Conul. fecunda. Barr
f Bull. Soc. géol. XII. p. 447.
ROUE Tee | Jabr. v. Leonh. u. Bronn. p. 388.
La forme de cette espèce est d'une régularité remarquable, bien qu’elle se trouve souvent dans des dépôts schisteux, où on pourrait s'attendre à voir les spécimens comprimés. Cette particularité tient à une épaisseur extraordinaire du test, dont nous allons parler.
La coquille figure une pyramide droite, à section carée. Les exemplaires adultes ont leur pointe quelquefois un peu arquée, mais cette circonstance peut être attribuée à une flexion qui avait eu lieu durant le jeune âge.
La section transverse est un carré, dont les côtés sont ordinairement rectilignes, mais quelquefois légèrement bombés.
Les 4 faces de la pyramide sont done à peu près égales entre elles. L'angle au sommet est pour chacune d'elles de 15°. Chaque face présente 4 subdivisions égales, c. à d. 4 triangles égaux. Il existe, en effet, une rainure médiane, étroite, mais bien marquée, comme dans la plupart des autres espèces. Nous trouvons de plus 2 autres rainures, symétriquement placées par rapport à la ligne médiane, à mi-distance entre celle-ci et le bord de la face. Ces rainures secondaires sont légèrement marquées, mais cependant très-distinctes, dans toute la longueur du fossile, de sorte que la sub-division en 4 parties est apparente dans tous les exemplaires bien conservés.
Sur chaque arête de la pyramide, il existe une profonde rainure dont le fond paraît lisse.
L'ouverture n’est jamais bien conservée. Cependant, plusieurs exemplaires nous permettent de voir, que chacune des faces de la pyramide se termine en triangle saillant, que nous voyons souvent reployé vers l’intérieur, à cause de la ténuité relative du test de cette partie.
GENRE CONULARIA. MILLER. 39
Nous n'avons jamais eu occasion d'observer une cloison intérieure dans cette coquille, dont nous possédons de très-nombreux exemplaires.
Le test, près de l’ouverture, est très-mince, et son épaisseur ne dépasse pas !/, de mm. A mesure qu'on avance vers la pointe, cette épaisseur augmente rapidement, de telle sorte que la cavité intérieure s'obstrue graduellement. Le sommet de la pyramide ne présente qu'un corps solide, sans vide intérieur. Cet épaississement résulte du dépôt successif de couches internes, dont l'apparence est exactement semblable à celle du test externe, €. à d. cornée et bleuâtre, comme dans diverses Lingules. Nous voyons ces couches s’exfolier dans beaucoup d'exemplaires, de sorte qu'on ne peut pas méconnaitre la constance de ce fait, particulier à l'espèce que nous décrivons. L'’obstruction du sommet de la coquille explique bien pourquoi on n’y observe aucune cloison. Nous rappelons, que ce dépôt organique est fréquent dans les coquilles des Céphalopodes Nautilides et aussi dans divers Gastéropodes.
Sur tous les exemplaires bien conservés, la surface du test est ornée de stries transverses, trèsfines, à peine visibles à l'oeil nü. Elles sont horizontales, mais quelques unes paraissent faire un léger angle de rebroussement, à la rencontre de la rainure médiane et des rainures secondaires.
Sur quelques spécimens, nous trouvons la trace de stries obliques, inégalement espacées et qui, sur chaque face, figurent des séries de chevrons, dont le sommet est dirigé vers l'ouverture de la coquille. Les lignes formant ces chevrons offrent une couleur bleue, plus foncée que celle du test. PI. 14, fig. 1 à 6. Ces ornemens obliques ne paraissent exister que sur les couches les plus internes du test, qui les transmettent sur le moule intérieur.
Dimensions. La longueur ordinaire des exemplaires est de 60 mm. La largeur à la base est d'environ 14 mm.
Rapp. et différ. La seule espèce qui pourrait étre confondue avec celle que nous décrivons, est Conul. Sosia, figurée sur la même planche. Elle se distingue par la ténuité constante de son test jusqu'à la pointe de la coquille, même dans les adultes et par l'apparence de sa surface encore plus finement striée que celle de Conul. fecunda. Nous ferons remarquer, que Conul. Sosia appartient exclusivement à la faune troisième, étage E.
Conul. invertens, espèce non figurée, offre aussi beaucoup de rapports avec Con. fecunda, mais elle se distingue par la position inverse des chevrons de sa surface, dont le sommet est dirigé vers le sommet de la coquille. Elle appartient à notre étage calcaire moyen F.
Gisem'. et local. Cette espèce est tres-caractéristique pour les dernières phases de notre faune seconde. On la trouve dans presque toutes les localités fossilifères, telles que: Zahorzan, Lazowitz, Lodenitz, Vraz, Lieben, M‘. Bohdaletz, Radotin, Vrschovitz, Visotan, StraZnitz, Praskoles &c., dans la bande d 4. Nous l’avons aussi recueillie dans la bande d 3 à Gross-Kuchel, Butovitz, Koenigshof, et sur le M‘. Kosov.