‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 108 sur 469 · IV. Dans les genres d’un même type · texte numérisé non relu

IV. Dans les genres d’un même type

/. Variations de la plèvre dans le thorax d’un même individu.

On peut admettre qu’en général dans les Trilobites, toutes les plèvres composant le thorax d’un même individu, sont semblables entr’clles. Cette ressemblance ne s’étend pas cependant jusqu’à une parfaite identité, mais les variations de formes ou de dimensions, en rapport avec celles de l’axe, sont ordinairement si faibles, quelles ne méritent pas d’être prises en considération. Aeglina fôrmosa nous présente les différences les plus notables, que nous puissions citer dans la longueur inégale des plèvres, d’ailleurs semblables, sous tous les autres rapports. Certains genres tels que Phacops, Calymene, Conocephalus, Harpes &c. nous montrent la plus parfaite uniformité entre toutes les plèvres thoraciques de l’individu, et sauf quelques exceptions, il en est de même parmi les Proetus, Illacnus &c. Nous trouvons au contraire dans les Bronteus, plusieurs Lichas , Asaphus &c. , la première et parfois aussi la seconde plèvre, notablement plus courte que les autres, vers le bord externe. Cette diminution de longueur est liée dans presque tous les Bronteus et dans Lich. scabra, à une modification sensible dans la forme, qui paraît un peu plus large que dans les autres segmens.

Divers autres genres que nous allons passer en revue, nous offrent des inégalités plus notables, entre les plèvres d’un même individu.

1. Proetus Loveni. Barr. (PL 16) est le seul parmi tous ses congénères, dont les plèvres montrent un accroissement progressif et régulier dans la longueur de la partie externe, formant une pointe: Cette pointe en se développant, se courbe aussi de plus en plus vers l’arrière.

2. Daim. Deshayesi (PL 27) nous montre une conformation analogue.

3. Dans la plupart des Paradoxides, les plèvres augmentent progressivement de longueur à partir de la première, jusques vers l’extrémité du thorax. Le maximum de longueur varie de place suivant l’espèce. Ainsi, dan£ Par. Bohémiens, la plèvre la plus longue est la dernière, tandisque dans Par. spinosus le maximum se trouve sur la troisième à partir du pygidium.

4. Dans le même genre Paradoxides , la pointe de la seconde plèvre dépasse notablement en longueur celle des plèvres contiguës. Cette différence est sensible à tous les âges, mais elle est beaucoup moindre dans les adultes que dans les jeunes individus. Ces derniers nous montrent constamment la seconde plèvre plus longue que toutes les autres, et s’étendant de beaucoup au delà de l’extrémité du corps. (PL 9 à 14).

5. Hydrocephalus carens a les deux premières plèvres beaucoup plus longues que toutes

les autres, et pourvues d’une pointe qui atteint ou dépasse le bout du pygidium. Nous n’avons

pas encore constaté une semblable particularité dans Uydr. Saturnoides , qui a d’ailleurs beaucoup d’analogie avec l’espèce qui nous occupe. (PL 49).

6. Hlaenus Hisingeri se distingue de toutes les espèces connues du même genre, par le prolongement constant de sa première plèvre, au delà de la ligne uniforme que présentent les extrémités de toutes les autres. La saillie formée par cette plèvre est à peu-près égale à celle des pointes génales. (PL 29).

7. Acid, propinqua a la pointe de la 31 plèvre plus forte et plus longue que celle des autres segmens. (PL 59).

8. Remopleurides laterispinifer Portl. a la septième plèvre armée d’une pointe qui paraît

avoir une longueur double de celle des plèvres contiguës. (Report. PL 1. fig. 2. a.)

9. Zethus verrucosus décrit par le DoctL A. de Volborth présente une conformation jusqu’ici unique parmi les Trilobites. Les cinq premières plèvres ont une même longueur, et leurs extrémités sont émoussées ou pourvues d’une saillie très-courte du bourrelet. Au contraire, dans les sept dernières plèvres, le bourrelet se prolonge par une pointe très-forte et très-étendue, vers le pygidium. Zethus bellatulus paraît offrir une semblable anomalie dans sa structure. (Mém. cité).

10. Acidaspis mira porte deux pointes à chacune des 7 premières plèvres thoraciques, tandisque dans les deux dernières, nous trouvons une troisième pointe intermédiaire, mais cependant beaucoup moins développée que les deux autres. (PL 39).

11. Acidaspis Buchi a la dernière (9T.) plèvre thoracique de moitié plus étroite que toutes les autres , et armée d’une pointe rudimentaire. Ces deux circonstances sont si prononcées, qu’elles nous avaient d’abord empêché de reconnaître l’indépendance du 9T. segment, qui semble faire partie du pygidium dans cette espèce. (PL 36. 37).

12. Le Prof». Burmeister a figuré, dans Cyphasp. clavifrons , les cinq premières plèvres comme armées de pointes de longueur décroissante vers l’arrière, tandisque toutes les autres ont l’ extrémité arrondie. fOrg. der Tril. PL 3. fig. 4.) Cependant, comme le texte indique quelque doute à ce sujet, nous considérons cette exception comme ayant besoin d’être confirmée. Nous n’observons rien d’analogue dans les Cyphaspis de Bohême.

II. Variations de la plèvre dans les individus d’une même espèce.

Nous n’avons jamais eu l’occasion de constater la moindre différence, dans la forme des plèvres, en comparant des individus appartenant à une même espèce. Nous reconnaissons dans tous une parfaite constance, soit dans l’uniformité des segmens, soit dans les variations partielles, de qnelques uns d’entr’eux, suivant les indications que nous venons de donner à ce sujet.

FORME DES SEGMENS THORACIQUES DES TRILOBITES

III. Variations de la plèvre dans les espèces d’un même genre.

Si Ion compare avec attention, dans tous leurs détails, les plèvres des diverses espèces d’un même genre, on trouvera très-rarement entr’elles* une telle ressemblance, qu’on puisse les considérer comme identiques. Les genres dans lesquels on remarque les moindres variations , sont ceux que nous avons déjà cités, comme offrant une plèvre uniforme dans l’étendue du thorax d’un même individu, savoir: Phacops, Calymene , Conocephalus, Harpes &c. Cependant, ces genres eux-mêmes nous permettent d’apercevoir des différences souvent assez marquées, entre les plèvres de certaines espèces. Nous citerons comme exemples: Parmi les Phacops, la plèvre de Phac. Volborthi (PL 23) qui se distingue de toutes les autres, par sa bande antérieure, extrêmement étroite. Parmi les Calymene, les segmens s’écartent plus ou moins du type commun, dans Calym. parvula, C. declinata et C. Baylei que le lecteur peut comparer, (PL 19 et 43). Dans ce dernier cas, les variations consistent principalement dans la courbure, faisant varier le rapport de longueur, entre la partie interne et la partie externe de la plèvre. Mais dans la plupart des autres types génériques, les modifications de la plèvre en passant d’une espèce à l’autre, atteignent tous ses élémens. Nous voyons varier les proportions relatives du sillon, du bourrelet, des bandes, des pointes &c. On reconnaîtra combien sont illimitées sous ce rapport, les combinaisons de la nature, en comparant attentivement les segmens isolés que nous avons fait figurer pour les nombreuses espèces des Proetus (PL '15 à 17) et pour celles des Bronteus (PL 44 à 48.) Le lecteur trouvera aussi dans nos planches élémentaires, (4. 5. 6) la série des segmens de tous nos Paradoxides, et de la plupart des Cheirurus connus, offrant une longue suite de variations, l’une pour le premier type de la plèvre, 1 autre pour le second. Nous avons eu déjà l’occasion de faire remarquer ci-dessus (p. 171), que les modifications successives qu’éprouve la plèvre des Cheirurus, correspondent exactement, en Bohême du moins, à l’ordre de leur existence dans la série verticale de nos formations.

Aux exemples que nous venons d’indiquer, chaque observateur ajoutera aisément ceux que ne peuvent manquer de lui fournir les espèces congénères qui se trouvent sous ses yeux. Dans ces comparaisons, comme dans toutes les études relatives à la zoologie, nous croyons qu’une certaine habitude d’observation est nécessaire, pour que nos sens puissent percevoir des différences, qui nous échappent au premier coup d’oeil, au milieu d’un grand nombre d’analogies. Aucune de ces différences, lorsqu’elle est constante, ne devrait être négligée, comme l’a dit depuis longtemps Léop. de Buch ; mais c’est à la science d’assigner à chacune son importance relative.

En somme, on peut dire, qu’il n’existe parmi les Trilobites , aucun genre un peu riche en espèces, sans qu’on ne puisse observer parmi celles-ci, des variations plus ou moins notables, dans la forme de la plèvre.

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