C. Les courbures de la plèvre
D. Les subdivisions de la plèvre, dans le sens de sa longueur.
Ë. Le biseau ou facette de la plèvre.
F. La doublure de la plèvre.
G. Les variations dans la forme de la plèvre.
H. L’influence de la plèvre sur la conformation de la tête et du pygidium.
A. Caractères des deux types de la plèvre.
Avant même de définir ces deux types, nous croyons devoir indiquer les genres que nous considérons comme appartenant à chacun d’eux. C’est le but du tableau suivant. En même temps, pour offrir au lecteur des termes de comparaison très-faciles à saisir, mous avons lait figurer sur nos Planches (4. 5. 6.) la plèvre caractéristique de tous les genres, ainsi que ses principales variations dans chacun d’eux.
Genres des Trilobites qui présentent:
La
plèvre à Sillon,
1". type.
Groupe de passage.
Aeglina.
Barr.
Hydrocephalus.
Barr.
lllaenus. . . Daim.
Agnostus. , .
Brongn.
Liehas. . .
Nileus. . . Daim.
Ampyx. . .
Daim.
Ogygia- • •
Brongn.
Arethusina.
Barr.
Olenus. . ■
Daim.
Dans ces deux genres,
Arionellus.
Barr.
Paradoxides. .
Brongn.
la plèvre paraît à peu-
Asaphus. . .
Brongn.
Phacops. . .
Emmr.
près plane. Cependant,
Calymene.
Brongn.
Phillipsia. . .
Portl.
on voit une trace de sil-
Conocephalites.
Zenk.
Proetus. . .
Stem.
Ion sur la plèvre de III.
Burin.
Bemopleurides.
Portl.
Dawisi Sait. (Dec. 2. PI. 2.)
Dalmania. . .
Emmr.
Sao. . . •
Barr.
Le genre Nileus nest
Dionide. . .
Barr.
Symphysurus.
Goldf.
représenté que par une
Ellipsocephalus.
Zenk.
Triarthrus.
Green.
seule espèce : Nil arma-
Griffithides.
Portl.
Trinucleus.
Lhwyd.
dillo , très-rare et peu
Harpes. . .
Goldf.
connue.
Harpides. . .
Beyr.
Homalonotus.
Kôn.
Genres dont la plèvre
est inconnue:
Deiphon. . . Barr.
Peltura. . . M. Edw.
Telephus. . . Barr.
La plèvre à Bourrelet,
2m.e. type.
Acidaspis. Murch.
Amphion. . Pand.
Brontéus. . Goldf.
Cheirurus, Beyr.
Cromus. . Barr.
Dindymene. Cord.
Encrinurus. Emmr,
Placoparia. Cord.
Sphaerexocbus. Beyr.
Staurocephalus. Barr.
Zethus. . Pand.
La plèvre à sillon est celle dont la surface supérieure ou externe est creusée dans le sens de sa longueur, par une rainure ou sillon, variable en étendue et en profondeur. Par 1 effet de cette rainure, la plèvre à sillon paraît au premier aspect une sorte de lanière mince, avec un pli médian, longitudinal, plus ou moins sensible.
Si on retourne cette plèvre sens dessus dessous, on voit que son sillon se traduit sur la surface interne par une saillie longitudinale, ou bourrelet, de forme correspondante.
Tout ce que nous venons de dire sur la plèvre à sillon, s applique à la plèvre à bounelet, mais dans un sens inverse.
La plèvre à bourrelet offre sur sa surface supérieure ou externe, une élévation longitudinale ou bourrelet, qui la parcourt dans toute son étendue, avec une forme et un relief variables. Au premier aspect, la plèvrë de ce second type paraît épaisse, et cylindroide. Si on la retourne sens dessus dessous, on voit que le bourrelet de la surface supérieure se traduit sur la surface interne, par une rainure longitudinale correspondante.
On pourrait donc dire en général, que chacun des deux types représente l’autre type retourné.
' Dans l’un et l’autre type, la plèvre se termine, tantôt par un arc arrondi, tantôt par une pointe émoussée, tantôt par une pointe effilée. Cependant, on peut remarquer que les deux premières formes se montrent plus fréquemment dans le type à sillon , et la dernière dans le type à bourrelet.
FORME DES SEGMENS THORACIQUES DES TRILOBITES
Si on considère la destination du sillon et celle du bourrelet, on est amené à leur attribuer une même fonction, celle d’ajouter à la solidité de la plèvre, et ainsi sous ce rapport, les deux types rentrent lun dans l’autre. Mais comme nous cherchons uniquement à établir des distinctions de formes qui nous permettent de classifier les Trilohites, nous continuerons à faire ressortir les contrastes entre les deux types en question, en même temps que leurs analogies.
B. Bandes de la Plèvre. — Bourrelets accessoires. — Sillons accessoires.
Le sillon et le bourrelet occupent chacun dans leur type respectif, la partie médiane de la plèvre, et généralement aussi la majeure partie de sa surface. Mais il reste toujours en avant et en arrière, soit du sillon, soit du bourrelet, une sorte de bord plus ou moins horizontal, que nous nommons d’après sa position ; Bande antérieure, et Bande postérieure de la plèvre. Chacune de ces bandes varie d’une espèce à l’autre, soit en largeur relative, soit en relief; son arête extérieure restant toujours perpendiculaire à l’axe du corps. Dans aucun cas nous ne voyons les bandes disparaître. Quelle que soit la largeur du sillon dans le premier type, on conçoit qu’il doit toujours rester un bord un peu relevé pour le limiter de chaque côté, et constater sa profondeur. C’est ce que nous voyons dans Arethusina Konincki (PL 18.). Si le bourrelet s’étend au contraire, il pourrait envahir toute la largeur de la plèvre, sans laisser aucune trace des deux bandes. Nous ne connaissons cependant jusqu’à ce jour aucun Trilobite qui présente cette conformation , et nous retrouvons toujours la trace des deux bandes, sous une forme rudimentaire, même lorsqu’elles semblent au premier aspect complètement effacées. Ainsi, dans Acidasp. Verneuili, dans la plupart des Bronteus, et Cheirurus, le bourrelet prend une telle largeur, à partir du sillon dorsal, qu’il semble exclure toute bande. Mais si l’on examine ses bords, on reconnaît toujours, soit une bande rudimentaire, dans toute la longueur de la plèvre, jusqu’au coude, comme dans Acid. Verneuili, (PI. 58.) soit du moins deux bandes prononcées au droit du coude, dans- tous les Bronteus et Cheirurus (PL 40 à 48). En ce dernier cas, chacune des bandes reparaît avec une notable largeur, par l’effet de l’étranglement correspondant au coude de la plèvre, dans ces deux genres. De tous les Trilobites que nous pouvons observer, Sphaerexochus mirus (PL 42.) est celui dans lequel la trace des bandes est le moins marquée, mais cependant nous la retrouvons encore, surtout sur le moule, et sa disparition apparente n’est qu’un effet de la grande épaisseur du test, sur les bords, comme dans Bront. palifer (PL 45.). Ainsi, nous constatons constamment la présence des deux bandes dans la plèvre à bourrelet, comme dans la plèvre à sillon, ce qui confirme ce que nous avons déjà dit: que chacun des deux types représente l’autre type retourné.
Etablissons maintenant quelques contrastes entre les deux types, et passons en revue les formes qui pourraient paraître douteuses.
I. On sait que dans la grande majorité des Trilobites dont le segment est conformé suivant
le premier type, le sillon est oblique, par rapport à la direction de la plèvre. On rencontre ra¬
rement dans ce type, un sillon parallèle aux bords du segment, comme dans Arethusina, et Harpes. Au contraire, dans presque tous les Trilobites dont la plèvre est conformée suivant le second type, le - bourrelet est parallèle aux bords. Rarement il est oblique, comme dans Acid. Buchi.
IL Lorsque le sillon est oblique dans le premier type, il s’incline de l’avant vers l’arrière, à partir de 1 axe du corps ; jamais il n’est incline de l’arrière vers l’avant. Au contraire, lorsque le bourrelet devient oblique dans le second type, il s’incline de l’arrière vers l’avant , à partir de l’axe, ^ comme dans Acül. Buchi. Nous ne connaissons aucun cas où il soit incliné de l’avant vers 1 arrière. Le sillon et le bourrelet prennent donc des inclinaisons opposées.
III. Il arrive souvent dans le premier type, que les deux bandes de la plèvre sont inégales,
et alors on remarque dans le plus grand nombre des cas, que c’est la bande postérieure qui est
la plus large, comme dans nos Asaphus, Proetus , &c. Au contraire, nous observons dans la majeure partie des Trilobites du second type, que la bande la plus large est la bande antérieure. Acid. Buchi fait exception à cette règle.
IV. Parmi les Trilobites du premier type , quelques espèces portent sur leur plèvre des bourrelets que nous appèlerons accessoires, et qui se distinguent aisément du bourrelet piincipal ou typique, tel que nous l’avons défini ci-dessus. En effet, soit qu il existe un seul de ces bourrelets accessoires, comme dans Harpides hospes. Beyr. soit qu on en trouve deux , comme dans notre Lich. palmata, (PL 28) le sillon principal, caractéristique du premier type, n’existe pas moins et se reconnaît toujours par son étendue relative et la position médiane qu’il occupe dans la plèvre. Beaucoup de' Phacops, tels que PL latifrons, Phac. Gephalotes, &c. ont leurs deux bandes plus ou moins enflées en forme de bourrelet, et on peut quelquefois observer le long du bourrelet postérieur, le bord horizontal de la bande qu’il orne. Les Dalmania et autres genres nous offrent une semblable structure, mais dans tous les cas que nous avons pu observer, il nous semble aisé de distinguer le type à sillon, par la direction et 1 importance relative de la rainure pleurale.
V. De même, parmi les Trilobites du second type, plusieurs genres nous présentent sur
leur plèvre, en même temps que le bourrelet caractéristique, un sillon que nous appelons accessoire. Ce sillon accessoire ne saurait être confondu avec le sillon principal du premier type, pareequ’il n’en offre l’étendue, ni dans le sens de la largeur, ni dans le sens de la longueur. Il occupe d’ailleurs rarement la position médiane; il ne dépasse pas ordinairement le coude de
la plèvre, et le plus souvent même, il ne l’atteint pas. 1. — Dans diverses espèces d’Acklaspis,
telles que A. Leonhardi, A. ruderalis, &c. on aperçoit un petit sillon très-distinct, mais très-étroit, entre le bourrelet et la bande antérieure. La position médiane du bourrelet, la surface relative qu’il occcupe par rapport au sillon, et la direction de celui-ci subordonnée à celle du bourrelet, montrent assez clairement que c’est un sillon accessoire. 2. ■ — - Quelques Bronteus portent sur leur plèvre la trace d’un sillon situé sur la ligne médiane, mais qui est si peu marqué, qu’il est à peine sensible, comme dans Br. porosus et Br. Edwardsi, &c. Nous considérons ce sillon comme accessoire, à cause de l’extrême légéreté avec laquelle il est trace , dans une direction parallèle aux bords, et pareequ’il ne s’étend jamais jusqu au coude. Nous ferons remarquer aussi, que peu d’espèces nous permettent d’observer ce sillon, tandisque dans toutes la plèvre présente d’une manière marquée, la forme cylindroide aplatie, qui distingue le type à bourrelet. 3. Le genre Cheirurus est celui dans lequel la combinaison du bourrelet avec le sillon accessoire mérite le plus d’attention. La série des variations de la plèvre dans ce genre est
figurée dans les PI. 5 et 6. Elle montre, que le sillon accessoire d’abord très-peu profond, et quelque¬
fois principalement indiqué par une série de petites cavités, comme dans Ch. claviger et Ch. globosus, affecte dans ce groupe un,e direction parallèle aux bords , divise le bourrelet en deux parties longitudinales , mais n’atteint jamais le coude. Ch. Sembnitzki Eichw. est celui qui offre le sillon accessoire le plus prononcé, et on peut voir qu’il tend à devenir un peu oblique. Mais ce sillon n’a en somme que peu de largeur et peu de profondeur. On ne saurait le prendre pour un sillon principal, malgré sa position médiane, pareeque l’ensemble de la plèvre ne perd pas son caractère cylindroide aplati, et en second lieu, pareeque les bandes toujours existantes, sont séparées du sillon par les deux parties plus ou moins tuméfiées du bourrelet. Si 1 on suit maintenant le sillon accessoire dans le groupe de Ch. insignis, on voit qu’il se modifie successivement de manière à devenir de plus en plus court, et simultanément plûs profond et plus oblique. Ch. Iîawlei nous montre ce sillon déjà complètement oblique, mais encore très-alongé. En suivant les autres modifications figurées sur la même planche, nous arrivons a Ch. gibbus dont le sillon présente à la fois le maximum d’obliquité et de profondeur, jusqu’ici connu. Dans tout ce groupe, ori remarquera que le sillon accessoire, quelle que soit son intensité, n atteint jamais le coude, .contrairement à ce qui a lieu pour le sillon principal, qui dans le premier type s étend d autant plus loin, qu’il est plus profond. Secondement, toutes les figures font voir, que le sillon accessoire après avoir suivi la direction oblique de l’avant vers l’arrière, à partir de 1 axe, se coude brusque-
FORME DFS SEGMENS THORACIQUES DES TRILOBITES.
ment dans une direction opposée, ou du moins parallèle à l’axe, et retourne ainsi sur le bord antérieur de la plèvre, ce qui n’a jamais lieu pour le sillon principal. Enfin, nous voyons dans les Cheirurus la plèvre toujours enflée et épaisse , dans toute sa longueur , et nous retrouvons constamment sur chacun des bords du bourrelet divisé par le sillon accessoire, une bande trèsdéveloppée, si non dans toute l’étendue, du moins au droit de l’étranglement qui correspond au coude. Nous ferons remarquer en passant, que si l’on considère seulement les Cheirurus de Bohême, l'obliquité et la profondeur du sillon de leur plèvre montrent leur minimum dans les espèces de la division Silurienne inférieure, croissent suivant la hauteur géologique, et atteignent leur maximum dans Ch. gibbus qui caractérise les étages les plus élevés de la division supérieure. Cette observation ne s’applique ni à l’Angleterre, ni à l’Amérique du Nord. 4. — La plèvre des Amphim, Encrinurus, Cramus et Dindymene porte aussi un sillon accessoire, mais il est si peu important, et le bourrelet occupe une telle proportion de la surface, qu’il ne nous semble pas possible de méconnaître dans ces genres la forme du second type auquel ils appartiennent. 5. — Zetlms verrucosus et Zeth.
bellatulus sont les espèces qui, à notre connaissance, présentent la plèvre de la forme la plus
équivoque, à cause du grand développement de la bande antérieure, et de la profondeur du sillon accessoire qui la sépare du bourrelet. Cependant, on peut reconnaître dans ce genre, avec une suffisante certitude, le second type de sa plèvre. En effet, on remarquera d’abord, la forme cylindroide enflée du bourrelet, qui occupe non seulement la majeure partie de la surface, mais
qui paraît presque seul, lorsque l’animal est enroulé. C’est ce que montrent très-bien les belles
figures de ces deux espèces, dans le mémoire plusieurs fois cité du Dt. A. de Volborth. En second lieu, le bourrelet est accompagné de deux bandes, l’une antérieure, très-développée, comme nous l’avons déjà dit, et l’autre postérieure rudimentaire. Cette dernière est distinctement indiquée sur plusieurs des plèvres des figures dont nous venons de parler, et nous la reconnaissons aussi sur des fragmens des mêmes Trilobites, que nous devons à la bonté du savant auteur qui a restauré le genre Zethus, dans ses droits. L’existence des deux bandes, - malgré leur inégalité, constate suffisamment la nature du bourrelet, qui ne peut être qu’un bourrelet principal. On peut remarquer aussi, que le sillon qui détermine la bande antérieure est parallèle aux bords, et en avant de l'anneau de l’axe, au lieu de correspondre à cet anneau, comme le sillon principal, lorsqu’il prend cette direction. D’après ces observations, nous n’hésitons pas à ranger le genre Zethus parmi ceux qui appartiennent au second type de la plèvre.
VI. Les genres Illaenus et Nileus semblent échapper à la distinction des deux types , et on pourrait être tenté de considérer leur plèvre plane, comme constituant un troisième type intermédiaire, sans sillon ni bourrelet. Mais ces genres étant les seuls qui possèdent cette conformation exceptionnelle, nous croyons qu’il y aurait peu d’avantage à établir cette distinction. Nous voyons d’ailleurs dans III. Dawisii Sait, une trace de sillon assez marquée, pour nous permettre de concevoir son existence rudimentaire. On pourrait donc ranger les Illaenus à la suite des genres du premier type.
Il serait possible cependant, que le genre Nileus dût prendre rang dans la seconde catégorie. Nous ne sommes pas suffisamment informé pour résoudre cette question, réservée aux savans qui possèdent les matériaux convenables.
Dans tous les cas, nous considérons les deux genres Illaenus et Nileus comme formant provisoirement un groupe .de passage, entre les deux principales catégories établies dans le tableau ci-dessus.