Wahlenbergi
Nous ferons observer, que tous les exemplaires de ces espèces ne s'e prêtent pas également bien aux observations dont nous venons de parler. Les Illaenus conservés dans des schistes, et portant souvent la trace d’une forte compression, sont ceux qui pourraient le plus souvent laisser croire, que les segmens contigus s’imbriquent au droit du sillon dorsal. Mais nous trouvons aussi des exemplaires qui montrent tous les segmens simplement juxtaposés, sans aucun recouvrement. Illaenus (Bum) Bouchardi est la seule espèce, qui au lieu de saillies coniques, nous présente des nodules hémisphériques.
II. Après avoir examiné les apparences sur les moules, nous avons aussi a constater une observation directe sur le test. Parmi les exemplaires de Amphion frontilobus que nous devons à la bonté du D,!. A. de Volborth de St. Pétersbourg , il en est un qui est brisé, suivant une direction transverse au corps. Cette section nous montre, au droit du sillon dorsal, de chaque côté de l’axe, sous la paroi du segment, une saillie conique, dont la longueur dépasse un millimètre et dont la forme est entièrement semblable à celle des entonnoirs décrits sur les moules. Cette saillie ne nous paraît établir aucune- connexion, ni articulation entre deux segmens consé-
FORME DES SEGMENS THORACIQUES DES TRILOBITES
cutifs. Nous pouvons constater en même temps sur un autre individu, également enroulé de la meme espece, que sur la ligne du sillon dorsal, ces segmens ne s’imbriquent pas.
, . f'0!1 clusion • Les faits que nous venons de passer en revue, nous semblent démontrer, qu’il n existait aucune articulation entre les segmens, au droit du sillon dorsal. Nous avons fait voir “"dessus, que la connexion existant entre les plèvres par suite de la saillie angulaire ne pouvait etre considérée que comme exceptionnelle. Ainsi, nous croyons avoir établi, dans l’étendue de nos observations que les segmens thoraciques des Trilobites étaient indépendans les uns des autres, c. a d. dépourvus de toute liaison articulaire entr’eux.
11 nous resterait maintenant à interpréter la fonction que remplissait la saillie conique, fixée a la paroi inferieure de chaque segment, et pénétrant par conséquent dans les parties molles. Il nous semble, que cette fonction se réduisait simplement à fournir aux muscles une surface d’attache. Nous assimilons donc ces tubercules coniques aux lamelles du test, situées sous les sillons latéraux de la glabelle dans les Dalmania. Nous avons vu aussi des lamelles analogues placées sous les rainures des anneaux de l’axe, au pygidium des espèces du même genre ' et 'nous les avons figurées pour le pygidium de Daim. Hausmanni. (PI. 23).
Ces analogies nous paraissent indiquer assez bien le but des saillies internes du test sous les segmens thoraciques.
5. Valeur des caractères fournis par la forme des segmens thoraciques.
Nous avons vu, dans les études qui précèdent, que la partie médiane du segment, l’anneau de taxe, se présente sous une forme peu variable dans tous les Trilobites. Ses modifications sont trop peu tranchées, pour pouvoir fournir aucun caractère distinctif, au delà de la détermination des especes il n’en est pas de même des appendices latéraux du segment, qui, malgré des modifications de detail très-variées, nous ont cependant permis de distinguer deux types
Considérée dans un même genre, la plèvre nous olTre le plus souvent une forme propre à chaque espece Nous avons choisi deux genres assez étendus, pour nous fournir des exemples tres-marques de^ ces variations, savoir : les Paradoxales pour la plèvre à sillon , et les Cheirurus pour la plevre a bourrelet. Un coup d’oeil jeté sur les Planches 4. 5. 6. instruira le lecteur sur ce sujet, beaucoup plus aisément qu’une longue description. Nous n’observons pas dans tous les autres genres, des sériés de formes aussi variées que celles des Paradoxides et Cheirurus; cependant, on peut^se convaincre en parcourant les- figures des Proetus , (PI. 15 à 17) ou celles des Acidaspis (PL 56 à 39) ou bien celles des Bronteus (PL 44 à 48) et beaucoup d’autres que nous poumons nommer, combien de modifications de détail la plèvre peut subir , en conservant toujours les traits principaux qui caractérisent chaque type générique.
Comme contraste avec ces variations inépuisables, nous devons dire aussi, qu’il est des genres dans lesquels le segment paraît se maintenir avec une telle uniformité, qu’il serait difficile de distinguer les plèvres isolées 'de la plupart des espèces. Nous citerons les Phacops , ■ Ualmania, Lalymene , &c. Cette uniformité n’est pas cependant sans quelques exceptions , ainsi qu’on peut e remarquer dans Cal. Baylei, dont la plèvre est dépourvue de la saillie angulaire, à peu-près constante dans les autres formes congénères. PL Volborthi (PL 23) nous montre aussi la bande anterieure de sa plèvre réduite au minimum de largeur, comparativement aux autres espèces de ce type. Mais de telles exceptions sont rares.
En appréciant toutes les variations de la plèvre que nous venons d’indiquer, suivant leur extension, tantôt comme caractères génériques, tantôt comme de simplés distinctions spécifiques nous observons la constance des deux types fondamentaux Ci-dessus établis, toujours en harmonie avec 1 ensemble des autres traits de la conformation, dans chaque genre. Ces deux types peuvent donc servir à grouper les Trilobites en deux catégories, suivant la plèvre à sillon, et la plèvre à
bourrelet. C’est le premier moyen général de classification, que nous ait fait reconnaître 1 e u e des parties du corps des Trilobites, qui nous ont occupe jusqu ici, et nous pouvons dire ausa que c’est le seul qui s’est présenté à nous, dans tout le cours de nos recherches. Nou aurons donc recours aux deux types de la plèvre, pour partager la tribu des Trilobites, en deux sions principales, correspondantes.