‹ Systême silurien du centre de la Bohême (volume 4)Chapitre 14 sur 160 · SIRS · texte numérisé non relu

SIRS

SRE

Fig. 40. Sinuites reticulatus. Perner.

Osek, D—d1;.

Refiguré d’après l'original de Barr.

mal représenté sur la PI. 86, fig. 33—54.

a) Empreinte négative du dos: stries d’accroissement distinctes ; grossie 2 fois.

b) id grosst de la sculpture, 6 fois.

La coquille est fortement involute, souvent presque sphérique, à dos large, convexe ou aplati, dépourvue de vraie bande dorsale (Schlitzband). Le dos porte des dépressions de chaque côté de la ligne médiane, qui saille souvent en forme de bande. Près de la bouche se trouve une échancrure

large et anguleuse.

Type: Pucaniella trilobata, (Conrad) Hall.

Pour ce qui concerne les affinités, distribution, etc., consulter les auteurs suivants: Meek. — Proceed. Amer. Fhilos. Soc. Philadelphia. 1870, p. 126. Koken. — ÆEntwickelung d. Gastrop. 1885. l. c. p. 890; idem. Leitfossilien. 1897, p. 392.

Ulrich & Scofield ; {. c. p. 848 et 876.

J. M. Clarke. — The palacozoic faunas of Pard, Brazil. (Arch. do Mus. Nac. do Rio de Janeiro.

Vol. 10. 1899.) Edition angl. 1900, p. 36—37.

Les représentants du genre Bucaniella sont extrêmement rares dans le Silurien de la Bohême, ce qui est d'autant plus remarquable qu'ils sont, au contraire, très fréquents dans les autres contrées siluriennes. Ce fait est curieux et caractéristique pour la faune des Gastéropodes de la Bohême, où il n'existe de ce genre qu'une seule espèce, trouvée dans les bandes d2 et 45.

*) Ulrich et Scofield. The lower silur. Gastrop. of Minnesota. — I. c. p. 872. PI. XLIIT, fig. 1—14. **) Koken. Gastropoden d. baltischen Untersilurs. 1897. — 1. c. p. 120.

Bucaniella bohemica. Perner.

PI. 86, fig. 40—42, et fig. 41 dans le texte.

Bigsby. (Barrande.) Thesaurus silurieus p. 167. Bellerophon trilobatus.

Coquille très petite, comprimée, d’un diamètre de 4 à 5"*. Dernier tour, à croissance lente. Dos élevé, presque caréné, bombé, portant de fortes dépressions latérales. Ombilic large; ses bords latéraux sont obtus et étirés en forme d'ailes.

L'original de Barrande provient des quartzites de Drabov, bande d 2. C’est un moule interne, qui semble légèrement comprimé. C’est pour cette raison que son bombement diffère de celui de notre spécimen, ] qui n’a subi aucune compression. Ce dernier représente un moule interne transformé en pyrite, et a été recueilli dans les schistes argileux de la bande d 5. Nous le figurons dans le texte; il ne montre ni stries de croissance ni côtes en spirale. Néanmoins nous | Ge ; ; n'avons pu identifier cette espèce avec aucune autre l'# ‘l Bucaniella nue PERTE forme de Bucaniella. Le bombement très élevé du ; : LE dos, sa forme presque carénée, rappelant le genre + e UNS Tetranota, l’exiguité de la coquille sont autant de PRÉ OO EU LT particularités qui distinguent notre espece de toutes les autres. L’exemplaire de Lejskov, d5, diffère un peu de l’exemplaire de Barrande, d2, par la proportion de la hauteur du dos au diamètre de la coquille, et par ses bords latéraux arrondis et fortement bombés. Mais comme les deux spécimens que l’on connaît sont mal conservés, on ne saurait rien décider de positif sur l'identité de cette espèce, qui rappelle beaucoup quelques espèces décrites (sans figures) par Koken. (Gastrop. d. balt. Untersilurs. 1897, p. 124—129.)

Gist et local. Bande d2, Drabov: bande d5, Lejskov.

Genre Sinuitopsis. Perner.

Caractères.

Coquille tout à fait symétrique, discoïde, avec 2 à 3 spires qui se touchent et se recouvrent en partie. Le dos du dernier tour, à croissance rapide, est arrondi sur l’exemplaire pourvu de son test; il est à arête vive, ou caréné, sur les moules internes. Section transverse du dernier tour, subquadrangulaire. Ombilic peu profond, partiellement recouvert d’une callosité. Bouche peu élargie. portant un sinus peu profond et arrondi. Bande dorsale nulle. Test épais, renforcé en quelques endroits.

Nous avons créé ce genre nouveau pour les formes de la Bohême qu'il n’est guère possible de ranger sans difficulté dans le genre Sinuites. Bien qu’elles se rapprochent de ce dernier, elles possèdent cependant, dans leur habitus, quelques caractères que l’on retrouve dans les genres Cyrtolites, Isospira et Temnodiseus. Le sinus de la bouche peu élargie et la direction de la sculpture offrent beaucoup d’analogie avec le genre Sénuites. En revanche, l’ombilic de grande étendue, surtout chez quelques jeunes spécimens, le mode d’enroulement des tours, la section subquadrangulaire du dernier, l’arête ombilicale, souvent saillante sur les moules internes, rappellent le genre Oyrtolites, et, en même temps, les espèces de Temnodiscus, dont le dos est arrondi. Les formes en question ne sauraient être, en aucun cas, associées au genre Cyrtolites, surtout si l’on ne

comprend dans ce genre que les formes qui répondent au type Cyrtolites ornatus, Conrad. Le test épais dans l’ombilic, les étranglements qui s’observent çà et là, principalement sur le dernier tour, près de l’orifice, le sinus de la bouche et les stries d’accroissement, dont le cours correspond à la forme de la bouche, sont autant de particularités qui s'opposent à l’association de ces spécimens au senre Cyrtolites ou Isospira.

D’après les indications de Koken, il peut arriver, chez Sinuites, que l’échancrure dorsale soit à peu près effacée, de sorte que le sinus peu étendu des formes de la Bohême,.comme p. ex. chez Sinuitopsis meglecta, Barr. sp. pourrait bien ne pas présenter assez d'importance pour autoriser la séparation de ces formes d'avec celles du genre Sinuites; mais l’enroulement lâche des tours et la présence de l’ombilic nous paraissent fournir des motifs suffisants pour leur élimination.

Dans la description de Sinuites vetustus, Koken, L. c. p. 119, 1897, Koken s'exprime comme il suit: ,Fossette ombilicale distincte, mais ombilic nul.“ Sur la p. 117, #bid., nous lisons: .Ombilic recouvert.“ Par contre, chez les spécimens de Sinuitopsis pourvus de leur test, on peut suivre le cours d'une fraction du second tour en dehors du premier. De plus, la couche ridée qui se rencontre chez les représentants de Sinuites n’est pas ici strictement limitée vers la partie antérieure.

D'un autre côté, d’après la diagnose de Cyrtolites de Ulrich et Scofield, l'existence d’un sinus dans l'ouverture n’empêcherait nullement d'associer ces formes au genre Cyrtolites; mais nous suivons l'exemple de Koken et nous ne rangeons pas parmi les véritables Cyrtolites les formes portant une échancrure dans la bouche. (Comparer Koken, 1896, |. c. p. 138.)

Bien que les particularités signalées ne soient pas toutes visibles sur chacun des exemplaires, qui sont, pour la plupart, des moules internes, on reconnaît cependant, à leur enroulement, qu'ils diffèrent des véritables représentants de Sinuites. Très caractéristiques sont les nombreuses dépressions que l’on distingue sur le dos et tout près de la bouche, les plis d’accroissement que l’on observe distinctement sur les moules internes, ainsi que la section transverse du dernier tour, parfois détaché, laquelle offre une certaine analogie avec Cyrtolites.

En résumé, Sinuitopsis représente une forme de transition de Siruites, d'un côté vers Cyrtolites, et de l’autre côté vers Zemnodiseus.

Par sa forme discoïde, il contraste avec Owenella, Ulr. et Scof., ainsi qu'avec Zsospira, laquelle ne possède pas de sinus.

Sinuitopsis neglecta. Barr. sp.

PI. 85, fig. 11; PI. 88, fig. 28—30, 38—40 (male); PI. 97, fig. 39—41; et fig. 42—46 dans le texte.

Cette espèce varie beaucoup. On ne saurait fixer de limites sûres entre les variations que présentent la largeur et le bombement du dernier tour. La sculpture reste toujours la même.

La coquille croît assez rapidement; ordinairement on ne voit guère que le dernier des tours. Ceux-ci ne se touchent que faiblement. Le bombement du dos est toujours plus marqué sur les jeunes spécimens dépourvus de test que sur ceux qui en sont recouverts, parce que le test s’épaissit considérablement à mesure qu'il se rapproche de l’ombilic (voir fig. 42 g dans le texte). Près de la bouche, le dos est toujours plus large et plus fortement bombé que partout ailleurs. Sur la ligne médiane, le dos des spécimens pourvus de leur test est légèrement aplati dans le voisinage de la bouche, fig. 42 a,e, dans le texte. Le dos du dernier tour des moules internes porte une arête plus vive, presqu’une carène plate, qui est, de chaque côté, limitée par un sillon plat et étroit, de sorte qu'on pourrait la prendre pour une bande dorsale (Schlitsband), fig. 42 c dans le texte.

Toutefois, en examinant attentivement le parcours de la structure, ininterrompu sur le dos (voir fig. 44 a dans le texte) on reconnaît que ce ne peut être une bande. De plus, cette carène n’est pas élevée autant que le montre la fig. 38 de la PI. 88. Le dernier tour gagne quelquefois très vite en largeur, de sorte que l’ombilic devient très profond; il en résulte une arête ombilicale arrondie, fig. 39, PI. 88.

Fig. 42 dans le texte. Sinuitopsis neglecta. Barr. sp. D—d4.

Spécimen adulte, largement bombé, à croissance lente, montrant l'ouverture et une partie du test bien conservé et orné de sa sculpture.

a) Vu par le dos, pour montrer le large sinus et la carène aplatie de la coquille, qui a l'aspect d’une bande. Grossi 2 fois.

b) Idem. Vu par le côté antérieur. Grossi 2 fois.

c) Vu par la partie dépourvue du test. Sur la partie médiane du dos, on voit courir 2 stries fines, qui limitent la carène à angle émoussé.

d) Section transverse du dos, prise au commencement du dernier tour, où le test est enlevé. Grossie 2 fois.

e) Section transverse du dos pourvu du test, tout près de la bouche. Grossie 3 fois.

f) Section transverse de la partie médiane du dernier tour. Cette partie porte le test. Grossie 2 fois.

g) Coupe mince d’un spécimen pourvu de son test, pour montrer le rapport de l’ombilic aux tours. Gr. nat.

Sur les exemplaires testacés, le test s’épaissit aussi en même temps vers l’ombilic, de sorte que l’arête est cachée, l’ombilic moins profond, et que le dos paraît plus large et plus bombé.

Le sinus est plus large et moins profond chez les spécimens dont le dernier tour s’élargit plus lentement que chez ceux où la largeur de ce tour croît avec rapidité (comparer les fig. 42 et 43 du texte).

La sculpture se compose, sur les lobes latéraux de la bouche, de sillons réguliers, profonds, larges et fortement bombés, qui courent parallèlement à la bouche. Ils se transforment, près de la ligne médiane du dos, en sillons tout à fait plats, à peine marqués, ou plutôt en stries à demi effacées (fig. 44 dans le texte); mais leur cours, ininterrompu, suit le sinus de la bouche. Dans la direction de l’ombilie, les sillons deviennent onduleux, irréguliers, et, en quelques endroits, ils affectent la forme de rides. Ce cas se présente surtout sur l’ombilic même et chez les spécimens dont la largeur du dernier tour augmente rapidement. Aux endroits où la surface est un peu usée par le frottement, les sillons profonds sont remplacés par des stries fines ct larges, voir fig. 40,

Fig. 43 dans le texte. Sinuitopsis neglecta. Barr. sp. D—d4.

Spécimen à croissance plus rapide et à bombement mieux marqué.

a) Vu par le dos, pour montrer que, chez cette forme, le sinus est plus profond et plus étroit que chez la forme représentée par la fig. 42 du texte. La carène n’est pas non plus aplatie. Grossi 2 fois.

b) Idem. Vu par le côté. Le test épaissi couvre l’ombilic.

c) Idem. Vu par la partie antérieure. Grossi 2 fois.

d) Section transverse de la partie médiane et sans test du dernier tour. Grossie 3 fois.

e) Section transverse de la partie pourvue de test, prise au milieu du dernier tour. Grandeur naturelle.

PI. 88. Sur les moules internes, on distingue parfois des plis d’accroissement larges et sans profondeur.

Le diamètre des spécimens adultes atteint jusqu'à 38°.

Les représentants de cette espèce, en Bohême, ont été souvent cités sous le nom de Bellerophon bilobatus, Sow. (voir l’Aperçu historique des ouvrages de Barrande, Krejüi, Koken, Zelizko). En outre, Barrande avait désigné plusieurs autres formes sous le nom de Cyrtolites neglectus. Il identifiait des formes comprimées de Sinuitopsis neglecta avec PBelleroph. acutus, Sow., dénomination qu'il à également appliquée plu-

sieurs fois aux formes à dos étroit de Zem- Fig. 44 dans le texte. Sinuitopsis neglecta. Barr. sp. D—d4. nodiscus, de la bande d4. Il figure aussi, a) Spécimen déjà figuré dans le texte, fig. 42. Vu par le PI. 88, fig. 34, sous le nom de Cyrtol. dos, pour montrer la sculpture. Sur la carène aplatie, les

grossières stries d’accroissement deviennent plus fines j;et

neglectus, un spécimen, à peine déterminable “he : à forment un petit sinus, qui répond à celui de la bouche.

génériquement. La figure en question n’est pas AS

: £ LC °u = C2 4 .

exacte; le spécimen est entièrement aplati*) b) Les stries d’accroissement, sur les côtés, dans le voisinage et on pourrait peut-être le placer dans le de l'ouverture, deviennent onduleuses en se rapprochant

voisinage de Bucania ou Bellerophon s. str. de l'ombilic. Grossi 6 fois.

2 , c) Sculpture du test épaissi de la partie ombilicale. Grossie 8 fois. Nous avons également trouvé, dans d) Sculpture prise dans le voisinage de l’arête ombilicale.

la collection Barrande, quelques représen- Grossie 8 fois,

* C’est par erreur que cet exemplaire est représenté sur la planche comme étant fortement bombé.

tants de Sinuitopsis neglecta; ils sont désignés sous le nom de Cyrt. tuboides, Barr. M. S.; ce sont, en partie, des exemplaires jeunes, à dos large et de forme exiguë, et, en partie, des formes toutes différentes, qui appartiennent à d’autres genres, proviennent du Silurien supérieur, et auxquelles Barrande a également appliqué cette dénomination.

Gis* et local. Bande d4 Lodénitz Liebe. éd Ee Straschnitz, Radotin. Stérbohol, Bohdalec, Michle-Krè. & 10 Les spécimens testacés se trouvent presque exclusivement dans les concrétions calcaires. Les individus sans test et comprimés sont assez fréquents dans les schistes micacés de Zahoïan.

Fig. 45 dans le texte. Sinuitopsis neglecta. Barr. var. transgrediens. Perner. Butowitz, D—d4.

Moule interne; les tours plus jeunes sont détachés.

a) Vu par la face latérale, montrant le dos retroussé devant la bouche. Grossi 2 fois.

Sinuitopsis »eglecta. Barr. var. transgrediens. ë) Vuspar la partie antérieure Creer

Perner.

PI. 88, fig. 33, 35—37, et fig. 45—47 dans le texte.

La variété que nous étudions ici se distingue de la forme typique par la section plus ou moins triangulaire du dernier tour, dont la largeur augmente sans interruption. Le dos présente ordinairement une arête lig. 46 dans le texte. Sinuitopsis neglecta. Barr. var. transerediens.

plus vive que dans les spéci- Perner. Lüeben, D—d4.

mens de la forme typique: il Moule interne.

a même l'aspect d'une carène a) Vu par le dos, pour montrer la carène, Grosst 2 fois. La D La

; b) Section transverse du dernier tour, exécutée à peu près au milieu. dans les moules internes, fig. APTE 2 Grosst 2 fois.

160 du texte. Tout près de la c) Autre moule interne vu par le côté. bouche, qui possédait une petite

échancrure peu profonde, on remarque, sur le dos des exemplaires adultes, un étranglement, auprès duquel le test forme un retroussement dirigé vers le sinus (fig. 45 & du texte). Le bord buccal semble parfois retroussé en forme de lèvre du côté de l'échancrure. Cette particularité rappelle la forme américaine, Protowarthia obesa, Ulr. (Ur. & Scof. 1. c. p. 874. PI. LXIII,

fig. 45—47.) L'ombilic des moules internes est presque toujours pourvu d’une arête arrondie. Les moules internes non com- Fig. 47 dans le texte. Sinuitopsis primés portent des plis d’accroissement, qui indiquent la forme neglecta. Barr. vur. transgrediens.

du sinus, fig. 47 dans le texte. Per. D—d4.

, 2 d n La sculpture est très rarement conservée. En quelques Des d un moule interne, montrant ob : it "ell tsemblable à celle de lors des pl's d’accroissement bien développés, en roi S, On reconnait que FES d $ RE qui forment une légère échancrure sur typique. En outre, cette variété est bien plus exiguë. la partie dorsale carénée. Grosst 3 fois.

Les représentants de cette variété forment, pour ainsi dire, une transition entre le type Sinuitopsis neglecta, Barr. et Temnodiseus platynotus, Per., de la bande d2. Ils semblent cependant

Le)

confinés dans la bande d4. Il existe un grand nombre de formes intermédiaires, qui semblent se rapprocher de Sémuitopsis neglecta, mais on peut attribuer à l’état de conservation les légers contrastes qu'elles présentent, et qui résident principalement dans le bombement du dos. Chez la forme comprimée, la vue latérale des individus porterait à croire que le dernier tour gagne rapidement en largeur; mais jamais, sur la section transverse, la largeur de l'extrémité du dernier tour n’égale la hauteur.

La section transverse, plus étroite, du dernier tour différencie les représentants de cette variété de ceux de Sinuitopsis nodosa, Per., qui apparaît dans le même horizon.

G'ist et local. Bande d4. Zahoïan, Lodénitz, Butowitz, Radotin. Spécimens généralement comprimés dans les schistes. Dans les concrétions siliceuses de Stañkovka, près Radotin, et dans d’autres localités, on ne les rencontre que sous la forme de moules internes.

Barrande désignait sous le nom de Bellerophon (Cyrtol.) acutus, Sow., quelques-unes de ces formes à dos étroit et même à arête vive, que l’on citait aussi, auparavant, parmi les fossiles des bandes d4 et d2 (voir Aperçu historique). Barrande figure, sur la PI. 85, fig. 12—13, un spécimen d'apparence semblable et provenant de la bande d2. Dans les notes manuscrites, ce fossile porte la dénomination de Bellerophon neglectus, var. acutus ; il possède quelques particularités qui le rapprochent de Cyrt. neglectus, Barr. var. transgrediens; mais son dos aplati et son arête ombilicale démontrent suffisamment qu’il représente une espèce voisine de Zemnodiscus platynotus, Per., fréquente dans la bande d2, que nous nommons Temnodisceus incertus n. Sp.

Sinuitopsis 20dosa. Perner.

PI. 88, fig. 31—32; PI. 114, fig. 5—6?, et fig. 48—49 dans le texte.

La coquille, de grande taille, a un diamètre qui atteint jusqu'à 4//, ‘”. Le dernier tour croit rapidement; il possède une carène obtuse et une arête ombilicale arrondie, de sorte que la section transverse est subquadrangulaire. L’ombilic est très profond. Le dos porte plusieurs dépressions bien visibles, entre lesquelles se trouvent des tubercules noduleux, d’où partent de larges bourrelets plats et très distants les uns des autres. (Ceux-ci, au lieu de suivre la direction du bord de la bouche, se rencontrent à angle aigu sur le dos, et se dirigent obliquement vers les bords buccaux

Fig. 48 dans le texte. Sinuitopsis nodosa. Perner. Lodenitz, D—a4.

Spécimen dépourvu de stries d’accroissement, mais portant des bourrelets obliques et fortement développés. a) Vu par le côté. Grandeur naturelle.

Lt) Vu par la partie antérieure. c) Vu par la partie postérieure. La forme de la bouche est ici peu distincte. d) Section transverse exécutée à peu près au milieu du dernier tour.

(voir fig. 48 « dans le texte). En dehors de ces particularités, il existe encore cà et là des plis d’accroissement, dont la direction correspond avec la bouche. Immédiatement devant le sinus de la bouche, le dos est retroussé en forme de col, chez les spécimens adultes et bien conservés.

Le sinus est large et peu profond; les bords latéraux de la bouche ne sont guère recourbés vers l’avant; mais ils se courbent subitement vers l'extérieur, de sorte que la bouche s’élargit de la même manière que chez Sinutes. (Voir fig. 49 D Fig. 49 dans le texte. Sinuitopsis nodosa. Per. Lodenitz, 44. dans le texte.) Cette particularité rappelle Bellerophon auriculatus, Hall. (Palaeont.

Of New York Vol. TL. PE, VI PI. LX XVI,

Spécimen dont la bouche est bien conservée. Il porte des plis d’accroissement très distincts.

a) Vu par la face latérale, pour montrer le bord retroussé de-

fig. 7a, b.) vaut l’échancrure de la bouche. Grandeur naturelle.

La sculpture se compose de stries b) Vu par le dos, montrant les bords de la bouche, qui s’élarlarges et sans profondeur, parallèles à la gissent en forme d'ailes. bouche.

Par sa surface ornée de bourrelets et sa bouche subitement élargie, notre espèce se distingue facilement de la forme semblable Sinuifopsis meglecta, Barr, de la bande d4, si les spécimens sont bien conservés et pas trop usés par le frottement. Mais les individus fragmentaires et surtout les tours initiaux de ces deux espèces sont très difficiles à reconnaître l’un de l’autre. On ne peut guére se guider, vu l'absence du test, que sur la section transverse subquadrangulaire.

Sur Ja PI. 114, fig. 5—6, Barrande représente un spécimen entièrement comprimé, de la bande d4, qu'il identifiait avec son Cyrt. neglectus (= Sinuitopsis), qui provient également de la bande d4. Nous possédons une foule de spécimens de Sénwitopsis, qui sont comprimés de la même manière, mais pour les motifs que nous exposons plus loin, nous considérons ce spécimen comme une forme spécifique spéciale du genre Zemnodisceus, savoir: Temnodisc. ferrigena, Per.

Gist et local. Bande d4. Zahoïan, Radotin, Stérbohol, Lodenitz.

Genre Oxydiscus. Koken.

Caractères génériques : ,Coquille plate, discoïde; ombilic complètement ouvert; tours à croissance lente et uniforme, se recouvrant à peine; sans arête ombilicale vive. Dos à carène tranchante. Sinus buccal profond et en forme de V. Stries d’accroissement courbées vers la partie postérieure.“ (Voir Koken, Leitfossilien, 1896, p. 100 et 393 et Ulrich d Scofield, 1. c. p. 852.)

La différence qui sépare les genres Oxydiscus et Temnodiscus lun de l’autre, c’est que, dans le premier, tous les tours croissent lentement et se recouvrent à moitié; chez Temnodiseus, au contraire, le dernier tour croît très rapidement, de sorte que sa hauteur atteint souvent le quadruple de la largeur initiale. De plus, le dos, chez Oxydiscus, est caréné et très tranchant, et la coquille entière, plus plate que dans Zemnodiseus, à l'exception de quelques formes, où le dernier tour est renflé près de l’ombilic.

Il serait possible que certaines espèces désignées sous le nom de Temnodiscus par Ulrich et

Scofield dussent être rangées parmi les représentants de la forme Oxydiscus.

Le genre Orydiscus diffère de Cyrtolites par l'absence de sculpture en spirale, l’échancrure de la bouche, et un plus grand nombre de tours qui sont comprimés.

Ulrich & Scofield, Z. c. p. 859, font observer que, dans Oxydiscus, on ne doit trouver que des stries d’accroissement, par conséquent, aucune sculpture en spirale, et Koken ne fait également aucune mention d’une telle sculpture. De cette manière seraient éliminées de ce genre les formes qui, bien que possédant une même conformation de coquille, porteraient une sculpture analogue. C’est aussi ce motif qui nous a induit à créer un nouveau sous-genre Cyréodiscus pour les spécimens représentés sur la PI. 88, fig. 22—24 et PI. 86, fig. 8 —13.

La forme dévonienne que Hall figure sous le nom de Bellerop. rotalinea doit peut-être prendre place ici. (Pal. of N. York, Vol. V. Pt. II, PI. XX VI, fig. 8.)

Parmi les formes de la Bohême, Oxydise. annularis est la seule du Silurien supérieur que l’on puisse ranger dans ce genre ainsi limité. Nous avons reconnu deux autres formes que leur sculpture en spirale nous fait considérer comme représentants d’un sous-genre nouveau, auquel nous donnons le nom de Cyrtodiscus. A notre avis, eu égard à l'importance de la sculpture pour le groupement des Bellerophontidae, la particularité mentionnée suffit pour séparer ces formes des autres espèces d'Orydiseus.

Oxydiscus annularis. Perner.

PI. 86, fig. 1—3.

La coquille, très exiguë, possède un diamètre de 5 à 6”, Le dernier tour est de largeur presque égale dans sa seconde moitié; il porte une carène peu saillante, mais tranchante. L’arête ombilicale est très grande et haute, mais arrondie, ce qui fait que le dernier tour est pius large dans la proximité de l’ombilic, et de section transverse subquadrangulaire. Sur la carène d’un des exemplaires, on distingue des stries d’accroissement fines et serrées.

Cette espèce ressemble, d’une manière frappante, aux formes de Æuomphalidae, aplaties, presque symétriques, provenant également de la bande e2. que Barrande a désignées provisoirement sous le nom de Aotella, savoir: Rotella nigricans, Barr. M. S., Rot. vulgaris, Barr. M. S., voir PI. 242.

Gist et local. Bande e2, Bubovice. On ne connaît que deux spécimens.

Sous-genre CyrtodisCus. Perner.

Caractères.

Dernier tour, comprimé, à dos tranchant ou caréné. Côtes en spirale, s'étendant sans interruption sur les plis ou sur les

stries d’accroissement. d se)

b Oxydiscus (Cyrtodiscus) procer. Barr. sp.

PI. 88, fig. 22—24, et fig. 50 dans le texte. Fig. 50 dans le texte. : 4 . Oxydiscus procer. Barr. sp. Trubsko, Le dernier tour est haut et à carène tranchante, rappelant D—d 2. ainsi la forme Ozydiscus; de plus, il est fortement comprimé, a) Spécimen dont le bord buccal est comme le montre la figure du texte. On ne voit aucune arête conservé et porte, au milieu, une ombilicale distincte. Sur le dessin de Parrande, la surface porte échancrure. Vue latérale. Grossi plusieurs plis d’accroissement, légèrement recourbés et très dis- a : di tants les uns des autres, sur lesquels s'étendent des stries DR nn US 4-0 ga es RE k ; du dernier tour, montrant la caen spirale, plus serrées. Sur l'original, on n’aperçoit ces der- rène élevée et le bombement de

nières que très faiblement. la coquille.

Cette espèce se distingue des formes de Temnodiscus de la bande d2 par sa coquille étroite et à carène élevée, et, de toutes les autres formes, par ses côtes en spirale, fortes, qui courent ininterrompues sur les plis d’accroissement.

Gis* et local. Bande d2, Trubsko.

Oxydiscus (Cyrtodiscus) nitidus. Barr. sp.

PL 86, fig. 8—13.

La coquille est très exiguë. Le dernier tour n’est pas si comprimé que chez l'espèce précédente mais un peu plus bombé et d’une manière uniforme; sa section transverse va en s’aiguisant en ellipse. L’arête ombilicale est légèrement bombée et non tranchante sur les moules internes. Sur la surface des empreintes négatives, nous remarquons des stries d’accroissement, serrées, profondes, dirigées en arrière, légèrement courbées, que croisent des stries en spirale, fines, serrées et faiblement marquées. Les stries en spirale courent ininterrompues sur les stries d’accroissement.

Cette espèce offre beaucoup d’analogie avec Temnodiscus pusillus, Barr., dont la coquille est également exiguë et qui apparaît dans le même horizon. Elle en diffère par sa sculpture en spirale et ses stries d'accroissement plus profondes et plus serrées, qui, à la vérité, ne sont généralement visibles que sur les empreintes négatives, car cette forme n’est représentée que par des moules internes, où il ne reste aucune trace du test. Ces moules se reconnaissent de ceux de Temnodiseus pusillus uniquement au plus grand bombement de leur dernier tour, à l'arête ombilicale moins saillante et à leur diamètre un peu plus grand.

Gis* et local. Bande d1y, Osek.

Genre T'emnodiscus, Koken.

Caractères génériques.

» Coquilles comprimées, symétriques; tours à croissance très rapide. Dos étroit; stries d’accroissement, se touchant sur le dos, formant des angles aigus sans former de bande. Ombilic entouré d'une arête, à laquelle correspond, près de la bouche, une échancrure latérale du test.“ (Koken, 1897, À. c. p. 129.)

Sur les p. 852 et 912, Z. c., Ullrich et Scofield font aussi observer, dans la diagnose de ce genre, que le dos caréné peut porter une bande plus ou moins distincte avec des Zunules; mais Koken élimine de cette forme générique toutes les autres qui possèdent ne fût-ce qu’une simple trace de bande. Cette opinion nous semble parfaitement juste, car l’existence ou l'absence de bande présente une importance fondamentale pour la délimitation des genres et des sous-familles.

Koken associe à ce genre plusieurs espèces du Silurien supérieur de Gotland, décrites par Lindstrôm sous le nom de Cyrtolites. Quelques espèces de la Bohême, parmi celles qui suivent, ne sauraient être, pour le moment, rangées avec certitude dans le genre Temnodiseus, parce qu’on n’en connait que les moules internes, ce qui est d’ailleurs le cas pour la plupart des Bellerophontidae du Silurien inférieur, en Bohême. Il se peut donc qu’un certain nombre de formes, mentionnées ici comme représentants de Zemnodiscus, soient plus tard reconnues comme appartenant à un autre genre, soit Cyrtolites où Oxydiscus.

Si l’on n'a sous les yeux que des moules internes, comme c’est le cas chez les spécimens de la Bohême, les contrastes entre les genres Temnodiscus et Oxydiscus se réduisent à une seule

particularité, savoir, à la croissance du dernier tour. Celle-ci se fait-elle rapidement, il y a lieu de penser que l'individu appartient à Temnodiscus; si non, au genre Oxydiscus. Cette délimitation n'est naturellement pas exclusive. C’est seulement en second lieu que l’on pourrait tenir compte de la forme aplatie ou discoïde de la coquille, chez les individus conservés avec le test.

Temnodiscus pusillus. Barr. PI. 86, fig. 18—921.

La coquille, très exiguë, atteint un diamètre maximum de 8””. Le dernier tour croit assez lentement: il est comprimé latéralement, et présente un renflement près de l’ombilic. Le dos est très étroit, non tout à fait tranchant, mais arrondi. La section transverse du dernier tour est triangulaire chez les moules internes. Ces tours possèdent une arête ombilicale distincte; de plus, on remarque qu'ils se touchaient plus que ne l'indique la fig. 20 de Barrande, et même qu'ils s’enveloppaient légèrement l’un l’autre.

Sur la surface, cad. sur les empreintes négatives, il existe des plis d’accroissement, mais ils sont très rares, simples, distants les uns des autres, fins, peu profonds et fortement courbés. Sculpture en spirale, nulle. Cette particularité différencie les empreintes négatives de cette espèce de celles de Oxrydiseus (Cyrtodiscus) nitidus, Barr. sp., qui possèdent des stries en spirale.

Gist et local. Spécimens très fréquents dans les concrétions siliceuses de la bande d17, dans les localités de Osek, Scharka, Ouval. Ils se rencontrent également dans les schistes de d17y, à St Benigna et Eïpovitz.

Temnodiscus platynotus. Perner.

Fig. 51 dans le texte.

Coquille plate, discoïde; les tours se touchent à peine; le dernier tour croît rapidement. Chez les exemplaires bien conservés, le dos est tronqué et plat, surtout devant le sinus, qui s'enfonce assez pro- LCR fondément dans la coquille, comme une échancrure étroite et parallèle. Le dos porte un étranglement immédiatement avant le sinus; les lobes latéraux de la bouche sont fortement bombés vers l’avant et également étranglés par de nombreux plis d’accroissement. L’ombilic est très large et plat. Bien qu'il n’existe pas d’arête ombilicale distinctement développée, sur les moules internes, sur lesquels se base notre description, nous trouvons, près de la bouche, une échancrure de la coquille, qui porte

Fig. 51 dans le texte. Temnodiseus platynotus. Per. Drabov, D—a 2.

a) Vue latérale, montrant la forme du bord buccal et le retroussement du dos près du sinus.

à faire croire à l'existence d’une faible arête sur les Grand. nat. individus testacés. De nombreux plis d’accroissement, b) Vue dorsale, montrant la forme du sinus et larges et plats, sont développés sur la surface, surtout V'aplatissement du dos.

ce) Section transverse du dernier tour, prise près de la bouche.

(Les fig. b et c sont grossies 2 fois.)

près de la bouche. La sculpture n’est visible sur aucun exemplaire. Le diamètre des spécimens adultes atteint jusqu'à 2:5°%.

Par sa forme générale, cette espèce de la Bohême rappelle Temnodiscus aecola, Koken, du Silurien inférieur de la Baltique, dont elle se distingue toutefois par son dos tronqué.

Un grand nombre d'exemplaires de cette espèce, qui se trouvent dans la Collection Barrande, portaient le nom de Bellerophon (Cyrtolites) acutus, Sow. (non Barr.)*) Mais Barrande désignait souvent sous Ce nom aussi les petits individus, jeunes et comprimés, de Sénuitopsis neglecta, Barr. sp., ainsi que plusieurs autres formes qui appartiennent à Orydiscus et Temnodiseus.

Quelques savants, tels que Krejëf, Feistmantel, Väla, ete. (voir notre Aperçu historique), ont souvent mentionné l'existence, dans les bandes d2 et 44, de l’espèce Cyrtolites (Bellerophon) acutus, avec le nom de Barrande, et, nous avons trouvé, dans la Collection Barrande, diverses formes désignées tantôt sous le nom de Béller. acutus Sow., tantôt sous celui de Beller. acutus Barr. de sorte que nous ne savons au juste à quels spécimens doit être appliqué le nom acutus de Barrande. D'ailleurs, sous le nom de Bellerophon acutus, on a décrit différents types qui proviennent de contrées siluriennes étrangères, ce qui fait que, pour éviter tout malentendu, nous avons supprimé la dénomination donnée par Barrande.

Gis' et local. Bande d2, Drabor.

Temnodiscus bicarinatus. Perner = Cyrtolites acutus. Barr. sp. p. p.

Fig. 52 dans le texte.

La coquille est grande, discoïde et atteint jusquà 3 °* de diamètre. Les premières spires sont très petites et rarement conservées. Le dernier tour croît très rapidement; il possède un dos tranchant. Les tours se touchent à peine. L'’ombilic est très large, sans arête. Immédiatement devant l’échancrure buccale, qui est courte et en forme de fente, le dos est légèrement bombé, mais jamais tronqué droit, comme dans Temnodiscus platynotus. Quoiqu’on n’aperçoive aucune arête ombilicale, le bord de la bouche porte une échancrure latérale très distincte. Le côté interne des tours est également tranchant comme le dos, de sorte que la section transverse du dernier tour semble aiguisée de chaque côté, ainsi que le montre la fig. 52 d du texte. La sculpture nous est inconnue.

Barrande croyait reconnaître dans cette forme un représentant de Cyrtol. neglectus, Barr., comprimé et provenant, ainsi que Zemnod. platynotus, de la bande d2. Nous n’adoptons pas cette opinion pour les motifs suivants:

19, Malgré l'état différent de conservation des spécimens, Fig. 52 dans le texte. Temnodiseus bicarinatus. Per. Trubsko, D—a 2.

nous ne trouvons pas trace de a) Vue latérale, montrant l’échancrure de la coquille, tout près du bord troncature dorsale, comme nous buccal inférieur, vis-à-vis de l’arête ombilicale. l’observons souvent chez Temmno- b) Vue dorsale pour montrer la forme du sinus et les plis d’accroissement,

qui sont faiblement indiqués.

c) Vu par le devant. (Les fig. b et c sont combinées d’après 3 exemplaires.) 20, la croissance du der- d) Section transverse, prise au milieu du dernier tour. nier tour est toujours beaucoup trop rapide pour qu’on puisse l’attribuer à la compression;

discus platynotus ;

3%, chez les spécimens bien conservés, où l'on ne saurait admettre une déformation, le dos et le côté interne du dernier tour sont toujours tranchants ;

*) Voir Murchison, Silurian system, p. 643, PI. 19, fig. 14.

4", enfin, on ne voit aucun pli d’accroissement, tandis que les exemplaires de Temnodiscus platynotus en portent fréquemment.

Quelques spécimens fragmentaires présentent aussi une certaine ressemblance avec les représentants de Oxydiscus procer, Barr. sp., PI. 88, fig. 22—24, également de la bande d2; toutefois ceux-ci montrent ordinairement les stries en spirale, propres à Oxydisc. (Cyrtodiseus) procer, ou bien on découvre, en les préparant avec soin, la carène tranchante du dos.

Barrande avait confondu avec beaucoup d’autres formes cette espèce qu'il cite, ainsi que plusieurs savants de la Bohême, sous le nom de Cyrtolites acutus, Barr. Nous avons jugé opportun d'éliminer la dénomination donnée par Barrande, parce que l’espèce semblable de Sowerby, qui porte le même nom spécifique (Bellerophon acutus, Sowerby, Murchisons Silurian Syst. Pl. 19, fig. 14), ne peut plus être rangée avec certitude dans le genre Oxrydiseus ou Temnodiscus, et quil est difficile de décider à quelle espèce l’original appartient. Pour tourner la difficulté, nous avons donc choisi la dénomination bicarinatus.

Gas! et local. Bande d2, Trubska. = a ( À.

Temnodiscus éncertus. Barr. sp.

PI. 85, fig. 12—153, et fig. 53 dans le texte. Re cie le tte Temnodiseus incertus. Per. Trubsko, D—d 2.

Cette espèce ressemble beaucoup à la précédente, a) Vue latérale du bord buccal, montrant le re-

dont elle diffère par le bombement plus fort de son troussement du dos, tout près de l’échancrure dernier tour, une arête ombilicale plus saiïllante, une de la bouche. échancrure buccale moins profonde et plus arrondie. b) id... vu par le dos, montrant le sinus. Dessiné : x d’après le spécimen de Barrande, PI. 85, Barrande vit d’abord dans cette forme un re- fig. 12—13.

présentant de Sinuwitopsis neglecta, Barr sp. à croissance rapide et à dos étroit; mais plus tard il changea d'opinion et la considéra comme indépendante.

Le spécimen figuré est un moule interne, provenant de la bande d2, sur lequel les stries primitives, très distantes les unes des autres, ne sont indiquées que faiblement. Il présente une grande analogie avec les moules internes bombés de Sinuitopsis neglecta, var. transgrediens, de la bande d4 (cfr. PI. 88, fig. 35—37), mais ceux-ci possèdent un ombilic plus profond et une bouche moins large.

L'espèce Temnodisceus incertus se distingue de Temn. bicarinatus, Per. également de la bande d2, par son dos arrondi, un bombement plus grand et une hauteur moindre du dernier tour, par son arête ombilicale, enfin par l'arrondissement du côté ventral du dernier tour, chez les moules internes.

Gist et local. Bande d2, Trubsko.

Temnodiscus ferrigena. Perner.

— (Cyrtolites acutus. Barr. p. p.)

PI. 114, fig. 5—6, fig. 54 dans le texte. Fig. 54 dans le texte. ? - : Temnodiseus ferrigena. Perner.

Coquille de grande taille et aplatie. Le dernier tour croît Lodënice, D—d4.

très rapidement; le dos est caréné, l’ombilic renflé, et la section Sculpture du test, près de la transverse, cordiforme. bouche. Grosst 8 fois.

On distingue des stries grossières d’accroissement, qui s'étendent d’abord en arc près de l’ombilic, et courent ensuite en ligne droite vers la carène.

Barrande voyait dans cette forme un individu aplati de Sinuitopsis neglecta, Barr. Il est difficile d'admettre que, chez un exemplaire comprimé, la forme püt rester si régulière sur le dos, et le bombement se restreindre à la partie ombilicale. D'ailleurs, les stries d’accroissement sont plus larges et suivent une autre direction que dans Sinuitopsis neglecta. Par son mode d’enroulement. cette forme offre une certaine analogie avec Cyrtolites (Temnodiscus) arrosus, Lindst. de l’île Gotland, qui est plus exigu et plus bombé. Elle ressemble également à Cyrt. (Temnodiscus) pharetra, Lindst. par le cours arqué des stries d’accroissement. *)

Gis* et local. Bande d4, Lodenitz, Zone à minerais de fer.

Genre Cyrtolites. Conrad.

Caractères génériques.

»Coquille enroulée sur un plan; entièrement ou à peu près symétrique; 2 à 3 tours, qui se touchent à peine; le dernier tour parfois détaché. Les tours croissent lentement, portent une carène sur le dos et souvent aussi sur les côtés, ce qui donne à la section transverse une forme subquadrangulaire. La bouche ne s’élargit pas subitement, Existence ou absence d’échancrure au milieu de la lèvre externe. Bande dorsale (Schlitzband), nulle. Paroi de la coquille, mince. sans aucune sorte d’épaississement.“ (Koken.)

Consulter aussi l'ouvrage de Ulrich et Scofield, 2. c. p. 846 et 858.

Ce genre comprenait d’abord plusieurs formes hétérogènes. Dans ces derniers temps seulement, on en à éliminé les formes qui ne répondaient pas au type Cyrtolites ornatus, Conrad. D'apres cela, l'espèce Cyrt. pharetra et ses congénères du Silurien supérieur, décrites par Lindstrüm, /. c. 1884, doivent être associées à Temnodiseus. En outre, Ulrich et Scofield prétendent, £. c. p. 847, que les espèces de Lindstrôm Cyrtolites lamellifer, C. arrosus, C. pharetra et C. obliquus appartiennent à Cyrtolitina, genre pourvu de bande dorsale. Mais cette dénomination des espèces mentionnées doit être changée en celle de Temnodiseus. (Voir Koken, Ucber untersilur. Gastrop. N. Jahrb. f. Miner. 1898. Bd. I.)

En ce qui concerne les caractères typiques, il n’est pas sans intérêt de rappeler que Koken, en 1897, Z. ce. p. 138, soutient que, contrairement à l'opinion souvent admise, les représentants typiques de Cyrtolites ne possèdent ni échancrure dans l'ouverture, ni bande dorsale, mais que les lignes d’accroissement se dirigent directement sur la carène. Ces caractères sont pour nous de très grande valeur, et nous n'attachons qu'une importance tout à fait secondaire à l'existence d’une arête ombilicale, d'une carène, ou au mode de croissance du dernier tour. En effet, nous associons à Cyrtolites quelques formes presque entièrement dépourvues de carène, dont les tours croissent rapidement ou lentement, et qui se rapprochent ainsi du genre Zsospira, Koken. Cette remarque s'applique principalement aux formes qui possèdent d’abord une carène assez tranchante, mais presque nulle sur la spire terminale, devant la bouche, et dont le dos est régulièrement bombé auprès de l'ouverture.

Chez quelques espèces que nous plaçons ici, les côtes transverses (lignes d’accroissement), au lieu de se diriger tout droit vers la carène, se courbent plus ou moins dans leur parcours, ou bien

*) L’original de Temnod. ferrigena est dépourvu de son premier tour et le dessin de Barrande est fortement idéalisé.

elles commencent seulement à se recourber dans le voisinage de la carène, en formant un angle obtus dirigé vers l'arrière; si la carène n’est pas développée, elles forment, sur le dos, un sinus très faible.

Nous croyons qu’on peut fort bien laisser dans le genre Cyrtolites les formes, telles que Cyrt. cristatus, Barr., fasciculatus, Barr., eximius, Barr., d'autant plus que, par leurs autres caractères et surtout sous le rapport de la sculpture, elles concordent exactement avec les véritables Cyrtolites. Le cours des côtes transverses, auquel nous attachons une grande valeur comme caractère spécifique, ne justifierait pas, selon nous, la création d’un genre nouveau pour les formes en question.

Cyrtolites cristatus. Barr.

PI. 85, fig. 5—7 (male); PI. 88, fig. 6—10.

Coquille à ombilic large; elle n’est pas comprimée, mais bombée. Les tours croissent très rapidement; ils sont pourvus d’une arête ombilicale arrondie et d’une carène saillante et dentelée*). Sur le dernier tour des exemplaires adultes, des côtes saillantes, larges à la base, à crête très tranchante, s'étendent d’abord en ligne droite, se dirigent ensuite vers la bouche en formant un are, et se replient immédiatement en arrière pour se réunir à angle aigu près de la carène. Chez les jeunes spécimens (PI. 88, fig. 6—7), le sinus en question est moins marqué vers la partie antérieure, et les côtes d’accroissement se dirigent vers la carène, en se courbant légèrement. Dans l'intervalle qui sépare les côtes d’accroissement, on en distingue d’autres, longitudinales, courtes, peu saillantes, minces, qui ne s'étendent pas au-dessus des premières. Aux endroits où les côtes transverses se rapprochent les unes des autres, comme, p. ex. dans le voisinage de l’ombilic, les côtes longitudinales sont courtes et larges, et la sculpture semble s’y composer de côtes transverses séparées par des fossettes rectangulaires. Mais si la couche externe, extrêmement fine du test, qui porte la sculpture, n’est pas conservée, les côtes transverses sont peu marquées ou même nulles. Cette particularité ne se retrouve pas chez d’autres espèces semblables.

Par sa sculpture, l'espèce Cyrt. cristatus, Barr. sp, présente quelque analogie avec Cyrt. (= Temnodiseus) lamellifer, Lindstr., de Gotland. Mais cette dernière est comprimée et évolute.

Gis® et local. Bande e2. Butowitz, Dlouhä Hora, Luëetz, Bubowitz, Kozel, Kuchelbad. Spécimens fréquents.

Cyrtolites decorus. Barr.

PI. 85, fig. 1—4.

Coquille fortement renflée; tours à croissance plus lente que dans l’espèce précédente. La carène est très peu suillante. La surface porte des côtes transverses hautes, étroites à la base, très peu courbées, et se dirigeant vers la carène en formant un angle d'environ 70% Dans les intervalles profonds qui les séparent, s'étendent parallèlement des stries transverses, serrées et très épaisses, coupées par de courtes stries longitudinales, de sorte que le tout offre l'aspect d’une sculpture en treillis. Les stries longitudinales des intervalles sont plus distantes et moins profondes que les fines stries transverses qu’elles coupent; elles continuent leur cours, sans interruption, pardessus la carène. Aux endroits où la couche qui porte la sculpture est détachée, les fortes côtes transverses se reproduisent très distinctement en relief sur la couche sous-jacente.

La coquille de cette espèce présente ici le même enroulement que celle de Cyrt. cristatus, Barr, mais chez cette dernière forme, les côtes transverses sont fortement courbées et dirigées vers

*) Les fig. 5—6 de la PI. 85 de Barrande sont inexactes. Le lecteur devra prendre pour guides les fig. 6 à 10 de la PI. 88.

l'arrière, tandis que, chez Cyrt. decorus, elles sont faiblement courbées et s'étendent directement vers la carène. De plus, l’ornementation qui se trouve entre les côtes transverses diffère considérablement dans les deux espèces. De toutes les autres formes de Cyrtolites qui apparaissent dans la bande e2, Oyrtolites rugosus, Barr. (PI. 89, fig. 6—8) seul possède, dans l'intervalle des côtes transverses, une ornementation offrant quelque analogie avec celle de Cyrt. decorus: mais l’enroulement de sa coquille est tout différent, et les côtes transverses, plus serrées et plus fines. Enfin, les côtes transverses de la coquille de Cyrt. rugosus forment un sinus, peu profond, tandis que, chez Cyrt. decorus, elles sont rectilignes dans le voisinage de la carène, où elles font un angle obtus.

(Gris* et local. Bande e2. ÆKosoÿ, Bubowitz, Dlouh& Hora.

Cyrtolites fasciculatus. Barr.

PIS he T4

Coquille légèrement comprimée; dernier tour croissant très rapidement et pourvu d’une carène trés basse et arrondie. Côtes transverses peu élevées, larges à la base, et se dirigeant vers la carène en s’arquant légèrement. Le sommet de ces côtes n'est pas tranchant, mais tout plat. En quelques endroits, près de la carène, elles semblent ornées de stries très fines, serrées et parallèles aux côtes transverses. Côtes ou stries longitudinales, nulles.

Cette espèce diffère de Cyrt. decorus, Barr. et de Cyrt. cristatus, Barr. par l'élargissement plus rapide du dernier tour, et par l’absence de sillons longitudinaux ou de côtes longitudinales. De tous les autres représentants de Cyrtolites pourvus également de simples côtes transverses, il n’y a que Cyrt. planicosta, Per. (PI. 89, fig. 9—11) qui offre une certaine analogie avec la forme qui nous occupe et qui s’en distingue par sa carène arrondie, par des côtes transverses très larges, non striées, ainsi que par sa coquille nettement comprimée. Par contre, Cyr. planicosta possède une coquille plus renflée, saus carène, et des côtes transverses, striées et plus minces.

Gris’ et local. Bande e2. ÆKonvdïka, Tachlowitz. Spécimens rares dans le calcaire tendre.

Cyrtolites advena. Barr.

PI. 88, fig. 25—27, et fig. 55 dans le texte.

Tours juxta-posés.*) Dernier tour croissant rapidement, à section transverse ovalaire ; pourvu, sur la dernière moitié, d’une petite carène obtuse et peu saillante. La première moitié du dernier tour est fortement carénée. Les côtes transverses sont très serrées, au nombre de 4 environ par 17%, tranchantes, très étroites à leur base.

Elles s’avancent, tout à fait rectilignes, vers la carène. Stries en spirales et arête om-

Fig. 55 dans le texte. Cyrtolites advena. Barr. Tetin, G—g1.

bilicale, nulles. Refiguré d’après l'original de Barrande, figuré sur la PI. 88, fig. 25, après avoir été dégagé de la roche.

*) Les originaux de Barrande, Cyrt. advena a) Vu par le côté, pour montrer la partie enroulée en spirale Barr, Cyrt. planicosta Per., Cyrt. eximeus Barr. lâche. Grosst 2 fois. possèdent 2 tours, ainsi que nous avons pu nous b) Une partie du premier tour vue par le dos, qui est pourvu en assurer en les préparant. Les figures de Bar- d’une carène arrondie. Grosst 15 fois. rañde sont inexactes sous ce rapport. c) coupe au travers du dernier tour; grossi 2 fois.

Cette espèce se distingue de Cyrt. fasciculatus par sa coquille évolute, sa carène plus tranchante et ses côtes transverses plus fines. La forme évolute de la coquille rappelle l’espèce de l'Amérique, Cyrt. disjunctus, Ulrich et Scofield (4. c. PI. LXIT, fig. 48—49, p. 864), mais il lui manque, ainsi qu'aux autres formes de la Bohême, les bourrelets transverses, renflés et saillants, si fréquents sur les formes de l'Amérique.

Gist et local. Bande g1, Lochkov.

Cyrtolites eremita. Barr.

PI. 89, fig. 1—5..

Coquille composée d’un tour et demi, qui croît très lentement. A sa partie initiale, il est caréné et tranchant, mais dans le voisinage de la bouche, la carène s’abaïsse et son arête est moins vive; elle finit par ne plus présenter qu’un filet très peu saillant, arrondi et étroit. La section transverse est celle d’un ovale large; la bouche est faiblement élargie. Sur la partie initiale, les côtes transverses sont fortement développées et droites; elles forment un angle obtus avec la carène, où elles se rencontrent toutes. Elles sont très serrées, larges, peu élevées, sans tranchant, plutôt aplaties. Vers la bouche et sur la dernière moitié du dernier tour, les côtes transverses sont faiblement indiquées, et disparaissent entièrement devant la bouche.

Cette espèce se distingue de toutes les autres espèces de Cyrtolites de la Bohême par sa largeur considérable, son bombement très prononcé, sa carène linéaire, ainsi que par ses côtes rectilignes et très ténues.

Gist et local. Bande e1, Lochkov. Couches de calcaire intercalées dans les schistes à Graptolites.

Cyrtolites planicosta. Perner.

PI. 89, fig. 9—11, et fig. 56 dans le texte.

Le dernier tour, à croissance rapide*), est pourvu d’une arête large, fort peu saillante et arrondie, qui disparaît complètement dans le voisinage de la bouche. La section transverse est celle d’un large ovale.

Les côtes transverses sont larges à leur base, peu saillantes et distantes de 0:8 à 0‘9**; leur crête est aplatie, et, quand les spécimens sont bien conservés, on y distingue une striation très fine. En outre, dans les intervalles des côtes, on voit courir, çà et là, parallèlement à celles-ci, des côtes secondaires, serrées

et fines, qui ne sont pas représentées sur la fig. 11 de la PI. 89. Fig. 56 daus le texte. Cyrtolites

Les côtes forment, sur le dos, un sinus large et peu profond; Planicosta. Perner. Butovice, E—e 2.

sur le reste de leur parcours, elles sont rectilignes. Dessiné d’après l'original de Barr,

\ : : mal figuré sur la PI. 89, fig. 10—15.

Cette espèce offre beaucoup d’analogie avec Cyrt. eremita, Grosst 15 fois.

Barr., PI. 89, fig. 1 à 5, par la forme générale de sa coquille. a) Les côtes transverses sont pour-

Elle en diffère par ses côtes striées, bien plus larges, et par vues de côtes fines secondaires,

a qui ne s’étendent pas jusqu'à la *) Sous ce rapport, la fig. 10, PI. 89, est inexacte; la coquille est crête des côtes principales.

composée au moins de 2 tours. b) Coupe au travers de ces côtes.

l'absence d’une carène tranchante. Elle se distingue aussi de Cyrt. fasciculatus Barr. PI. 88, fig. 11—14, par sa coquille plus évolute et sa carène plus faible. Cyrt. fasciculatus possède aussi des côtes plus recourbées vers l'arrière. Elle contraste avec Cyrt. improbus, PI. 88, fig. 19—21, par sa forme renflée et ses côtes plus larges.

Gris’ et local. Bande e2, PButowitz.

Cyrtolites rugosus. Barr.

PI. 89, fig. 6—8.

Quoique nous ne possédions qu'un exemplaire unique et défectueux, il n’en représente pas moins une espèce indépendante. Celle-ci présente, sous plus d’un rapport, une certaine ressemblance avec la précédente, mais elle en diffère par son dos plus tranchant et non arrondi, dépourvu de carène saillante. Les côtes transverses sont très minces à leur base, tranchantes. Elles sont aussi moins hautes et beaucoup plus serrées que chez Cyrt. planicosta. Dans les intervalles courent de nombreuses stries parallèles, serrées, croisées par des stries longitudinales encore plus fines et seulement visibles à l’aide d’un fort grossissement. Ces stries longitudinales sont d’une finesse telle, que les stries transverses dominent et que la sculpture en treillis ne se distingue pas nettement partout.

L'espèce Cyrt. rugosus ressemble, par sa forme générale, à Cyrt. planicosta, Per.; mais elle s’en distingue suffisamment par ses côtes étroites et tranchantes à nombreux sillons parallèles et fins, ainsi que par ses stries longitudinales.

Gis' et local. Bande e2, XKosor.

Cyrtolites ämprobus. Barr.

PI. 88, fig. 19—21.

La description qui suit est basée sur un spécimen incomplet, dont il ne reste que la dernière moitié du tour terminal.

Coquille à croissance rapide; fortement comprimée ; pourvue d’une carène haute et tranchante, qui se continue jusqu’à la bouche. Les côtes transverses sont fort peu saillantes, à bombement plat, très serrées (4 par 1”), légèrement courbées.?

Par sa forme générale, cette espèce rappelle Cyrt. advena Barr., de la bande gl (voir PI 88, fig. 25—27), dont elle diffère cependant par la croissance plus rapide de son dernier tour, qui est aussi plus comprimé, par sa carène plus tranchante, ses côtes transverses plates, arrondies à leurs sommet, et un peu arquées. Au contraire, Cyrt. advena possède des côtes transverses hautes et tranchantes, dont le cours est tout à fait rectiligne.

Barrande avait donné ce nom spécifique à un second individu, également incomplet et provenant de la bande g1. Ainsi que le montre sa sculpture, il appartient à une autre espèce, que nous décrivons sous le nom de Cyrt. undulatus Per.

Cyrt. improbus diffère de Cyrt. advena Barr. (PI. 88, fig. 25—27), avec qui elle a de commun le mode d'enroulement et la carène, par le cours arqué des côtes transverses, moins tranchantes que chez Cyrt. advena, qui possède des côtes rectilignes et un bombement un peu plus accentué.

Gis* et local. Bande e2, Dvorce.

Cyrtolites undulatus. Per.

(= Cyrt. improbus. Barr. p. p.)

PI. 87, fig. 27—99.

L'individu figuré par Barrande provient de la bande g1. Il est représenté par un grand fragment du dernier tour, possédant une sculpture caractéristique que l’on ne retrouve chez aucun autre Cyrtolites de la Bohême. Nous nous croyons donc en droit de désigner ce fragment par un nom nouveau, d'autant plus qu'il appartient sûrement au genre Cyrtolites. Barrande l'avait associé, par erreur, avec Cyrt. improbus de la bande e2.

Le spécimen possède une carène haute et tranchante. Il est faiblement comprimé, à section transverse subquadrangulaire. Les côtes transverses sont très fines, étroites, filiformes, basses, distantes de 0:57" environ, à crêtes tranchantes, non arrondies. Elles s'étendent généralement en ligne droite, sans courbure, vers la carène; mais durant leur cours, elles sont très souvent ondulées (PI. 87, fig. 29). Ce sont des particularités que l’on ne remarque sur aucun autre représentant de Cyrtolites, en Bohème. Le diamètre de cette forme a dû atteindre plus de 3°.

Gis* et local. Bande g1, Tetin.

Cyrtolites eximius. Barr.

PI. 87, fig. 5—S8 (male), et fig. 57 dans le texte.

Coquille fortement comprimée, à croissance rapide, pourvue d'une carène tranchante et très haute. Les côtes transverses se dirigent fortement vers l'arrière et sont médiocrement courhbées; cette courbure est plus accentuée dans le voisinage de la carène. La direction des côtes est mal indiquée sur les fig. 6 et 8 de la PI. 87, c’est pourquoi nous prions le lecteur de s’en tenir à la fig. 57 de notre texte.

Les côtes sont hautes et fortes, à créte arrondie, distantes en moyenne de 0:5””; elles se rencontrent sur la carène en formant un angle aigu.

Entre les côtes transverses s'étendent des sillons longitudinaux, profonds, serrés, mais qui ne passent pas par-dessus les côtes. Près de la bouche, ces sillons sont moins marqués, et même, en quelques endroits, ils ne sont pas du tout développés.

Fig. 57 dans le texte.

L'espèce Cyrt. eximius rappelle la forme Cyrt. cristatus Cyrtolites eximius.: Barr. Lodënice.

Barr. (PI. 88, fig. 6—10 et PI. 85, fig. 5—7), dont la sculpture E—el.

est semblable, et qui provient du même horizon. Elle s’en dis- Dessiné d’après l'original de Barr., tingue par ses côtes transverses fortement recourbées en arrière, figuré SES ET fig. 5—8. d

mais sans être aussi arquées que chez Cyrt. cristatus, et par Q) ÉRÉCReR SREN CORRE EE

du test Grossi 2 fois.

sa coquille très comprimée. Quant aux autres espèces de Cyr- b) Sculpture du test grossi 15 fois

tolites, telles que Cyrt. improbus Barr., Cyrt. advena Barr., Cyrt. eremita Barr. qui offrent une certaine ressemblance avec elle par leur forme extérieure, l'espèce Cyrt. flezuosus en diffère par la présence des côtes longitudinales (sillons) et par la forte compression de sa coquille. La croissance rapide de son dernier tour la différencie de Cyrt. decorus Barr.

Gis' et local. Bande e1. Lodenitz.

Cyrtolites seminulum. Barr.

PI. 85, fig. 8—10.

La coquille est très exiguë, de 5” de diamètre, composée d’un seul tour, fortement comprimée, et pourvue d’une carène tranchante. Les côtes transverses sont rectilisnes dans la partie initiale, très faiblement courbées sur le reste de la surface. Elles sont larges, arrondies, à bombement

aplati, rapprochées les unes des autres dans la partie initiale, très distantes près de la bouche, et sans côtes longitudinales dans les intervalles qui les séparent.

A cause de son exiguité, nous avons d’abord regardé le spécimen figuré comme le jeune stade d’une des nombreuses espèces de Cyrtolites de la bande e2, mais pas une seule de ces dernières ne saurait être identifiée avec elle. Comme les sillons longitudinaux manquent, on ne pourrait considérer cette forme que comme un jeune stade de Cyrt. planicosta Per. ou de Cyrt. improbus Barr., qui sont les seules à posséder un

enroulement semblable, et pourvues de simples côtes Fig. 58 dans le texte. Cyrtolites tuboides. Barr. transverses. Butovice, E—e1.

Toutefois, Cyrt. planicosta Barr. possède des Refiguré d’après l'original de Barrande, mal

côtes larges, striées, et sa coquille est beaucoup plus dessiné sur la PI. 68, fig. 4. Après la préparation le

D note den rte trans premier tour, qui était caché dans la roche, est visible. F TENTE à on P à . Grosst 3 fois.

verses, arquées et très serrées. Par contre, les côtes a) vu par le dos.

de Cyrt. seminulum sont simples et très distantes b) vu par le côté.

les unes des autres; la coquille est aussi plus for-

tement comprimée.

Gist et local. Bande e2. Bubowitz.

Cyrtolites tuboides. Barr.

PI. 88, fig. 4—5 (5 male), et fig. 58 et 59 dans le texte.

Coquille fortement renflée, à croissance très rapide; les tours sont juxta-posés. Le dos, fortement bombé devant l’ouverture, est pourvu d’une arrête arrondie dans le premier tour; la coquille est élargie vers la bouche. A leur naissance, près de l’ombilic, les côtes transverses sont rectilignes. Ce n’est que dans le voisinage du dos qu’elles se recourbent vers l'arrière. Elles se rencontrent probablement sur la carène en formant un NE DIS Ie ere j

: : Cyrtolites tuboides. Barr. Butovice.

angle obtus. A leur base, elles sont minces; sur la crête, elles E—e2. sont très tranchantes et, près de la bouche, distantes de Refñguré d'après l'original de Barr 0‘3** environ (voir la fig. 59 du texte). Dans les intervalles Rd Re 88, fig. 4-5. V qui les séparent, on compte de 7 à 10 côtes secondaires pa- a) Le test grossi 15 fois. On voit rallèles, très fines, qui s'étendent jusqu'à la crête des côtes les côtes transverses, pourvues de principales. côtes secondaires, très fines ; celles-

Les moules internes portent, devant la bouche, des sillons Se meer UT PUIS

: RE s ! côtes "principales.

larges, profonds, distants de 1!, à 3", qui courent, rectilignes b) Coupe au travers des côtes.

[er]

et obliques, sur la coquille. Celle-ci semble, en cet endroit, étranglée à plusieurs reprises en forme d’anneau.

Cette espèce se distingue de Cyrt. planicosta Per. principalement par la croissance beaucoup plus rapide de sa coquille, par ses côtes transverses, minces, tranchantes et très serrées. Elle diffère de Cyrt. fasciculatus Barr. par sa coquille plus renflée et par l'existence de ses stries fines, parallèles aux côtes transverses.

Barrande avait réuni, sous le nom Cyrt. tuboides, diverses formes, mal figurées sur la PI. 88, 1—5.

L'original figuré par Barrande PI. 88, fig. 3 représente une espèce différente, ainsi qu'il ressort indubitablement de sa sculpture en treillis et de l’accroissement fort rapide du dernier tour. (Cyrtol. fallax.)

L'original de la PI. 88, fig. 1—2 est un moule interne, qui appartient à un genre différent, pourvu d’une bande.

fi

Le)

Cyrtolites occultus. Perner.

PI. 84, fig. 34—35.

Le dernier tour croît assez lentement. À sa partie initiale, il est pourvu d’une carêne peu élevée, qui disparait presque entièrement près de la bouche. Les côtes transverses sont très peu saillantes, distantes de 0.8”” environ, à bombement peu prononcé, sans stries transverses. Elles passent en ligne droite par-dessus le dos sans former de sinus ni d’angle obtus, comme p. ex. chez Cyrt. fasciculatus. Stries longitudinales, nulles.

L'espèce Cyrt. occultus diffère de Cyrt. Kokeni, qui possède des côtes transverses semblables, par son élargissement beaucoup plus lent, par ses stries transverses plus serrées, et enfin par sa carène très peu marquée.

Gist et local. Bande e2, Dlouh& Hora.

Cyrtolites fallax. Perner.

PI. 88, fig. 3, et fig. 60 dans le texte.

Coquille assez grande. La seconde moitié du dernier tour croît très rapidement, montre un fort bombement, et s’élargit aussi près de la bouche. Sur les moules internes, le premier tour possède un dos étroit, pourvu d’une carène très faible et arrondie, qui disparaît bientôt au commencement du tour terminal. On distingue aussi, sur les moules internes, beaucoup de côtes larges, plates, distantes d'environ 1 ””, qui ressemblent aux plis d'accroissement. Ces côtes sont faiblement courbées et forment sur le dos un petit sinus.

Il ne reste sur l'original que deux petits fragments du test; mais ces fragments suffisent pour montrer que cette espèce possédait des côtes transverses tranchantes et striées, semblables à celles de Cyrt. tuboides, excepté toutefois qu’elles sont croisées par de fines stries longitudinales, ce qui forme une sculpture en treillis (fig. 60 e dans le texte). Près du bord de la bouche, les côtes transverses sont développées en forme de petits filets serrés, étroits et arrondis à leur sommet (fig. 60 g dans le texte).

Les stries longitudinales que nous venons de mentionner différencient cette espèce de Cyrt. tuboides Barr., de Cyrt. eremita Barr. et de Cyrt. Kokeni, à croissance également rapidé.

La forme Cyrtoc. rugosus possède bien, comme C! fallax, des stries longitudinales, mais son tour terminal s’élargit moins rapidement. Elle est aussi plus exiguë. Son moule interne ne montre pas de plis d’accroissement ou même d'indications de côtes transverses.

Par sa forme générale, l’espèce Cyrt. fallax rappelle, sous plus d’un rapport, les espèces dévoniennes: Cyrt. (Cyrtonella) mitella Hall, (Pal. of N.- York.

HOME SL PR DITES RP ENEX fig. 23—28), et Cyrt. (Cyrtonella) pileolus (Ibid. p. 125, fig.

20—22, 29). Mais les formes de l’Amérique possèdent une Structure toute différente.

Barrande voyait dans cette espèce un représentant de Cyrt.

tuboides.

Gist et local.

Kos0r.

Bande e2,

Cyrtolites ÆKokeni. Perner.

PI. 89, fig. 12—13 (male), et fig. 61 dans le texte.

Le dernier tour, à croissance très rapide, possède un dos large, pourvu d’une carène peu saillante. Les côtes trans-

Ve € Fig. 60 dans le texte. Cyrtolites fallax. Perner. Butovice, E—e 2.

Refiguré d’après l'original de Barrande dessiné d’une manière déféctueuse sur la PI. 88, fig. 3.

a) Moule interne vu par le dos, et montrant les plis transverses en forme d’anneaux. Grossi 3 fois.

b) id. vue latérale.

c) Section transverse prise au travers du premier tiers du dernier tour, dans la proximité de l’ouverture. Grossi 3 fois.

d) Section transverse prise à la moitié du dernier tour, où la carène est bien dévelopée.

e) Sculpture du test de la partie carénée.

1) Coupe au travers des côtes transverses.

9) Sculpture du test du bord buccal.

Grosst 8 fois. Grosst 8 fois.

Grosst 8 fois.

verses, au nombre de 3 par 1", sont arrondies sur les moules internes, mais tranchantes sur les individus testacés. De plus, elles sont basses, très faiblement courbées, et se rencontrent à angle très ouvert, sur:la carène, sans former de sinus.

Sur les côtes transverses s'étendent, sans être interrompues, des côtes longitudinales plates et très denses, entre lesquelles on distingue, au moyen d’un assez fort grossissement, des stries trans-

verses secondaires, extrêmement fines.

Celles-ci ne passent pas sur les stries longitudinales, mais

ne sont développées, sous forme de petites côtes secondaires, que dans les intervalles qui séparent les stries longitudinales (fig. 61 c dans le texte).

La figure de la PI. 89 est inexacte sous plus d'un rapport.

La carène n’y est pas indiquée,

et les côtes transverses se perdent sur le dos en formant un très faible sinus.

La croissance de cette espèce s'effectue aussi rapidement que chez les formes Cyrt. planicosta et Cyr. tuboides Barr., mais il manque à celles-ci les fines côtes longitudinales, ce qui les différencie

des formes comparées. De plus, elle est caractérisée par sa carène, qui s'étend jusqu’à la bouche. Elle contraste avec Cyrt. eremita par ses côtes transverses plus distantes et sa carène plus obtuse.

Gis' et local. Bande e2, Dlouh& Æora, et Butowitz.

Cyrtolites? evolvens. Barr.

PI 86, fig. 22—94.

autte

KL

On ne saurait dire avec certitude si cette forme appartient réellement au genre Cyrtolites, parce que l'original figuré par Barrande est un spécimen légèrement comprimé dans les schistes, sur lequel il est

impossible de distinguer s'il F n'existe peut-être pas une bande

dorsale. En se guidant d’après Fig. 61 dans le texte. Cyrtolites Kokenÿi. Perner. Zochkov, E—e2. la forme générale, on serait Refiguré d’après l'original de Barrande mal dessiné sur la PI 89,

tenté de l’associer au genre Zem- HOME : ë re ; . : a) Vu par le côté. On voit les premiers tours, qui étaient cachés dans la nodiscus, mais sa sculpture le

s roche avant la préparation. Grossi 3 fois.

rapproche plutôt des Cyrtolites. b) id. Vu par le dos. On remarque en deux endroits de petits restes La coquille se compose de du test.

2 tours, dont le dernier croit ra- AE VER Q Eee ;

: F d) Coupe au travers des côtes transverses. Grosst 8 fois.

pidement. Elle semble avoir été

assez bombée et pourvue d’une arête ombilicale, ce qu’indique léchancrure latérale du bord buccal. Les côtes transverses sont très fines et serrées, minces à leur base et tranchantes à leur sommet. A leur naissance, leur cours est rectiligne, mais, sur le dos, il devient arqué. Elles se rencontrent sur le dos, en formant un angle. Les intervalles sont occupés par des côtes longitudinales, courtes, arquées, qui ne passent pas par-dessus les côtes transverses et sont d'apparence semblable à ces dernières. Cette sculpture, que l’on ne rencontre que chez Cyrtolites, est le principal motif qui nous à fait ranger cette forme dans ce genre, et non parmi les représentants de Cyrtodiscus Pern., sous-cenre de Temnodiseus.

Gis' et local. Bande d5, Kosov.

Genre Isospira. Koken.

Caractères génériques.

»Coquille symétrique, discoïde, à tours bombés, croissant rapidement. Les stries d'accroissement passent obliquement par-dessus le dos sans former d’échancrure ni de courbure et sont croisées par les stries spirales. (Carène nulle.“ (XKoken, 1897, l. c. p. 137.)

Koken considère ce genre comme un extrême morphologique de la série des Bellerophontidae (Bellerophontidae s. str. dans le sens de Koken), dans laquelle il range Sènuites. Nous n’associons à ce genre qu’une seule forme, savoir: Zsospira lepida Barr. (PI. 88, fig. 15—18), qui provient du Silurien supérieur et répond assez bien à la diagnose exposée ci-dessus. Contrairement

à ce qu'indique la diagnose, elle possède des tours à croissance lente, mais comme elle montre tous les autres caractères du type générique de la Baltique, nous croyons pouvoir avec raison lui donner place dans le genre Jsospira.

En dehors de l’espèce que nous venons de citer, et que l’on peut ranger avec certitude dans le genre Zsospira, il se trouve encore deux autres formes rappelant vivement, d’après les dessins de Barrande, l'apparence des représentants de Zsospira, mais que nous plaçons dans le genre Spirina Kayser, c’àad. dans un groupe qui, dans le système, est entièrement séparé des Bellerophontidae.*) Un spécimen, mal figuré sur la PI. 84, fig. 36—37, après avoir été dégagé de la roche dont il était plus d'à moitié couvert, a montré un enroulement asymétrique tout à fait prononcé, qui, avec le caractère offert par les côtes, prouve qu'il appartient au genre Spirina (groupe des Naticellae). Barrande l’avait associé d’abord, sous le nom de Tubina elongata Barr. sp. M. $S., au genre Tubina, dans lequel il avait réuni des types tout différents, et, plus tard, à Cyrtolites.

La forme figurée par Barrande sur la PI. 84, fig. 38—39, après avoir été également dégagée de la roche, nous a fait reconnaître qu’elle n’appartenait pas aux Bellerophontidae, ce que nous montrent d’ailleurs la forme de la bouche et le caractère de la sculpture.

Isospira lepida. Barr. sp.

PI. 88, fig. 15—18, et fig. 62 dans le texte.

La coquille croît très lentement: les tours portent un bombement également fort et un large ombilic. Les côtes transverses sont très serrées, au nombre de 6 à 7 par 1”, peu saillantes, à arête vive (la fig. 18, PI. 88 est tout à fait incorrecte). Entre les côtes on observe encore 3—4 stries transverses secondaires, très fines. Les côtes longitudinales, perpendiculaires aux côtes transverses, passent sur la crête de ces dernières; elles sont étroites à leur base, plus minces que les côtes transverses, et tranchantes, (fig. 62 dans le texte). Les côtes longitudinales ne Fig: 62 dans le texte. Isospira lepida. se distinguent qu’à l’aide d’une forte loupe. Barr. sp. Kosoï, E—e 2.

Sous le rapport de la sculpture, notre espèce est rappro- , Le be ee par Barr. chée de Zsospira bucanioides Koken, du Silurien inférieur de la se Re ee

| ; a) Sculpture du test. Gross. 15 fois.

Baltique (Koken, l. c. p. 137, fig. 10, 1897); mais elle est plus Entre les côtes transverses, on

exiguë (1°* de diamètre), à croissance plus lente, et moins large distingue encore des stries très près de la bouche. fines. Ces deux sortes d’orneù ; ments sont croisés par d’étroites

Barrande rangeait cette forme dans le genre Zubina, dans côtes en spirale. lequel il associe différents types, qui, suivant l'opinion de Koken, b) id. section des côtes transverses.

appartiennent aux Capulidae (dans le sens le plus large), et non aux Bellerophontidae. (Koken. Neues Juhrb. f. Miner. 1889. Blbd. VI, p. 477.)

Gis* et local. Bande e2, XKosor.

*) Sur les connexions de MNautiria, Tubina et Bellerophons, voir Koken: ÆEntwickelung d. Gastropoden vom Cambrium bis zum Trias. Neues Jahrb. f. Miner. 1889. Beilagebd. VI, p. 475—478.

Groupe des Bucanioidea.”

Genre Carinariopsis. Hall.

Caractères génériques.

,Coquille consistant ordinairement en 2 tours, dont l’interne, très petit, est à peine entouré par l’autre, et visible dans l’ombilic. Le tour externe est fortement élargi, de sorte que la coquille prend l’aspect d’une Patella. Le dos est caréné; la carène, tranchante sur le tour interne, mais moins anguleuse et moins prononcée dans la direction de la bouche. On aperçoit çà et là une bande dorsale. La bouche porte une échancrure sur le côté dorsal; elle est pourvue d’une lèvre calleuse et d’une cloison (septum) sur le côté interne.“ (Ulrich et Scofield p. p.)

Selon l'opinion de Koken, ce genre est étroitement uni à Cyrtolites. Chez quelques espèces, surtout de l'Amérique du Nord, la bande dorsale fait entièrement défaut; chez d’autres, elle n’est distincte qu’en partie, de sorte que le genre Carinariopsis formerait, sous ce rapport, un intermédiaire entre nos deux groupes des Bellerophontidae: les Cyrtohitoidea et les Bucanioidea. Bien que les espèces de la Bohême ne soient représentées, pour la plupart, que par des moules internes, nous avons pu constater l’existence des traces d’une bande dorsale sur plusieurs exemplaires. Dans son ouvrage cité, p. 139—1897, Koken associe au genre Carinariopsis quelques fossiles décrits par Billings sous le nom de Metoptoma dans son travail: Palaeozoic fossils, Vol. I. 1865. (Metoptoma Estella, M. Niobe, M. Nycteis), et des formes figurées par Walcott dans son traité: Palaeontology of Eureka district. Monogr. U. S. Geol. Surv. Vol. VIII. 1885. (Metopt. Phillipsi etc.), ainsi que la forme Capulus rostratus Eichwald. Ces individus semblent dépourvus de bande dorsale, et diffèrent considérablement du type générique par le raccourcissement remarquable de la partie recourbée et par leur aspect en forme de bonnet. Cette remarque s'applique aussi à Carinariopsis patelloides, décrit par Borneman. (Versteiner. d. cambrischen Schichtensystemes der Insel Sardinien. Nova Acta. Acad. Leop.-Carol. Vol. LVI. 1891.) I] conviendrait peut-être de les ranger dans un genre nouveau.

En ce qui concerne l’emploi du nom de Phragmostoma Hall**) au lieu de Carinariopsis, nous prions le lecteur de lire l'explication que Clarke nous donne dans une note de son traité: 7he palaeozoic faunas of Pard, Brazil (Archivos Mus. nacional Rio de Janeiro, Vol. 10, p. 42, 1899. — Edition anglaise de 1900).

Koken***) applique le nom de Phragmostoma aux formes dont le test ressemble à celui de Tremanotus, mais qui possèdent, en outre, une fente ou un petit nombre de trous.

Deux formes de la Bohême, que nous rangeons dans le genre Carinariopsis: Carin. catenularia et ? Car. Roemeri, montrent une sculpture en spirale, dont Ulrich et Scofield ne font aucune mention, l. c. p. 926. Clarke avait appliqué la dénomination générique de Pétomatis aux individus de conformation semblable, qui ne portent aucune sculpture en spirale (Palaeozoic faunas of Part, Brazil, p. 41—43). (Type: Bellerophon patulus Hall.) Par contre, Dreverman avait éliminé ce nom, en émettant l'opinion que la forme typique possède sans aucun doute une sculpture en spirale, ainsi que Hall le fait remarquer à plusieurs reprises, et en pensant que ces formes à sculpture en spirale devaient être désignées sous le nom de Phragmostoma Hall. (Die Fauna der Untercoblenzschichten von Oberstaditfeld bei Daun in der Eïfel. — Palaeontographica, Bd. 49, Lief. IT, p. 76, 1902.)

*) Sur la p.59, désigné par erreur sous le nom de Bucaniidae. **) Fourteenth Rep. N. Y. St. Cabin. Nat. Hist., p. 64. 1861. *k*) Leitfossilien, p. 99.

Suivant l’exemple de Koken (Leïtfossilien, p. 99), nous ne conservons le nom de Phragmostoma qu’à celles des formes semblables à Trematonotus, qui portent sur le dos un petit nombre d’orifices. En revanche, nous serions tenté d'éliminer du genre Carinariopsis les individus ornés d’une bande dorsale bien marquée et assez large (non pas seulement une suture!), comme p. ex. chez Carin. cumulae Hall. (Utrich et Scofield, 1. c. PI. LXII, fig. 12.)

Koken semble également n'associer à Carinariopsis, qu'il fait dériver de Cyrtolites s. str. (Type Cyrt. ornatus Conr.), que les formes dépourvues de bande dorsale, Z. c. p. 139, 1897.

Pour ce qui concerne le genre rapproché et problématique, Patellostium Waagen, le lecteur est prié de se reporter à nos remarques sur le genre Salpingostoma.

L'absence du test sur les spécimens du Silurien inférieur de la Bohême ne nous permet pas de diviser le genre Carinariopsis, en prenant pour base le mode de sculpture et la présence d’une bande dorsale.

Nous n’avons pu nous assurer de l'existence d’un labre et d’un septum interne sur les représentants de Carinariopsis, en Bohême, et nous persuader, par là, qu’ils concordent aussi, sous ce rapport, avec les formes de l'Amérique du Nord.

Mais d’après ce qui précède, le nom de Carinariopsis, dont nous nous servons, paraît convenir aux formes dont la description va suivre, malgré la conservation très défectueuse de la sculpture plus fine du test, chez les spécimens de la Bohême.

Carinariopsis Roemeri. Barr. sp.

PI. 85, fig. 14—15; PI. 88, fig. 45—46 et fig. 63 et 64 dans le texte.

La coquille présente la forme d’un bonnet. Le sommet, fortement réfléchi, saille au-dessus du bord postérieur du péristome élargi. Les tours sont comprimés, bas, larges, à bombement dorsal très faible, et dépourvus de carène. Leurs côtés forment des angles aigus, de sorte que la section transverse est triangulaire. Vers le sinus (échancrure dorsale), le dos est plus bombé, et, chez les adultes, la coquille est retroussée en toit de chaque côté du sinus. Celui-ci est à angle aigu, profond et étroit. Le péristome, tout à fait plat, s’étend*) régulièrement en forme de cercle, et ne présente nulle part de troncature (voir la fig. 63 du texte).

Sur le dos des spécimens non adultes, on distingue nettement un filet large d’environ 5”, arrondi et peu saillant, qui paraît représenter la bande (PI. 85, fig. 14). Nous ne connaissons rien de sa structure, parce que le test de tous les spécimens est en grande partie détruit par l’oxyde de fer jaune brun. Chez les spécimens adultes, la bande est indiquée par un filet tranchant, très mince, mais qui est souvent effacé.

Sur la première moitié du tour terminal, la surface porte des côtes transverses très faiblement courbées, grossières, serrées, d'aspect granulé, qui se rencontrent sur le dos en formant un angle obtus, (fig. 63 c, d). Dans le voisinage de la bouche, elles se perdent et sont remplacées par quelques plis d’accroissement quelquefois assez profonds et dont la largeur atteint jusqu’à 4”, Ces plis courent parallèlement au bord du péristome élargi, se recourbent subitement vers l'arrière, sur le dos, où ils se coupent à angle aigu. Nous avons, en outre, découvert, en un endroit, des traces de côtes longitudinales, fines, plates et très distantes, fig. 64 dans le texte.

*) Le dessin de la fig. 45, PI. 88, est inexact en ce sens que le sinus (échancrure dorsale) est représenté comme large et sans profondeur, et que le péristome est tronqué, Cette dernière inexactitude provient de ce que les bords n’avaient pas été dégagés de la roche. Comparer la fig. 63 du texte, dessinée après préparation des deux originaux de Barrande.

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