Epistôme
Ainsi que nous lavons déjà dit, l’épistôme est une plaque crustacée, analogue à l’hypostôme dans toutes ses parties, mais placée dans l’intérieur de la tête, parallèlement à celui-ci Deux têtes de Phac. breviceps que nous avons recueillies, nous ont fait reconnaître l’existence de cet
organe, de manière à vaincre toutes nos hésitations ; l’une et l’autre sont parfaitement conservées, sans avoir subi aucune pression ni déformation. La première (PL 22. fig. 28, 29) nous montre en place l’hypostôme soudé au bouclier sous frontal, et faisant partie du test extérieur, sa surface est fortement bombée en dehors. La seconde tête, (fig. 30, 51) nous fait voir lépistôme placé à l’intérieur, dans une position parallèle à celle de l’hypostôme ; il est attaché par ses ailes aux sillons antérieurs de la glabelle, comme l’bypostôme lui-même. Il se distingue de 1 hypostôme.
1 par sa surface aplatie, 2. — par la forme différente du bord postérieur, plus alongé
dans l’épistôme.
L’existence d’un épistôme nous ayant été d’abord démontrée par les fragmens de Pliac. breviceps, dont nous venons de parler, nous avons ensuite reconnu cè corps sur une autre torme du même genre.
La tête de Pliac. Cephalotes représentée (PL 20 fig. 11, 12) nous montre l’épistôme en place, attaché par ses ailes au sillon antérieur de la glabelle. Malgré l’analogie de forme entre ce corps et l’hypostôme de la même espèce, (fig. 7, 8) de la même planche, on peut cependant distinguer au premier coup d’oeil des proportions plus alongées dans le premier que dans le second.
Aucune autre de nos espèces ne nous a fourni jusqu’à ce jour, la preuve convaincante de
l’existence de l’épistôme. Néanmoins, quelques unes nous en laissent apercevoir la trace. Mais nous croyons devoir attendre de nouvelles observations à ce sujet, avant de considérer le fait comme suffisamment constaté pour ces dernières formes.
La position indiquée par Pander, pour l’bypostôme de As. expansus, dans 1 intérieur de, la cavité céphalique, nous avait fait supposer que cette espèce pouvait aussi être pourvue d un épistôme. Mais les recherches très-étendues qu’a faites à cet égard M. le, D,L Kutorga, ont démontré que dans cette espèce, il n’existe réellement qu’un hypostôme. (Mém. cité.)
$*. 3. Valeur des caractères fournis par l Hypostôme et l Epistôme.
D’après le résumé du tableau ci-dessus, parmi les 45 genres de Tnlobites que nous considérons dans nos études, il y en a 19 pour lesquels l’existence d’un hypostôme n’est pas encore
constatée, c. à d. | du nombre total. Cette proportion est beaucoup trop forte, pour quil soit permis aujourd’hui de regarder la pièce en question, comme faisant indubitablement partie de l’enveloppe de tous les Trilobites. La rareté de l’hypostôme dans les espèces de certains genres, tels que Conoceph alites , nous fait, concevoir jusqu’à un certain point, son manque absolu dans d’autres genres, tels que Eltipsocephalus et Olenus. La Faune de Bohême paraît aussi généralement plus favorisée, sous le rapport de la conservation de cet appareil, que celle de la plupart des autres contrées. Mais quelles que soient les probabilités, admises en faveur e l’existence universelle de l’hypostôme dans les Trilobites, ces probabilités ne peuvent pas fournir pour le classement de bette Tribu parmi celles des autres Crustacés, la même sécurité que donnerait le fait de la présence de cette pièce, s’il était constaté dans tous les genres.
Du moins, s’il était possible de distinguer parmi les types génériques des Trilobites, ceux qui ne possèdent pas d’hypostôme, cette distinction fournirait une base très-solide, pour établir une première coupe dans' la tribu. Mais nous doutons qu’on arrive jamais à une conviction suffisante à ce sujet.
Si nous considérons la forme des hypostômes connus, nous les voyons varier d’un genre ' à l’autre, sans que nous puissions reconnaître, .jusqu’à présent, dans leur apparence, les affinités de famille qui sont plus ou moins sensibles dans le reste de la conformation des types voisins. Ainsi, en comparant les genres très-rapprochés Asaphus et Ogygia , on voit dans le premier l’hypostôme fourchu, tandisque cette pièce est complètement arrondie dans le second. Par contraste, les. Calymene et les lllaenus dont les formes générales montrent si peu d’affinités réciproques, présentent la plus grande ressemblance dans leur hypostôme. Il en est de même entre
HYPOSTÔME. EPISTÔME DES TRILOBITES.
les genres Proetus et Harpes, dont on pourrait aisément confondre les hypostômes, du moins pour certaines espèces, tandisque ces deux genres offrent des types si opposés. Nous ne pouvons donc saisir dans la forme de cet appareil, aucun trait assez général ou assez constant, pour nous aider dans le groupement des genres en familles naturelles.
D’après cette considération, la valeur caractéristique de l’hypostôme ne saurait s’élever au delà de la distinction des genres.
Doit-on, dans cette distinction elle même, lui accorder une influence prépondérante sur celle des autres élémens de l’enveloppe extérieure? C’est ce que nous ne pensons pas. Nous sommes au contraire disposé à admettre une certaine variation de forme dans l’hypostôme, entre les limites d’un même genre , ainsique nous l’avons déjà indiqué ci-dessus. Cette variation se remarque principalement dans le contour du bord buccal et des bords latéraux, et nous en avons énuméré plusieurs exemples, dans des cas où les modifications de l’hypostôme ne semblent entraîner avec elles, aucun changement important dans le reste du corps, comme dans les Illaenus et Lalymene. La découverte de l’appareil buccal dans un plus grand nombre de genres et d’especes ouvrira sans doute le champ à de nouvelles considérations, plus étendues et mieux fondées que celles qui se présentent à nous aujourd’hui. Mais en attendant de plus amples informations sur cette matière, nous ferons ■ entrer l’hypostôme dans nos déterminations génériques, avec un poids égal à celui que nous accordons aux élémens importans du corps. Quant aux pointes accidentelles sur son contour, elles seront comptées comme tous les ornemens de l’enveloppe, au nombre des caractères purement spécifiques.
Section III. Elémens du thorax des Trilobites.
Les élémens dont se compose le thorax des Trilobites et que nous nommons segmens thoraciques, sont tous semblables entr’eux, sauf quelques rares exceptions, où leur forme se modifie légèrement dans l’étendue du corps. Nous laisserons aux Zoologues le soin de discuter la question de savoir, si on peut reconnaître dans ces segmens, toutes les parties élémentaires dont le savant Audouin a démontré la présence constante dans les segmens des ipsectes. Nous nous bornerons à considérer les variations de la forme apparente des élémens du thorax des Trilobites, sans avoir égard à leur composition anatomique. A notre point de vue, un segment thoracique se compose d une partie médiane, que nous nommons l’anneau de l’axe, et de deux parties latérales, semblables et symétriquement disposées, que nous appelons les Plèvres. Nos études sur cette matière donneront lieu à trois chapitres.
Chap. 1. Forme des segmens thoraciques des Trilobites.
Chap. 2. Nombre des segmens des Trilobites.
Chap. 3. Enroulement des Trilobites considéré dans ses rapports avec la forme des segmens.