'abord un principe bien établi dans la maison, que

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