IV. Variations de la plèvre dans les genres d'un même type
La multiplicité des variations dont la nature dispose pour caractériser chaque espèce d’un même genre, n’efface point la diversité fondamentale qu’elle sait maintenir entre les deux types de la plèvre que nous avons distingués. Nous avons eu l’occasion d’expliquer ci-dessus les apparences douteuses que peuvent présenter un petit nombre de Trilobites, qui semblent destinés a établir le lien de famille entre les deux catégories. *
Si nous comparons dans chacune d’elles les divers g'enres qui la composent, il est rare qu’en prenant au hazard deux d’entr’eux, nous ne soyons pas aisément frappé de la différence entre leurs plèvres, quelles que soient les espèces rapprochées. Mais, comme nous l’avons déjà fait remarquer, la réussite dans ces essais exige quelque habitude d’observation. Il y a néammoins de bien grandes analogies entre les segmens de certains genres. Nous avons déjà signalé sous ce rapport, l’affinité qui existe entre les Bronteus et les Cheirurus, entre les Phacops et divers Proetus, entre Trinucleus et Ampyx &c. Cependant, il n’y a probablement que peu de cas, où il soit impossible de déterminer le genre auquel appartient une plèvre isolée. Comme exemple d’un extrême rapprochement des formes, entre des Trilobites de divers genres, nous citerons les
segmens de Cheirurus globosus Barr. (PI. 35) et ceux des Bronteus, tels que. Br. poiosus , Bi. Partschi, Br. umbellifer , Br. Edwardsi <Sçc. (PI. 44 à 48). Bien quil existe entre ces élemens une très-grande ressemblance, sous presque tous les rapports, la nature na pas négligé les moyens de distinction. Nous voyons d’abord sur la plèvre du Cheirurus un sillon longitudinal, qui jamais ne manque dans ce genre, et qui porte au fond une série de petites cavités. Un sillon analogue se voit aussi , par exception , sur la plèvre de Bront. porosus et de Br. Edwardsi , mais il ne montre jamais les cavités mentionnées. Chacun de ces Bronteus présente d adleurs sur son test, des ornemens propres, qu’on n’a encore observés sur celui d aucun Cheirurus. Nous nous bornons à citer les stries sur la paroi de la doublure, sans compter les ornemens distinctifs de chaque espèce. Un observateur attentif ne peut donc confondre entr’elles, même les plèvres isolées de ces Trilobites.
Nous sommes disposé à croire, qu’il en serait de même, si Ion comparaît les plèvres les plus analogues de deux autres genres quelconques. Nous ferons remarquer, en finissant, que les points de contact de deux types génériques, pouvant donner lieu à quelque hésitation,, sous le rapport de la plèvre, sont ordinairement très-peu nombreux, et se réduisent peut-être à une espèce, comme dans les Cheirurus. A partir de ce point de contact, la plèvre suit dans chaque genre une série de variations, qui l’éloigne du genre apparenté. Ainsi, le sillon se prononce de plus en plus dans les Cheirurus , en augmentant d’obliquité, tandisqu’il disparaît dans les Bronteus. On pourrait donc, dans la plupart des cas, représenter les affinités de la plèvre, des genres les plus rapprochés, par deux lignes droites qui se coupent en un point, et divergent d ailleurs dans toute leur étendue.
II. Influence de la furme de la plèvre sur la conformation de la tête et du pygidium.