‹ Système pénitentiaire aux États-Unis et de son application en France; suivi d'un appendice sur les colonies pénales, et de notes statistiquesChapitre 9 sur 142 · I.XDICATION DES PIÈCES JUSTIFICATIVES · texte numérisé non relu

I.XDICATION DES PIÈCES JUSTIFICATIVES

SIXIÈME YOLUME.

Maison de refuge {New-York).

i" Discours d'ouverture pour la maison de refuge de New-York (1826), 2° Rapport de 1827 sur la maison de refuge.

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8° Règlement de la maison de refuge de New- York , et appel aux habitants de New- York par la commission des prisons, à Teffel d'obtenir des secours de charité.

Philadelphie et Boston.

0 " Appel dds directeurs de la maison de refuge de Philadelphie , à l'effet

d'obtenir des fonds (1826).

10° Discours prononcé par JI. J. Sergeant pour l'ouverture de la maison de

refuge de Philadelphie.

11" Nouvel appel des directeurs de la maison de refuge à leurs concitoyens

\2° l^r rapport sur la maison de refuge de Philadelphie (1829). 13° 2"= rapport id. (1830).

14" 3« rapport id. (1831).

15° Règlemeut de la maison de refuge de Boston (1830). 16° Rapport de la commission chargée de rétablissement d'une maison de

refuge à Baltimore.

17° Modèle d'un contrat d'apprentissage pour les jeunes délinquants de Phi-

ladeidhie.

18° Enquête sur la maison de refuge de New- York.

19" Divers documents, au nombre de sept, sur la maison de refuge de New- York.

Le tout composant cent vingt-sept articles qui, classés, ainsi qu'il est dit cidessus, dans 6 volumes in-folio, ont été déposés, par I\I. le ministre du commerce et des travaux publics, dans les archives du ministère.

Le maître des requêtes , secrétaire-général du ministère du commerce et des travaux publics, reconnaît avoir reçu de MM. de Beaumont et de Tocque- \ille les volumes ci-dessus désignés, qui ont été déposés aux archives du ministère, section de la bibliothèque.

Le mailre des requêtes , secrétaire-général, Sig7ié : I:dMO>D BLAXC.

AVANT-PROPOS

La société éprouve de notre temps un malaise qui nous paraît tenir à deux causes :

L'une, toute morale; il y a dans les intelligences une activité qui ne sait où se dépenser , dans les esprits une énergie à laquelle il manque un aliment, et qui dévore la société, faute d'autre proie.

L'autre toute matérielle; c'est la gène de la population ouvrière qui manque de travail et de pain, et dont la corruption, commencée dans la détresse, va s'achever dans la prison.

Le premier mal tient à la richesse intellectuelle de la population ; la seconde, à la misère des classes pauvres.

Comment fermer la première de ces plaies? Son remède parait dépendre plus des circonstances que des hommes. A l'égard de la seconde, plus d'un effort a déjà été tenté pour la guérir ; mais on ne sait point encore si le succès était possible.

Telle est l'insuffisance des institutions humaines, qu'un voit sortir de funestes conséquences des établissements dont la théorie ne promet que d'heureux effets.

En Angleterre, on a cru tarir la source du crime et de la misère en donnant à tous les malheureux du travail ou de l'argent ; et l'on voit s'accroître chaque jour dans ce pays le nombre des pauvres et celui des criminels.

Il n'est pas une institution philanthropique dont Tabus ne touche à l'usage.

82 AYANT-PROPOS

L'aumône la mieux adressée fait naître de fausses misères, et tout secours offert à un enfant délaissé en fait abandonner d'autres. Plus on regarde ce triste spectacle donné par la bienfaisance publique combattant sans succès les souffrances humaines, plus on reconnaît qu'il y a des maux contre lesquels il est généreux de lutter, mais que nos vieilles sociétés semblent impuissantes pour guérir.

Cependant la plaie existe, apparente à tous les yeux. Il y a en France deux millions de pauvres, et quarante mille condamnés libérés, sortis des bagnes ou des autres prisons (1).

Effrayée d'un mal aussi menaçant, l'opifiion publique en demande le remède au gouvernement, qui ne le guérit point, peut-être parce qu'il le juge incurable.

Cependant, s'il est vrai que ce vice social ne puisse être extirpé, il paraît également certain qu'il existe des circonstances qui contribuent à l'aggraver, et des institutions dont l'influence le rend moins funeste.

Diverses voix s'élèvent en ce moment pour indiquer au gouvernement la marche qu'il doit suivre.

Les uns demandent l'établissement des colonies agricoles dans les parties encore incultes du sol français, sur lesquelles on utiliserait les bras des condamnés et des pauvres.

Ce système, qui obtient un grand succès en Hollande, est digne de fixer l'attention des hommes politiques (2).

Il en est d'autres qui, frappés surtout du danger que présentent pour la société les condamnés libérés, dont la corruption s'est accrue dans la prison, pensent qu'on remédierait à une grande partie du mal, si , pendant la détention des criminels, on les soumettait à un système pénitentiaire qui, au lieu de les dépraver davantage, les rendît meilleurs.

(1) V. Des Colonies agricoles, par M. Huerne de Pommeuse ; Tableaux statisticjues à la fin du volume.

(2] Voyez l'ouvrage indiqué dans la note précédente.

AVANT-PROPOS. 83

Persuadés que la réforme ^morale du criminel est impossible, et que sa présence dans la société est un danger toujours imminent, quelques écrivains, dont l'un vient d'être couronné par l'Académie française, voudraient que tous les malfaiteurs fussent déportés hors de France (1).

Au milieu de ce choc d'opinions diverses dont quelquesunes ne seraient pas inconciliables entre elles, il nous a semblé qu'il pouvait être utile d'introduire dans la discussion quelques documents authentiques sur l'un des points importants qui sont en litige.

Telle a été l'origine du voyage que nous avons entrepris sous les auspices du gouvernement français.

Chargés de faire une enquête aux États-Unis sur les principes théoriques et pratiques du système pénitentiaire, nous avons accompli cette mission ; le gouvernement a reçu notre rapport (2) ; maintenant c'est au pays que nous devons rendre compte de nos travaux.

Si nos recherches sont jugées utiles, nous le devrons surtout à la généreuse hospitalité que nous avons reçue aux États-Unis. Partout dans ce pays les établissements de tous genres nous ont été ouverts, et tous les renseignements fournis avec un empressement dont nous avons été vivement touchés.

On a compris en Amérique l'importance de notre enquête; et les fonctionnaires publics de l'ordre le plus élevé, comme les hommes voués à la vie privée, se sont efforcés à l'envi de nous en faciliter l'accomplissement.

(1) M. Ernest de Blosseville, auteur de rHistoire des Colonies pénales dans l'Australie. Paris, 1S31. Le système de la déportation , auquel l'opinion publique en France semble a.-bez généralement favorable, nous paraît emironnc de dangers et d'obstacles. Voyez Appendice sur les Colonies pénales.

(2) Ce Rapport a été remis à M. le Ministre du commerce et des travaux publics. M. le comte d'Argout l'a accueilli avec un intérêt dont les auteurs doivent lui témoigner ici leur gratitude.

84 AYANT-PROPOS

Nous n'avons eu aucun moyen de reconnaître tant de bienveillance. Mais si ce livre doit, par la publicité, parvenir jusqu'en Amérique, nous sommes heureux de penser que les habitants des États-Unis trouveront ici une faible expression de notre profonde reconnaissance.

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