CRE
La sculpture des jeunes spécimens consiste en côtes longitudinales denses, assez larges et très peu saillantes, qui sont croisées par des rainures transverses peu profondes, sans interrompre visiblement le cours des côtes en spirale. Les stries transverses sont faiblement développées. Sur le dos, elles courent en ligne droite, et forment entre elles un angle obtus. Les côtes en spirale sont aussi effacées sur le tour final, et la surface ne semble plus que parsemée de petits tubercules à peine saillants et disposés en rangées.
Cette mutation présente, par son dos peu bombé, une transition de la forme typique vers la mut. serpentina.
Si l’on possédait des matériaux plus nombreux, on trouverait encore, çà et là, de légers contrastes dans la croissance des tours, la distance qui sépare les ouvertures, et le bombement du dos; mais ce sont là des particularités individuelles qui sont réunies sur tout au plus deux exemplaires à la fois, et qui, par conséquent, ne méritent pas d'être prises en considération.
Gis' et local. Bande e2, Dlouh@ Hora.
Tremanotus distans. Barr.
PI. 82, fig. 18—20, et fig. 83 dans le texte.
Coquille assez petite, d’un diamètre maximum de 4°”. Tours, au nombre de 54, croissant très lentement, médiocrement bombés sur le dos, mais fortement sur les côtés, ce qui donne un aspect réniforme à la section transverse (fig. 83 dans le texte). Le dernier tour croit proportionnellement beaucoup plus vite que les précédents; le dos, dans la seconde moitié, se bombe plus fortement, et, tout près de l'extrémité de ce tour, la bouche s'élargit en trompette. La bordure du péristome circulaire est assez étroite, autant qu'on peut en
Fig. 83 dans le texte.
: è Li Tremanotus distans. Barr.
juger par les rares matériaux que nous possédons, et le diamètre ma- Diouhé Hora, E—e 2.
ximum de la bouche pourrait bien ne pas dépasser 2°.
Section transverse de l’ori- La sculpture se compose de rides en spirale, tout à fait plates, ginal . A AE
. À . 2 de S e
larges d'environ 0‘7"”, séparées par une rainure étroite. Elles sont =
croisées par des stries transverses faiblement indiquées, courant en ligne droite sur le dos et se coupant à angle droit. Des intervalles qui séparent les ouvertures, on voit partir, de la même manière, des rainures transverses, peu profondes, qui interrompent le cours des stries en spirale.
Les ouvertures forment, sur les moules internes, des tubercules situés dans une rainure plate. Elles sont elliptiques, relativement grandes (0:6 à 1””), et entourées d’une rainure plus profonde. Sur les individus testacés, elles forment des tubercules oblongs, s’élevant petit à petit.
On pourrait considérer cette espèce comme un jeune stade de Treman. beraunensis, Baxr.; mais elle montre des particularités spécifiques qu’on ne saurait attribuer à une simple variété. Son dos est plus bombé; elle possède plus d'ouvertures par 1°* de longueur, et son ombilic est plus profond que chez Treman. beraunensis. En outre, chez les spécimens testacés de 7reman. distans, les ouvertures ont une forme elliptique allongée, tandis qu’elles sont arrondies chez ceux de 7reman. beraunensis.
Gris! et local. Bande e2, Dlouhà Hora.
Tremanotus caelatus. Perner.
PI. 82, fig. 21—28, et fig. 84 dans le texte.
Coquille exiguë, à ombilic profond. Elle se compose de 4 tours, dont le dernier croit plus rapidement que les précédents, et qui possèdent tous un dos assez fortement bombé. Les côtés sont aussi fortement bombés, ce qui donne à la coupe transverse la forme d’une
ellipse large. La dernière moitié du tour final s’élargit petit à petit Fig. 84 dans le texte. en un péristome conique. Tremanotus caelatus. Perner. Dlouhä Hora, E—e 2.
Les ouvertures, aussi bien sur les moules internes qu'aux en- : ee À é s à à Section transverse de l’oridroits encore recouverts du test, sont arrondies, petites, et relative- ginal figuré sur la PI. 82, fig. 21—93. ment très distantes les unes des autres. On en compte environ 3 Grosst 3 fois. par 57* de longueur.
La sculpture se compose de rides en spirale, plates, très larges. Les ornements transversaux sont indistincts.
Cette espèce offre beaucoup d’analogie avec la forme précédente, Zreman. distans; mais elle en diffère par ses orifices arrondis et les plus grands intervalles qui les séparent. Elle contraste encore avec Trem. distans par son ombilic plus étroit et plus profond, et par le petit nombre de ses tours. Mais la plus grande différence consiste dans le bombement du dos, beaucoup moins prononcé chez Treman. distans, sans être aussi plat que chez les jeunes spécimens de Treman. beraunensis. Les représentants de Zreman. caelatus possèdent un dos fortement bombé, surtout près de la bouche, de
sorte que la hauteur égale les ? de la largeur, ce que l’on n’observe pas chez les espèces précédentes.
Gis! et local. Bande e2, Dlouh@ Hora, Bubovice. On ne connaît que 2 exemplaires.
Tremanotus planorbis. Perner.
PI. 82, fig. 17—18, et fig. 85 dans le texte. Coquille de taille assez exiguë, composée d'environ 5 tours, qui croissent lentement et sont
partout uniformément bombés, de sorte que leur coupe transverse présente un ovale large. Les côtés des tours moins âgés sont plus fortement bombés que le dos. Péristome inconnu.
La sculpture est. indistincte. Il est certain qu’il n'existait pas de fortes rides en spirale.
Les ouvertures sont petites et arrondies, relativement très écartées les unes des autres; elles dépassent environ 3 ou 4 fois la longueur de leur diamètre, qui atteint à peine 0:77,
Cette espèce ce distingue de tous les autres représentants de Tremanotus, en Bohême, principalement par la section transverse presque circulaire des tours, car la section des autres espèces est réniforme, c'ad que leur dos est, en général, plat ou peu bombé, et les côtés très fortement renflés. Au contraire, dans l’espèce que nous étudions, le bombement est uniforme sur le dos et sur les côtés. De plus, elle diffère de Treman. caclatus par la croissance plus lente de ses tours, et de 7reman. distans par la forme arrondie de ses ouvertures.
Fig. 85 dans le texte.
Gis! et local. Bande e2, Vohrada. Tremanotus planorbis. Perner. Vohrada, E—e 2.
Section t'ansverse de l’original de Barrande, figuré sur la PI. 110, fig. 13— 15. PI. 82, fig. 16—17. Grosst 3 fois.
Tremanotus incipiens. Barr.
Coquille de très grande taille; ombilic étroit et profond; tours au nombre de 3 environ. Ceux-ci croissent très rapidement, leur dos est comme aplati, mais ils sont très fortement bombés sur les côtés. La largeur du dos atteint au moins le double de la hauteur du tour. Dans la direction de la bouche, sur la seconde moitié du dernier tour, le dos se bombe légèrement, de telle sorte que, dans la bouche même, la hauteur du tour égalerait la largeur; toutefois, tout près de l'extrémité du tour, la bouche s’élargit aussi latéralement, d’où il résulte que, malgré le bombement du dos, elle doit avoir la forme d’une ellipse large.
La sculpture n’est bien distincte qu'à l'extrémité du dernier tour, quoique le test soit conservé sur la plus grande partie de l’exemplaire.*) Elle consiste en rides en spirale, courtes, grossières, très espacées et fortement bombées, qui sont interrompues par des stries transverses et déplacées latéralement. Les stries transverses sont faiblement courbées, et forment, au milieu du dos, un angle obtus. La sculpture porte encore, çà et là, des indications de côtes transverses; ces dernières sont plates, espacées d'environ 3 à 5"” et continues.
Les ouvertures présentent, sur le moule interne, ia forme d’un ovale allongé, d’une largeur de 1:3*” environ et de 3"” de long. Sur la surface du test, qui est ici très épais et permet de reconnaître distinctement 3 couches, comme dans 7>eman. polygonus, elles sont ovales, larges et même presque rondes. Elles saillent fort peu sur la surface, et semblent situées sur un filet plat. Autant que nous avons pu le constater, nous n’avons pas trouvé de filet semblable sur le moule interne.
Cette espèce, quoique représentée par un seul exemplaire, se distingue de Treman. longitudinalis, Lindstr. (4. c. Pl. IV, fig. 1—7), dont le dos est bombé et les ouvertures, plus rapprochées, se trouvent sur un filet large.
Gist et local. Bande el, Butowitz.
*) Sous ce rapport, le dessin de Barrande est idéalisé.
Tremanotus insignis. Barr.
PI. 110, fig. 10—12, et fig. S6 dans le texte.
Bellerophon insignis, Barr. sp. — Koken, 1889, L. c. p. 385.
La coquille se compose de 4 tours, qui croissent rapidement, possèdent un dos très large, et sont juxtaposés. La hauteur du tour terminal est de 147”; sa largeur, de 25%” cad. que les tours sont deux fois plus larges que hauts. Le dos des tours est fortement bombé; mais ce bombement, encore plus prononcé sur les côtés, y forme une véritable arête ombilicale arrondie (voir fig. 86a du texte).
Les ouvertures ont un contour ovalaire, et la distance qui les sépare, mesurée à partir du centre de chacune d'elles, est en moyenne de 3”” sur le mn dernier tour. Elles forment des tubercules peu sail- spores
a) Section transverse du dernier tour. Grand. nat. lants, dont l’inclinaison est plus rapide sur le côté b) Sculpture, grossie 6 fois. dirigé vers la bouche que sur le côté opposé. Elles ne sont pas perpendiculaires à la surface, mais dirigées obliquement vers l'avant, à peu près de la même manière que sur les spécimens de Phragmostoma. Entre les ouvertures s'étend une suture très fine, ornée, de chaque côté, de fines stries serrées, se rencontrant en angle aigu. Ces stries sont également développées en forme d’arc court, sur le côté antérieur, moins incliné, des ouvertures (voir fig. 86 b du texte) **)
La structure s’écarte sensiblement de celle des autres représentants de 7remanotus, de sorte que l'espèce Trem. insignis forme un groupe à part, dont nous ne pouvons encore établir les caractères principaux, faute de matériaux plus nombreux et mieux conservés. Avant tout, nous signalerons l'absence totale des rides ou côtes longitudinales (en spirale), si caractéristiques pour les autres espèces de f2 et eZ. Les côtes transverses apparaissent en forme de bandes larges, composées de trois filets, dont celui du milieu est ordinairement moins bombé ou plus bas, ou même nul, d’où il résulte que le milieu de la côte présente une rainure plus ou moins profonde. Les côtes transverses forment un angle obtus, et l'intervalle qui les sépare est, en moyenne, égal à leur largeur. Dans ces intervalles, ainsi que sur les côtes, passent des sillons longitudinaux peu profonds. Ceux qui se trouvent dans les intervalles courent, sans être interrompus, en suivant une direction oblique vers le milieu du dos. Les sillons qui passent sur les côtes transverses changent plusieurs fois de direction: sur le premier filet d’une même côte, ils se dirigent obliquemeut vers l’avant; sur le deuxième filet, obliquement vers l'arrière, et, sur le troisième, comme sur le premier. En quelques endroits, il semblerait que cette alternance singulière soit provoquée par le passage des sillons longitudinaux sur les côtes transverses d’inégal relief, et qu’elle ne soit pas véritable. L’unique original de Barrande étant un peu décomposé, ce que nous voyons du test ne permet pas de décrire avec certitude les détails de la sculpture.
Par son ombilic profond et son mode d’enroulement, cette espèce offre une certaine analogie avec une forme de Bellerophontidae à bouche élargie, que Hall figure sous le nom de Bucania profunda (Pal. of N. York. Vol. 3, Pt. VI, PI. 68, fig. 1—83). Mais ne connaissant pas la sculpture ni le genre auquel cette forme américaine appartient, il nous semble impossible d'établir une comparaison entre ces deux formes.
Fig. 86 dans le texte. Tremanotus insignis. Barr. Konëprus, F—f 2.
Gis* et local. Bande f2, Konéprus.
**) Les particularités qui se rapportent aux ouvertures ne sont pas exactement représentées sur la fig. 12, PI. 110.
Genre Phragmostoma. Hall, emend. Koken.
Caractères génériques.
,Coquille de conformation et de structure semblables à celles de Tremanotus; toutefois, sur le des, il n'existe qu’une fente ou un petit nombre d’orifices.“ (Koken, Leitfossilien, p. 99.)
Nous avons déjà fait observer, en exposant les caractères génériques de Carinariopsis (p. 90) et de Salpingostoma (p. 97), que nous comprenons le genre Phragmostoma dans un sens différent de celui de Waagen. Les formes qui répondent à la diagnose établie par Waagen se rapporteraient plutôt aux représentants de Carinariopsis.
Dans the Palacozoic faunas of Pard, Brazil. — Arch. Mus. nacion. Rio de Janeiro, Vol. 10; édit. anglaise, 1900, p. 42, note, Clarke démontre que la confusion à été causée par ce fait, que l'espèce typique Carin. cymbula, Hall, fut figurée par erreur suus le nom de Phrag. natator, Hall, dans le 15* Report N. York. St. Cabin. Nat. Hist. 1862, PI. VI, fig. 12—14*) D'après cela, le nom de Phragmostoma pourrait s'appliquer aux formes qui ne possèdent que quelques orifices dorsaux. Cependant le nom de Carinariopsis est généralement adopté pour désigner les formes, auxquelles s’appliquerait la dénomination Phragmostoma dans le sens ancien,**) et un nouveau changement ne ferait qu'augmenter la confusion. En outre, et c’est là le principal motif, la priorité appartient au nom Carinariopsis,“**) qui sert à désigner des formes citées, plus tard et par erreur, sous le nom de Phragmostoma. Il est donc tout naturel de n’appliquer le nom de Fhragmostoma qu'aux formes qui ressemblent à Tremanotus et qui ne possèdent qu’un petit nombre d’orifices.
Les contrastes qui existent entre les genres 7remanotus et Phragmostoma ne résident pas seulement, à notre avis, dans le petit nombre d'orifices, mais aussi dans le mode de développement de ces derniers. Si l’on enlève le dernier tour d’un individu adulte d’une espèce de Phragmostoma, on n’aperçoit, sur le dos des tours plus âgés, aucune trace d’orifices ni de fente. On n’en trouve même pas au commencement du dernier tour, et, à cet endroit, le dos seul est plat ou présente un bombement concave. Sur les moules internes, on remarque souvent que le dernier tour ne porte que 4 ouvertures étirées, reliées entre elles par un filet tranchant et en forme de crête, Ce filet est situé dans une rainure, qui atteint une largeur de 2” (voir fig. SS—90 dans le texte); il s'étend aussi devant la dernière ouverture, presque jusqu’au bord du péristome. Le nombre maximum des ouvertures dorsales est de 6 chez Phragm. civis, Barr. sp.
On remarque quelquefois, sur le dos du moule interne des jeunes individus, un filet unique, peu saillant, plat, et accompagné, de chaque côté, d’une rainure étroite et très peu profonde. Sur son prolongement vers la partie antérieure se forment quelques ouvertures; vers l'arrière, il se perd bientôt, et le dos du moule interne est alors entièrement lisse. Toutes ces particularités font défaut au genre Zremanotus, dont le dernier tour tout entier, ainsi que tous les tours précédents, sont garnis de nombreuses ouvertures arrondies et très rapprochées les unes des autres. Ce caractère nous semble démontrer la parenté de Phragmostoma avec le genre Salpingostoma pourvu d’une fente sur le dernier tour.
En outre, chez le genre Phragmostoma, la couche portant la sculpture, qui présente en quelques endroits une épaisseur de 11”, même chez de petits spécimens de 4** de diamètre, forme sur le dos
*) Le nom de Phragmostoma fut introduit par Hall en 1861. (Deseript. of new species of fossils, p. 32. — 14tà Report N. York, St. Mus. Nat. His. p. 94.) **) Voir Ulrich & Scofield, 7. c. p. 857 et 926. — Koken. Leitfossilien, p. 99.
##*) Introduit dès l’année 1847 par Hall (Pat. of N. York, Vol. I, p. 183).
un filet relevé, qui ne semble développé que dans la deuxième moitié du dernier tour. Cette particularité n'existe pas chez le genre 7remanotus.
Le test étant très épais sur les côtés des tours et sur le péristome, les moules internes offrent un aspect tout différent des individus de la même espèce qui sont pourvus de leur test. Les 3 couches du test participent, comme chez Tremanotus et Haliotis, à la formation des éremata sur le dos. Dans l’intérieur de la bouche, il semble exister quelques plis longitudinaux; on en observe de très distincts sur la surface des moules internes de Phragm. civis, ou bien aux endroits où le test s’est détaché.
Nous avons déjà fait mention, en étudiant le genre Salpingostoma, des rapports qui existent entre celui-ci et Phragmostoma. Nous ajouterons seulement ici que Koken, dans sa monographie (2. c. p. 131 et 141, 1897), ne parle nullement, en exposant les caractères de Salpingostoma et de Phragmostoma, de l’existence d’une lèvre interne, granulée et calleuse.
On peut conclure, d’après son étude antérieure (l. c. 1889, p. 388), qu’il n'attache pas une grande importance à ce caractère. D'ailleurs, c’est à peine si, avec ce mode d’enroulement et la croissance lente du dernier tour, on peut supposer l'existence d'une lèvre interne, calleuse, chez Phragmostoma, dans le sens que nous l’entendons.
Chez quelques espèces de Phragmostoma de la Bohême, l’enroulement offre souvent peu de symétrie. Le défaut de symétrie consiste, chez les représentants de Phragm. tuboides, aussi en ce qu'il se forme, sur un côté de l’ombilic, une couche calleuse, qui s'étend sur les tours.
Phragmostoma (Salpingostoma ?) nobile. Barr. sp. PI. 82, fig. 6—7; PI. 86, fig. 43—44, et fig. 87 dans le texte.
Gyrotrema nobilis, Barr. M. $S. — Bigsby, Thes. silur., p. 167.
Les tours, au nombre d’environ 34, croissent d’abord lentement; plus tard, leur croissance s'effectue plus rapidement. Leur hauteur atteint à peu près les de la largeur. A une faible distance du péristome évasé et plat, la seconde moitié du dernier tour est bombée en toit et s’élargit en cône, de telle manière que la section transverse est subtriangulaire. Les tours initiaux ont le dos très légerement bombé. Ce bombement devient, plus tard, beaucoup plus prononcé. Les côtés des tours, à l'exception de la partie élargie, sont tes NAN TRUE ï Dessiné à nouveau d’après l’original, PI. 86, fig. 43—44 sorte qu'ils présentent l'aspect d’aré- a) Sculpture du péristome. Grosst 6 fois.
tes arrondies. Les tours ne se re- b) Dos du dernier tour, montrant les ouvertures. (D'après le moule couvrent que faiblement. interne. Dessin un peu idéalisé.) Grosst 3 fois. c) Section transverse, prise au milieu du tour final. Grosst 3 fois.
ns MS eu A en juger par les USM d) Section transverse, prise au commencement du dernier tour. représentés en grande partie par Grosst 3 fois.
Fig. 87 dans le texte. Phragmostoma nobile. Barr. sp. Bubovice, E—e 2.
des moules internes, les ouvertures n'existent qu'au nombre de 3 sur la dernière moitié du tour terminal; elles apparaissent, sur les moules internes, sous la forme de tubercules oblongs et étroits. Mais, comme ces tubercules sont souvent détachés, il est difficile de déterminer leur délimitation et leur véritable forme; *) toutefois, cette dernière semble assez fidèlement reproduite sur les figures de Barrande. Les ouvertures des spécimens testacés auraient à peu près l’apparence de celles représentées sur la fig. 874 de notre texte. Tous les tubercules sont situés sur un filet saillant, d’environ 1*”* de largeur et caréné. Ce filet est limité, de chaque côté, par une rainure peu profonde, qui l’isole sur le bombement du dos, (fig. 87c, d dans le texte). Le filet commence à se développer à une distance d’environ 1° avant d'arriver au premier tubercule, mais il n’y est que faiblement indiqué, ce n’est qu'entre les tubercules qu’il saille d’une manière sensible sur la surface dorsale. Il se continue à une petite distance après le dernier tubercule, et disparaît peu à peu devant le disque du péristome.
Le péristome, large, en haut, d’environ 127, et de 7 ”" latéralement, a la contour d’une ellipse. Vu par la face antérieure, il cache ?, de la partie enroulée en spirale. A la partie antérieure, il possède un sinus large, mais très faible, situé sur la ligne médiane. Une partie du bord est légèrement relevée vers l’intérieur à une distance d'environ 577.**)
Le test n'est pas conservé sur la partie enroulée en spirale, les fragments qui restent fixés entre les tours montrent qu'il était de même épaisseur que chez les autres représentants de Phragmostoma, en Bohême. En revanche, le péristome est recouvert de son test, qui était très mince, ce qui forme un grand contraste avec les autres Phragmostomes de la Bohême, qui possèdent une bouche très épaisse, ornée de grossières rides en spirale.
L'espèce que nous étudions porte sur son péristome 6—8 côtes d’accroissement, fortes et parallèles au bord, entre lesquelles s'étendent de nombreuses stries plus fines, lamelleuses ou écailleuses, onduleuses et souvent interrompues. On ne distingue aucune trace de stries en spirale, (fig. 87a dans le texte). Cette sculpture diffère donc considérablement de celle des autres Phragmostomes, et se rapproche plutôt de celle du genre Salpingostoma, auquel nous avions d’abord associé cette forme. Mais si l’on considère que, d’après la diagnose de Koken, Salpingostoma doit posséder une fente dorsale, et non pas un certain nombre d’orifices, comme c’est ici le cas, il nous semble impossible de ranger cette espèce dans le genre Salpingostoma.
Naturellement la distinction stricte des genres en question ne peut être basée sur un tel contraste, qui n’est pas très marquant, et on pourrait supposer, dans ce cas, qu'il existait une fente continue, indiquée par le filet sur le dos du moule interne, et élargie seulement aux endroits où se trouvent les tubercules ou les orifices. L’association de notre forme à Salpingostoma serait dans ce cas entièrement justifiée, et le bord buccal se trouverait alors posséder la conformation de celui de
Salpingostoma.
Le cas contraire nous est offert par une forme du Silurien inférieur, extrêmement semblable à la nôtre; nous voulons parler de Salpingostoma Buelli, Whitf. sp. (Ur. et Scof. 1. c. p. 900, PI. LXVIII, fig. 34—38). Cette espèce de l'Amérique du Nord possède une fente continue et un bord buccal large, comme les autres espèces de Sa/pingostoma, et, malgré cela, Koken la considère comme un Zremanotus, quoique les savants américains ne fassent, dans la description, aucune mention d’orifices. (Koken, Ueber untersilur. Gastrop.; N. Jahrb. f. Miner. 1898, Bd. I, p. 7, Note 1)
*) Sous ce rapport, la fig. 43, P1 86, est idéalisée; les fig. 6—7 de la PI. 82, répondent à la réalité. **) Le sinus et le retroussement mentionné ne sont pas placés exactement dans la ligne médiane de la coquille, mais un peu de côté et en arrière, ce qui concorde avec le défaut de symétrie, qui, bien que peu prononcé et souvent
caché, se remarque chez beaucoup de genres de Bellerophontidae, et surtout chez Phragmostoma. 16*
On ne saurait non plus désigner notre forme sous le nom de 7remanotus, parce qu’elle ne porte que 3 orifices dorsaux. Il ne sera possible de lui accorder la place définitive qui lui convient que quand on aura découvert un spécimen pourvu de son test. C’est aussi pour le même motif que nous renonçons provisoirement à le ranger dans un sous-genre nouveau, quoique la forme plate du péristome, perpendiculaire aux côtés du tour, semble exiger que l’on sépare cette espèce des autres Phragmostomes.
Gist et local. Bande e2, Bubovice. Calcaire verdâtre à Gastéropodes.
Phragmostoma éuboides. Barr. sp.
PI. 82, fig. 11—15, et fig. 88 dans le texte.
Gyrotrema tuboides, Barr. M. S. — Bigsby, Thesaurus silur. p. 167.
La coquille possède un ombilic profond et se compose de 5 tours à croissance rapide et à bombement uniforme. Sur les moules internes, les côtés sont plus fortement bombés que le dos. La section transverse des tours est arrondie; mais, à l'endroit où le tour final s’évase en tromrette, le dos est plus plat, et la largeur du tour à peu près 1 plus grande que la hauteur.
Le péristome était d’abord conique, puis concave tout près du bord. Le contour, à en juger par l’état de conservation du spécimen, avait une forme ovoïde. Sous ce rapport, les moules internes montrent de crands contrastes. Ils portent plusieurs dépressions, et la partie concave occupe un plus grand espace. Les dépressions sont for- a) Fragment du test pris sur le côté et près de l’extrémité du dernier tour,
à l’endroit où celui-ci s’élargit fortement. Grossi 4 fois. Dessiné d’après l'original figuré sur la PI. 82, fig. 14.
Fig. 88 dans le texte. Phragmostoma tuboides. Barr. sp. E—e 2.
tement développées sur les côtés
de l'évasement PHARE du der b) Section transverse d’un autre spécimen. On constate un léger défaut de nier tour; elles indiquent que symétrie dans l’enroulement des tours. Sur un des côtés, l’ombilic est la lumiere était rétrécie à ces rempli d’une masse amorphe calcaire {callosité?). Grosst 11}, fois.
endroits, comme p. ex. dans le €) Ouvertures. — Dessin exécuté d’après un moule interne. Grosst 11}, fois. genre Sinuites. Les individus testacés ne portent extérieurement aucune dépression semblable, et, en ces endroits, le test a 27”
d'épaisseur. Sur la partie enroulée en spirale, les côtés des tours sont aussi couverts d’un test plus fort.
La sculpture se compose de grossières rides en spirale, onduleuses, qui s'étendent en ligne droite sur la coquille. Les côtes transverses n'apparaissent que d’une manière secondaire; elles s’observent çà et là près des rides, sous forme d'anneaux larges. Il existe, en outre, des rides transverses larges, fortes, onduleuses et arrondies, qui sont surtout développées sur les côtés de la partie conique du dernier tour. Ces rides transverses n’interrompent pas les rides en spirale, et sont espacées de 3 à 6%. A leur position près du péristome, ainsi qu’à leur cours, on reconnaît
qu'elles n’ont rien d’analogue avec les sillons transverses que l’on remarque si souvent chez les formes de Tremanotus, ni aucun rapport avec les ouvertures dorsales. En effet, à l’endroit où elles sont si fortement développées, il n’y a pas d'ouvertures dorsales: leur nombre est beaucoup plus grand que celui des ouvertures; leur direction et leur cours sont aussi tout différents. Sur le dos du dernier tour, on observe aussi des rides transverses; elles y sont moins fortes, mais tranchantes. Les moules internes portent souvent des traces distinctes de rides en spirale, surtout sur le péristome. Ils possèdent, en outre, sur la partie conique du dernier tour, ou plutôt sur la partie médiane du dos, un bourrelet qui s’élargit environ à 1°* du bord buccal, et disparaît ensuite.
Quelques individus adultes montrent un léger défaut de symétrie, et un côté de l’ombilic est partiellement rempli d'une matière calleuse.
Gist et local. Bande e2, Bubovice, Keporyje. Spécimens assez fréquents.
Phragmostoma civis. Barr. sp.
PI. 204, fig. 20—30, et fig. 89—90 dans le texte.
Les tours croissent plus vite que chez l’espèce précédente. La coquille est aussi beaucoup plus grande. Les tours sont bombés d’une manière uniforme, et les moules internes des jeunes individus sont un peu plus fortement renflés sur les côtés que sur le dos. Le tour final s’élargit lentement; sa hauteur dépasse quelque peu sa largeur; son contour est subquadrangülaire, car le bombement du dos est moins prononcé que celui des côtés. Le péristome est conique et relativement étroit. La transition entre la partie enroulée et le péristome s'effectue, même sur les moules internes, plus lentement que chez Phragmost. tuboïdes.
Fig. 89 dans le texte. Phragmostoma civis. Barr. sp. Bubovice, E—e 2.
a) Fragment du test pris sur le dernier tour d’un spécimen adulte. Grossi 4 fois. Dessiné d’après l’original de la PI. 204, fig. 24—96.
b) Section transverse d’un autre spécimen. Il existe un défaut de symétrie dans l’enroulement des tours, qui croissent très rapidement. Grosst 11}, fois.
©) Section verticale passant par le dos d’un spécimen dépourvu du test. Cette coupe est prise sur le tour final, à l'endroit où un filet tranchant s’étend entre les ouvertures. Grosst 4 fois.
d) id... autre section verticale, mais prise immédiatement devant les ouvertures, à l'endroit du dos, où le filet tranchant est remplacé par deux autres, plus petits, qui forment une rainure, et se réunissent plus tard ensemble. Grosst 4 fois.
Les ouvertures, dont le nombre s'élève jusqu’à 6, ont une longueur d’environ 8” et une largeur de 21” chez les individus adultes. La distance qui les sépare, mesurée d’un bord à l’autre, est de 6 à 7" (PI. 204, fig. 27). La dernière ouverture, Càd. celle qui est le plus rapprochée du bord buccal, est beaucoup plus étroite et plus petite. Sur les moules internes des jeunes spécimens, on peut constater que les ouvertures offrent l'aspect d’une fente, et qu’elles se dirigeaient obliquement vers l'avant.
La première ouverture est représentée, sur les moules internes, par un tubercule étroit, allongé, qui n’est relié à la suivante par aucun filet. Devant ce tubercule, du côté du péristome, il existe une petite fossette, et derrière lui, on aperçoit une faible trace de filet plat.
Près de la deuxième ouverture, on voit saillir un filet, qui disparaît presque aussitôt, coupé obliquement. À cet endroit, on distingue une petite fossette de forme ovoïde, entourée, de chaque côté, de deux minces filets arqués, réunis ensuite, pour former un filet plus long, à arête tranchante, qui s'étend au milieu du dos, jusqu’à la prochaine ouverture. (Fig.
89a, c, d dans le texte.)
La troisième ouverture est déjà beaucoup plus grande et plus haute. Chez les individus de taille moyenne, sa largeur est d'environ 1””*, et sa lon-
Fig. 90 dans le texte. Phragmostoma civis. Barr. sp. Bubovice, E—e 2.
a) Spécimen adulte. Vue du péristome par la partie postérieure. La partie enroulée en spirale est omise à dessein, afin de représenter la section
gueur, de 3”; les deux autres transverse du tour final, élargi. Grand. nat.
ouvertures, c’ad. la quatrième b) Spécimen de taille moyenne et dépourvu de son test. Vue du dos, pour et la cinquième, présentent les monter le développement des tremata, et, en même temps, les arêtes mêmes dimensions (fig. 90 & dans transverses du dernier tour. Grosst 11}, fois.
le texte).
Chez quelques moules internes, la première et la deuxième ouverture sont déjà reliées par un filet, mais leur développement ultérieur est identique. Les ouvertures des individus où le test est conservé possèdent des dimensions presque égales, ainsi que sur ceux qui sont dépourvus de leur test; elles ont la forme de petits mamelons, ornés de bords relevés de plus de 1” de haut.
On remarque encore que, sur les moules internes, le filet est situé dans une impression peu profonde, mais large, de même nature que chez Phragm. nobile. Les bords de cette impression affectent la forme d’arêtes minces et arrondies, (fig. 90b dans le texte).
A partir des ouvertures, s'étendent, sur les moules internes, d’autres arêtes peu prononcées, larges et arrondies, qui passent obliquement sur les côtés. Elles sont produites par le changement du bombement des côtés. Leur rapport avec les ouvertures indique une interruption temporaire "dans la croissance de la coquille, pendant laquelle la bouche s élargissait pour former le péristome. {Elles répondent donc aux rainures transverses, telles que nous les connaissons chez les représentants de Tremanotus. Ces mêmes arêtes forment ensemble sur le dos un angle d’à peu près 70°; elles courent
obliquement sur les côtés en s’arquant un peu; elles ne se dirigent donc pas vers le milieu de l’om-
bilic, mais tangentiellement vers le tour précédent, comme chez Tremanotus fortis (PL. 81 et 83). Elles sont plus distinctes sur les côtés que sur le dos, où, au lieu de se rencontrer en angle, elles forment un sinus large.
La sculpture est rarement conservée. On distingue, sur le dernier tour, de nombreuses rides en spirale, serrées, larges, peu bombées; sur elles, s'étendent des côtes transverses fines, espacées et rectilignes. Celles-ci se rencontrent en formant un angle obtus (fig. 89 & dans le texte). On distingue souvent, sur les moules internes des individus adultes, des plis longitudinaux, plats, très larges, qui s'étendent jusqu’au bord du péristome, de sorte qu’on peut supposer que l’intérieur de la bouche était pourvu de plis, (Fig. 90a dans le texte).
Cette espèce offre une grande analogie avec la forme de l'Amérique du Nord, que Hall décrit sous le nom de Tremanotus alpheus (Niagara group), et qui appartient sûrement au genre Phragmostoma (20% ann. Rep. of N. York State Cab. Nat. Hist. 1870, p. 899, PI. XV, fig 23—24). Notre espèce s’en distingue par ses tours moins hauts et à dos plus étroit, et par son ombilic plus large. En outre, la forme américaine possède 9 ouvertures, tandis que celle de la Bohême n'en montre que 6.
Gis' et local. Bande e2. Bubovice, Lodenice. Spécimens assez fréquents.
Phragmostoma nautiloidea. Barr. sp.
PI. 82, fig. 8—10.
Sous ce nom spécifique, Barrande figure le moule interne d’un représentant de Phragmostoma, qui diffère de tous les autres qui ont été associés dans ce genre. En enlevant les parcelles de roche, nous avons mis à nu les tours initiaux, de sorte que nous avons pu compter 31 tours. Les tours initiaux présentent bien, par leurs côtés tranchants, la même conformation que ceux de Phragm. tuboides, mais le tour terminal s’élargit plus rapidement, et se rapproche ainsi de celui de Phragm. civis. La section transverse du dernier tour est subtriangulaire; le dos est fortement bombé, non aplati comme dans Phragm. civis. L'arête latérale est aussi nette que sur les tours initiaux, et la largeur du dernier tour, plus grande que chez les représentants de Phragm. civis.
Des ouvertures il n’existe plus que des traces, d’après lesquelles on peut conclure que leur nombre s'élevait environ à 6, qu’elies étaient très espacées et situées sur un filet saillant. — Elles présentent la forme d’une ellipse allongée, dont la largeur est d'environ 1:3"”, et la longueur 477. —
Le test s’est conservé partiellement dans le voisinage de l’ombilic. Il atteint plus de 2" d'épaisseur, et, à cet endroit, il portait des tubercules et des rides. L’ombilic est plus étroit et plus profond que chez Phragmost. civis. — Phragm. nautiloidea contraste avec Phr. tuboides par la plus grande taille de sa coquille, lä croissance plus rapide de ses tours peu nombreux, et son dos plus bombé. La section subtriangulaire du dernier tour différencie Phrag. nautiloidea de Phr. civis, qui possède également une grande coquille et des tours à croissance rapide, et dont la section du dernier tour est circulaire.
Gist et local. Bande e2. Bubovice.
Genre TFremagyrus. Perner.
Caractères génériques.
,Coquille un peu asymétrique, à ombilic étroit; tours se recouvrant jusqu'à la moitié; dos du dernier tour portant un petit nombre d'ouvertures. Bouche faiblement élargie, possédant une échancrure courte; le labre latéral du péristome se recourbe autour de l’ombilic. Test épais, portant pour tous ornements une sculpture transverse.“
Nous établissons ce genre nouveau pour une forme du Silurien supérieur, qui diffère considérablement de tous les genres des Bellerophontidae, connus jusqu’à ce jour. Il n’est, jusqu'à présent, représenté que par 2 exemplaires, mais leurs caractères suffisent amplement à prouver que l’on est ici en présence d’un nouveau type générique de Bellerophontides. L'existence d’un petit nombre de éremata sur le dos du dernier tour indique moins une affinité avec Zremanotus qu'avec Phragmostoma, parce que les ouvertures ne se montrent que dans le dernier tiers du tour final et à une courte distance du bord de la bouche. Sur le reste du dernier tour, ainsi que sur les tours plus âgés, les ouvertures font défaut. Le dos des moules internes porte un filet large, très faiblement bombé, qui se perd petit à petit, à mesure qu'il s’avance vers le commencement du dernier tour.
Ce filet peut être regardé, soit comme une preuve de l’existence ue di test SV QnAUREr OUTeTS Fe orsales. Vu par le dos. A la moitié d’une bande dorsale, telle qu’elle est développée derrière la fente qu dernier tour, il ne reste que des traces de Salpingostoma, ou bien comme indiquant la présence d’ün filet, des ouvertures oblitérées. Grossi 2 fois. qui reliait les ouvertures oblitérées au fur et à mesure que l’individu eroissait, ainsi qu’on le remarque dans le genre Phragmostoma. Ce n’est que quand on aura découvert des matériaux plus nombreux que l’on saura à laquelle de ces deux hypothèses il convient de s'en tenir, (Fig. 91 dans le texte.)
Fig. 91 dans le texte. Tremagyrus scaber. Perner. Bubovice, E—e 2.
Spécimen adulte, conservant des
La bouche est très peu élargie, et pourvue d'une échancrure courte; la lèvre inférieure, épaissie, se recourbe autour de l’ombilic profond et étroit. Ce caractere présente un grand contraste avec la bouche en trompette de Phragmostoma, Salpingostoma et Tremanotus. Il rappelle les types du Carbonifère, comme, p. ex. Bellerophon plicatus, Belleroph. sublaevis (voir Koninck l. c. PI. XLII, fig. 4—39), et encore davantage les représentants asymétriques des Bellerophontidae du terrain permien, décrits par Stache, p. ex. Belleroph. pseudohelix, Stache, espèce que Waagen range dans le genre. Stachella. (Jahrb. d. k. k. Reichsanst. Bd. XX VII. 1877.)
En ce qui concerne le défaut de symétrie, il est moins prononcé dans notre genre que chez Stachella, où même chez notre genre nouveau Ptychosphaera Perner, (Ptychosphaera constricta, Barr. , Pl. 56, fig. 23—26), que nous décrivons plus loin. La forme de la Bohême offre, sous ce rapport, une certaine analogie avec quelques formes asymétriques du genre Cymbularia, auquel Koken (4. e. p. 15, 1897) associe également quelques espèces, telles que Belleroph. globulus Lindst.,*) qui possèdent, comme celles de la Bohême, une ouverture élargie de la même manière.
Un contraste plus important entre les représentants de notre genre et ceux dont le dos est pourvu d'ouvertures ou de fente dorsale consiste dans l'absence totale de sculpture en PRE qui forme un caractère essentiel chez Salpingostoma, Tremanotus et Phragmostoma.
*) Lindstrôm, 2. c. p. 75, PI. V, fig. 25—834.
Chez les individus de notre genre, nous n'avons pu découvrir que de simples stries d’accroissement et des côtes transverses, grossières et faiblement recourbées. En tenant compte de l'importance de la sculpture, qui a servi de base pour établir les groupes des différents genres de Bellerophontidae, le genre Tremagyrus se rapprocherait des genres Bellerophon s. str. et Cymbularia Kok., et l'existence de éremata sur le dos devrait être considérée comme un parallélisme dans l’évolution des Bellerophontidae. Par conséquent, nous distinguerions, parmi les Bellerophontidae dont le dos est pourvu d'ouvertures ou d’une fente, deux séries, savoir: une série à sculpture en spirale, contenant les genres Salpingostoma, Tremanotus et Phragmostoma, et une série sans sculpture en spirale, représentée, jusqu’à présent, par le genre unique, Tremayrus.
Tremagyrus scaber. Perner.
Fig. 91 et 92 dans le texte.
Coquille de taille moyenne, composée de 3 tours à croissance très rapide, qui se recouvrent à moitié, et sont 2 fois plus larges que hauts. Le dos est médiocrement élevé; les côtés des tours, beaucoup plus bombés et tranchants. Cette proportion entre la largeur et la hauteur est moins sensible aux endroits dépouillés du test, parce que celui-ci est trois fois plus épais sur les côtés que sur le dos, et qu'il atteint plus de 1”” sur la partie ombilicale. L’ombilic est très profond; sur le côté apical sa largeur est de 2:5"". Sur le côté basal de la coquille, la lèvre épaisse et retroussée de l’ouverture forme autour de l’ombilic une bordure élevée. La seconde moitié du tour final croît très lentement et porte une carène obtuse; elle ne commence à s’élargir que près de la bouche et latéralement sur une étendue d'environ 3””, pour former la lèvre épaisse qui se recourbe immédiatement vers l’ombilic. Le dernier tour ne s'élargit pas vers l’avant; il possède, au milieu, une échancrure obtuse, qui se prolonge en une fente courte et étroite. Les bords antérieurs de la bouche sont très peu recourbés vers l’avant, et suivent la direction des stries d’accroissement, (fig. 92 a, b dans le texte). |
Fig. 92 dans le texte. Tremagyrus scaber. Perner. Bubovice, E—e 2.
a) Coquille vue par le côté apical. Gross. 2 fois. b) id. côté basal. Gross. 2 fois.
c) Fragment de test, grossi 6 fois, et pris vers l’extrémité du dernier tour. Le trema est un peu idéalisé.
Au milieu du dos, l'endroit dépourvu du test porte quelques petits tubercules elliptiques, de forme tout à fait semblable aux tubercules visibles sur les moules internes de Phragmostoma. Devant et derrière ces tubercules, s'étend, de chaque côté, sur la ligne médiane, un filet court et tranchant. Les bords sont entourés d’une bordure épaisse, et, au centre, on perçoit le calcaire cristallin du moule interne, de teinte différente. C’est donc certainement une ouverture analogue à celles de Phragmostoma.
Un filet prend naissance derrière le plus grand tubercule, et s’étend sur la ligne médiane du dos. Ce filet est médiocrement bombé, très peu saillant, et accompagné, de chaque côté, d’une rainure large et sans profondeur. Près du commencement du dernier tour, le filet disparaît entièrement, et le dos est, à cet endroit, lisse et uniforme.
Nous avons déjà étudié l'importance de ce filet, en énumérant les caractères génériques. Le milieu du dos de l'original est partiellement brisé devant le tubercule, de sorte qu'il est impossible de constater le nombre de tubercules ou d'ouvertures, qui y était développé (dans la direction de la bouche). D’après le relief du moule interne des restes du test, il résulte qu’il a dû exister au moins neuf ouvertures, car derrière le plus grand tubercule on aperçoit sur le filet en question, (vers le commencement du dernier tour), et à une distance de 3 à 4”, de petites protubérances elliptiques, au nombre de 7, qui indiquent sûrement des traces de fremata, oblitérés au fur et à mesure de la croissance de l'individu. Cette particularité prouverait ici une analogie entière entre la formation de ces éremata et ceux de Phragmostoma.
La sculpture se compose de stries d’accroissement qui ne courent pas toujours parallèlement entre elles; elles s'étendent d’une manière irrégulière, et forment des groupes inégalement serrés. On voit encore courir, dans la même direction que les stries d’accroissement, des côtes transverses encore plus irrégulières, distantes de 0:6 à 1:3”*, qui ont la forme d’arêtes peu saiïllantes, ébréchées, ou inégalement granulées. Entre les côtes transverses, on observe, çà et là, une fine granulation, ou du moins une surface légèrement raboteuse. Les stries d'accroissement et les côtes transverses se dirigent, en formant un arc très faible, presque directement vers la ligne médiane du dos; celles qui atteignent la fente s’y courbent immédiatement vers l'arrière, et font entre elles un angle obtus (fig. 91c dans le texte).
Gist et local. Bande e2, Bubovice.
Genre Bellerophon. Mitf. s. str. (emend. Waagen).
Caractères génériques.
.Coquille symétrique involute, subsphérique ; ombilic recouvert, avec l’âge, d’une callosité; tours à dos bombé; bouche élargie, dont la lèvre interne est ordinairement épaissie et calleuse, et la lèvre externe, pourvue d’une fente; bande dorsale bien développée, ou remplacée par une carène. Surface ne portant que des stries d’accroissement.“ (Ulrich et Scofield, L. c. p. 853.)
Les savants Ulrich & Scofield sont d'avis que ce genre pourrait être divisé en plusieurs groupes, comme, p. ex. Waagenella, Konck, pour les formes du Carbonifère. Nous partageons cette opinion, car, parmi les formes qui appartiennent sûrement au genre Bellerophon, tel qu’il est défini ci-dessus, on remarque certains groupes que l'on pourrait désigner par le nom de sections, en se basant sur la diversité de longueur de l’échancrure dorsale, sur la largeur et la profondeur de l’ombilic, sur la conformation et direction de la lèvre latérale de la bouche, ainsi que sur l'aspect de la sculpture.
Quelques formes de la Bohême ne possèdent pas strictement tous les caractères énumérés dans la diagnose générique d’Ulrich & Scofield: les individus ne montrent pas la lèvre interne, et, en dehors des stries d’accroissement, quelques-uns portent une sculpture en spirale très distincte. En se guidant sur la diagnose plus courte et plus générale de Koken (Leitfossilien, p. 392), il est possible de les ranger toutes dans le genre Bellerophon, car ce sont en effet des formes enflées, à bande dorsale distincte, dont l’ombilic est recouvert, avec l’âge, d’une callosité. Il faut ajouter, que ce dernier caractère n’est pas présent chez toutes les espèces de la Bohême. Toutefois, comme ce
genre est très répandu (Silurien inférieur * — Permocarbonifère), il serait à propos de le diviser en quelques groupes bien caractérisés, que l’on désignerait par le nom de section.
Nous établissons une section pour les formes qui portent des traces distinctes des culpture en spirale, une fente relativement longue, c’ad. atteignant environ + de la longueur du tour, une bouche non élargie, et une large bande dorsale. Nous la désignons par le nom de Sphaerocyclus n.
(Type: Belleroph. bohemicus, Barr. bande f2.)
Une autre section, également nouvelle, à laquelle nous donnons le nom de Coelocyclus n., comprendra le groupe des individus à coquille sphérique, qui possèdent un ombilic très profond, ouvert et large, une bande dorsale très large et haute, des tours carénés sur les côtés. (Type: Belleroph. rarissimus, Barr., bande g 1)
Quant aux autres formes, qui ne montrent que de légers contrastes avec le type Bellerophon s. str., mais dont la dernière moitié du tour final est étendue et élargie sur les côtés, nous les décrivons dans la section Prosoptychus n.
Nous éliminons du genre Bellerophon s. str. une forme asymétrique, pour laquelle nous introduisons le genre nouveau Péfychosphaera, dont nous donnerons plus tard la diagnose. Le défaut de symétrie de cette forme est plus prononcé que chez les représentants du genre Séachella du Permocarbonifère.
Section: Sphaerocyclus. Perner.
La diagnose des individus qui rentrent dans cette section est à peu près comme suit: ,Coquille sphérique, à ombilic profond, sans callosité; bords buccaux simples et arrondis; bouche non élargie horizontalement. Fente dorsale atteignant environ + de la longueur du tour, profonde et étroite. Bande dorsale plate ou bombée. En dehors des simples stries d’accroissement, souvent écailleuses, il existe encore des stries en spirale, fines et droites, qui se continuent par-dessus plusieurs stries
d’accroissement.“
La forme typique de cette section serait représentée par Bellerophon bohemicus, de la bande f2. Parmi les espèces des contrées étrangères que nous croyons pouvoir ranger ici, nous citerons Belleroph. tenuifascia, Sow., de Visé, et Belleroph. tenuistriatus, Goldf. du Dévonien moyen de l'Allemagne.
Deux particularités rapprochent cette section du genre Megalomphala, qui renferme des formes largement ombiliquées, de la série de Bel. contortus, Eichw., auxquelles manque toute trace de structure en Spirale (Ulrich & Scof., l. e. p. 850); ce sont: la fente dorsale, qui égale jusqu'à 1 du tour, et dont les bords sont légèrement relevés en quelques endroits, et le test épaissi sur les côtés de la coquille.
Il est vrai que Koken ne considère Megalomphala que comme une section de Bucania, mais nous pensons que cette opinion n’est pas bien fondée, si l’on prend en considération l'importance de la sculpture en spirale pour les représentants de Bucania.
La section Sphaerocyclus offrirait, par l'existence d’une sculpture en spirale, le plus de rapprochement avec Bucanopsis, Ulrich (1. ec. p. 853, 922— 9924). Sous cette dénomination, les savants américains réunissent les coquilles qui, tout en possédant les caractères du genre Bellerophon s. str., ont encore la surface ornée non seulement de stries transverses, mais aussi de stries en spirale, régulières et droites, et la bouche fortement élargie. Chez les représentants de notre section, les stries en spirale n’occupent qu'un rang secondaire; en tout cas, elles ne saillent jamais si fortement
*) Ulrich & Scofield ont prouvé l’existence de représentants de ce genre dans un horizon très bas du Silurien inférieur de l'Amérique. (Voir Koken, N. Jahrb. f. Min. 1598, Bd. I, p. 9.)
que chez le type de Bucanopsis cart:
nifera, Ulr. — Les stries d’accroissement se présentent chez Sphaer. bohemicus comme les bords de lamelles très fines, superposées, écailleuses; celles de Bell. striatus (Fér.) Bronn = Bell. lineatus, Sdb., et de Bell. rudicostatus, Kok. (Voir Xoken, Leitfossilien, p. 505.) possèdent le même caractère. Chez les individus appartenant à Sphaerocyclus, la bouche n’est pas élargie; les tours croissent beaucoup plus rapidement, la fente dorsale est très profonde, et la Kig. 93 dans le texte. Bellerophon (Sphaerocyelus) bohemicus.
bande dorsale n’est pas élevée en forme Barr. Konëprus, F—f2. de carène.
a) Spécimen adulte. Section longitudinale, montrant les tours La section longitudinale d’une internes plusieurs fois cloisonnés. Grand. nat. (Collect. du Musée de Bohème.) b) Autre spécimen. Section transverse montrant les cloisons (cl.) Grand. nat.
espèce de cette section, Sphaerocyclus bohemicus, Barr. sp, du Dévonien inférieur, nous a montré une partie cloisonnée, telle qu'on en a déjà observé chez quelques représentants de Bellerophontidae.*) (Fig. 93 dans le texte.) Chacune des cloisons est uniquement formée par une couche spéciale et il n’existe, dans chaque tour, qu'une seule cloison, qui est oblique et épaisse. Nous avons également observé les cloisons dans une section transverse. (Fig. 93 » dans le texte.)
Probablement qu'à certaines époques périodiques, une partie du tour était fermée par une cloison, pour alléger la coquille et lui faciliter l'équilibre dans les eaux, chaque fois que l’animal était forcé, en croissant, d'amener les parties molles dans la chambre antérieure, plus jeune de la coquille. Cette particularité n’avait, à notre avis, qu’une propriété hydrostatique.
Bellerophon (Sphaerocyclus) bohemicus. Barr.
PI. 89, fig. 20—21 (non 22!), 23—30, et fig. 93—94 dans le texte.
1865. Bellerophon bohemicus, Barr. — Barrande, Défense des Colonies, III, p. 48. 1868. id. id. Bigsby, Thesaurus silur. p. 149. 1868. Cyrtolites bohemicus, Barr. id. id. p. 167.
La coquille, sphérique, très grande, comprend à l'état adulte 74 tours s’élargissant rapidement et portant un omiilic profond. La hauteur des tours atteint + de leur largeur; ils sont fortement bombés, et à section transverse reniforme. Chez les individus adultes, le tour final s’élargit rapidement
*) Durant notre séjour à Tübingen, M. le Prof. Koken nous montra un spécimen de Salpingostoma locator, Eichw., de Reval, dont la coupe portait une partie cloisonnée. Nous avons découvert les cloisons chez Sphaerocyclus nuciformis, Barr. et Ptychosphaera constricta, Barr. sp. Voir aussi Bell. tubulosus, Lindstr. 1. c. PI. XIX, fig. 6—11.
N. B. Les rapports phyllogénétiques des espèces et des groupes seront l’objet d’une étude détaillée que nous nous proposons d’exposer dans le Chap. IV. qui traitera de la distribution géologique des genres et des espèces de Gastéropodes de la Bohême, décrits dans le présent Volume IV, ainsi que de ceux des contrées étrangères.
Il serait, selon nous, hors de propos d'étudier ces rapports dans la partie de notre texte, réservée à la description des genres et des sections, parce que, d’un côté, chaque genre et chacune des familles offrent entre eux des rapports génétiques différents, et que, d’un autre côté, il convient, en étudiant certains groupes, de tenir compte des espèces des contrées étrangères, qui seront décrites pendant que notre travail est sous presse, et aussi des formes de la Bohême, nouvellement découvertes. Toutes ces formes seront étudiées dans un supplément à la partie descriptive de cet ouvrage.
de côté, tout près du bord buccal, et, comme le bord antérieur de la bouche est tronqué droit, les parties latérales ressemblent à des prolongements en forme d'ailes (voir fig. 944, b dans le texte). Le bombement est uniforme jusqu’au bord de la bouche.
L'ombilic des jeunes individus était dépourvu d'arête large, et recouvert, en partie, par le bombement des tours suivants, de sorte que les tours internes sont un peu visibles, (voir la fig. 93 et 94a dans le texte). La même particularité se reproduit sur les spécimens adultes, dont le diamètre atteint jusqu'à 6°”. Chez aucun d'eux, la cavité ombilicale n’est occupée par une callosité, de sorte qu'il y a toujours une fossette profonde, d'un diamètre d'environ 12"* en haut. Sur les spécimens très jeunes, l'ombilic, soigneusement débarrassé des fragments de roche, ne montre qu'une faible partie du tour précédent.
CZ
Fig. 94 dans le texte. Bellerophon (Sphaerocyelus) bohemicus. Barr. Konëèprus, F—f2.
a) Spécimen de taille moyenne. Vue latérale. Le bord inférieur du péristome forme un prolongement latéral, ayant l'apparence d’une aile et se recourbant en demi-cercle devant l’ombilic. Grossi 11}, fois.
b) id. vu par le dos, pour montrer comme le prolongement s’insère sur le tour précédent. (La ligne ponctuée représente le contour probable du bord inférieur du péristome.)
ce) Autre spécimen. Vue latérale, montrant les bords antérieurs de la bouche, qui sont tronqués droit.
d) Sculpture du test et de la bande dorsale. Grossie 5 fois.
e) Sculpture du test, grossie 16 fois, pour montrer la structure écailleuse des stries d’accroissement, et les stries en spirale onduleuses et irrégulières.
La fente dorsale égale 1 et même : de la longueur du tour. Chez les spécimens de taille moyenne, elle est bordée par le test, qui est relevé et légèrement épaissi. Chez les jeunes spécimens, les bords de la fente saillent à peine au-dessus de la surface. Sa largeur atteint 1””, chez les individus de taille moyenne, et 1‘5"” chez les plus grands.
Il est assez rare que les bords buccaux soient conservés. D'après les matériaux que nous étudions, on peut constater qu'ils étaient tronqués droit et, qu’ils ne saillaient pas vers l'avant, (voir fig. 93c dans le texte).
Le test est, sur le dos, de médiocre épaisseur, car cette dimension atteint à peine + de mm chez les plus grands exemplaires; en revanche, elle va jusqu'à 2°5””* dans le voisinage de l'ombilic.
Eu ce qui concerne les cloisons, dont l'existence a été constatée chez cette forme, nous pensons avoir exposé ce qu'il était nécessaire de dire.
La sculpture consiste en fines stries d'accroissement. Sur le dos, ces stries sont d’abord dirigées les unes vers les autres en un angle très obtus, d'environ 165° chez les spécimens adultes, et de 150% à peu près chez les jeunes; mais immédiatement avant d’atteindre la bande dorsale, elles se recourbent subitement vers l'arrière, en formant entre elles un angle très aigu. Celui-ci n’est pas égal sur tous les spécimens; chez les jeunes, il est moins aigu que chez les adultes. L'inflexion des stries, dans le voisinage de la bande dorsale, est aussi moins sensible sur les jeunes exemplaires que sur les adultes, (voir fig. 93 d dans le texte).
Examinées de près, les stries d’accroissement semblent représenter les bords de lamelles très fines, superposées comme dans la nacre. Cette particularité s'observe le plus distinctement dans la proximité de l'ombilic, où les stries s'amoncellent et deviennent plus grossières sur le test épaissi, dont la structure écailleuse est visible à l’oeil nu. Sur les jeunes individus, on ne distingue la sculpture écailleuse qu'à l’aide du microscope. Les stries d'accroissement sont denses; elles sont plus serrées en certains endroits, ce qui fait paraître la surface comme sillonnée par une espèce de côtes transverses, plates et très espacées.
Entre les stries d’accroissement, on aperçoit, à l'aide de la loupe, des stries longitudinales tres fines, à peu près aussi espacées que les stries d’accroissement. Quelquefois, on voit une strie courte, qui ne traverse pas deux stries d’accroissement voisines; mais ces sortes de stries forment très souvent des lignes longues et fines, qui se continuent, sans interruption, sur un grand nombre de stries d'accroissement. Çà et là, les longues et fines stries longitudinales semblent se composer de tronçons nombreux, courts, partant seulement d'un petit nombre de stries d’accroissement, et disposés au bout l’un de l’autre, de manière à représenter une ligne droite continue, (fig. 94e dans le texte).
Il existe, en outre, en quelques endroits, des côtes en spirale ininterrompues, paraissant légèrement bombées, qui sont visibles à l'œil nu. Elles saillent très peu sur la surface, et font l'impression comme si la surface bombée du dos se composait d'un grand nombre de fines arêtes. Ces dernières ninterrompent pas le cours des stries d’accroissement, (fig. 934 dans le texte).
Dans le voisinage immédiat de la bande dorsale, les stries d’accroissement, qui d'ordinaire sont dirigées à angle droit vers la bande ou vers la fente, se recourbent vers l’arrière en formant un arc, et se rapprochent les unes des autres. Elles sont également plus rapprochées près de l'ombilic, où on les voit même se réunir et devenir plus grossières, mais leur direction se tourne légèrement vers l'avant.
La bande dorsale forme un filet plat, qui correspond, dans la bouche, à la largeur de la fente, et ne saille que faiblement sur la surface. Elle est limitée, de chaque côté, par des bords tranchants et une rainure peu profonde et très étroite. Au milieu, elle est un peu concave, comme en forme de rainure, (fig. 944 dans le texte). La bande dorsale est traversée perpendiculairement par des lamelles transverses, très fines et écailleuses, qui se dirigent vers ses bords. Ces lamelles, au lieu d'être arquées, comme l'indique la fig. 27, PI. S9, sont onduleuses, et, en général, leur direction est rectiligne. (Voir la fig. 94 d de notre texte.)
Parmi les autres formes de la Bohême, rangées dans ce groupe, cette espèce est facile à reconnaître à ses stries d’accroissement, dirigées perpendiculairement vers la bande dorsale. Celle des espèces étrangères qui s'en rapproche le plus est Bellerophon lineatus, Goldfuss, du Dévonien moyen, dont la sculpture est identique, quoiqu'un peu moins fine. Ce qui distingue l'espèce Belleroph.
lineatus, c’est que ses stries d'accroissement se recourbent vers l'arrière, d’une maniêre plus insensible et plus faible, et à une plus grande distance de la bande dorsale que dans l'espèce de Bohême. De plus, sa coquille est sphérique, et l'ombilic presque entièrement caché par les bords buccaux.
Gist et local. Bande f2. Konéprus. Spécimens assez fréquents.
Bellerophon (Sphaerocyclus) nuciformis. Barr. PI. 89, fig. 14—16. Fig. 95 dans le texte.
La coquille, d'un diamètre de 1.75%*, comprend 4 tours qui sont à peu près 2 fois aussi larges que hauts; elle est lésèrement comprimée sur les côtés, et possède un ombilic très étroit rempli par la lèvre latérale, épaissie. La bouche s’élargit un peu de côté. La fente dorsale était étroite, d’une longueur atteignant à peu près la moitié du tour, et pourvue de bords très relevés. La bande est large, faiblement bombée; sa longueur dépasse un tiers de celle du tour. Les stries d’accroissement
se dirigent, en formant un angle très aigu, vers les bords de la fente et Fig. 95 dans le texte. Bellerophon (Sphaerocyelus) nuciformis. Barr. Bubovice, E—e 2.
de la bande, près desquels elles sont rectilignes; mais, sur les côtés des Spécimen déjà figuré sur la PI. 89, fig. 14—16, et dessiné à noutours, elles s'arquent fortement et se *°*" *P'°S Prparauon.
Qu ? c q Fe ; a) Vu par le côté pour montrer l’épaississement de la lèvre latérale, dirigent vers l’ombilic. Les stries sont et l’ombilic qui est recouvert. Grossi 3 fois.
denses, de grosseur inégale, çà et là b) Sculpture et bande dorsale, grossies 6 fois. divisées en groupes compacts; elles ne sont pas écailleuses, comme chez Belleroph. bohemicus. De même que chez Sphaer. bohemicus, nous avons découvert ici des cloisons, qui ne diffèrent pas de celles qui ont été trouvées chez les autres Bellerophontides. j La forme générale de cette espèce ressemble à celle de Belleroph. pelops, Hall (Pal. N. York, pé. V, p. 22, PI. XXII, fig. 7—13). Cette dernière diffère de l'espèce de la Bohême par sa fente plus courte, par l’angle obtus que forment entre elles les stries d’accroissement, et par la largeur plus grande de son dos.
Gist et local. Bande e2. Bubowitz. Spécimens rares, au nombre de 3 jusqu’à ce jour.
Bellerophon Whidbornei. Perner.
PI. 89, fig. 22, et fig. 96 dans le texte.
1892.? Bellerophon lineatus, Goldf. M. S. — Whidborne — Monogr. of devon. fauna of S. England, Pt. IV — Palaeontogr. Soc. 1892. PI. XX XI, fig. 6, 6 a, 6 b.
Coquille exiguë, présentant un diamètre de 15” au plus. L’ombilic est étroit et profond. La coquille se compose de 3 larges tours à dos tectiforme, et dont les côtés portent des arêtes saillantes,
peu arrondies. La hauteur de ces tours égale environ + de leur largeur au commencement du dernier tour, et la moitié, vers la fin du dernier tour. La bouche ne s’élargit ni latéralement ni vers l’avant. Elle possédait, selon toute apparence, une fente très courte. La bande dorsale n'atteint qu une largeur d'à peu près + de »»; elle saïille en forme de carène plate au sommet, et elle est enfoncée entre deux sillons étroits.
NN
Fig. 96 dans le texte. Bellerophon (Sphaerocyelus) Whidbornei. Perner. Aonéprusy, F—f2.
a) Spécimen vu par le côté, grossi 3 fois.
b) id. section passant par 2 endroits opposés du dernier tour. c) èd. fragment du test et de la bande dorsale, grossi 6 fois.
La sculpture consiste en stries d’accroissement grossières et serrées. (Çà et là, elles ondulent légèrement, sont inégalement espacées, et semblables à celles de Cymbularia verrucosa, Barr. sp., de la bande e2. Il existe aussi des côtes transverses, fortes, qui semblent finement granulées. Les stries d’accroissement sont faiblement courbées sur les côtés; mais, sur le dos, dans le voisinage de la bande dorsale, elles sont rectilignes, et forment entre elles un angle très obtus, d'environ 165°. Sur la bande, on observe de larges rainures transverses.
Cette espèce du Dévonien inférieur rappelle de petits exemplaires de Belleroph. lineatus, Goldf. M. $S., du même horizon d'Allemagne. Mais l'espèce de la Bohême possède un dos tectiforme et des stries d’accroissement plus grossières, formant un angle obtus. Belleroph. lineatus possède un dos plus plat, des stries d’accroissement écailleuses, très fines, s’avançant en ligne droite vers la bande dorsale. En outre, les côtés du dernier tour sont beaucoup plus tranchants dans notre espèce que dans Belleroph. lineatus, Goldf.
Belleroph. Whidbornei présente encore beaucoup d’analogie avec une forme provenant de Wolborough, que Whidborne figure sous le nom de Bell. lineatus, Goldf. M. S. (Monograph of the devonian fauna of South of England. Pt. IV. Palaeont. Soc. London. 1892, p. 321, PI. XXXI, fig. 6 a, b.) Mais les stries d’accroissement font un angle plus aigu dans l’espèce de Bohême que dans celle d'Angleterre, de sorte que nous ne croyons pas que l’on puisse les identifier pour le moment. De plus, la coquille de Bell. Whidborni est à peu près de moitié plus petite. Belleroph. rudicostatus, Koken (Leitfossilien, p. 505) se distingue de Belleroph. Whidbernei par sa bande carénée.
La forme Bell. Whidbornei diffère entièrement des quatre spécimens typiques de Belleroph. lineatus, Goldf., du Dévonien de Finnentorp (Westphalie), que nous avons sous les yeux; car ceux-ci possèdent tous une longue fente, des stries d'accroissement fines et écailleuses, un ombilic très étroit, et sont très rapprochés de Belleroph. (Sphaerocyclus) bohemicus, Barr. Les formes figurées par Whidborne (4. c. PI. XX XI, fig. 3—5) semblent appartenir à plusieurs espèces.
Gis' et local. Bande f2. Xonëprus. Nous ne connaissons que deux exemplaires de cette forme.
Bellerophon (Sphaerocyclus) Fritschi. Perner.
Fig. 97 dans le texte.
Coquille de taille moyenne; diamètre atteignant jusqu’à 18"; tours à croissance rapide, très larges et peu élevés, presque tout à fait plats sur le dos et très fortement bombés sur les côtés. Le rapport entre la hauteur et la largeur du dernier tour est de 1:3. L'ombilic est de moyenne dimension, relativement plus large que celui de Sphaer. bohemicus.
La fente dorsale atteint à peu près 4: de la longueur du dernier tour; elle est limitée par des bords saillants, légèrement relevés; de chaque côté, à une distance de 2 à 37%, le dos devient légèrement concave. La bande dorsale est représentée par un filet haut d'environ 0:75 de un, étroit, tranchant, accompagné de chaque côté par une rainure large et peu profonde. Ce filet saille moins fortement vers le commencement du dernier tour.
Fig. 97 dans le texte. Bellerophon (Sphaerocyelus) Fritschi. Perner. Karlstein, E—e 2.
a) Spécimen adulte, vu par le côté, grossi 3 fois. b) id. vu par le dos.
c) id. section passant par la dernière moitié du dernier tour, d) id. fragment du test, pris sur le dos; grossi G fois.
Les stries d'accroissement sont très denses et de grosseur très inégale. En quelques endroits, la surface du test porte des espèces de bourrelets plats et peu saillants, qui suivent la même direction que les stries (fig. 974 dans le texte). Les stries forment entre elles, près de la fente, un angle de 60°, et s'étendent jusqu'à l’ombilic, en s’arquant légèrement sur les côtés.
Cette espèce diffère de Sphaer. bohemicus par son dos tout à fait plat, par l’angle plus petit de ses stries, et l'absence des petites stries fines, courtes et en spirale, qui sont très caractéristiques pour Sphaer. bohemicus.
Gist et local. Bande e2. ÆXoso“. Nous ne possédons que 2 exemplaires de cette forme.
Bellerophon (Sphaerocyclus) scissus. Perner.
Fig. 98 dans le texte.
Les tours, au nombre de 6, sont uniformément bombés, à peu près 2 fois aussi larges que hauts, et croissent rapidement. Près de l’ombilic, qui a une largeur de 5” chez les individus adultes d’un diamètre d'environ 167”, il existe une arête arrondie et obtuse. La bouche était, à ce qu'il semble, étalée un peu
latéralement, sans toutefois former de péristome large, plat ou concave, comme dans la section Prosoptychus (groupe de Bell. plebeius, Barr.).
Il est difficile de déterminer la longueur de la fente dorsale, car la plupart des spécimens sont fendus juste au milieu du dos, ce qui semblerait indiquer que cette fente était très longue. En tout cas, elle dépassait un tiers de la longueur du tour final; sa largeur atteignait à peu près 1 de””, et elle était accompagnée de bords subitement relevés ; mais on ne dis-
Fig. 98 dans le texte. Bellerophon (Sphaerocyclus) seissus. Perner. Xosoï, E—e 2.
tingue pas de trace a) Spécimen adulte, grossi 8 fois. Vue latérale. de rainure latérale b) id. vu par le dos. (Ces deux figures sont combinées d’après 2 spécimens.) plate c) id. section verticale, près de l’extrémité du dernier tour. Grosst 3 fois.
d) id. autre section verticale, prise dans le premier tiers du dernier tour. La bande est e) id. test grossi 12 fois.
représentée, sur les individus testacés, par un filet de 0:5”* de largeur, tout à fait plat, peu saillant, mais nettement limité, qui n’est également accompagné par aucune rainure latérale.
Les stries d’accroissement se recourbent assez fortement. Elles ne sont même pas rectilignes dans le voisinage de la fente et de la bande, mais elles se recourbent vers l'avant, de manière à décrire un demi-cercle à partir de la fente jusqu'à l’ombilic, et elles forment entre elles, dans la proximité de la fente, un angle aigu de 80° environ. Elles sont fines, très serrées et d'épaisseur égale.
Les petits individus de cette espèce se distinguent de ceux de Belleroph. (Sphaerocyclus) Fritschi, Pern., du même horizon, par leur dos fortement bombé, l’arête ombilicale arrondie, et par leurs stries d’accroissement très courbées, qui forment entre elles un angle plus obtus.
L'espèce Sphaer. scissus présente aussi une certaine ressemblance avec Sphaer. nuciformis, également de la bande eZ. Mais on les reconnaît facilement l’une de l’autre, même aux spécimens fragmentaires, pourvu qu'ils soient revêtus de leur test.
Les stries d’accroissement, chez Bel. (Sphaer.) nuciformis, forment un angle plus aigu; elles sont rectilignes dans le voisinage de la fente ou de la bande dorsale. Chez Bell. (Sphaerocyclus) scissus, Pern., au contraire, l’angle des stries est plus ouvert, et ces dernières sont partout également courbées, même dans le voisinage de la fente. Sphaer. nuciformis possède, en outre, un ombilic rétréci, ce qui n’est pas le cas pour Sphaer. scissus.
Gist et local. Bande e2. Xosor.
Section: Coelocyclus. Perner.
Caractères.
»Tours très peu élevés, pourvus latéralement d’une arête plus ou moins tranchante. Plusieurs tours visibles dans l’ombilic; celui-ci est très large et profond, et ne montre pas de callosité avec l’âge. Bande dorsale, très large et fortement bombée.« Type: Bellerophon rarissimus, Barr.
A cette section appartient aussi la forme silurienne, Bell. Novdki de la bande e2. Parmi les espèces dévoniennes étrangères, il conviendrait peut-être de placer ici Beller. macromphalus, Roem. et Belleroph. perplexa, Walcott.
Bellerophon (Coelocyclus) rarissimus. Barr.
PI. 89, fig. 18—19; fig. 99 dans le texte.
La coquille comprend 4 tours, à dos très large et médiocrement bombé. L'ombilic possède des arêtes tranchantes. La hauteur des tours égale à peine + de leur largeur. Ils croissent rapidement en largeur, de sorte que le dos du dernier mesure, à lui SEUL 29rnr de largeur, tandis que le diamètre de la coquille n’est environ que de 26", Dans l’ombilic, qui atteint une profondeur d’à peu près 10** sur une largeur de 12”, on aperçoit tous les tours précédents. Toutefois, le rapport entre la largeur de l’ombilic et le diamètre
[A de la coquille est quelque peu variable. Il Fig. 99 dans le texte. Bellerophon (Coelocyclus)
a x: rarissimus. Barr. Tetin, G—g1.
en est de même de la largeur du dos, qui À =
n'est pas égale sur les exemplaires de même RS : cs : è e apres préparation, pour montrer la forme de l’ombilic. taille. Le dos est toujours remarquablement D Vue ee Ces Dre large, comparé à la hauteur du tour. A ce b1) | id. sections transverses prises sur 2 côtés opposés du qu'il semble, il n'existait pas de péristome b:) ! dernier tour. Grosst 2 fois. évasé, car sur aucun des 3 spécimens que l’on connaît jusqu'ici, et qui sont adultes, on ne voit que le péristome ait une tendance à s'élargir.
Original de la PI. 89, fig. 18—19, dessiné à nouveau,
La fente dorsale, aussi loin que l’état de conservation des spécimens permet de la suivre, était assez profonde, et large de 1”. Elle s'étend à peu près à 3 de la longueur du tour, et est limitée par des bords fortement relevés. Dans sa proximité, le dos est bombé en toit.
La sculpture consiste en stries d'accroissement, fines et serrées, qui forment avec la bande dorsale un angle de 45°, passent sur le dos, en faisant un arc tout plat, et se dirigent tout droit vers l’arête ombilicale.
Notre espèce montre également une grande analogie avec la forme également dévonienne, Bell. perplexa, Walcott. (Palaeont. of Eureka District. Monogr. U. S. Geol. Survey. Vol. VIII, 1884, p. 193. PI. X VIII, fig. 6). Cette dernière est différenciée par un dos encore plus large et une bande dorsale plus étroite et peu saillante.
La bande dorsale est formée par un filet très bombé, large de 27”, isolé de chaque côté par une rainure large et profonde, particularité bien visible aux endroits dépouillés du test. Sa sculpture est indistincte.
Gist et local. Bande g1. Tetin. Trois spécimens connus.
Bellerophon (Coelocyclus) Noväki, n. sp.
Fig. 100 dans le texte.
Coquille large de 17%”, à ombilic profond. Elle comprend 34 tours. Ceux-ci possèdent un dos très large, peu élevé, et croissent très rapidement. Leur largeur atteint presque le triple de leur hauteur. Ils sont plats sur le dos, mais très fortement bombés et arrondis sur les côtés. Forme de la bouche, inconnue.
Fig. 100 dans le texte. Bellerophon (Coelocyclus) Noväki. Perner. ÆKosoï, E—e
a) Spécimen adulte, vu par le dos; grossi 3 fois. b) id. vu par le côté.
c) id. section verticale, passant par la coquille. d) id. fragment de test, grossi 12 fois.
La fente dorsale est étroite, limitée par des bords très relevés, et d’une longueur qui égale à peu près } de celle du tour. La bande dorsale offre l'apparence d’un filet, large de + de ””, portant au milieu une rainure large et sans profondeur. Elle est concave aux endroits où le test est enlevé, et, çà et là, elle est élargie, comme s'il avait existé des ouvertures.
La sculpture consiste en stries d’accroissement serrées, çà et là onduleuses, irrégulières et très fines, qui forment avec la bande dorsale un angle très aigu. Sur le dos, ces stries courent en ligne droite; mais vers les côtés, elles s’arquent légèrement.
Cette espèce se distingue de Belleroph. rarissimus, Barr. principalement par les côtés arrondis de ses tours, et par son ombilic relativement plus étroit. De plus, chez les représentants de Bell. Noväki, la bande dorsale, ainsi que la fente, sont beaucoup plus étroites que chez l'espèce comparée.
Elle diffère également par son ombilic profond et plus large de Bell. nucrformis, qui apparaît dans la même bande et possède des stries analogues. Sous ce rapport, Belleroph. Novdki présente une transition entre le représentant typique de la section Coelocyclus, Bell. rarissimus et les représentants de la section Sphaerocyclus, auxquels appartient la forme Belleroph. nuciformis, à sculpture semblable.
Gast et local. Bande e2. Kosoï. (Collect. Novdk.)
Section: FProsoptychus. Perner.
Caractères.
La partie enroulée en spirale est sphérique. Dans sa deuxième moitié, le tour final est bombé en forme de toit, et plus ou moins droit. La bouche est élargie, et la fente dorsale divise le bord buccal en deux lobes concaves, étalés vers l’avant et de chaque côté, qui entourent ou cachent l'ombilic. La bande dorsale est accompagnée latéralement de 2 filets ou de 2 rainures.
Nous pensons qu'il convient d'associer dans une section à part les représentants du genre Bellerophon s. str., qui possèdent une bouche élargie, parce que les représentants typiques de ce genre restreint n’ont pas de bouche semblable et que leur fente dorsale est assez courte. Chez les individus que nous plaçons dans la section Prosoptychus, la fente n’est pas longue; ses bords commencent par former un angle, pour courir ensuite parallélement entre eux. La bande dorsale est moins plate que dans la section Sphaeroptychus; elle est saillante, fortement bombée et plus étroite.
Parmi les formes de la Bohême qui appartiennent à cette section, nous comprenons Belleroph. plebeius, Barr., Belleroph. projectus, Pern. Celles des contrées étrangères qui nous semblent devoir être rangées ici sont: Belleroph. sphaera, Lindstr., du Silurien supérieur de Gotland, et probablement Belleroph. vasulites, Mtft., ainsi que Belleroph. hiulcus, Mart., du Carbonifère. Ces deux dernières diffèrent des nôtres sous d’autres rapports.
Bellerophon (Prosoptychus) plebeius Barr.
PI. 87, fig. 21—925, et fig. 101 dans le texte.
La partie enroulée en spirale est exiguë, et atteint à peine 15** de diamètre. Son dos est très large, moins bombé que les côtés. A l’état adulte, elle se compose de 5 tours, tout au plus de 6, trois fois plus larges que hauts. Le dernier tour croît et s’épaissit si rapidement qu’il cache presque complètement l’ombilic. De chaque côté, les tours sont arrondis, et ne portent aucune arête. La partie élargie du dernier tour est partagée en deux lobes minces par une échancrure de plus de 2°” de profondeur et d'environ # de *”* de largeur chez les individus adultes. Les bords internes de ces lobes forment d’abord un angle obtus; ils courent ensuite parallèles entre eux sur une distance de 12 à 15”*, après quoi ils se réunissent pour former la bande dorsale. Ils s'élèvent insensiblement du dos, en général médiocrement bombé, de sorte qu’à cet endroit la coquille présente un bombement tectiforme. Les lobes du péristome sont étalés plus de côté que vers l’avant, et, sous ce rapport
leur contour varie suivant le stade de croissance et le degré de compression. Chez les jeunes individus, les lobes sont légèrement tronqués latéralement; au contraire, chez les individus adultes, ils s’élargissent considérablement sur une longueur d'environ 17** à partir de l’échancrure. Le bord inférieur du péristome de chaque individu se recourbe au milieu de l'ombilic, et y forme un épaississement, au moyen duquel il se soude avec les côtés du tour précédent, de sorte que l’ombilic proprement dit disparaît presque entièrement, (fig. 101 «ab dans le texte).
Fig. 101 dans le texte. Bellerophon (Prosoptychus) plebeius. Barr. Dlouhà Hora, E—e 2.
a) Partie ombilicale, grossie 3 fois, montrant de quelle manière la lèvre épaissie du bord buccal latéral cache et remplit l’ombilic.
b) Section transverse, prise au travers de la coquille, pour montrer comme le dernier tour devient étroit et obstrue Vombilic ouvert auparavant. Gross. 8 fois.
c) Ornements pris sur le bord de la bouche élargie, grossis 8 fois.
La sculpture du dos de la partie enroulée se compose de fines stries d’accroissement qui ont l'apparence d’écailles. (Ces stries forment d’abord un angle obtus avec la ligne dorsale, et se recourbent ensuite peu à peu en un long arc dirigé vers l'arrière; elles font avec l’échancrure ou la bande un angle très aigu de 8° à peine, de sorte qu’on pourrait croire, en examinant des spécimens mal conservés, que ces stries courent parallèlement à la bande dorsale. A l'aide d’un moyen grossissement, on s'aperçoit que cette structure striée est composée de petites côtes transverses très fines, arrondies, peu saillantes, qui forment, en quelques endroits, des groupes plus compacts, et y épaississent le test, de sorte qu'il se produit de véritables rides transverses, plates et espacées.
Les lobes du péristome montrent, sur leur bord, une fine sculpture lamelleuse, (fig. 101 e dans le texte).
La bande dorsale saille très faiblement sur les spécimens pourvus de leur test; elle forme un filet d'à peu près 4 de ”” de largeur, accompagné, de chaque côté, d’une rainure large et plate. Ce filet devient souvent tout à fait indistinct. La bande est remplacée, sur les moules internes, par un filet relativement très haut, tranchant, placé dans un sillon très profond, nettement limité, et large demie
Parmi les espèces des contrées étrangères, Belleroph. globulus, Lindst. est celle qui se rapproche le plus de Belleroph. plebeius, (Lindstrôm, l. c. p. 75, PI. V, fig. 25—34), par ses dimensions et son aspect général. Toutefois, la forme de Gotland qui est rangée par Koken dans le genre Cymbularia possède une bande dorsale carénée, et les stries d’accroissement suivent un tout autre cours que dans notre espèce, car elles forment avec la bande dorsale un angle de 38°, tandis que cet angle atteint à peine 8° dans Belleroph. plebeius.
Gris! et local. Bande e2. Dlouhà Hora, Butovice, Kozel, Tachlovice. Lodënice. Spécimens assez fréquents.
Bellerophon (Prosoptychus) projectus. Barr.
Fig. 102 dans le texte.
La forme générale de la coquille ressemble beaucoup à celle de Belleroph. plebeius ; mais sa partie enroulée en spirale est moins large, ses tours ont un dos plus fortement bombé, et les côtés possèdent un bombement proportionnel à celui du dos. Le dernier tour, bombé en forme de toit dans sa dernière moitié, s’élargit fortement vers l'avant et moins sur les côtés, de sorte qu'il se produit 2 lobes buccaux, longs, qui saillent vers l'avant, et sont partagés par une fente profonde. L’ombilic est caché par le bord latéral, épaissi, du péristome. Ce bord, recourbé en cercle, entoure presque toute la périphérie de l'ombilic. La fente est accompagnée de bords relevés, d’une hauteur qui atteint jusqu’à 37”; elle s'étend jusqu’à la moitié du dernier tour. La bande dorsale est représentée par un filet peu saillant et arrondi, qui part de la fente et disparaît presque subitement vers le commencement du tour final.
Fig 102 dans le texte. Bellerophon (Prosoptychus) projeetus. Per. ZLodénice, E—e 2.
a) Spécimen vu par le dos, montrant la longueur et le peu de largeur de l’échancrure, grossi 2 fois.
b) id. vu par le côté, pour montrer la lèvre épaissie du bord buccal, cachant et remplissant l’ombilic. Grossi 2 fois.
c) id. section transverse, prise dans la dernière moitié du tour final, pour montrer l’épaississement considérable du test sur les côtés. Grossie 3 fois.
d) id. test grossi 8 fois.
La sculpture se compose de stries d’accroissement fines et inégalement espacées, qui font entre elles un angle aigu. Le test est mince sur le dos, mais très épais sur les côtés.
Gast et local. Bande e2. ZLodénice.
Genre Ptychosphaera. Perner.
Caractères.
Coquille enflée, possédant un test mince. Elle est asymétrique, dextre ou senestre. Les tours sont très bas dans le voisinage de l’ombilic, et portent quelques étranglements (plis) radiaires. L’ombilic est profond, mais il fait souvent défaut sur un côté, ou bien il est caché par le labre latéral
de la bouche. La bouche, non élargie, est pourvue d’une fente courte, formant un angle aigu. La bande dorsale est développée sous forme de filet étroit et arrondi. La sculpture se compose exclusivement de stries d’accroissement.
Nous établissons ce genre nouveau pour les individus assez fréquents dans le Silurien supérieur, que Barrande désignait depuis longtemps par le nom de Bellerophon constrictus, Barr M.S., à cause des étranglements qu'ils portent près de l’ombilic (voir PI. 56, fig. 23—27 et PI. 120, fig. 20—21). Le défaut de symétrie de l’enroulement est moins sensible chez les jeunes spécimens par suite de leur forme sphérique. Il est généralement produit par les plis radiaires, dont le développement, dans le voisinage de l'ombilic, diffère sur chaque côté. Dans ce cas, (cad. sur les jeunes individus), leur nombre est plus grand sur un des côtés, ou bien leur longueur et leur profondeur sont variables sur chacun des côtés, ou bien encore ils sont disposés de telle manière que, dans la direction et à l'endroit où, sur un côté, il existe un étranglement (concavité), on voit se développer un pli (convexité) à l'endroit correspondant du côté opposé. Chez les individus plus âgés, les contrastes entre les deux côtés consistent souvent dans l'inégalité de profondeur des étranglements ou des plis, de sorte que les tours ne portent parfois presque pas de plis dans le voisinage de l’ombilie sur l'un des côtés, tandis que ces plis sont tout à fait distincts sur l’aatre côté.
Chez les spécimens adultes, le défaut de symétrie se reconnaît, au premier coup d'œil, au mode d’enroulement du dernier tour. On remarque, en effet, chez les exemplaires dont le diamètre atteint jusquà 2°”, que le côté aplati porte, près de l’ombilic, des plis larges et un ombilic exigu, de 17” de profondeur et d’à peine 11"” de largeur. Sur le côté opposé, au contraire, il n’existe pas d’ombilic; on n’aperçoit pas de plis; le bord buccal saille de 37” au-dessus du centre, et se replie de telle sorte qu’il se produit une véritable columelle. Si l’on place un tel spécimen de manière que le côté pourvu de plis se trouve en haut, la columelle et la partie la plus développée de la bouche, en bas, ainsi que le montre la fig. 103 du texte, il en résulte que la coquille serait senestre (dexiotrop selon Listing). Il est vrai que l’on pourrait objecter que, dans cette position, l'ombilic se trouve placé en haut, sur le côté apical, ce qui ne correspond pas à la place qu'il occupe habituellement chez les autres Gastéropodes, qu'il présente ici une anomalie, que peut-être le côté où il est visible devrait être tourné vers le bas, et que, par conséquent, la coquille devrait être considérée comme dextre (laeotrop selon Listing). Mais cette position serait entierement contre nature, parce que la bouche serait alors dirigée vers le haut, ce qui ne répondrait ni à la direction de la croissance, c’ad. au mode d’existence de l'animal, ni à la position dans laquelle on a l'habitude de dessiner la coquille, puisque ce côté est toujours désigné par le nom de côté basal, et qu'il doit être, pour ce motif, considéré comme le côté intérieur.
On rencontre cependant aussi des spécimens asymétriques, de chaque côté desquels un ombilic très exigu est développé, et qui, d’après la conformation de la bouche, doivent être considérés comme dextres (laetrop), (fig. 104 dans le texte), car la bouche s’avance sur le côté qu’il faut reconnaître comme côté basal, et, en outre, l’ombilic est ici plus petit sur le côté apical que sur le côté basal. Si l’on regarde un tel individu dans sa position naturelle, de manière que la bouche soit dirigée plus vers le bas, cad. vers le côté basal, on reconnaît alors qu'il est dextre. Il va sans dire qu'il est rarement possible de faire cette distinction sur les individus de petite taille, car on ne saurait se guider sur la largeur variable de l’ombilic, ainsi que le prouve l’exemple que nous venons d’exposer.
De même que chez Sphaerocyclus, nous avons ici également découvert des cloisons. La fig. 1034 de notre texte nous montre que les tours sont assez régulièrement fermés, presque jusqu’à la moitié de chacun d’eux, par des cloisons épaisses, courbées ou plissées. La paroi interne du tour est formée d’une couche d'épaisseur égale, (2), sur laquelle s'étend une deuxième couche d'épaisseur variable, (3), qui recouvre uniformément la surface interne de cette section du tour, (fig. 1037 dans le texte).
Quels rapports peuvent exister entre ces deux couches et les trois couches de la coquille proprement dite, c’est ce que nous ne saurions expliquer. Il est probable que l’interne de ces deux couches, qui se distinguent par leur couleur et diffèrent l’une de l’autre par leur structure, ait une origine anorganique, et qu’elle se soit formée ultérieurement par suite d’une réaction chimique durant le cours de la fossilisation. Ce qui confirmerait cette opinion, c'est que l'espace interne, fermé, est rempli de calcaire cristallin et grossier, tandis que l’autre moitié du tour renferme des détritus organiques et des restes de mollusques de très petite taille.
Fig. 103 dans le texte. Ptychosphaera constricta. Barr. sp. E—e 2.
a) Spécimen de grande taille, senestre, montrant la bouche asymétrique et, en même temps, le tour final. Grossi 4 fois
b) èd. vu par le côté apical. On compte 5 faibles plis dans le voisinage de l’ombilic.
c) id. vu par le côté basal. Plis nuls.
d) Coupe longitudinale, montrant les cloisons; grossie 4 fois.
e) Section transverse, montrant, outre l’enroulement asymétrique, le rétrécissement de l’ombilic par le dernier tour. f) id. formation de la cloison dans le dernier tour. Grossie 10 fois.
En ce qui concerne les cloisons, dont l'existence a été constatée chez Bellerophon (Sphaerocyclus) bohemicus, Barr., B. nuciformis, Barr. et Ptychosphaera constricta, Barr. sp., nous avons déjà mentionné leur signification comme propriété hydrostatique. Selon Jaekel (Thesen über die Organisation und Lebensweise der ausgestorbenen Cephalopoden. Zeitschr. d. deut. geol. Ges., Bd. 54, 1902, p. 67, Protokoll), les Bellerophontidae sont des Céphalopodes dégénérés, nageant librement, dont la coquille a perdu les cloisons. D’après cela, on pourrait supposer quelques relations entre les cloisons des Céphalopodes et celles des Bellerophontidae.
En ce qui concerne le défaut de symétrie, on sait que ce cas se présente rarement chez les Bellerophontidae. Jusqu'à présent, on n'avait cité, comme représentants asymétriques des Bellerophontidae, que le genre Sfachella, Waag. et quelques formes spécifiques, provenant tous des terrains permocarbonifère et permien. Lindstrôm*) figure aussi, mais sans la décrire, une forme de Bellerophontidae, asymétrique et du Silurien supérieur. Elle semble différer entièrement de Sfachella.
*) Lindstrôm, ?. c. PI. VI, fig. 11, 12.
Quelques espèces de Cymbularia, telles que Cymb. galeata, Cymb. lenticularis, montrent un défaut de symétrie, du moins dans l’enroulement ou le bombement du dernier tour. L’asymétrie de Cymbularia tarda, Barr. sp., du Silurien supérieur de la Bohème, est plutôt produite par la présence d’une callosité sur un seul côté que par le mode d’enroulement de la coquille. Nous constatons aussi le défaut de symétrie assez sensible des représentants de Phragmostoma du Silurien supérieur de la Bohême. Selon Koken,*) l’asymétrie est moins marquée chez les Bellerophontides de l’Eifel.**)
Selon l'opinion de Stache cette asymétrie serait due à une dégénération provoquée par une surproduction locale, ou à un phénomène en connexion avec le polymorphisme chaotique de Fuchs (G. Stache: Beiträge 2. Fauna der Bellerophonkalke Südtirols. Jahrbuch d. k. k. geol. Reichsanst. Bd. XX VII, p. 297, 1877.) Nous ne saurions partager ce point de vue. Nous serions plutôt d'avis de considérer l'asymétrie comme un phénomène de récurrence ou un retour à la éroissance en conchospirale due à la propriété que possèdent ces animaux de nager librement; c’est du moins ce que nous pensons pour la forme Péychosphaera. (Voir les études de Koken sur la morphogénie de la coquille ; (Entwick. d. Gastrop. ete., 1887, l. c. p. 307—8.) (Voir ci-après, dans la description du genre Cymbularia, Koken, nos considérations sur l’asymétrie des Bellerophontidae.
En ce qui concerne les rapports de ce genre nouveau avec le genre Séachella, Waagen,***) de forme semblable, nous reconnaissons quelques particularités qui justifient l'indépendance du nouveau genre. C’est en premier lieu par le mode d’enroulement et la forme de la bouche que notre genre diffère des Stachelles typiques, telles que Waagen les caractérise. Sous ce rapport, la forme de la Bohême se rapproche des types asymétriques décrits par Stache, que Waagen, pour les mêmes motifs, élimine du genre Sfachella: Bellerophon Sextensis Stache, 1. c. PI. VI, fig. 7, et Belleroph. Gümbeli, Stache, lt. c. Pl. VIT, fig. 5.
Il conviendrait de mentionner, en seconde ligne, l’existence d’une bande dorsale plate, située dans une rainure large et sans profondeur, et presque toujours indiquée par un filet sur les moules internes. Cette bande semble manquer à la plupart des véritables Sfachella.
De plus, la coquille mince des individus de la Bohême se distingue de la coquille épaisse des véritables Stachelles.
Les étranglements, ainsi que les plis situés près de l’ombilic, quoique très caractéristiques pour la forme de la Bohême, peuvent être considérés comme caractères spécifiques. Toutefois, ils nous semblent avoir des rapports avec le mode d’enroulement et les conditions de croissance de la coquille. Les coupes minces exécutées à travers les coquilles ne laissent constater aucun épaississement extraordinaire de la coquille dans le voisinage de l’ombilic, où les plis sont développés. Il existe encore de jeunes exemplaires, chez lesquels les plis, ainsi que les étranglements, se continuent presque jusqu’au milieu du dos, en suivant à peu près la direction des stries d’accroissement fortement recourbées vers l'arrière. Pour les motifs qui précèdent, nous serions plutôt tenté d'accorder aux plis du voisinage de l’ombilic la valeur de caractères génériques.
Il est probable que, en dehors de la forme de la Bohème, Péychosphaera constricta, Barr. sp., plusieurs autres appartiennent encore ici, surtout quelques-unes décrites par Stache, l. c.. telles que Bell. Gümbeli, Stache. Les coupes transverses de quelques représentants de Bellerophon asymétriques et peu connus, que Lindstrôm décrit, ne sauraient être compris ici.
*) Entwickelung etc., 1889, p. 376, Note.
**) Le genre Bellerophina d’Orbigny, du terrain crétacé, a plutôt l’aspect d’une coquille embryonnaire d’un genre de Prosobranche que d’un Bellerophon asymétrique.
*#*) Waagen, Palaeontologia indica, 1880. Ser. XIII, Pt. I, p. 171—173.
Ptychosphaera constricta. Barr. sp.
PI. 56, fig. 23—927, PI. 120, fig. 20—21, et fig. 103 et 104 dans le texte.
Coquille fortement renflée, aux côtés plus ou moins déformés. Jeunes individus, sphériques. Les tours, au nombre de 7} environ, sont fort peu élevés (généralement de 14””), et larges.
Chez les individus de taille moyenne, la proportion de la hauteur à la largeur, près de la bouche, est de 6:1 jusquà 8:1. Le dos est très fortement bombé, les côtés des tours. beaucoup plus aplatis. L’ombilic est très petit, étroit, profond, et, la plupart du temps, de largeur inégale sur chacun des côtés. Le dernier tour n'embrasse pas seulement les tours précédents, mais il forme aussi partiellement saillie, et ses bords rétrécissent fortement l’ombilice sur un côté de la coquille, de sorte que l’ombilic n'apparaît plus parfois que comme une excavation en forme de point, (voir fie. 103e dans le texte). L’espace interne semble occupé par un calcaire cristallin de grande finesse (callus?). Dans le voisinage de l’ombilic, il existe, sur les côtés des tours, plusieurs plis et étranglements, ordinairement au nombre de 4, disposés radiairement et en croix, de profondeur et de longueur variables. Lis sont rectilignes et inégalement développés sur chacun des côtés de la coquille. Il est rare qu’il existe 5 à 6 de ces étranglements. En général, sur les jeunes individus, dont le diamètre est de 8 à 12”, ces sillons sont beaucoup plus profonds que sur les spécimens plus âgés. Chez les jeunes, ils atteignent souvent une profondeur de 1:57”, et s'étendent presque jusqu'à la moitié du dos. Leur conformation est telle que les parties convexes du test qui se trouvent entre les profonds étranglements ressemblent à de gros tubercules arrondis.